Catégorie : AgroMakers

Partager des sujets relatifs à l’agriculture africaine

  • Le groupe Dangote obtient 600 millions USD de l’AFC pour étendre sa production d’engrais

    Le groupe Dangote obtient 600 millions USD de l’AFC pour étendre sa production d’engrais

    Le groupe nigérian Dangote a obtenu un financement de plus de 600 millions de dollars, soit environ 330 milliards de FCFA, auprès de l’Africa Finance Corporation (AFC) pour étendre son programme de production d’engrais, estimé à 7 milliards de dollars. Ce nouvel accord renforce un partenariat de longue date entre les deux groupes, déjà associés sur plusieurs projets structurants du continent, dont la raffinerie Dangote pour laquelle l’AFC avait coordonné un prêt syndiqué de 3 milliards de dollars.

    Le financement sera octroyé à Greenview Fertilizer Corporation, la holding de Dangote dédiée aux engrais, et doit permettre de tripler la capacité de production d’engrais urée du complexe d’Ibeju-Lekki, dans l’État de Lagos, qui passerait de 3 à 9 millions de tonnes par an. Une nouvelle usine d’urée d’une capacité de 3 millions de tonnes annuelles est également prévue en Éthiopie, marché jugé stratégique pour l’agriculture africaine.

    Pour Aliko Dangote, président-directeur général du groupe, cette expansion renforcera la sécurité alimentaire du continent, soutiendra la productivité agricole et consolidera le tissu industriel africain. Le projet devrait également générer plus de 4 milliards de dollars d’exportations d’urée par an au cours des trois prochaines années, contribuant aux recettes en devises du Nigeria.

    Du côté de l’AFC, l’investissement répond à un déficit structurel de consommation d’engrais sur le continent. Selon Samaila Zubairu, président-directeur général de l’institution, les 1,5 milliard d’Africains ne consomment actuellement qu’environ 6 millions de tonnes d’urée par an, contre 40 millions de tonnes en Inde et près de 50 millions de tonnes en Chine, pour des populations comparables. Combler cet écart de productivité est jugé essentiel pour la sécurité alimentaire du continent et pour réduire sa dépendance aux importations d’intrants.

    Cette opération illustre une dynamique plus large de structuration de l’industrie africaine des engrais, où plusieurs producteurs et institutions de financement cherchent à réduire la dépendance du continent aux importations et à stabiliser les prix payés par les agriculteurs. Avec une ambition affichée de valorisation à 100 milliards de dollars d’ici 2030, le groupe Dangote poursuit en parallèle sa stratégie d’investissement dans l’énergie, l’industrie lourde, les transports et l’agro-industrie, faisant de l’expansion de sa branche engrais l’un des piliers de cette diversification.

     

  • Le Ghana prépare un nouveau port de pêche à Shama pour moderniser sa filière halieutique

    Le Ghana prépare un nouveau port de pêche à Shama pour moderniser sa filière halieutique

    Le Ghana a annoncé la construction prochaine d’un port de pêche moderne dans le district de Shama, dans la région Occidentale du pays, une infrastructure destinée à redynamiser un secteur halieutique en déclin depuis plusieurs années. L’annonce a été faite le 10 juin par la ministre de la Pêche et de l’Aquaculture, Emelia Arthur, qui a précisé que les préparatifs du projet étaient déjà à un stade avancé.

    Selon la ministre, le futur port doit améliorer les opérations de débarquement et de manutention du poisson, créer des emplois et stimuler la croissance économique locale. Les détails relatifs au coût et au calendrier de réalisation du projet n’ont pas encore été communiqués, mais l’infrastructure devrait renforcer le poids de la région Occidentale, qui concentre déjà 33% des sites de débarquement de poissons et 25% des infrastructures portuaires halieutiques du pays.

    Le secteur de la pêche ghanéen, dominé par l’activité artisanale, traverse une période difficile. Les captures nationales, qui avaient culminé à près de 497 000 tonnes en 1999, ont reculé de 22,6% pour s’établir à environ 384 000 tonnes en 2023, selon les données de la FAO. Plusieurs facteurs expliquent ce déclin, notamment la surpêche liée à l’augmentation du nombre de bateaux artisanaux, semi-industriels et industriels, la persistance de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, ainsi que le changement climatique, qui perturbe les écosystèmes marins et la productivité des eaux côtières.

