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  • L’Afrique du Sud investit 14 millions de rands dans la surveillance des maladies animales

    L’Afrique du Sud investit 14 millions de rands dans la surveillance des maladies animales

    L’Afrique du Sud renforce ses capacités de détection des maladies animales. La Technology Innovation Agency (TIA) a investi 14 millions de rands dans l’entreprise de biotechnologie TokaBio pour développer un dispositif de réponse moléculaire rapide et de biosurveillance, alors que la fièvre aphteuse continue de peser lourdement sur l’élevage du pays.

    L’investissement doit notamment permettre de détecter plus rapidement la fièvre aphteuse et l’influenza aviaire. TokaBio dispose d’un laboratoire mobile à Modimolle, dans le Limpopo, consacré à la surveillance de l’influenza aviaire dans la filière autruche. Un autre laboratoire installé au KwaZulu-Natal intervient dans la surveillance de la fièvre aphteuse.

    Le montant engagé paraît relativement limité à l’échelle de l’élevage sud-africain, mais il cible un problème dont le coût économique est autrement plus important. La FAO estime que les pertes liées à la crise de fièvre aphteuse pourraient dépasser 390 millions de dollars par an en Afrique du Sud. Les recettes tirées des exportations de viande bovine pourraient, elles, reculer de près de 40 % de leur valeur annuelle.

    L’épidémie a pris une ampleur telle que l’Afrique du Sud a déclaré une catastrophe nationale en février 2026. La maladie s’est propagée aux principales provinces d’élevage, obligeant le pays à combiner vaccination, surveillance et négociations commerciales avec ses partenaires.

    Depuis février, Pretoria a ainsi acquis 13,5 millions de doses de vaccin contre la fièvre aphteuse. Près de 4,4 millions d’animaux avaient déjà été vaccinés au 28 mai, dans ce que le gouvernement présente comme le plus important programme d’acquisition de vaccins de ce type jamais conduit par l’État sud-africain.

    La biosurveillance intervient à un autre niveau de cette stratégie. Plus les autorités sont capables d’identifier rapidement les animaux ou les zones touchés, plus elles peuvent cibler les restrictions et éviter de bloquer inutilement les mouvements et les échanges provenant de zones indemnes.

    Cette capacité est directement liée aux exportations. Malgré l’épidémie, l’Afrique du Sud a réussi à maintenir certains débouchés : les Émirats arabes unis ont accepté de nouvelles modalités de certification, tandis que Hong Kong, la Jordanie et le Koweït ont continué à recevoir certains produits sud-africains sous conditions.

    Le programme de TokaBio doit également soutenir la compartimentation sanitaire, qui permet de distinguer des populations animales présentant des statuts sanitaires différents. Pour les éleveurs et les exportateurs, l’intérêt est concret : un foyer localisé ne doit plus nécessairement conduire à l’arrêt des échanges d’une filière entière lorsque les risques peuvent être précisément identifiés et maîtrisés.

    Les 14 millions de rands investis par la TIA prennent ainsi leur sens dans un dispositif beaucoup plus large. L’enjeu n’est pas seulement de disposer d’une nouvelle technologie de diagnostic, mais de réduire le délai entre la détection d’un foyer, son confinement et la possibilité de maintenir ou rétablir les échanges commerciaux.

  • L’Afrique du Sud veut passer à l’identification numérique du bétail

    L’Afrique du Sud veut passer à l’identification numérique du bétail

    L’Afrique du Sud prépare une refonte de son système d’identification des animaux avec l’introduction d’une traçabilité numérique beaucoup plus détaillée. Le ministère de l’Agriculture a publié le 6 octobre 2026 un projet de réglementation qui prévoit notamment l’enregistrement individuel des animaux et de leurs propriétaires dans une base nationale.

    Le texte est soumis à consultation publique pendant 90 jours. S’il est adopté dans sa forme actuelle, les propriétaires d’animaux concernés devront utiliser des dispositifs d’identification approuvés et enregistrer leurs cheptels dans le système national INTERGIS.

    Chaque animal pourrait être associé à différentes informations, notamment son âge, son sexe, son exploitation d’origine, son statut sanitaire et son propriétaire. Les mouvements entre exploitations seraient également enregistrés, tout comme les changements de propriétaire.

