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  • Cameroun : la banane plantain, nouveau vecteur d’entrepreneuriat pour 10 000 jeunes

    Cameroun : la banane plantain, nouveau vecteur d’entrepreneuriat pour 10 000 jeunes

    Premier producteur de banane plantain d’Afrique centrale et huitième au rang mondial avec environ 5,5 millions de tonnes produites chaque année, le Cameroun dispose d’un avantage comparatif considérable dans une filière qui assure près de 35 % des apports caloriques des populations d’Afrique centrale. Pourtant, cette filière reste largement informelle et peu mécanisée. Le gouvernement entend changer la donne en en faisant un moteur d’insertion professionnelle pour la jeunesse.

    C’est le sens du programme « Un jeune, une plantation de banane plantain orientée vers un marché, un compte en banque », dont la cinquième cohorte vient d’être lancée officiellement à Yaoundé. À l’École nationale d’administration et de magistrature, 500 étudiants issus de cinq instituts privés d’enseignement supérieur ont reçu leurs kits d’amorçage avant de rejoindre l’incubateur spécialisé de la filière. Chacun d’eux repart avec 500 vitroplants à haut rendement, soit 250 000 plants distribués pour cette seule vague.

    Le programme, fruit d’un partenariat entre la Filière Banane Plantain du Cameroun (FBPC) et des institutions académiques privées, vise à terme l’incubation de 10 000 jeunes en cinq ans et la création d’autant d’entreprises agricoles. Pour la première cohorte, un chiffre d’affaires projeté de 855 millions de FCFA en onze mois donne la mesure des ambitions économiques portées par l’initiative. Chaque bénéficiaire ayant validé un projet solide pourra obtenir un premier financement dès septembre prochain, selon les engagements du ministre de l’Agriculture Gabriel Mbairobe.

    L’horizon visé est plus large encore. À travers la SND30, le Cameroun ambitionne de doubler sa production annuelle de plantain à 10 millions de tonnes, tout en faisant de ce produit son premier poste d’exportation agricole à l’horizon 2035. Pour y parvenir, l’intégration des jeunes diplômés dans la chaîne de valeur apparaît comme un levier incontournable, à la croisée de l’emploi, de la modernisation agricole et de la souveraineté alimentaire.

  • Cameroun : Yaoundé s’appuie sur l’expertise brésilienne pour relancer sa filière cotonnière

    Cameroun : Yaoundé s’appuie sur l’expertise brésilienne pour relancer sa filière cotonnière

    La filière coton camerounaise traverse une passe difficile. Après deux campagnes consécutives marquées par des baisses de production et des cours mondiaux déprimés — la fibre s’échange aujourd’hui autour de 890 FCFA le kilogramme — la Société de développement du coton du Cameroun (Sodecoton) cherche activement des leviers pour redresser la trajectoire. C’est dans ce contexte qu’une cinquantaine d’agents d’encadrement de la société ont suivi, du 22 au 29 mai 2026 à Kaélé dans l’Extrême-Nord, une formation intensive sur la fertilisation des sols cotonniers, animée par des experts de l’Agence brésilienne de coopération (ABC).

    Cette initiative s’inscrit dans un partenariat technique de long cours entre Yaoundé et Brasília, formalisé depuis 2021 autour d’un objectif ambitieux : porter les rendements cotonniers camerounais à au moins 3 tonnes à l’hectare, contre des niveaux bien en deçà de ce seuil aujourd’hui. Pour la cheffe de mission brésilienne, Maria de Fatima Sousa, la démarche apporte une réelle valeur ajoutée à la filière nationale, en dotant les agents de terrain de compétences pointues sur la composition des sols et les techniques de fertilisation adaptées aux bassins cotonniers du septentrion.

    L’enjeu est considérable. Premier producteur de coton d’Afrique centrale, le Cameroun ambitionne à travers sa SND30 d’atteindre 440 000 tonnes de coton en 2026 — un objectif déjà ciblé par la Sodecoton pour cette campagne. Mais la concurrence internationale s’intensifie, notamment du côté du Brésil lui-même, dont la production vise six millions de tonnes sur la campagne 2025-2026. Pour les producteurs africains, le défi n’est plus seulement de produire plus, mais de produire mieux et à moindre coût.

    Le rapprochement avec le Brésil dépasse désormais le seul cadre technique. En avril 2026, une délégation d’opérateurs économiques brésiliens a rencontré le ministre camerounais du Commerce pour explorer des pistes d’investissement industriel. Un signal que cette coopération, partie du champ et du laboratoire, pourrait bien déboucher sur des engagements plus structurants pour la chaîne de valeur textile camerounaise.