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  • Côte d’Ivoire : une usine de 10 milliards FCFA pour transformer le karité et le soja à Bouaké

    Côte d’Ivoire : une usine de 10 milliards FCFA pour transformer le karité et le soja à Bouaké

    La ville de Bouaké renforce progressivement son positionnement agro-industriel avec l’arrivée de Beta Veg Oil, une nouvelle unité de transformation du karité et du soja implantée à Kongodékro. L’usine, dont l’inauguration a eu lieu le 12 octobre 2026, représente un investissement global annoncé de 10 milliards FCFA et ambitionne de développer la valorisation locale de ces deux matières premières agricoles.

    Le projet prévoit une première phase d’investissement de 5 milliards FCFA, sur une enveloppe globale estimée à 10 milliards FCFA. L’installation devrait disposer d’une capacité de transformation de 200 tonnes de matières premières par jour, correspondant à environ 70 000 tonnes par an selon les prévisions communiquées. Ces volumes restent des capacités annoncées et ne constituent pas encore des niveaux de production effectivement atteints.

    L’activité industrielle doit notamment porter sur la fabrication de beurre de karité, d’huile de soja et de tourteaux. Ces produits répondent à des débouchés distincts : le beurre de karité intéresse les industries cosmétique et alimentaire, l’huile de soja alimente le marché des huiles végétales, tandis que les tourteaux peuvent être valorisés dans la fabrication d’aliments pour animaux.

    Cette diversité de produits pourrait contribuer à améliorer la valorisation économique des matières premières et à renforcer les liens entre les filières agricoles et les industries de transformation. Pour les producteurs, l’enjeu sera notamment de disposer de débouchés réguliers, capables d’absorber des volumes importants tout en assurant des conditions commerciales viables.

    L’implantation à Bouaké présente également un intérêt territorial. Située au centre de la Côte d’Ivoire, la ville bénéficie d’une position favorable pour l’approvisionnement depuis plusieurs bassins agricoles et pour la distribution vers les marchés intérieurs et sous-régionaux. Le développement de nouvelles capacités de transformation pourrait y favoriser l’émergence d’activités complémentaires dans la collecte, le transport, le stockage et la commercialisation.

    Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de développement de la transformation locale des productions agricoles ivoiriennes. Au-delà de l’exportation de matières premières, l’objectif est de conserver une part plus importante de la valeur ajoutée sur le territoire national, à travers la production d’ingrédients et de produits semi-finis destinés aux industries.

  • Barry Callebaut veut tripler sa production de chocolat et renforcer la traçabilité du cacao ivoirien

    Barry Callebaut veut tripler sa production de chocolat et renforcer la traçabilité du cacao ivoirien

    Le groupe suisse Barry Callebaut veut tripler la capacité de sa ligne de production de chocolat en Côte d’Ivoire. L’ambition, présentée le 6 octobre 2026 à Abidjan par son président-directeur général Hein Schumacher, s’inscrit dans un programme de croissance sur dix ans. Le groupe prévoit également de faire passer l’ensemble de ses achats de fèves par le Système national de traçabilité (SNT).

    L’annonce marque une nouvelle étape dans le développement des activités du groupe, historiquement concentrées sur la collecte et la transformation des fèves. Barry Callebaut souhaite désormais renforcer la fabrication locale de chocolat et diversifier son offre pour répondre à la demande des marchés ivoirien et régional.

    Présent en Côte d’Ivoire depuis 1964 à travers sa filiale Société africaine de cacao (SACO), le groupe dispose de deux grandes unités de broyage à Abidjan et San-Pédro, ainsi que d’une chocolaterie inaugurée en 2024 à Marcory. Ses installations représentent une capacité de broyage de 230 000 tonnes de fèves par an.

    Barry Callebaut achète en outre environ 210 000 tonnes de cacao auprès de quelque 250 000 producteurs. Ses activités et celles de ses prestataires mobilisent près de 3 000 personnes dans le pays. Ces chiffres illustrent son poids dans la filière ivoirienne, mais aussi l’importance de ses futurs choix d’investissement pour l’écosystème local.

