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  • Gabon : Plusieurs projets en cours pour accélérer la modernisation agricole

    Gabon : Plusieurs projets en cours pour accélérer la modernisation agricole

    Le Gabon veut donner un nouvel élan à sa stratégie de souveraineté alimentaire. Pour y parvenir, le pays renforce sa coopération avec l’Institut International d’Agriculture Tropicale, dans le cadre des programmes Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine et Projet d’Appui au Programme GRAINE. L’objectif est clair : moderniser l’agriculture gabonaise à travers la recherche, l’innovation, la sécurité semencière et la diffusion de solutions adaptées aux réalités locales.

    Au cœur de cette dynamique figure un important effort de multiplication végétale. Le programme prévoit la mise à disposition de 5 millions de boutures de manioc et de 600 000 plants de bananiers in vitro au profit des producteurs. Ces deux cultures occupent une place importante dans l’alimentation des ménages gabonais et peuvent jouer un rôle stratégique dans la réduction de la dépendance du pays aux importations alimentaires.

    L’approche défendue par l’IITA repose sur une articulation entre recherche scientifique et production agricole. Il ne s’agit pas seulement de distribuer du matériel végétal, mais de renforcer la qualité des plants, d’améliorer leur résistance aux maladies et d’adapter les technologies aux conditions agroécologiques du Gabon. Cette orientation est importante dans un pays qui dispose de vastes terres cultivables, mais dont le potentiel agricole reste encore insuffisamment exploité.

    La modernisation passe aussi par le numérique. Des outils comme PlantVillage NURU, SeedTracker ou Cassava Business Connector doivent permettre d’améliorer le suivi des cultures, la détection des maladies, la traçabilité des semences et l’efficacité des services agricoles. Pour les producteurs, ces solutions peuvent faciliter l’accès à l’information technique et aider à mieux anticiper les risques sur les exploitations.

    Pour le Gabon, l’enjeu dépasse donc la simple relance de quelques filières. Il s’agit de bâtir progressivement un système agricole plus productif, mieux encadré et moins dépendant des approvisionnements extérieurs.

     

  • Gabon : le groupe guinéen SONOCO veut industrialiser la filière avicole avant la fin des importations de poulet

    Gabon : le groupe guinéen SONOCO veut industrialiser la filière avicole avant la fin des importations de poulet

    Le Gabon cherche activement à bâtir une filière avicole locale compétitive avant l’entrée en vigueur, en janvier 2027, de l’interdiction des importations de poulet de chair décidée par le gouvernement en mai 2025. C’est dans ce contexte que le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le 9 juin 2026 une délégation du groupe guinéen SONOCO, conglomérat basé à Conakry et actif dans la minoterie, l’agroalimentaire, la logistique et la métallurgie.

    Le projet présenté couvre l’ensemble de la chaîne de valeur avicole : production locale de matières premières végétales, usine d’aliments pour volailles, couvoirs, poussinières, fermes d’élevage et abattoir industriel aux normes internationales. L’ambition affichée est de porter la production annuelle à plus de 15 millions de poulets de chair, un volume qui permettrait, selon SONOCO, de couvrir intégralement la demande nationale et d’éliminer les importations sur ce segment.

    Le défi est considérable. Le Gabon importe chaque année environ 55 000 tonnes de volaille pour une production locale estimée à moins de 4 000 tonnes, soit un déficit représentant plus de 90 % de la consommation nationale et évalué à plus de 60 milliards FCFA annuels. L’échéance réglementaire de 2027 crée mécaniquement une opportunité industrielle de grande envergure pour les investisseurs capables de répondre dans les délais.

    SONOCO s’appuie sur un précédent crédible : en Guinée, sa filiale FERMAV Industries, soutenue par l’IFC à hauteur de 20 millions de dollars, est en phase finale de démarrage. Mais le calendrier gabonais demeure serré. Le communiqué présidentiel indique que « les procédures administratives et foncières sont en cours de finalisation avec les ministères concernés », ce qui signifie que les arbitrages essentiels restent ouverts, sans montant d’investissement ni bailleur institutionnel annoncés à ce stade.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large d’investisseurs africains répondant à l’appel lancé lors du Forum de Kigali de mai 2026, où le Gabon avait officiellement sollicité des partenaires du continent pour accompagner sa transformation économique.