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  • Nigeria : un programme de 7,1 milliards de dollars pour accélérer la production nationale de sucre

    Nigeria : un programme de 7,1 milliards de dollars pour accélérer la production nationale de sucre

    Le Nigeria veut franchir une nouvelle étape dans le développement de son industrie sucrière. Le National Sugar Development Council (NSDC) a présenté un programme d’investissement de 7,1 milliards de dollars sur dix ans, destiné à renforcer la production locale et à réduire la dépendance du pays aux importations.

    L’initiative prévoit notamment la création de dix complexes sucriers intégrés et vise une production nationale supérieure à deux millions de tonnes par an.

    Les dix nouveaux complexes envisagés représenteraient une capacité de production cumulée de 835 000 tonnes de sucre par an à plein régime. Selon les informations communiquées par le régulateur, des promoteurs ont déjà été identifiés pour l’ensemble des projets, tandis que 143 478 hectares de terres auraient été sécurisés pour leur développement.

    Ces avancées ne signifient toutefois pas que les investissements sont déjà réalisés. Les études techniques se poursuivent et la mobilisation des financements reste une étape déterminante avant le lancement effectif des différentes installations.

    Le programme repose sur un modèle de production intégrée, associant la culture de la canne à sucre à sa transformation industrielle. Les complexes pourraient également développer des activités complémentaires, notamment la production d’éthanol et la valorisation énergétique des sous-produits. Cette approche vise à améliorer la rentabilité des investissements en diversifiant les sources de revenus au-delà du sucre commercialisé.

    Pour le Nigeria, l’enjeu est considérable. Malgré la taille de son marché intérieur, le pays demeure fortement dépendant des importations de sucre brut pour satisfaire les besoins de son industrie. Le développement de nouvelles capacités agricoles et industrielles permettrait de réduire cette exposition aux marchés internationaux tout en renforçant les chaînes de valeur locales.

    Le NSDC estime que le programme pourrait générer jusqu’à 2,1 milliards de dollars d’économies annuelles en devises et contribuer à la création de 110 000 emplois directs et indirects. Ces projections restent conditionnées à la réalisation des investissements, à l’exploitation effective des superficies prévues et à l’atteinte des capacités de production annoncées.

    La dimension agricole constitue l’un des principaux défis du programme. L’implantation de complexes sucriers à grande échelle nécessite des investissements importants dans l’irrigation, les infrastructures de transport, la mécanisation et l’organisation de l’approvisionnement en canne. La maîtrise des coûts de production et la disponibilité de ressources en eau suffisantes seront également essentielles à la compétitivité des futures installations.

    Le développement de cette industrie pourrait par ailleurs offrir de nouvelles perspectives aux producteurs agricoles, notamment à travers des mécanismes de contractualisation et des partenariats avec les unités de transformation. Leur place dans le dispositif dépendra cependant des modèles d’exploitation retenus par les promoteurs.

    Avec ce programme, le Nigeria entend accélérer la constitution d’une filière sucrière nationale capable de répondre davantage à sa demande intérieure. Les prochaines étapes, en particulier la conclusion des financements et le démarrage des travaux, permettront de déterminer dans quelle mesure cette ambition pourra se traduire en nouvelles capacités de production.

  • Le Nigeria étend son programme de transformation de l’élevage à dix nouveaux États

    Le Nigeria étend son programme de transformation de l’élevage à dix nouveaux États

    Le Nigeria élargit la couverture de l’un de ses principaux programmes consacrés à la modernisation de l’élevage. Dix nouveaux États viennent d’intégrer le Livestock Productivity and Resilience Support Project, un dispositif de 500 millions de dollars soutenu par la Banque mondiale pour améliorer la productivité du secteur et renforcer les chaînes de valeur animales.

    L’extension a été officialisée à Yola, dans l’État d’Adamawa, à l’occasion d’une mission consacrée à la mise en œuvre du programme. Les nouveaux participants rejoignent plusieurs États déjà engagés dans le dispositif, dont les interventions doivent se poursuivre jusqu’en 2028.