    L’expansion envisagée concerne spécifiquement la production de chocolat. Elle se distingue donc d’une augmentation des capacités de broyage, qui permettent de transformer les fèves en produits intermédiaires comme la masse, le beurre ou la poudre de cacao. La fabrication de chocolat constitue une étape supplémentaire dans la chaîne de valeur, avec des opérations de formulation, de fabrication et de conditionnement.

    Pour la Côte d’Ivoire, ce positionnement rejoint une ambition ancienne, celle de conserver une part plus importante de la valeur créée à partir de son cacao. Premier producteur mondial de fèves, le pays cherche à développer davantage d’activités industrielles en aval de la filière, alors qu’une grande partie de la valeur des produits chocolatés finis est encore générée à l’étranger.

    Parallèlement à cette expansion industrielle, Barry Callebaut entend renforcer son intégration au dispositif national de traçabilité du cacao. Lors d’une rencontre avec le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Koné Brahima Yves, Hein Schumacher a annoncé l’objectif de réaliser, à court terme, 100 % des achats de fèves du groupe à travers le SNT.

    Ce système doit permettre de suivre le cacao depuis les exploitations jusqu’aux circuits de commercialisation, en s’appuyant notamment sur l’identification des producteurs et la géolocalisation des parcelles. Pour Barry Callebaut, son adoption généralisée représenterait une évolution importante dans l’organisation de ses approvisionnements, en complément des dispositifs de traçabilité déjà développés par le groupe.

    L’engagement intervient alors que les exigences de transparence et de durabilité occupent une place croissante dans le commerce international du cacao. L’utilisation du système national doit notamment faciliter la cohérence des informations collectées par les opérateurs privés et le régulateur ivoirien. Barry Callebaut a également exprimé sa volonté d’accompagner le Conseil du Café-Cacao dans le renforcement de la recherche sur le cacao.

    Les échanges avec les autorités ivoiriennes ont aussi porté sur les conditions de développement des activités industrielles. Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a encouragé le groupe à poursuivre ses investissements et à développer des partenariats avec les entreprises locales. Il a notamment plaidé pour une implantation accrue des unités industrielles dans les bassins de production.

    Plusieurs contraintes restent néanmoins présentes, notamment les maladies affectant les plantations, la baisse attendue de la récolte, les difficultés logistiques dans les ports et les besoins énergétiques des installations industrielles.

  • La Côte d’Ivoire veut sécuriser 9 millions d’hectares de terres rurales

    La Côte d’Ivoire veut sécuriser 9 millions d’hectares de terres rurales

    En Côte d’Ivoire, des millions d’hectares de terres agricoles restent exploités sans certificat foncier. Une situation qui complique les transactions, fragilise les droits des détenteurs coutumiers et peut freiner les investissements. Le gouvernement veut désormais accélérer la sécurisation du domaine foncier rural, avec un objectif de 9 millions d’hectares et 1,5 million de certificats fonciers dans un horizon de 10 ans.

    L’ambition représente un changement d’échelle considérable. Le domaine foncier rural ivoirien couvre environ 23 millions d’hectares, dont près de 40 % seraient concernés par cette nouvelle cible. Pourtant, le pays ne compte à ce jour qu’environ 68 000 certificats délivrés. Le rythme a certes progressé depuis les premières années d’application de la loi foncière de 1998, mais les superficies restant à sécuriser demeurent importantes.

    Pendant longtemps, le coût des démarches a constitué l’un des principaux obstacles à la certification. Pour une parcelle moyenne, les frais pouvaient atteindre 500 000 à 600 000 FCFA, un montant difficilement accessible à de nombreux exploitants. À cette contrainte financière s’ajoutaient des procédures administratives parfois longues, avec des délais pouvant approcher deux ans.

    Les autorités cherchent aujourd’hui à lever ces obstacles. Dans les 20 régions couvertes par les projets en cours, les opérations de certification peuvent être financées par l’État et ses partenaires, réduisant ainsi la charge supportée par les bénéficiaires. Les délais de traitement auraient également été ramenés à moins de six mois dans les zones concernées.

