Étiquette : irrigation

  • L’Ouganda accélère son plan d’irrigation face à la sécheresse

    L’Ouganda accélère son plan d’irrigation face à la sécheresse

    L’Ouganda veut accélérer le développement de l’irrigation pour limiter les pertes agricoles provoquées par la sécheresse. Le président Yoweri Museveni a demandé au gouvernement de finaliser un plan de déploiement massif des infrastructures permettant d’acheminer l’eau jusqu’aux exploitations.

    La décision intervient alors que les effets du déficit pluviométrique commencent à se faire sentir sur la campagne agricole. Plusieurs producteurs signalent une mauvaise germination des cultures et des pertes de récoltes. Les autorités redoutent également des conséquences sur l’élevage si les conditions actuelles persistent.

    Le gouvernement prévoit de construire son intervention à partir des besoins de chaque territoire. Le ministère de l’Agriculture, de l’Industrie animale et de la Pêche a convié les responsables politiques et techniques des districts à deux jours de consultations à partir du 7 octobre. L’objectif est de cartographier la disponibilité de l’eau, les caractéristiques des terrains et les productions à irriguer en priorité dans chaque district et sous-région.

    Les premières orientations montrent que le programme devrait couvrir plusieurs segments de l’agriculture. Les cultures contribuant à la sécurité alimentaire seront ciblées, mais aussi celles qui génèrent des revenus pour les producteurs. Le café et le cacao sont notamment cités. Le maïs et les pâturages sont également concernés pour sécuriser l’alimentation animale, tandis que la pisciculture doit faire partie du dispositif.

    L’objectif est surtout de changer d’échelle. L’Ouganda dispose déjà d’un programme de micro-irrigation qui permet à l’État de prendre en charge entre 25 % et 75 % du coût des équipements, dans la limite de 7,2 millions de shillings ougandais par acre. L’aide est plafonnée à 2,5 acres, soit environ un hectare par exploitation, ce qui destine principalement le mécanisme aux petits producteurs.

    La demande montre toutefois les limites d’une intervention encore relativement restreinte. Quelque 27 000 manifestations d’intérêt ont été enregistrées dans le cadre du programme, tandis que 8 000 petits producteurs répartis dans 40 districts doivent pouvoir bénéficier des subventions. À ce stade, environ 400 agriculteurs ont effectivement été équipés et 112 sites de démonstration ont été réalisés.

    Le plan demandé par le président Museveni doit donc compléter cette approche individuelle par une intervention beaucoup plus large. L’objectif national est de porter les terres irriguées à 1,5 million d’hectares d’ici 2040, afin de réduire la dépendance de l’agriculture aux précipitations et de permettre une production plus régulière pendant les saisons sèches.

  • Kenya : Nairobi cherche l’appui de Lisbonne pour irriguer un million d’acres supplémentaires

    Kenya : Nairobi cherche l’appui de Lisbonne pour irriguer un million d’acres supplémentaires

    Le Kenya entend accélérer le développement de l’irrigation pour réduire la dépendance de son agriculture aux aléas climatiques. Dans cette optique, le gouvernement a engagé des discussions formelles avec le Portugal pour soutenir la mise en œuvre du National Irrigation Sector Investment Plan, un programme qui vise à placer un million d’acres supplémentaires sous irrigation à travers le pays.

    Les échanges ont eu lieu le 29 mai 2026 à Nairobi entre le secrétaire principal chargé de l’irrigation, Ephantus Kimotho Kimani, et l’ambassadeur du Portugal au Kenya, Paulo Neves Pocinho. Le partenariat envisagé couvre plusieurs dimensions : appui technique, financement, investissement privé et partage d’expertise dans la gestion de l’eau agricole. Sur le plan des infrastructures, les priorités identifiées portent sur la construction de barrages, les systèmes de captage, le revêtement des canaux, l’amélioration des réseaux de transport de l’eau et la modernisation du drainage.

    L’enjeu est structurel pour un pays où les zones arides et semi-arides couvrent une large part du territoire national. Ces régions restent très exposées aux sécheresses récurrentes, qui fragilisent les rendements, érodent les revenus agricoles et perturbent l’approvisionnement alimentaire des populations rurales. Pour Nairobi, l’irrigation est à la fois un levier productif, un outil d’adaptation climatique et un facteur de stabilisation économique.

    Le gouvernement a cependant veillé à ne pas cantonner cette stratégie aux seuls grands périmètres irrigués. Les discussions avec Lisbonne ont également porté sur des projets communautaires et des initiatives portées par les petits producteurs, avec la possibilité de mobiliser des mécanismes de financement de proximité, dont le Small Projects Fund portugais. Une orientation qui tient compte des réalités du tissu agricole kenyan, majoritairement composé de petites exploitations familiales.

    Reste à transformer les discussions diplomatiques en projets concrets, financés, construits et accessibles aux agriculteurs sur le terrain. Avec un million d’acres supplémentaires dans le viseur, le Kenya envoie un message clair : la maîtrise de l’eau est désormais au cœur de sa stratégie de transformation agricole.