    Le progemme L-PRES cherche à agir sur les principales contraintes qui freinent encore le développement de l’élevage nigérian. Il soutient notamment l’amélioration des systèmes de production, le développement des débouchés commerciaux et la résilience des exploitations face aux chocs climatiques. Il doit également contribuer à réduire les tensions liées à l’accès aux terres et à l’eau dans les zones régulièrement confrontées aux conflits entre agriculteurs et éleveurs.

    Au total, plus de 1,4 million de personnes et environ 45 millions d’animaux pourraient bénéficier directement ou indirectement des interventions prévues. Une part importante des financements est consacrée au renforcement des chaînes de valeur, avec des investissements dans les infrastructures, les services aux producteurs, la santé animale et les conditions de commercialisation.

    L’élargissement du programme intervient dans un contexte de réorganisation plus large de la politique nigériane de l’élevage. Le pays a publié cette année son Livestock Master Plan 2026-2040 et accélère parallèlement ses projets de ranching, de réhabilitation des pâturages et de modernisation des modes de production.

    Les autorités cherchent notamment à réduire la dépendance à l’élevage extensif tout en améliorant la productivité et la qualité des produits destinés au marché intérieur. Le développement d’une filière davantage structurée doit également permettre au Nigeria de mieux exploiter le potentiel économique de la viande, du lait et des autres produits animaux.

    L’intégration de dix nouveaux États donne ainsi une nouvelle dimension territoriale à L-PRES. Le défi sera désormais de transformer cet élargissement en investissements effectivement déployés sur le terrain et en gains mesurables pour les producteurs et les entreprises de la filière.

  • Ayodeji Balogun, l’artisan d’un marché agricole mieux structuré

    Ayodeji Balogun, l’artisan d’un marché agricole mieux structuré

    Ayodeji Balogun a grandi dans l’univers du commerce des matières premières. Formé au sein de l’entreprise familiale, il en prend ensuite la direction et porte son chiffre d’affaires à plus de 15 millions de dollars. Il crée parallèlement une activité de transport routier et investit dans une entreprise agricole. Ces premières expériences lui permettent de se familiariser avec le négoce, la circulation des marchandises et les contraintes auxquelles sont confrontées les entreprises opérant dans les chaînes de valeur agricoles.

    À la tête d’AFEX, le dirigeant nigérian développe un modèle qui relie producteurs, entrepôts, industriels et financeurs. Présente dans quatre pays africains, l’entreprise a déjà accompagné plus de 500 000 exploitants et stocké plus de 1,1 million de tonnes de produits agricoles.

    Après un MBA à la Lagos Business School, il rejoint AFEX. Il y travaille d’abord sur l’implantation de l’entreprise dans de nouveaux marchés d’Afrique de l’Ouest et de l’Est. Il prend ensuite la direction des activités nigérianes et contribue au développement de la bourse privée de matières premières ainsi que du système de récépissés d’entreposage. En octobre 2022, il est nommé directeur général du groupe. Il supervise depuis sa stratégie et son expansion continentale.

    AFEX : organiser la rencontre entre la production et le marché

    Lancée au Nigeria en 2014, AFEX intervient dans un environnement où l’offre agricole est encore très fragmentée. Les petits exploitants produisent individuellement des volumes limités, souvent éloignés des grands centres de consommation et des unités de transformation. Les industriels recherchent, à l’inverse, des quantités importantes, disponibles régulièrement et répondant à des critères précis de qualité.

    L’entreprise se positionne entre ces deux groupes, avec un vaste réseau d’entrepôts qui permet de rapprocher les capacités de stockage des bassins de production. Les récoltes y sont regroupées, pesées, contrôlées et classées avant leur commercialisation.

    AFEX s’adresse aux producteurs et aux coopératives, mais aussi aux commerçants, aux transformateurs, aux exportateurs et aux établissements financiers. Sa bourse de matières premières facilite la vente de lots déjà constitués, tandis que ses outils de collecte de données améliorent la visibilité sur les volumes, les prix et la qualité des produits disponibles.

    Le récépissé d’entreposage complète ce modèle. Délivré après le dépôt de la marchandise dans un entrepôt agréé, il atteste de la nature, de la quantité et de la qualité du stock. Il peut ensuite être utilisé pour organiser une vente ou comme garantie dans le cadre d’un financement. Le producteur ou le commerçant peut ainsi accéder à des liquidités sans devoir céder immédiatement sa récolte au moment où les prix sont généralement les plus bas.