    Le dispositif proposé introduit notamment une identification associant une boucle électronique et une boucle conventionnelle. Une micropuce pourrait également être utilisée avec une boucle auriculaire classique. Les animaux nés en Afrique du Sud recevraient des boucles jaunes, ceux importés des boucles vertes et les animaux détenus dans certaines zones sensibles à la fièvre aphteuse des boucles rouges.

    Les délais d’identification varieraient selon les espèces. Les bovins devraient être enregistrés à la naissance ou avant l’âge de six mois. Les agneaux et chevreaux seraient identifiés dans les trois semaines suivant leur naissance, tandis que les porcelets devraient l’être au cours de leur première semaine.

    La réforme prévoit aussi un suivi plus précis des exploitations. Les détenteurs devraient conserver des informations relatives aux naissances, aux décès, aux arrivées et départs d’animaux ainsi qu’aux principaux traitements sanitaires.

    L’un des enjeux réside dans l’étendue du dispositif. Les obligations proposées ne sont pas limitées aux grandes exploitations commerciales et pourraient donc concerner également les petits éleveurs et les détenteurs de quelques animaux.

    Dans un secteur confronté aux enjeux sanitaires et aux exigences croissantes des marchés d’exportation, cette traçabilité individuelle pourrait faciliter le suivi des mouvements et l’identification des animaux concernés en cas d’incident sanitaire.

  • Afrique du Sud : La récolte de blé tombe à son plus bas niveau depuis huit ans

    Afrique du Sud : La récolte de blé tombe à son plus bas niveau depuis huit ans

    L’Afrique du Sud devrait accroître ses achats de blé sur le marché international au cours de la campagne 2026-2027, après une nouvelle dégradation de ses perspectives de récolte. Les dernières estimations disponibles tablent sur une production nationale de 1,81 million de tonnes, soit un repli d’environ 5 pour cent sur un an.

    Ce niveau marquerait le plus faible volume enregistré depuis huit ans et confirme les fragilités persistantes d’une filière déjà sous pression.

    La baisse attendue s’explique d’abord par un recul des superficies emblavées. Les surfaces consacrées au blé sont désormais estimées à 487 500 hectares, contre 517 300 hectares un an plus tôt. À cette contraction s’ajoute une situation climatique moins favorable dans certaines zones clés, en particulier dans le Cap-Occidental, où des conditions sèches ont pesé sur le potentiel de rendement au cours des derniers mois.

    Le Cap-Occidental reste de loin le principal bassin de production du pays. Il devrait fournir près de la moitié de la récolte nationale avec 874 500 tonnes attendues. Le Free State apporte un soutien partiel à la campagne en cours avec une production estimée à 300 800 tonnes, en hausse par rapport à l’an dernier, mais cette amélioration ne suffit pas à compenser les pertes observées ailleurs. Le Northern Cape devrait pour sa part produire 288 000 tonnes.

    Dans ce contexte, les besoins d’importation pourraient atteindre environ 2 millions de tonnes sur la nouvelle campagne commerciale, qui a débuté en octobre. L’an dernier, le pays avait déjà dû recourir massivement au marché extérieur pour compléter son approvisionnement. Cette dépendance n’est pas nouvelle, mais elle devrait encore se renforcer si les prochaines révisions de récolte ne montrent pas d’amélioration significative.

    Le contraste avec les autres cultures d’hiver est d’ailleurs frappant. Les perspectives globales de la campagne hivernale sud-africaine apparaissent plutôt positives grâce à la bonne tenue du canola, de l’orge et de l’avoine. Le canola, notamment, s’oriente vers un nouveau record. Mais cette dynamique ne change pas la réalité du blé, qui reste une culture stratégique pour la sécurité d’approvisionnement du pays.

    Pour les acteurs de la filière, il faudra sécuriser les volumes nécessaires à l’importation tout en surveillant l’évolution des prix internationaux, dans un environnement où les tensions logistiques et géopolitiques peuvent rapidement se répercuter sur le coût du blé et de ses dérivés.