    Le pays compte aujourd’hui près de 14 300 navires de pêche, dont 97% relèvent de la pêche artisanale, répartis sur environ 263 sites de débarquement dans quatre régions côtières. Dans ce contexte, le projet de Shama traduit la volonté des autorités ghanéennes de mieux encadrer l’exploitation des ressources halieutiques et d’accompagner la transition vers une gestion plus durable des stocks.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale plus large de modernisation des infrastructures de pêche en Afrique de l’Ouest, où plusieurs pays côtiers investissent dans des ports et des installations de débarquement pour limiter les pertes post-capture, structurer la chaîne de valeur halieutique et sécuriser les revenus des communautés côtières qui dépendent de cette activité.

  • La Côte d’Ivoire et le Ghana élargissent l’Initiative Cacao à l’Afrique

    La Côte d’Ivoire et le Ghana élargissent l’Initiative Cacao à l’Afrique

    Le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen John Dramani Mahama ont co-présidé le 16 juin à Abidjan un Sommet de Haut niveau consacré à l’Initiative Cacao, huit ans après la Déclaration d’Abidjan de mars 2018 qui avait posé les bases de cette coopération bilatérale.

    Les deux pays concentrent à eux seuls plus de 60% de la production mondiale de cacao, une proportion qui grimpe à près de 80% à l’échelle du continent africain. Cette filière fait vivre plusieurs millions de personnes en zone rurale et constitue, selon le chef de l’État ivoirien, un enjeu de souveraineté économique et de stabilité sociale pour les deux nations.

    Le sommet a permis de dresser le bilan de l’Initiative, notamment l’instauration du Différentiel de Revenu Décent (DRD), qui a démontré l’efficacité d’une action concertée sur les cours mondiaux. Des défis structurels demeurent cependant, parmi lesquels la volatilité persistante des prix, le vieillissement des vergers, les maladies du cacaoyer, la pression foncière liée à l’orpaillage illégal et les nouvelles exigences internationales de traçabilité et de durabilité.

    Le président Mahama a salué la réussite du partenariat et plaidé pour une logique de coopération plutôt que de compétition entre les deux pays. Il a appelé la Côte d’Ivoire à poursuivre ses investissements productifs et s’est positionné en faveur d’une extension de l’alliance à d’autres producteurs africains, tout en réaffirmant le rôle de porte-flambeau du bloc ivoiro-ghanéen.

    Les travaux se sont conclus par l’adoption d’une déclaration conjointe, lue par le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné. Les deux États s’engagent à harmoniser leurs politiques de prix d’achat bord champ et à renforcer leur coopération scientifique.

    Cette extension annoncée de l’Initiative Cacao à d’autres pays africains marque une étape dans la structuration du pouvoir de négociation des producteurs du continent face aux acteurs internationaux du marché du chocolat. Elle illustre aussi une tendance plus large à la coordination régionale des filières stratégiques, alors que les producteurs ouest-africains cherchent à mieux capter la valeur ajoutée d’une chaîne mondiale longtemps dominée par les transformateurs et négociants situés hors du continent.

  • La Fondation SEPHIS et Mastercard lancent un programme de 3 milliards FCFA pour les femmes de l’agro-transformation

    La Fondation SEPHIS et Mastercard lancent un programme de 3 milliards FCFA pour les femmes de l’agro-transformation

    La Fondation SEPHIS et la Fondation Mastercard ont officiellement lancé le 11 juin à Abidjan le programme African Women of the Future in Agriculture (AWF AGRI), une initiative dotée de plus de 3 milliards de FCFA destinée à accélérer l’autonomisation économique des femmes entrepreneures de la transformation agroalimentaire en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

    La cérémonie, organisée à l’hôtel Pullman d’Abidjan, a réuni représentants du gouvernement ivoirien, institutions financières, partenaires techniques et femmes entrepreneures engagées dans les chaînes de valeur agricoles. Un panel consacré à l’innovation, à la mécanisation et à l’accès aux marchés a complété l’événement, marqué également par la signature de plusieurs conventions stratégiques.

