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  • Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    La Côte d’Ivoire entend donner un nouveau souffle à ses filières stratégiques du palmier à huile et du cocotier, afin d’en faire de véritables leviers de croissance économique, de création d’emplois et de transformation industrielle. À travers une ambitieuse feuille de route, les autorités misent sur une amélioration durable de la productivité, un meilleur accès au financement pour les producteurs et le développement de la transformation locale.

    Pour la filière palmier à huile, le gouvernement prépare une stratégie d’envergure dont l’investissement global est estimé à 1 077 milliards de FCFA sur plusieurs années. L’objectif est de renforcer la compétitivité de cette culture de rente, qui constitue déjà l’une des principales filières agricoles du pays, tout en augmentant la valeur ajoutée créée localement.

    Cette vision repose sur plusieurs axes prioritaires. Il s’agit notamment d’améliorer les rendements des plantations grâce au renouvellement des vergers vieillissants et à l’introduction de matériels végétaux plus performants, de faciliter l’accès des producteurs à des mécanismes de financement adaptés et d’accélérer la transformation industrielle de l’huile de palme afin de limiter les exportations de matières premières brutes au profit de produits à plus forte valeur ajoutée. La stratégie prévoit également un renforcement des pratiques de durabilité, de traçabilité et de gouvernance de la filière, désormais indispensables pour répondre aux exigences des marchés internationaux.

    Deuxième producteur africain et septième mondial d’huile de palme brute, la Côte d’Ivoire dispose d’importants atouts avec près de 350 000 hectares de plantations, plus de 220 000 emplois générés et environ 45 000 exploitants impliqués dans la filière. Toutefois, celle-ci reste confrontée à plusieurs défis, notamment la faible productivité des plantations villageoises, le vieillissement des vergers, les difficultés d’accès au crédit et la concurrence croissante sur le marché mondial.

    Parallèlement, les pouvoirs publics préparent un vaste plan de relance de la filière coco. L’ambition est de redynamiser cette culture en modernisant les plantations, en améliorant la qualité des productions et en développant davantage les activités de transformation locale, afin d’accroître les revenus des producteurs et les recettes d’exportation.

    Cette approche traduit la volonté des autorités de diversifier les moteurs de croissance agricole du pays. Après les performances enregistrées dans les filières du cacao, de l’hévéa ou encore de l’anacarde, le gouvernement souhaite désormais faire du palmier à huile et du cocotier des piliers majeurs de l’industrialisation agricole, capables de générer davantage de richesse sur le territoire national.

    En misant simultanément sur la modernisation des exploitations, le financement des producteurs, la transformation industrielle et la durabilité, la Côte d’Ivoire entend renforcer la résilience de son agriculture tout en consolidant sa position parmi les grandes puissances agricoles du continent africain.

    Thom Biakpa

  • Après la Chine, le Ghana courtise les investisseurs thaïlandais pour son palmier à huile

    Après la Chine, le Ghana courtise les investisseurs thaïlandais pour son palmier à huile

    Le Ghana a engagé des discussions avec des opérateurs thaïlandais pour attirer de nouveaux investissements dans sa filière du palmier à huile, troisième secteur de production du pays en Afrique de l’Ouest derrière le Nigeria et la Côte d’Ivoire. La rencontre, tenue le 15 juin à Accra, a réuni John Dumelo, vice-ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, et une délégation thaïlandaise comprenant des représentants du ministère des Affaires étrangères ainsi que des entreprises et institutions financières du Royaume.

    Selon le communiqué officiel, les investisseurs thaïlandais ont manifesté un intérêt marqué pour le secteur ghanéen de l’huile de palme, explorant les possibilités d’établir des plantations et des unités de transformation pour répondre à la demande croissante de l’industrie. Le ministère ghanéen s’est engagé à faciliter l’accès aux terres agricoles dans les régions de l’Oti, de l’Ashanti et de l’Ahafo, identifiées comme zones à fort potentiel pour la culture du palmier. Aucun accord n’a toutefois été conclu à ce stade.

    Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’un appel similaire lancé en mars dernier par le ministre de l’Agriculture, Eric Opoku, à destination d’opérateurs chinois. Elle traduit la volonté du gouvernement ghanéen d’atteindre l’autosuffisance en huile de palme, objectif réaffirmé en 2025 à travers une politique de développement intégré de la filière pour la période 2026-2032, appuyée par un mécanisme de financement de 500 millions de dollars. Ce dispositif doit offrir des prêts à long terme, un moratoire de cinq ans sur le remboursement et des taux d’intérêt concessionnels, tout en finançant jusqu’à 70% des coûts des projets industriels liés à la filière. Le programme prévoit aussi l’aménagement de 100 000 hectares de nouvelles plantations.

    L’intérêt porté à la Thaïlande s’explique également par des considérations technologiques. Troisième producteur mondial d’huile de palme derrière l’Indonésie et la Malaisie, le pays affiche une production annuelle proche de 3,8 millions de tonnes et s’impose comme le troisième exportateur mondial, avec une maîtrise intégrée de la production, de la transformation et de la distribution.

    Pour le Ghana, ces discussions pourraient ouvrir la voie à des partenariats combinant investissements directs et transfert de technologies, dans une logique de structuration progressive de l’industrie locale de l’huile de palme, alors que plusieurs pays ouest-africains cherchent simultanément à réduire leur dépendance aux importations de cette matière première stratégique pour leurs marchés intérieurs.