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  • Nigeria : un plan de relance pour sauver la filière gingembre

    Nigeria : un plan de relance pour sauver la filière gingembre

    Premier producteur et exportateur africain de gingembre, le Nigeria tente de relancer une filière durement touchée depuis 2023 par une grave crise phytosanitaire. Dans ce cadre, le Fonds national de développement agricole a lancé, le 19 juin, le Ginger Value Chain Recovery and Sustainability Programme.

    Le dispositif est mis en œuvre avec l’Institut national de recherche sur les racines et tubercules. Il prolonge les actions engagées depuis près de trois ans pour contenir le ginger blight, une maladie fongique redoutable. Celle-ci a touché plusieurs États producteurs, en particulier Kaduna, principal bassin de culture du pays.

    L’ampleur du choc montre l’urgence de la situation. Selon AFEX Commodities Exchange, la récolte nigériane de gingembre est passée de plus de 800 000 tonnes en 2022 à moins de 100 000 tonnes en 2023. Elle s’est ensuite légèrement redressée, à environ 160 000 tonnes en 2024. Sur l’ensemble de la période, la récolte annuelle a donc chuté de plus de 75 %. Les recettes d’exportation se sont effondrées dans le même temps, atteignant 11,5 millions de dollars en 2025, contre 41 millions trois ans plus tôt, soit près de quatre fois moins.

    Face à cette crise, Abuja avait déjà créé en 2024 un comité national de lutte contre la maladie. Un fonds de 1,6 milliard de nairas, environ 1,2 million de dollars, avait aussi été mobilisé pour soutenir les petits exploitants des zones les plus touchées.

    Le nouveau plan de relance vise d’abord à reconstituer rapidement la base productive. La secrétaire permanente du ministère de l’Agriculture et des Ressources naturelles de l’État d’Abia, Ijeoma Adamma Agoha, a expliqué que cette réponse devait permettre de reconstruire des systèmes plus solides. Elle doit aussi restaurer la confiance des agriculteurs grâce à la science et à l’innovation. En parallèle, le NADF investit dans le renforcement de plusieurs instituts de recherche, dont le NRCRI. L’objectif est de privilégier la prévention plutôt qu’une gestion uniquement réactive des crises.

    L’enjeu dépasse toutefois la reconstruction de l’outil productif. Le marché mondial du gingembre pèse plus de 4 milliards de dollars. Selon le Centre du commerce international, le Nigeria pourrait porter ses exportations annuelles à 86 millions de dollars d’ici 2030, à condition de structurer durablement la filière.

     

  • Nigeria : une task force pour réduire les rejets de produits agricoles à l’exportation

    Nigeria : une task force pour réduire les rejets de produits agricoles à l’exportation

    Face à la persistance des rejets de ses produits agricoles sur les marchés internationaux, le Nigeria tente une nouvelle réponse institutionnelle. Le gouvernement a inauguré le 15 juin à Abuja un groupe de travail technique réunissant administrations publiques, agences de régulation, instituts de recherche, universités, secteur privé et associations de producteurs, avec pour mission de proposer dans un délai de deux mois des solutions pour réduire les rejets liés au non-respect des limites de résidus et des normes sanitaires internationales.

    Le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Aliyu Sabi Abdullahi, a justifié cette initiative par des préoccupations croissantes concernant les résidus de pesticides, les contaminants et la sécurité alimentaire, qui exigent selon lui une réponse coordonnée et multisectorielle. Le secteur agricole contribue à hauteur de 25% au PIB nigérian et emploie environ 34% de la population, mais son potentiel à l’export reste freiné par ces difficultés de conformité.

    Le problème n’est pas nouveau. Une étude de l’Université d’Ibadan publiée en 2025 a recensé 322 notifications de rejet visant des cultures nigérianes entre 2012 et juin 2022 sur les principaux marchés européens, parmi lesquels le Royaume-Uni, la Pologne, la Belgique, l’Allemagne, la Grèce et les Pays-Bas. Les causes identifiées incluent la présence de salmonelles, de pesticides non autorisés comme le dichlorvos, ainsi que des aflatoxines, sans compter l’absence de certificats phytosanitaires en règle. Le sésame, la fleur d’hibiscus, l’arachide, les haricots, les graines de melon et le citron vert figurent parmi les produits les plus touchés. Selon l’Alliance pour l’action contre les pesticides au Nigeria, les seules pertes liées aux rejets d’exportations de haricots vers l’Union européenne sont estimées à près de 363 millions de dollars par an.