    Le programme ambitionne d’accompagner 1 000 PME dirigées par des femmes d’ici 2028, en s’appuyant sur quatre piliers que sont le renforcement des capacités entrepreneuriales, l’accès à des unités de transformation semi-industrielles, l’accès aux marchés et l’accès au financement. Pour la Côte d’Ivoire, ce sont 550 jeunes femmes entrepreneures qui devraient être accompagnées, avec le financement de 220 projets, des audits de conformité et des assistances techniques spécialisées.

    L’enjeu dépasse le seul accompagnement d’entreprises individuelles. Les femmes représentent près de 60% de la main-d’œuvre agricole en Afrique subsaharienne, mais restent confrontées à des obstacles structurels en matière d’accès au financement, aux équipements modernes et aux marchés organisés. AWF AGRI entend faire évoluer ce rapport en aidant les bénéficiaires à passer du statut de productrices à celui de transformatrices, distributrices et créatrices de marques compétitives à l’échelle régionale et internationale.

    Le programme table sur la création ou l’amélioration de plus de 12 000 emplois en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Il s’inscrit dans la continuité de l’action de la Fondation SEPHIS, qui a déjà accompagné plus de 5 000 PME féminines sur le continent et mobilisé plus de 16 milliards de FCFA ces trois dernières années à travers ses partenariats avec institutions financières, gouvernements et bailleurs de développement.

    Au-delà de l’Afrique de l’Ouest, l’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration des chaînes de valeur agroalimentaires africaines, où l’inclusion des femmes entrepreneures devient progressivement un axe central des stratégies de transformation portées par les bailleurs internationaux et les fondations privées.

  • Côte d’Ivoire : Abidjan abrite le premier centre régional des métiers du drone en Afrique de l’Ouest et du Centre

    Côte d’Ivoire : Abidjan abrite le premier centre régional des métiers du drone en Afrique de l’Ouest et du Centre

    La Côte d’Ivoire a inauguré le premier centre régional dédié aux métiers du drone civil et professionnel en Afrique de l’Ouest et du Centre. Implanté au sein de l’Institut de sécurité maritime interrégional (ISMI) à Abidjan, ce Drone Center est le fruit d’une coopération internationale associant la Côte d’Ivoire, l’Allemagne et le Japon. L’Allemagne, via l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR), a financé les équipements et les programmes de formation régionaux ; le Japon, par l’intermédiaire de l’ONUDC, a fourni les équipements informatiques ; l’État ivoirien a quant à lui assuré la réalisation des infrastructures.

    La vocation première du centre est de renforcer les capacités de surveillance maritime dans le golfe de Guinée, une zone confrontée à des défis sécuritaires persistants. Les formations porteront sur le contrôle des côtes, la surveillance des ports et des plateformes offshore, la lutte contre les trafics illicites, le suivi environnemental et les opérations de recherche et de sauvetage en mer.

    Au-delà du volet maritime, le Drone Center ambitionne d’étendre ses formations à plusieurs secteurs économiques stratégiques, dont l’agriculture de précision, la gestion forestière, le bâtiment et les travaux publics, le secteur minier, l’énergie et la logistique. À travers cette initiative, la Côte d’Ivoire entend se positionner comme un pôle régional de formation et d’innovation dans les technologies de drones, au service de la transformation économique du continent.

     

  • L’Afrique du Sud et Italie signent une nouvelle feuille de route agricole lors d’un forum inaugural au Cap

    L’Afrique du Sud et Italie signent une nouvelle feuille de route agricole lors d’un forum inaugural au Cap

    L’Afrique du Sud et l’Italie ont franchi un cap dans leur coopération agroalimentaire à l’occasion du premier South Africa-Italy Agribusiness Forum, tenu les 9 et 10 juin 2026 au Cap sous le thème « From the Soil to the Shelf ». L’événement a réuni responsables politiques, industriels et chercheurs des deux pays pour identifier des opportunités concrètes d’investissement, d’échange technologique et d’accès aux marchés.