    Le dispositif concerne principalement des produits pouvant être stockés et standardisés, parmi lesquels le maïs, le riz, le soja, le sorgho, le sésame, le cacao et l’anacarde.

    Des résultats probants et une croissance rapide

    En une décennie, AFEX est passée d’une plateforme essentiellement nigériane à un groupe présent au Nigeria, au Kenya, en Ouganda et en Côte d’Ivoire. En 2024, son réseau couvrait plus de 500 000 petits producteurs et comptait 267 entrepôts. Plus de 1,1 million de tonnes de produits agricoles avaient été stockées depuis le lancement de ses activités.

    Cette croissance a attiré British International Investment. En 2023, l’institution britannique a engagé 26,5 millions de dollars dans AFEX. À cette date, l’entreprise desservait plus de 450 000 producteurs et exploitait plus de 200 entrepôts au Nigeria, au Kenya et en Ouganda. Le financement devait soutenir la construction de 20 entrepôts supplémentaires, représentant 230 000 tonnes de nouvelles capacités et pouvant bénéficier à 200 000 producteurs additionnels.

    AFEX a également développé des instruments destinés aux entreprises agricoles. En 2023, sa filiale d’investissement a inscrit au Nigeria un programme de billets de trésorerie adossés à des actifs d’un montant de 100 milliards de nairas. L’objectif était de faciliter l’accès des transformateurs et des négociants au fonds de roulement nécessaire à l’achat et au stockage des matières premières.

    Un modèle intégré pour structurer les filières agricoles

    La force d’AFEX tient à l’articulation de plusieurs fonctions souvent dispersées : collecte, stockage, contrôle qualité, accès au marché et financement. Ce modèle répond directement à la fragmentation des filières agricoles africaines, où les producteurs vendent de faibles volumes tandis que les industriels recherchent des approvisionnements réguliers et standardisés.

    Son efficacité dépend toutefois de conditions précises. Les entrepôts doivent être bien gérés, les stocks fiables et les volumes suffisants. Le système reste aussi tributaire de routes praticables et de services de transport efficaces. AFEX peut mieux organiser les échanges, mais ne peut compenser à elle seule les insuffisances des infrastructures publiques.

    L’expérience peut néanmoins inspirer d’autres acteurs. Des coopératives, PME ou plateformes agro-industrielles peuvent reprendre cette logique à une échelle plus réduite, en associant stockage, information sur les prix, contrats avec les acheteurs et solutions de financement.

    Portrait initialement publié dans AgroMakers Magazine n°3 (3 août 2026), à l’occasion du dossier « La logistique, le maillon faible de l’agriculture africaine ».

  • Nigeria : un plan de relance pour sauver la filière gingembre

    Nigeria : un plan de relance pour sauver la filière gingembre

    Premier producteur et exportateur africain de gingembre, le Nigeria tente de relancer une filière durement touchée depuis 2023 par une grave crise phytosanitaire. Dans ce cadre, le Fonds national de développement agricole a lancé, le 19 juin, le Ginger Value Chain Recovery and Sustainability Programme.

    Le dispositif est mis en œuvre avec l’Institut national de recherche sur les racines et tubercules. Il prolonge les actions engagées depuis près de trois ans pour contenir le ginger blight, une maladie fongique redoutable. Celle-ci a touché plusieurs États producteurs, en particulier Kaduna, principal bassin de culture du pays.

    L’ampleur du choc montre l’urgence de la situation. Selon AFEX Commodities Exchange, la récolte nigériane de gingembre est passée de plus de 800 000 tonnes en 2022 à moins de 100 000 tonnes en 2023. Elle s’est ensuite légèrement redressée, à environ 160 000 tonnes en 2024. Sur l’ensemble de la période, la récolte annuelle a donc chuté de plus de 75 %. Les recettes d’exportation se sont effondrées dans le même temps, atteignant 11,5 millions de dollars en 2025, contre 41 millions trois ans plus tôt, soit près de quatre fois moins.

    Face à cette crise, Abuja avait déjà créé en 2024 un comité national de lutte contre la maladie. Un fonds de 1,6 milliard de nairas, environ 1,2 million de dollars, avait aussi été mobilisé pour soutenir les petits exploitants des zones les plus touchées.