  • En Afrique du Sud, un premier trimestre 2026 record pour le commerce agricole

    En Afrique du Sud, un premier trimestre 2026 record pour le commerce agricole

    En Afrique du Sud, le secteur agricole a le vent en poupe. Entre janvier et mars, l’excédent de la balance commerciale agricole a atteint 1,55 milliard de dollars, en hausse de 16,1% sur un an et un nouveau record, selon un rapport du syndicat agricole AgriSA publié le 8 juin. Ce résultat exceptionnel s’explique surtout par la baisse des dépenses d’importation plutôt que par une forte accélération des ventes à l’étranger, les exportations restant quasi stables à 3,30 milliards de dollars tandis que les importations ont reculé de 10,6% sous l’effet de la baisse des prix de l’huile de palme, du riz, du poisson congelé et du café.

    L’horticulture a continué de porter l’ensemble du commerce agricole sud-africain, représentant 55% des exportations du pays sur la période, sa plus forte contribution sur un premier trimestre. Portées par les raisins, les fruits à pépins, les fruits à noyau et le vin, les ventes horticoles ont généré 1,82 milliard de dollars. Selon AgriSA, le surplus net de ce sous-secteur, estimé à 1,66 milliard de dollars, dépasse désormais l’excédent agricole national total, ce qui illustre son rôle déterminant dans le maintien d’un solde commercial positif pour l’agriculture du pays.

    La situation a été plus contrastée pour d’autres filières. Les produits animaux ont vu leurs ventes chuter de 12,9% à 322 millions de dollars en raison de fermetures de marchés liées à la fièvre aphteuse, tandis que la valeur des ventes de maïs a reculé de 22,4% à 194 millions de dollars malgré une hausse de 17,8% des volumes exportés, conséquence directe de la baisse des prix mondiaux. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont restés les deux principaux marchés du pays, absorbant ensemble 978 millions de dollars de produits agricoles, suivis du Zimbabwe, de la Namibie, du Mozambique et du Botswana.

    Ces résultats prolongent une dynamique déjà solide. En 2025, les exportations agricoles sud-africaines avaient atteint 15 milliards de dollars, marquant la septième année consécutive de progression. Le début de 2026 pourrait laisser entrevoir une nouvelle année favorable, à condition que le risque sanitaire lié à la fièvre aphteuse se stabilise, ce qui permettrait de relancer les exportations de bétail vers des marchés à forte valeur comme le Moyen-Orient et l’Asie, tandis que la performance horticole et une meilleure valorisation du maïs pourraient continuer de soutenir l’ensemble de la filière.

     

  • L’Afrique du Sud et Italie signent une nouvelle feuille de route agricole lors d’un forum inaugural au Cap

    L’Afrique du Sud et Italie signent une nouvelle feuille de route agricole lors d’un forum inaugural au Cap

    L’Afrique du Sud et l’Italie ont franchi un cap dans leur coopération agroalimentaire à l’occasion du premier South Africa-Italy Agribusiness Forum, tenu les 9 et 10 juin 2026 au Cap sous le thème « From the Soil to the Shelf ». L’événement a réuni responsables politiques, industriels et chercheurs des deux pays pour identifier des opportunités concrètes d’investissement, d’échange technologique et d’accès aux marchés.

    Le ministre sud-africain de l’Agriculture John Steenhuisen a positionné ce partenariat comme une nouvelle phase dans les relations bilatérales, allant au-delà du commerce traditionnel pour cibler la transformation, l’innovation et la création d’emplois. Les échanges agricoles entre les deux pays dépassent déjà 650 millions de rands annuels, avec une balance commerciale favorable à Pretoria et des exportations horticoles estimées à environ 190 millions de rands.

    Le forum a débouché sur la conclusion d’un accord technique ouvrant le marché sud-africain aux raisins de table italiens, saluée par le ministre italien de l’Agriculture Francesco Lollobrigida comme une avancée majeure pour la filière fruits et légumes italienne.

    Un mémorandum d’entente (MoU) doit également être signé pour encadrer une coopération à long terme couvrant la mécanisation, l’agriculture numérique, la transformation agroalimentaire, le transfert de technologie, le développement semencier et la santé des plantes et des animaux. Un groupe de travail conjoint sera chargé de traduire ces engagements en projets mesurables.