Le Nigeria a lancé le 25 septembre un programme visant à mobiliser environ 5 milliards de dollars en cinq ans pour son agriculture. Le Nigeria AgriConnect Compact associe le ministère fédéral de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, le Groupe de la Banque mondiale, le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et d’autres partenaires. Les financements recherchés doivent provenir de l’État, des bailleurs et des investisseurs privés.
Les ambitions portent à la fois sur la production et l’emploi. À l’horizon 2031, le programme vise 2,56 millions d’emplois et une amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de près de trois millions de personnes. Les rendements moyens du riz, du maïs et du blé doivent progresser de 30 %, contre 35 % pour le manioc. Plusieurs activités d’élevage sont également concernées.
Cette initiative intervient dans une économie où l’agriculture représente environ 26 % du PIB et emploie près de 30 % de la main-d’œuvre. Malgré ce poids, plus de 31 millions de Nigérians font face à une insécurité alimentaire aiguë, dans un contexte marqué par l’inflation, l’insécurité et les chocs climatiques, rappelle le FIDA.
AgriConnect prévoit de développer le crédit agricole, l’assurance et les financements associant capitaux publics et privés. Le programme soutiendra également les organisations de producteurs et leurs relations avec les entreprises acheteuses. Cet appui doit notamment aider les petits exploitants à vendre une part plus importante de leurs récoltes à des acheteurs réguliers.
Le FIDA entend également intervenir sur la gestion des récoltes après la production. L’institution dispose déjà de programmes consacrés aux chaînes de valeur et aux entreprises rurales du delta du Niger. Avec le programme prévu dans le nord du pays, cet ensemble représente près de 392 millions de dollars d’engagements du Fonds. Le dispositif nigérian constitue une déclinaison nationale d’AgriConnect, lancé par le Groupe de la Banque mondiale pour accompagner les petits exploitants vers une production commercialisable plus importante.
À l’échelle mondiale, le groupe s’est engagé à porter son financement annuel de l’agriculture et de l’agroalimentaire à 9 milliards de dollars et à mobiliser 5 milliards supplémentaires auprès de partenaires.


