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  • Kenya : un nouveau projet sucrier pour renforcer la transformation locale à Siaya

    Kenya : un nouveau projet sucrier pour renforcer la transformation locale à Siaya

    Au Kenya, la filière sucre pourrait accueillir un nouvel investissement industriel dans le comté de Siaya. La société Kipenzi Sugar prévoit d’investir environ 1,45 milliard de shillings kényans, soit un peu plus de 11 millions de dollars, dans la construction d’une usine sucrière à Mur Malanga, dans la sous-région d’Alego Usonga.

    Le projet, soumis à l’Autorité nationale de gestion de l’environnement, prévoit la mise en place d’un complexe intégrant la production de sucre, la valorisation des sous-produits et la cogénération d’énergie. L’usine devrait disposer, dans un premier temps, d’une capacité de broyage de 1 250 tonnes de canne par jour, avec une possibilité d’extension à 2 500 tonnes. Elle pourrait produire environ 138 tonnes de sucre par jour, soit près de 3 250 tonnes par mois.

    Pour les promoteurs, l’enjeu est d’abord agricole. Le projet repose sur l’approvisionnement auprès de producteurs sous contrat, plutôt que sur la création de grandes plantations propres à l’entreprise. Les documents du projet évoquent un bassin de production important, avec des producteurs de canne situés principalement dans un rayon d’environ 15 kilomètres autour du site. Cette proximité pourrait réduire les coûts de transport, limiter les pertes et offrir un débouché plus régulier aux planteurs locaux.

    L’investissement s’inscrit aussi dans une logique de valorisation industrielle. En plus du sucre brun et du sucre blanc, l’usine devrait générer des sous-produits comme la bagasse et la mélasse. La bagasse pourrait notamment servir à produire de l’énergie pour les besoins de l’usine, tandis que d’autres valorisations sont envisagées à terme, notamment dans les briquettes, les fertilisants ou les matériaux dérivés.

    Ce projet arrive dans un contexte où le Kenya cherche à relancer une filière sucrière confrontée depuis plusieurs années à des difficultés structurelles : coûts de production élevés, concurrence des importations, vieillissement de certaines usines, retards de paiement aux producteurs et faible compétitivité industrielle. En renforçant les capacités de transformation dans une zone à fort potentiel cannier, l’investissement de Kipenzi Sugar pourrait contribuer à améliorer l’approvisionnement local, créer de nouveaux débouchés pour les agriculteurs et devenir un levier de développement rural, à condition que l’industrialisation bénéficie réellement aux producteurs et aux communautés locales.

     

  • Kenya-Ouganda : le sucre relance les crispations commerciales en Afrique de l’Est

    Kenya-Ouganda : le sucre relance les crispations commerciales en Afrique de l’Est

    Le commerce du sucre ravive les tensions entre le Kenya et l’Ouganda, deux partenaires clés de la Communauté d’Afrique de l’Est. Depuis le 1er juillet 2026, Nairobi applique un nouveau droit d’accise sur le sucre importé, porté à 40 000 shillings kényans par tonne, contre 7 500 shillings auparavant. Officiellement, la mesure vise à protéger une industrie sucrière locale encore fragile, malgré les réformes engagées ces dernières années.

    Pour les industriels ougandais, cette hausse change toutefois radicalement les conditions d’accès au marché kényan. L’Uganda Sugar Manufacturers Association a saisi les autorités de Kampala, estimant que la mesure risque de réduire la compétitivité du sucre ougandais, de fragiliser les exportations et de compromettre les engagements pris dans le cadre de l’intégration régionale. Le Kenya constitue en effet l’un des principaux débouchés de la filière sucrière ougandaise, avec des volumes estimés à environ 100 000 tonnes par an.

    La décision intervient à un moment sensible. En janvier 2026, le Kenya avait officiellement mis fin à plus de deux décennies de régime de sauvegarde sur les importations de sucre en provenance du COMESA, ouvrant théoriquement la voie à un accès plus libre au marché. Cette évolution devait marquer une nouvelle étape vers la compétitivité, la baisse des prix et l’intégration commerciale. L’introduction d’un droit d’accise fortement relevé est donc perçue, côté ougandais, comme une forme de barrière non tarifaire.

    Nairobi défend de son côté la nécessité de protéger une filière stratégique. Le sucre emploie directement ou indirectement plusieurs millions de personnes au Kenya, notamment dans les bassins de production de l’ouest du pays. Les autorités misent sur la relance de la production locale, l’extension des superficies cultivées, une meilleure disponibilité de la canne et la modernisation des sucreries. Selon les projections du département américain de l’Agriculture, la production kényane pourrait passer d’environ 605 000 tonnes en 2025/2026 à 850 000 tonnes en 2026/2027, tandis que les importations reculeraient de 510 000 à 370 000 tonnes.

    Mais la controverse dépasse désormais la seule filière sucrière. Elle pose la question de l’équilibre entre protection industrielle nationale et libre circulation des marchandises au sein de l’EAC. Les deux pays ont déjà connu plusieurs différends commerciaux sur le sucre, mais aussi sur le lait, le maïs ou les œufs. Kampala privilégie pour l’instant la voie diplomatique. Reste à savoir si les mécanismes régionaux permettront d’éviter une nouvelle escalade dans un secteur où les enjeux économiques, sociaux et politiques demeurent particulièrement élevés.

     

  • Maurice : Un plan triennal de 2,19 millions de dollars par an pour les filières sucrière et théière

    Maurice : Un plan triennal de 2,19 millions de dollars par an pour les filières sucrière et théière

    Maurice mise sur ses petits planteurs pour relancer une filière sucrière en difficulté. Lors de la présentation du budget 2026-2027 au Parlement, le 19 juin, le Premier ministre Navin Ramgoolam a annoncé un investissement annuel de 100 millions de roupies, soit environ 2,19 millions de dollars. Cette enveloppe sera mobilisée pendant trois ans pour réhabiliter 500 hectares de terres appartenant à de petits et moyens producteurs de canne à sucre.

    Le gouvernement veut porter la production nationale à 250 000 tonnes de sucre d’ici 2030. Cette ambition intervient après plusieurs années de recul des surfaces cultivées et de pression sur les revenus agricoles, dans une île où le sucre a longtemps constitué un pilier de l’économie.

    La filière théière bénéficie elle aussi d’un soutien renforcé dans ce budget. Une subvention couvrira 50 % des coûts de replantation pour les petits producteurs, dans la limite de 25 000 roupies par arpent. Le gouvernement estime que ce dispositif pourrait accroître la production de thé de 50 % d’ici 2029. Il espère ainsi redonner un nouvel élan à une culture qui a progressivement perdu du terrain au profit d’autres usages agricoles. Ces mesures s’accompagnent de l’annonce d’un Forest Bill. Le texte doit promouvoir l’agroforesterie et renforcer la résilience des forêts face aux aléas climatiques. Un centre de ressources sera également créé pour les chercheurs et les agriculteurs. Il devra appuyer la production d’aliments sains pour le marché local et contribuer à la sécurité alimentaire du pays.

    Ces annonces n’ont toutefois pas convaincu tous les acteurs du secteur. Certains syndicalistes estiment en effet que le gouvernement gagnerait davantage à créer des entreprises spécialisées dans la transformation et la conservation des produits mauriciens, plutôt qu’à se concentrer uniquement sur la réhabilitation des surfaces cultivées. Ce débat révèle une tension plus large pour les économies insulaires, qui doivent préserver des filières d’exportation historiques, comme le sucre et le thé, tout en renforçant leur souveraineté alimentaire face aux chocs climatiques et aux fluctuations des marchés mondiaux.