    Plusieurs mesures avaient déjà été engagées par le passé pour endiguer ce problème, dont un plan de contrôle pour les haricots secs lancé en 2018, de nouvelles directives d’exportation publiées en 2019, et un programme de l’OMC de 1,2 million de dollars en 2024 ciblant le sésame et le niébé. La persistance des rejets malgré ces dispositifs souligne la difficulté à assurer une conformité continue sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Reste à voir si cette nouvelle task force parviendra à instaurer une dynamique plus cohérente, capable de restaurer durablement la crédibilité des exportations agricoles nigérianes sur les marchés internationaux

  • Le groupe Dangote obtient 600 millions USD de l’AFC pour étendre sa production d’engrais

    Le groupe Dangote obtient 600 millions USD de l’AFC pour étendre sa production d’engrais

    Le groupe nigérian Dangote a obtenu un financement de plus de 600 millions de dollars, soit environ 330 milliards de FCFA, auprès de l’Africa Finance Corporation (AFC) pour étendre son programme de production d’engrais, estimé à 7 milliards de dollars. Ce nouvel accord renforce un partenariat de longue date entre les deux groupes, déjà associés sur plusieurs projets structurants du continent, dont la raffinerie Dangote pour laquelle l’AFC avait coordonné un prêt syndiqué de 3 milliards de dollars.

    Le financement sera octroyé à Greenview Fertilizer Corporation, la holding de Dangote dédiée aux engrais, et doit permettre de tripler la capacité de production d’engrais urée du complexe d’Ibeju-Lekki, dans l’État de Lagos, qui passerait de 3 à 9 millions de tonnes par an. Une nouvelle usine d’urée d’une capacité de 3 millions de tonnes annuelles est également prévue en Éthiopie, marché jugé stratégique pour l’agriculture africaine.

    Pour Aliko Dangote, président-directeur général du groupe, cette expansion renforcera la sécurité alimentaire du continent, soutiendra la productivité agricole et consolidera le tissu industriel africain. Le projet devrait également générer plus de 4 milliards de dollars d’exportations d’urée par an au cours des trois prochaines années, contribuant aux recettes en devises du Nigeria.

    Du côté de l’AFC, l’investissement répond à un déficit structurel de consommation d’engrais sur le continent. Selon Samaila Zubairu, président-directeur général de l’institution, les 1,5 milliard d’Africains ne consomment actuellement qu’environ 6 millions de tonnes d’urée par an, contre 40 millions de tonnes en Inde et près de 50 millions de tonnes en Chine, pour des populations comparables. Combler cet écart de productivité est jugé essentiel pour la sécurité alimentaire du continent et pour réduire sa dépendance aux importations d’intrants.

    Cette opération illustre une dynamique plus large de structuration de l’industrie africaine des engrais, où plusieurs producteurs et institutions de financement cherchent à réduire la dépendance du continent aux importations et à stabiliser les prix payés par les agriculteurs. Avec une ambition affichée de valorisation à 100 milliards de dollars d’ici 2030, le groupe Dangote poursuit en parallèle sa stratégie d’investissement dans l’énergie, l’industrie lourde, les transports et l’agro-industrie, faisant de l’expansion de sa branche engrais l’un des piliers de cette diversification.

     

  • Nigeria : près de 700 millions de dollars injectés dans l’agriculture pour consolider la sécurité alimentaire

    Nigeria : près de 700 millions de dollars injectés dans l’agriculture pour consolider la sécurité alimentaire

    Le Nigeria vient de dresser un bilan chiffré de son engagement en faveur du secteur agricole sur les trois dernières années. Selon le ministère fédéral de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, ce sont 950 milliards de nairas, soit environ 697 millions de dollars, qui ont été mobilisés à travers des programmes d’assurance et de financement destinés aux producteurs. Ce bilan a été présenté le 6 juin 2026 dans le cadre d’une évaluation des actions menées pour renforcer la sécurité alimentaire et améliorer la productivité agricole nationale.

    Sur ce montant global, 700 milliards de nairas ont été consacrés à la couverture d’assurance agricole, permettant de protéger près de 200 000 agriculteurs contre les aléas climatiques et les pertes de récoltes. En complément, une facilité de 250 milliards de nairas a été accordée à la Banque de l’agriculture afin qu’elle propose des financements à des conditions accessibles aux exploitants.

    Ces efforts s’inscrivent dans l’Agenda « Renewed Hope » du président Bola Ahmed Tinubu, qui vise à renforcer la production agricole nationale et à contenir la hausse des prix alimentaires. Ils viennent s’ajouter à d’autres mesures déjà déployées — distribution d’engrais et de semences améliorées, mécanisation et développement d’infrastructures rurales.

    L’enjeu est de taille pour un pays où l’agriculture pèse près de 24 % du PIB et emploie environ la moitié de la population active. Malgré ce poids structurel, le secteur reste confronté à des contraintes durables : forte exposition aux perturbations climatiques, faible taux de mécanisation, coûts des intrants en hausse et difficultés persistantes d’accès au crédit pour les petits exploitants.

    Le soutien des partenaires internationaux vient renforcer cette dynamique. En avril dernier, la Banque mondiale a approuvé un crédit de 500 millions de dollars pour financer sur six ans le projet AGROW, centré sur l’accroissement de la productivité des petits exploitants, le renforcement des chaînes de valeur agricoles et l’amélioration de la sécurité nutritionnelle. Un signal fort qui témoigne de la crédibilité retrouvée de la trajectoire agricole nigériane aux yeux des bailleurs internationaux.