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  • Madagascar cherche 400 millions de dollars pour transformer son élevage

    Madagascar cherche 400 millions de dollars pour transformer son élevage

    Madagascar veut mobiliser environ 400 millions de dollars pour accélérer la transformation de son secteur de l’élevage entre 2026 et 2030. Cette enveloppe doit permettre de financer les priorités identifiées dans le nouveau plan directeur national et d’améliorer la productivité de filières encore largement confrontées à des contraintes sanitaires, alimentaires et structurelles.

    Le besoin de financement a été présenté début octobre à Antananarivo lors d’une table ronde réunissant les pouvoirs publics et plusieurs partenaires techniques et financiers. Le programme concerne notamment les bovins et la production laitière, les petits ruminants, l’aviculture et l’élevage porcin.

    Les investissements envisagés doivent porter sur des domaines directement liés aux performances des élevages. La santé animale constitue l’un des principaux axes, aux côtés de l’amélioration génétique et de l’accès à une alimentation de meilleure qualité. Le développement des infrastructures et l’organisation des marchés doivent également accompagner cette montée en puissance.

    Le potentiel est important dans un pays où l’élevage représente une source de revenus et de sécurité économique pour une grande partie des ménages ruraux. Mais les performances restent limitées par la mortalité animale, la faible productivité, le coût des aliments et un accès encore insuffisant aux services vétérinaires.

    Les travaux conduits pour préparer le plan directeur montrent l’ampleur des gains possibles. Dans les filières de petits ruminants, la combinaison d’investissements dans la santé, l’alimentation, la génétique et les marchés pourrait plus que doubler la production de viande à long terme par rapport à la trajectoire actuelle.

    La filière porcine présente elle aussi un potentiel de progression malgré la récurrence de la peste porcine africaine et les difficultés d’alimentation. Les projections élaborées dans le cadre du plan envisagent un cheptel pouvant atteindre 4,4 millions de porcs à l’horizon 2040 si les interventions prévues sont effectivement déployées.

    Madagascar dispose désormais d’une feuille de route détaillée. L’étape décisive sera la mobilisation effective des financements publics et privés nécessaires pour la mettre en œuvre. Les autorités privilégient notamment des ressources concessionnelles et non remboursables afin de limiter le poids financier de cette transformation.

  • Madagascar : des organisations paysannes dénoncent l’opacité des négociations sur l’Accord de partenariat économique avec l’UE

    Madagascar : des organisations paysannes dénoncent l’opacité des négociations sur l’Accord de partenariat économique avec l’UE

    À Madagascar, neuf organisations paysannes et de la société civile ont tiré la sonnette d’alarme sur les conditions dans lesquelles se déroulent les négociations d’un Accord de partenariat économique (APE) entre la Grande Île et l’Union européenne. Dans une lettre conjointe adressée mardi 9 juin à l’ambassadeur européen et au ministre malgache de l’Agriculture, elles dénoncent l’absence totale de consultation des principaux concernés alors que le seizième et dernier round de négociations serait sur le point d’être conclu.

    Le cœur des inquiétudes porte sur un chapitre spécifique de l’accord relatif aux semences, dont le contenu n’a pas été rendu public. Les organisations redoutent que Madagascar s’engage sur la convention UPOV 91, un cadre international qui renforce les droits de propriété intellectuelle sur les semences et limite fortement la possibilité pour les paysans de conserver et de ressemer librement leurs graines — une pratique vitale pour la souveraineté alimentaire de la Grande Île.

    Pour Zo Randriamaro, porte-parole du collectif, la responsabilité première incombe aux autorités malgaches, tenues d’être redevables envers leur population sur des engagements aussi lourds de conséquences. Le collectif exige que le libellé du chapitre sur les semences soit rendu public avant toute signature. L’ambassade européenne et le ministère malgache n’avaient pas répondu aux sollicitations au moment des premières publications.

    Cet épisode rappelle les tensions récurrentes autour des APE sur le continent africain, où la question de la souveraineté alimentaire et du droit des paysans à leurs semences constitue un point de friction structurel avec les normes commerciales européennes.