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  • Algérie : l’INRAA et le CRTAA veulent rapprocher la recherche agricole de l’industrie agroalimentaire

    Algérie : l’INRAA et le CRTAA veulent rapprocher la recherche agricole de l’industrie agroalimentaire

    L’Algérie veut renforcer les passerelles entre la recherche agronomique, l’innovation technologique et les besoins de son industrie agroalimentaire. À Béjaïa, une convention-cadre de partenariat scientifique a été officialisée entre la station expérimentale de l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie d’Oued Ghir et le Centre de recherche en technologies agroalimentaires.

    Signé le 30 juin, l’accord vise à favoriser une coopération plus étroite entre deux structures complémentaires. D’un côté, l’Institut National de la Recherche Agronomique d’Algérie (INRAA), acteur historique de la recherche agricole algérienne, dispose d’un ancrage dans l’expérimentation de terrain, la sélection variétale, la conduite des cultures et l’analyse des systèmes de production. De l’autre, le Centre de Recherche en Technologies Agro-Alimentaires (CRTAA), basé à Béjaïa, travaille sur les technologies appliquées à l’agroalimentaire, les procédés de transformation, l’innovation alimentaire, la qualité, la réduction des pertes et la valorisation des produits agricoles.

    Cette collaboration intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à mieux transformer son potentiel agricole en valeur industrielle. Le pays dispose d’un tissu agroalimentaire important, porté notamment par les filières céréalières, laitières, sucrières, oléagineuses et les boissons, mais reste confronté à des défis structurels : dépendance à certaines importations, besoin d’innovation dans les procédés, exigences croissantes de qualité et nécessité de former des compétences adaptées aux besoins des entreprises.

    Le partenariat entre l’INRAA et le CRTAA doit permettre de rapprocher les chercheurs, les étudiants, les laboratoires et les acteurs économiques autour de projets communs. Il pourrait ouvrir la voie à des travaux conjoints sur la valorisation des productions locales, l’amélioration de la conservation des aliments, la réduction des pertes post-récolte ou encore le développement de nouveaux produits à partir de matières premières agricoles nationales.

    L’enjeu dépasse la seule coopération institutionnelle. Pour les futurs talents de l’agroalimentaire, ce type d’accord peut offrir un cadre plus favorable à la formation pratique, aux stages, aux projets de recherche appliquée et à l’émergence de startups issues des laboratoires. Il s’inscrit aussi dans une dynamique plus large observée dans l’enseignement supérieur algérien, où les établissements spécialisés cherchent à mieux connecter leurs formations aux débouchés industriels.

    Reste désormais à traduire cette convention en programmes concrets. Dans un secteur où la compétitivité dépend de plus en plus de la qualité, de la traçabilité, de l’innovation et de la maîtrise technologique, la capacité de l’Algérie à faire travailler ensemble ses centres de recherche, ses universités et ses industriels pourrait devenir un levier important pour la modernisation de son agroalimentaire.

     

  • Ukraine-Algérie : le maïs de la mer Noire reprend la route de l’Afrique du Nord

    Ukraine-Algérie : le maïs de la mer Noire reprend la route de l’Afrique du Nord

    Le maïs ukrainien reprend progressivement la route de l’Algérie. Pour la première fois depuis 2023, le groupe agricole Nibulon a expédié 122 000 tonnes vers l’Office national algérien des aliments du bétail (ONAB), à travers quatre navires. Le volume reste modeste au regard des besoins algériens — estimés entre 4,7 et 5,4 millions de tonnes par an — mais il marque le retour d’une origine céréalière qui avait quasiment disparu du marché depuis le début de la guerre en Ukraine.

    L’essentiel de ces importations est destiné à l’alimentation animale, en particulier aux filières avicoles et d’élevage. Le maïs entre directement dans la formulation des aliments composés et influence de façon mécanique les coûts de production des œufs, du poulet et, plus largement, des protéines animales. Depuis le recul des flux ukrainiens, Alger s’est davantage tournée vers les fournisseurs sud-américains. Le Brésil et l’Argentine dominent toujours le marché. Le retour de Nibulon ne modifie pas encore les équilibres commerciaux, mais il offre à l’Algérie une option supplémentaire dans un marché exposé aux aléas du fret maritime, aux tensions géopolitiques et à la volatilité des prix céréaliers.

    Cette reprise intervient au moment où Alger cherche aussi à renforcer sa production nationale. Les autorités ont annoncé leur volonté de développer la culture du maïs grain dans les wilayas du Sud, avec un objectif de plus de 200 000 hectares cultivés d’ici 2028 — une ambition de réduction progressive de la dépendance aux importations, même si les besoins actuels des filières animales resteront largement couverts par les marchés internationaux dans les prochaines années.

    Pour l’Ukraine, cette opération confirme la reconstitution progressive de ses débouchés agricoles en Afrique du Nord, un signal positif pour une filière céréalière qui cherche à reconstruire sa présence commerciale sur le continent. Pour les opérateurs africains, la leçon est plus large : dans les filières animales, la sécurité d’approvisionnement en maïs reste un facteur décisif de compétitivité, et la diversification des sources d’achat n’est plus une option mais une nécessité.