    Le nouveau plan de relance vise d’abord à reconstituer rapidement la base productive. La secrétaire permanente du ministère de l’Agriculture et des Ressources naturelles de l’État d’Abia, Ijeoma Adamma Agoha, a expliqué que cette réponse devait permettre de reconstruire des systèmes plus solides. Elle doit aussi restaurer la confiance des agriculteurs grâce à la science et à l’innovation. En parallèle, le NADF investit dans le renforcement de plusieurs instituts de recherche, dont le NRCRI. L’objectif est de privilégier la prévention plutôt qu’une gestion uniquement réactive des crises.

    L’enjeu dépasse toutefois la reconstruction de l’outil productif. Le marché mondial du gingembre pèse plus de 4 milliards de dollars. Selon le Centre du commerce international, le Nigeria pourrait porter ses exportations annuelles à 86 millions de dollars d’ici 2030, à condition de structurer durablement la filière.

     

  • Nigeria : une task force pour réduire les rejets de produits agricoles à l’exportation

    Nigeria : une task force pour réduire les rejets de produits agricoles à l’exportation

    Face à la persistance des rejets de ses produits agricoles sur les marchés internationaux, le Nigeria tente une nouvelle réponse institutionnelle. Le gouvernement a inauguré le 15 juin à Abuja un groupe de travail technique réunissant administrations publiques, agences de régulation, instituts de recherche, universités, secteur privé et associations de producteurs, avec pour mission de proposer dans un délai de deux mois des solutions pour réduire les rejets liés au non-respect des limites de résidus et des normes sanitaires internationales.

    Le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Aliyu Sabi Abdullahi, a justifié cette initiative par des préoccupations croissantes concernant les résidus de pesticides, les contaminants et la sécurité alimentaire, qui exigent selon lui une réponse coordonnée et multisectorielle. Le secteur agricole contribue à hauteur de 25% au PIB nigérian et emploie environ 34% de la population, mais son potentiel à l’export reste freiné par ces difficultés de conformité.

    Le problème n’est pas nouveau. Une étude de l’Université d’Ibadan publiée en 2025 a recensé 322 notifications de rejet visant des cultures nigérianes entre 2012 et juin 2022 sur les principaux marchés européens, parmi lesquels le Royaume-Uni, la Pologne, la Belgique, l’Allemagne, la Grèce et les Pays-Bas. Les causes identifiées incluent la présence de salmonelles, de pesticides non autorisés comme le dichlorvos, ainsi que des aflatoxines, sans compter l’absence de certificats phytosanitaires en règle. Le sésame, la fleur d’hibiscus, l’arachide, les haricots, les graines de melon et le citron vert figurent parmi les produits les plus touchés. Selon l’Alliance pour l’action contre les pesticides au Nigeria, les seules pertes liées aux rejets d’exportations de haricots vers l’Union européenne sont estimées à près de 363 millions de dollars par an.

    Plusieurs mesures avaient déjà été engagées par le passé pour endiguer ce problème, dont un plan de contrôle pour les haricots secs lancé en 2018, de nouvelles directives d’exportation publiées en 2019, et un programme de l’OMC de 1,2 million de dollars en 2024 ciblant le sésame et le niébé. La persistance des rejets malgré ces dispositifs souligne la difficulté à assurer une conformité continue sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Reste à voir si cette nouvelle task force parviendra à instaurer une dynamique plus cohérente, capable de restaurer durablement la crédibilité des exportations agricoles nigérianes sur les marchés internationaux

  • Le groupe Dangote obtient 600 millions USD de l’AFC pour étendre sa production d’engrais

    Le groupe Dangote obtient 600 millions USD de l’AFC pour étendre sa production d’engrais

    Le groupe nigérian Dangote a obtenu un financement de plus de 600 millions de dollars, soit environ 330 milliards de FCFA, auprès de l’Africa Finance Corporation (AFC) pour étendre son programme de production d’engrais, estimé à 7 milliards de dollars. Ce nouvel accord renforce un partenariat de longue date entre les deux groupes, déjà associés sur plusieurs projets structurants du continent, dont la raffinerie Dangote pour laquelle l’AFC avait coordonné un prêt syndiqué de 3 milliards de dollars.

