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  • Égypte : Les investissements chinois accélèrent l’essor d’un hub africain du pneumatique

    Égypte : Les investissements chinois accélèrent l’essor d’un hub africain du pneumatique

    L’Égypte confirme son ambition de devenir la plateforme africaine de référence pour l’industrie du pneumatique. Cette stratégie est portée par une vague d’investissements chinois sans précédent. Le 18 juin 2026, les travaux d’une nouvelle usine ont été officiellement lancés dans le pays par la filiale locale du groupe chinois Chaoyang Longmarch Tyre pour un investissement de 190 millions de dollars.

    Cette annonce intervient à peine deux semaines après celle de China National Tire & Rubber, qui prévoit d’investir 550 millions de dollars pour augmenter ses capacités locales de 1,5 million de pneus par an. Quelques mois plus tôt, en août 2025, l’entreprise Sailun avait promis 1 milliard de dollars pour construire une usine capable de produire 10 millions de pneus chaque année. Depuis 2024, les capitaux chinois injectés dans le secteur égyptien dépassent deux milliards de dollars. Ce rythme place Le Caire en position de force dans la course au statut de hub industriel continental.

    Les autorités égyptiennes s’appuient sur plusieurs atouts pour consolider cette dynamique. Le pays bénéficie d’une position géographique stratégique, au débouché du canal de Suez, dispose de zones industrielles dédiées, notamment la zone économique du canal, et propose des incitations fiscales et administratives aux investisseurs étrangers.

    L’Égypte n’est toutefois pas seule à viser ce statut. Le Maroc a récemment lancé, avec le groupe chinois Shandong Yongsheng Rubber, un complexe industriel de 6,7 milliards de dirhams dans la zone d’accélération industrielle de Betoya. Sa capacité atteindrait 18 millions de pneus par an, ce qui en ferait le plus grand projet du genre en Afrique.

    L’Afrique du Sud et l’Algérie affichent également des ambitions importantes. La compétition pour devenir la première plateforme africaine du pneumatique reste donc largement ouverte. Pour Le Caire comme pour ses rivaux, le défi ne se limite pas à attirer des capitaux. Il faudra construire un écosystème industriel complet, capable de soutenir durablement la production locale et de s’intégrer aux chaînes de valeur régionales.

  • Riz hybride : l’héritage de Yuan Longping continue de marquer l’agriculture africaine

    Riz hybride : l’héritage de Yuan Longping continue de marquer l’agriculture africaine

    Cinq ans après la disparition de Yuan Longping, l’agronome chinois surnommé le « père du riz hybride », son héritage reste visible en Afrique. De la Guinée à Madagascar, en passant par le Tchad ou la Gambie, plusieurs projets de coopération agricole mettent en avant le riz hybride comme une piste pour améliorer les rendements et réduire la dépendance aux importations.

    L’enjeu est majeur. Le riz est devenu un aliment central dans de nombreux pays africains, notamment en Afrique de l’Ouest. Mais la production locale reste souvent insuffisante face à une demande en forte croissance. Dans ce contexte, les variétés hybrides suscitent l’intérêt, car elles peuvent offrir de meilleurs rendements que certaines variétés traditionnelles, à condition d’être adaptées aux sols, au climat et aux pratiques locales.

    En Guinée, un projet de démonstration appuyé par des experts chinois aurait permis d’atteindre des rendements d’environ 6 tonnes par hectare et par saison. Au Tchad, des variétés sélectionnées dans le cadre de la coopération chinoise auraient augmenté les rendements de plus de 35 % par rapport à certaines souches locales. En Gambie, des producteurs accompagnés par des experts ont également enregistré des progrès importants, grâce à une combinaison de semences améliorées, formation technique et mécanisation.

    Madagascar occupe une place particulière dans cette dynamique. Le pays dispose d’un centre de démonstration du riz hybride à Mahitsy, ainsi que d’un laboratoire conjoint Chine-Madagascar consacré à cette culture. L’objectif est de développer des variétés mieux adaptées aux conditions locales et de renforcer progressivement la production de semences sur place.

    Mais le riz hybride ne doit pas être présenté comme une solution miracle. Son efficacité dépend d’un ensemble de conditions : accès à l’eau, disponibilité des engrais, encadrement technique, qualité des semences, organisation des producteurs, stockage, transformation et accès au marché. Sans ces éléments, les gains de rendement peuvent rester limités.

    L’autre enjeu est celui de la souveraineté semencière. Si les pays africains dépendent uniquement de semences importées, ils risquent de remplacer une dépendance alimentaire par une dépendance technologique. À l’inverse, si les coopérations permettent de former des chercheurs africains, de renforcer les instituts nationaux et de produire localement des semences adaptées, le riz hybride peut devenir un véritable levier de souveraineté alimentaire.

    L’héritage de Yuan Longping peut donc continuer à nourrir l’Afrique, mais à une condition : que cette technologie soit appropriée localement. Pour les pays africains, l’objectif n’est pas seulement de produire plus de riz, mais de bâtir des filières solides, compétitives et maîtrisées par les acteurs locaux.