Catégorie : Economie

  • Maroc : l’agriculture tire la croissance vers le haut en 2025

    Maroc : l’agriculture tire la croissance vers le haut en 2025

    L’économie marocaine a affiché une croissance de 4,9 % en 2025, en progression par rapport aux 4,4 % enregistrés en 2024, selon les comptes nationaux publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Derrière cette accélération, deux moteurs principaux se distinguent : le dynamisme de la demande intérieure, dans un contexte d’inflation maîtrisée, et un rebond marqué du secteur agricole après les années de sécheresse qui avaient pesé sur les performances économiques du Royaume.

    Le rebond agricole constitue l’un des faits saillants de cette performance. Après plusieurs campagnes déficitaires liées au stress hydrique, les précipitations plus favorables de la saison 2024-2025 ont permis une reprise significative de la production céréalière et des cultures de rente. Ce retournement illustre une réalité structurelle marocaine bien connue : l’agriculture représente entre 12 et 15 % du PIB national selon les années, avec un effet démultiplicateur important sur la consommation rurale et l’activité des industries agroalimentaires.

    La demande intérieure a également joué son rôle de soutien. La maîtrise de l’inflation — tirée notamment par la normalisation des prix des matières premières — a préservé le pouvoir d’achat des ménages et soutenu la consommation privée, tandis que l’investissement public continuait d’irriguer les grands chantiers d’infrastructure du pays, dont la préparation de la Coupe du monde 2030 constitue un accélérateur notable.

    Ce résultat intervient dans un contexte régional où la croissance économique reste inégale. Plusieurs économies africaines font face à des pressions budgétaires et à une dépréciation monétaire qui pèsent sur la demande intérieure. Le Maroc, grâce à la diversification de son économie et à une politique agricole volontariste — notamment à travers les investissements du Plan Maroc Vert et de sa nouvelle génération Génération Green — confirme sa capacité à transformer un rebond climatique en levier de croissance durable. La question qui se posera pour les prochaines campagnes sera celle de la résilience du modèle face au retour possible des épisodes de sécheresse, dans un contexte de stress hydrique structurel au Maghreb.

  • Côte d’Ivoire : une TVA réduite sur les intrants agricoles pour contenir la pression sur les filières

    Côte d’Ivoire : une TVA réduite sur les intrants agricoles pour contenir la pression sur les filières

    La Côte d’Ivoire ajuste sa fiscalité pour protéger ses filières agricoles et avicoles d’un renchérissement des charges. Le 21 mai 2026, la Commission des affaires économiques et financières de l’Assemblée nationale a adopté un projet de loi appliquant un taux réduit de TVA de 9 % à certains intrants agricoles, contre 18 % pour le taux de droit commun. Sont concernés notamment les fibres de jute et de sisal, les aliments pour bétail, les engrais et d’autres produits directement utilisés dans les exploitations.

    Cette mesure s’inscrit dans le cadre des ajustements liés à la loi de finances 2026, après la suppression de plusieurs exonérations fiscales. Sans correction, certains de ces produits auraient basculé vers le taux normal, avec un impact immédiat sur les charges des producteurs, des éleveurs et des industriels du secteur. Le choix d’un taux intermédiaire répond à un double objectif : préserver une base fiscale pour l’État tout en évitant un renchérissement brutal de produits directement liés à la sécurité alimentaire.

    L’enjeu est particulièrement sensible dans l’aviculture et l’élevage, où l’alimentation animale représente souvent le premier poste de dépense. Dans les productions végétales, les engrais restent essentiels pour maintenir les rendements, mais leur coût demeure difficile à absorber pour de nombreux petits exploitants. Une hausse marquée des intrants peut rapidement se transmettre aux prix des œufs, du poulet et de la viande, dans un contexte où la pression sur le pouvoir d’achat des ménages reste forte.

    La réforme constitue un signal positif pour les filières agricoles ivoiriennes. Mais son efficacité réelle se mesurera sur le terrain, dans les prochains mois, à travers l’évolution effective des coûts de production et des prix à la consommation. Un ajustement fiscal bien intentionné ne suffit pas toujours à compenser des dynamiques de marché plus profondes.