    Le financement sera octroyé à Greenview Fertilizer Corporation, la holding de Dangote dédiée aux engrais, et doit permettre de tripler la capacité de production d’engrais urée du complexe d’Ibeju-Lekki, dans l’État de Lagos, qui passerait de 3 à 9 millions de tonnes par an. Une nouvelle usine d’urée d’une capacité de 3 millions de tonnes annuelles est également prévue en Éthiopie, marché jugé stratégique pour l’agriculture africaine.

    Pour Aliko Dangote, président-directeur général du groupe, cette expansion renforcera la sécurité alimentaire du continent, soutiendra la productivité agricole et consolidera le tissu industriel africain. Le projet devrait également générer plus de 4 milliards de dollars d’exportations d’urée par an au cours des trois prochaines années, contribuant aux recettes en devises du Nigeria.

    Du côté de l’AFC, l’investissement répond à un déficit structurel de consommation d’engrais sur le continent. Selon Samaila Zubairu, président-directeur général de l’institution, les 1,5 milliard d’Africains ne consomment actuellement qu’environ 6 millions de tonnes d’urée par an, contre 40 millions de tonnes en Inde et près de 50 millions de tonnes en Chine, pour des populations comparables. Combler cet écart de productivité est jugé essentiel pour la sécurité alimentaire du continent et pour réduire sa dépendance aux importations d’intrants.

    Cette opération illustre une dynamique plus large de structuration de l’industrie africaine des engrais, où plusieurs producteurs et institutions de financement cherchent à réduire la dépendance du continent aux importations et à stabiliser les prix payés par les agriculteurs. Avec une ambition affichée de valorisation à 100 milliards de dollars d’ici 2030, le groupe Dangote poursuit en parallèle sa stratégie d’investissement dans l’énergie, l’industrie lourde, les transports et l’agro-industrie, faisant de l’expansion de sa branche engrais l’un des piliers de cette diversification.

     

  • Nigeria : près de 700 millions de dollars injectés dans l’agriculture pour consolider la sécurité alimentaire

    Nigeria : près de 700 millions de dollars injectés dans l’agriculture pour consolider la sécurité alimentaire

    Le Nigeria vient de dresser un bilan chiffré de son engagement en faveur du secteur agricole sur les trois dernières années. Selon le ministère fédéral de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, ce sont 950 milliards de nairas, soit environ 697 millions de dollars, qui ont été mobilisés à travers des programmes d’assurance et de financement destinés aux producteurs. Ce bilan a été présenté le 6 juin 2026 dans le cadre d’une évaluation des actions menées pour renforcer la sécurité alimentaire et améliorer la productivité agricole nationale.

    Sur ce montant global, 700 milliards de nairas ont été consacrés à la couverture d’assurance agricole, permettant de protéger près de 200 000 agriculteurs contre les aléas climatiques et les pertes de récoltes. En complément, une facilité de 250 milliards de nairas a été accordée à la Banque de l’agriculture afin qu’elle propose des financements à des conditions accessibles aux exploitants.

    Ces efforts s’inscrivent dans l’Agenda « Renewed Hope » du président Bola Ahmed Tinubu, qui vise à renforcer la production agricole nationale et à contenir la hausse des prix alimentaires. Ils viennent s’ajouter à d’autres mesures déjà déployées — distribution d’engrais et de semences améliorées, mécanisation et développement d’infrastructures rurales.

    L’enjeu est de taille pour un pays où l’agriculture pèse près de 24 % du PIB et emploie environ la moitié de la population active. Malgré ce poids structurel, le secteur reste confronté à des contraintes durables : forte exposition aux perturbations climatiques, faible taux de mécanisation, coûts des intrants en hausse et difficultés persistantes d’accès au crédit pour les petits exploitants.

    Le soutien des partenaires internationaux vient renforcer cette dynamique. En avril dernier, la Banque mondiale a approuvé un crédit de 500 millions de dollars pour financer sur six ans le projet AGROW, centré sur l’accroissement de la productivité des petits exploitants, le renforcement des chaînes de valeur agricoles et l’amélioration de la sécurité nutritionnelle. Un signal fort qui témoigne de la crédibilité retrouvée de la trajectoire agricole nigériane aux yeux des bailleurs internationaux.