    Le ministre sud-africain de l’Agriculture John Steenhuisen a positionné ce partenariat comme une nouvelle phase dans les relations bilatérales, allant au-delà du commerce traditionnel pour cibler la transformation, l’innovation et la création d’emplois. Les échanges agricoles entre les deux pays dépassent déjà 650 millions de rands annuels, avec une balance commerciale favorable à Pretoria et des exportations horticoles estimées à environ 190 millions de rands.

    Le forum a débouché sur la conclusion d’un accord technique ouvrant le marché sud-africain aux raisins de table italiens, saluée par le ministre italien de l’Agriculture Francesco Lollobrigida comme une avancée majeure pour la filière fruits et légumes italienne.

    Un mémorandum d’entente (MoU) doit également être signé pour encadrer une coopération à long terme couvrant la mécanisation, l’agriculture numérique, la transformation agroalimentaire, le transfert de technologie, le développement semencier et la santé des plantes et des animaux. Un groupe de travail conjoint sera chargé de traduire ces engagements en projets mesurables.

  • Madagascar : des organisations paysannes dénoncent l’opacité des négociations sur l’Accord de partenariat économique avec l’UE

    Madagascar : des organisations paysannes dénoncent l’opacité des négociations sur l’Accord de partenariat économique avec l’UE

    À Madagascar, neuf organisations paysannes et de la société civile ont tiré la sonnette d’alarme sur les conditions dans lesquelles se déroulent les négociations d’un Accord de partenariat économique (APE) entre la Grande Île et l’Union européenne. Dans une lettre conjointe adressée mardi 9 juin à l’ambassadeur européen et au ministre malgache de l’Agriculture, elles dénoncent l’absence totale de consultation des principaux concernés alors que le seizième et dernier round de négociations serait sur le point d’être conclu.

    Le cœur des inquiétudes porte sur un chapitre spécifique de l’accord relatif aux semences, dont le contenu n’a pas été rendu public. Les organisations redoutent que Madagascar s’engage sur la convention UPOV 91, un cadre international qui renforce les droits de propriété intellectuelle sur les semences et limite fortement la possibilité pour les paysans de conserver et de ressemer librement leurs graines — une pratique vitale pour la souveraineté alimentaire de la Grande Île.

    Pour Zo Randriamaro, porte-parole du collectif, la responsabilité première incombe aux autorités malgaches, tenues d’être redevables envers leur population sur des engagements aussi lourds de conséquences. Le collectif exige que le libellé du chapitre sur les semences soit rendu public avant toute signature. L’ambassade européenne et le ministère malgache n’avaient pas répondu aux sollicitations au moment des premières publications.

    Cet épisode rappelle les tensions récurrentes autour des APE sur le continent africain, où la question de la souveraineté alimentaire et du droit des paysans à leurs semences constitue un point de friction structurel avec les normes commerciales européennes.

  • Coca-Cola HBC mise 1,28 milliard de dollars sur l’Égypte d’ici 2030

    Coca-Cola HBC mise 1,28 milliard de dollars sur l’Égypte d’ici 2030

    Coca-Cola Hellenic Bottling Company (HBC), l’un des principaux embouteilleurs de la multinationale américaine dans le monde, a annoncé un plan d’investissement de 1,28 milliard de dollars en Égypte sur la période 2026–2030. L’annonce a été faite par le PDG Zoran Bogdanovic lors de l’inauguration d’une nouvelle ligne de fabrication dans l’usine d’Alexandrie le 7 juin dernier.

    L’entreprise est implantée en Égypte depuis 1994 et exploite aujourd’hui cinq unités de production à Alexandrie, Tanta City, Sadat City, Qalioub City et Assiout City. En 2024, ses activités ont généré près d’un milliard de dollars de valeur ajoutée pour l’économie nationale, employé directement 4 900 personnes et soutenu environ 64 000 emplois dans l’ensemble de sa chaîne de valeur, selon le directeur général de la filiale locale, Adnan Topcic.

    Cet investissement s’inscrit dans une stratégie d’expansion continue du système Coca-Cola sur les grandes économies africaines. Des engagements similaires de l’ordre du milliard de dollars sur cinq ans ont été annoncés au Nigeria en 2024 et en Afrique du Sud en mars 2026.

