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  • Côte d’Ivoire : l’INP-HB et Harvard unissent leurs expertises pour une cacaoculture plus résiliente

    Côte d’Ivoire : l’INP-HB et Harvard unissent leurs expertises pour une cacaoculture plus résiliente

    La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, avance vers une filière plus durable et plus résiliente face au changement climatique. Le 18 juin, l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro a reçu une délégation de l’Université Harvard. Cette visite devait poser les bases d’une collaboration scientifique de long terme sur la cacaoculture. Elle s’inscrit dans le projet intitulé « Towards a Cocoa Producer-Focused Climate Policy in Côte d’Ivoire and Ghana ».

    Le projet a été sélectionné en 2024 par le Motsepe Presidential Research Accelerator Fund for Africa, administré par Harvard et financé par la fondation sud-africaine Motsepe. Le fonds soutient des recherches conduites par des enseignants de l’université américaine avec des institutions africaines. Le projet est dirigé par des chercheurs de Harvard ainsi que par une équipe internationale composée de représentants de l’INP-HB, de l’Université des sciences et technologies Kwame-Nkrumah au Ghana, de l’Université de Leicester et d’University College London. Plusieurs acteurs de terrain participent également aux travaux. Il s’agit notamment de la Côte d’Ivoire and Ghana Cocoa Initiative, du syndicat agricole ghanéen affilié au Trades Union Congress et du Fine Cacao and Chocolate Institute. Cette diversité permet d’ancrer la recherche académique dans les réalités vécues par les producteurs.

    Le projet vise à analyser précisément l’impact du changement climatique sur les producteurs de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana, deux pays qui assurent ensemble plus de la moitié de l’offre mondiale. Les résultats doivent aider à concevoir des politiques publiques mieux adaptées aux réalités du terrain.

    Les premiers échanges ont déjà fait émerger plusieurs priorités. La première consiste à mieux intégrer la perception des producteurs dans la définition des politiques agricoles. La deuxième vise à garantir une répartition plus équitable de la valeur créée tout au long de la chaîne. La troisième porte sur le raccourcissement des circuits d’information entre le terrain et les décideurs publics, afin de rendre les interventions plus efficaces. Dans cette approche, le producteur n’est plus considéré comme un simple maillon de la chaîne de transformation. Il devient un acteur stratégique, dont la productivité et le bien-être conditionnent la pérennité de toute la filière.

    Pour l’INP-HB, cette coopération avec l’une des universités les plus réputées au monde offre une occasion de renforcer son rayonnement scientifique international. Elle peut aussi consolider ses liens avec les institutions nord-américaines. Cette ouverture intervient alors que la filière cacao ivoiro-ghanéenne fait face à une variabilité climatique croissante. Celle-ci menace directement les rendements et les revenus de plusieurs millions de petits producteurs. En associant l’expertise méthodologique de Harvard à la connaissance du terrain de l’INP-HB et de ses partenaires régionaux, ce partenariat pourrait contribuer à faire émerger une nouvelle génération de politiques climatiques : des politiques pensées depuis le terrain et pour les producteurs eux-mêmes.

  • La Côte d’Ivoire et le Ghana élargissent l’Initiative Cacao à l’Afrique

    La Côte d’Ivoire et le Ghana élargissent l’Initiative Cacao à l’Afrique

    Le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen John Dramani Mahama ont co-présidé le 16 juin à Abidjan un Sommet de Haut niveau consacré à l’Initiative Cacao, huit ans après la Déclaration d’Abidjan de mars 2018 qui avait posé les bases de cette coopération bilatérale.

    Les deux pays concentrent à eux seuls plus de 60% de la production mondiale de cacao, une proportion qui grimpe à près de 80% à l’échelle du continent africain. Cette filière fait vivre plusieurs millions de personnes en zone rurale et constitue, selon le chef de l’État ivoirien, un enjeu de souveraineté économique et de stabilité sociale pour les deux nations.

    Le sommet a permis de dresser le bilan de l’Initiative, notamment l’instauration du Différentiel de Revenu Décent (DRD), qui a démontré l’efficacité d’une action concertée sur les cours mondiaux. Des défis structurels demeurent cependant, parmi lesquels la volatilité persistante des prix, le vieillissement des vergers, les maladies du cacaoyer, la pression foncière liée à l’orpaillage illégal et les nouvelles exigences internationales de traçabilité et de durabilité.

    Le président Mahama a salué la réussite du partenariat et plaidé pour une logique de coopération plutôt que de compétition entre les deux pays. Il a appelé la Côte d’Ivoire à poursuivre ses investissements productifs et s’est positionné en faveur d’une extension de l’alliance à d’autres producteurs africains, tout en réaffirmant le rôle de porte-flambeau du bloc ivoiro-ghanéen.

    Les travaux se sont conclus par l’adoption d’une déclaration conjointe, lue par le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné. Les deux États s’engagent à harmoniser leurs politiques de prix d’achat bord champ et à renforcer leur coopération scientifique.

    Cette extension annoncée de l’Initiative Cacao à d’autres pays africains marque une étape dans la structuration du pouvoir de négociation des producteurs du continent face aux acteurs internationaux du marché du chocolat. Elle illustre aussi une tendance plus large à la coordination régionale des filières stratégiques, alors que les producteurs ouest-africains cherchent à mieux capter la valeur ajoutée d’une chaîne mondiale longtemps dominée par les transformateurs et négociants situés hors du continent.