    Cette accélération repose notamment sur les programmes conduits par l’Agence Foncière Rurale (AFOR). Le Programme de renforcement de la sécurisation foncière rurale (PRESFOR), déployé sur la période 2024-2029, prévoit déjà de sécuriser 5 millions d’hectares et de délivrer 500 000 certificats fonciers.

    Pour les producteurs agricoles, la certification apporte d’abord une reconnaissance formelle des droits fonciers. Elle permet de clarifier les limites des parcelles, d’identifier les détenteurs de droits et de réduire les incertitudes susceptibles d’alimenter les conflits. Dans les zones de forte pression agricole, où coexistent exploitations familiales, plantations commerciales et droits coutumiers, cette clarification revêt une importance particulière.

    Les implications économiques sont également importantes. Un producteur qui dispose de droits mieux établis peut envisager plus sereinement des investissements de long terme, notamment dans les cultures pérennes, l’irrigation ou l’amélioration des sols. La formalisation facilite aussi la conclusion de contrats fonciers et peut renforcer la sécurité des relations entre propriétaires coutumiers et exploitants.

    La question est particulièrement sensible dans les filières du cacao, du café, de l’hévéa et du palmier à huile, où les investissements s’inscrivent sur plusieurs années.

    Avec 9 millions d’hectares à sécuriser et 1,5 million de certificats visés, la Côte d’Ivoire cherche à faire passer la certification foncière d’une démarche encore relativement limitée à un dispositif de grande ampleur. La progression effective des superficies délimitées et des certificats délivrés permettra de mesurer la traduction de cette ambition sur le terrain.

  • La Côte d’Ivoire prépare l’identification numérique de son cheptel

    La Côte d’Ivoire prépare l’identification numérique de son cheptel

    La Côte d’Ivoire prépare un système national d’identification et de traçabilité des animaux, destiné à attribuer à chaque bête une identité numérique regroupant son propriétaire, ses déplacements et une partie de son historique sanitaire.

    Le projet vise à améliorer le suivi d’un cheptel estimé à 4,77 millions de bovins et d’ovins, dans un contexte marqué par les déplacements d’animaux entre régions et au-delà des frontières. Une meilleure traçabilité doit renforcer la connaissance des effectifs, des mouvements et de la situation sanitaire.

    La phase pilote, prévue sur 12 mois, concernera 20 000 animaux d’élevage et 5 000 animaux de compagnie dans plusieurs zones d’expérimentation. Développé avec Vet’Tronic, le dispositif reposera sur des identifiants électroniques conformes aux normes ISO 11784 et 11785, un registre numérique centralisé et des lecteurs utilisables sur le terrain.

    L’identification permettra de suivre les déplacements et les changements de propriétaire, mais aussi de retracer plus rapidement l’origine et le parcours d’un animal en cas de maladie. Elle pourrait ainsi faciliter les investigations liées à la peste des petits ruminants, à la brucellose, à la tuberculose ou à la péripneumonie contagieuse bovine.

    Le système doit également contribuer à lutter contre le vol de bétail, alors que 2 350 ruminants auraient été déclarés volés en 2025, et améliorer les statistiques nécessaires à la planification des campagnes sanitaires et des politiques d’élevage.

    Cette initiative complète la numérisation de la surveillance vétérinaire engagée par le MIRAH avec la plateforme OCI-SV. La phase pilote permettra de tester la technologie, les procédures d’enregistrement, la mise à jour des données, la formation des utilisateurs et le fonctionnement de la plateforme avant une éventuelle généralisation à l’échelle nationale.

  • La Côte d’Ivoire mise sur l’IA pour mieux suivre ses terres

    La Côte d’Ivoire mise sur l’IA pour mieux suivre ses terres

    La Côte d’Ivoire veut renforcer sa capacité à observer l’évolution de ses terres et de ses écosystèmes grâce aux données satellitaires et à l’intelligence artificielle. Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique a signé un accord-cadre de 24 mois avec l’entreprise technologique ivoirienne TerraKora AI pour développer de nouveaux outils nationaux de mesure et de suivi environnemental.

    Le dispositif doit combiner observation de la Terre, analyse géospatiale, intelligence artificielle et données collectées sur le terrain. L’objectif est de produire des informations plus régulières sur l’occupation des sols, l’évolution du couvert végétal et les changements observés dans les espaces naturels et agricoles.