    Par ailleurs, Coca-Cola HBC a engagé l’acquisition de Coca-Cola Beverages Africa (CCBA), présent sur une quinzaine de marchés continentaux, dont la prise de contrôle est attendue au second semestre 2026. Ce mouvement de consolidation repositionne le groupe comme l’un des acteurs majeurs de l’agroalimentaire en Afrique.

  • Burkina Faso : une nouvelle unité de transformation d’anacarde mise en service par le groupe suisse Gebana Faso

    Burkina Faso : une nouvelle unité de transformation d’anacarde mise en service par le groupe suisse Gebana Faso

    La filière anacarde burkinabè accélère sa montée en puissance sur le segment de la transformation locale. Le groupe suisse Gebana Faso a mis en service le 6 juin dernier une unité de transformation à Péni, dans la région du Guiriko au sud-ouest du pays, au sein d’un complexe agroindustriel s’étendant sur 7,2 hectares. D’une capacité de traitement de 10 000 tonnes de noix par an, l’installation s’appuie sur un réseau d’approvisionnement de 7 200 producteurs locaux.

    Cette inauguration intervient quelques mois après celle de l’unité Burkina Cajou à Bobo-Dioulasso, lancée en décembre 2025 par le président Ibrahim Traoré pour un coût de 9,74 milliards FCFA et une capacité de 150 000 tonnes par an, la plus grande du pays. Ces deux mises en service consécutives illustrent une dynamique sectorielle portée par un objectif clair : le Comité interprofessionnel de l’Anacarde du Burkina Faso (CIAB) vise à transformer localement 50 % de la production nationale d’ici 2033, contre environ 10 % aujourd’hui.

    Le défi reste néanmoins structurel. La production nationale s’établit en moyenne à près de 140 000 tonnes par an sur la période 2018-2022, mais selon le service N’kalô, seules 15 400 tonnes ont été transformées localement en moyenne entre 2021 et 2025. La principale tension tient à l’arbitrage entre exportation brute — jugée plus rentable à court terme pour les producteurs — et approvisionnement des unités locales. Pour y répondre, le gouvernement a suspendu les exportations de noix brute en mars 2025 avant de les rouvrir en mai, tout en se réservant le droit de réinstaurer la mesure si les besoins industriels nationaux venaient à ne plus être couverts.

    La filière a généré 67,5 milliards FCFA de recettes à l’export en 2024, selon l’INSD, confirmant son rôle stratégique dans le portefeuille agricole burkinabè aux côtés du coton et du karité.

     

  • Côte d’Ivoire : l’ADERIZ et le Groupe BARAN s’allient pour solariser le séchage du riz paddy

    Côte d’Ivoire : l’ADERIZ et le Groupe BARAN s’allient pour solariser le séchage du riz paddy

    La filière rizicole ivoirienne franchit un nouveau cap technologique. L’Agence pour le développement de la filière riz (ADERIZ) et le Groupe BARAN ont officialisé un mémorandum d’entente portant sur le déploiement d’un système national intégré de séchage du riz paddy à l’énergie solaire. Ce partenariat stratégique s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture 2 (SNDR 2), en vigueur de 2024 à 2030, qui ambitionne de transformer la riziculture ivoirienne d’un modèle de subsistance vers une filière de marché compétitive et respectueuse de l’environnement.

    L’enjeu est de taille. Le séchage constitue l’un des maillons les plus critiques de la chaîne post-récolte : mal maîtrisé, il provoque le clivage des grains et génère des pertes significatives à l’usinage, pénalisant directement la qualité et la valeur commerciale du riz local. En solarisant ce processus, les deux partenaires visent simultanément à réduire ces pertes, à améliorer la qualité du riz ivoirien et à offrir aux producteurs une solution énergétique durable et économiquement viable, affranchie des coûts et contraintes des énergies fossiles.

    Ce tournant s’appuie sur une trajectoire de croissance déjà notable. La production nationale de riz est passée de 550 000 tonnes en 2011 à plus d’un million de tonnes en 2023. Pour franchir le cap décisif de l’autosuffisance, la Côte d’Ivoire mise désormais sur l’innovation technologique et les énergies renouvelables comme leviers de transformation structurelle de sa filière agricole.