    L’accord prévoit également le développement d’outils numériques de mesure, rapportage et vérification. Cette approche doit notamment améliorer l’estimation des stocks de carbone et permettre de mesurer plus précisément les effets des programmes de restauration des terres ou de séquestration du carbone.

    L’intérêt pour le secteur agricole est important. Une meilleure connaissance des parcelles et de leur environnement peut renforcer progressivement la traçabilité des chaînes de valeur et documenter les pratiques agroforestières. Le cacao est particulièrement concerné, mais les mêmes outils peuvent intéresser à terme d’autres grandes filières ivoiriennes comme le café, l’anacarde ou l’hévéa.

    Le calendrier européen renforce cette dimension. À compter du 30 décembre 2026, les grands et moyens opérateurs concernés par le règlement européen contre la déforestation devront notamment être en mesure de démontrer que les produits mis sur le marché européen répondent aux exigences de non-déforestation. Pour le cacao ivoirien, la qualité des données géographiques et environnementales devient donc un enjeu commercial autant qu’environnemental.

    Le partenariat doit aussi contribuer à construire une infrastructure nationale de données environnementales et à renforcer les capacités locales en matière de technologies géospatiales. La Côte d’Ivoire cherche parallèlement à développer un marché carbone reposant sur des données suffisamment robustes pour mesurer et vérifier les réductions d’émissions.

    L’accord reste toutefois un cadre de coopération. Son impact dépendra désormais du déploiement effectif des outils, de leur intégration aux systèmes publics existants et de leur capacité à produire des données utilisables par les acteurs des filières agricoles.

  • MARIE-ANGE EHOUNOU

    MARIE-ANGE EHOUNOU

    Créée en 2021, l’entreprise ivoirienne développe des farines infantiles enrichies à partir de matières premières locales, notamment le riz, le maïs, l’arachide et le soja.

    L’histoire de Marie-Ange Ehounou prend racine dans une expérience personnelle. Confrontée à un épisode de malnutrition chez son fils, elle s’intéresse progressivement aux enjeux de nutrition infantile, se forme dans le domaine et décide d’apporter une réponse entrepreneuriale adaptée aux réalités locales.

    À travers Pouyou, elle contribue ainsi à créer davantage de valeur autour des productions agricoles ivoiriennes, tout en apportant une réponse à un enjeu essentiel que l’accès des enfants à une alimentation nutritive et adaptée.

    Son parcours lui a notamment valu d’être distinguée au Prix Pierre Castel 2022. En 2026, Pouyou a également rejoint le portefeuille du programme I&P Accélération FARM, avec l’ambition d’accroître ses capacités de production et ses approvisionnements auprès des producteurs locaux.

    Son parcours est marqué par plusieurs reconnaissances : 2ᵉ lauréate nationale du Prix Pierre Castel 2022 dans la catégorie agroalimentaire, participation au SARA 2025 avec Orange Corners, puis intégration de POUYOU, en juin 2026, au portefeuille du programme I&P Accélération FARM, soutenu par Proparco. Ce nouvel accompagnement doit notamment permettre à l’entreprise d’acquérir des équipements, renforcer son équipe et accroître ses achats de matières premières.

    Une trajectoire qui illustre parfaitement le potentiel de la transformation agroalimentaire africaine : partir de nos matières premières, créer de la valeur localement et répondre à des besoins essentiels de nos populations.

  • Alahassane Diakite et Fousseni Diakite : deux champions locaux au service du cacao ivoirien

    Alahassane Diakite et Fousseni Diakite : deux champions locaux au service du cacao ivoirien

    Originaires de Divo, nés dans les années 1990 et issus d’une famille de planteurs, Alahassane et Fousseny Diakité grandissent au contact direct de la cacaoculture.

    Avant de devenir industriels, les frères Diakité font leurs armes dans les métiers de base de la filière. Alahassane commence comme pisteur, c’est-à-dire collecteur de cacao auprès des planteurs, puis devient convoyeur de camions vers le port. Il occupe ensuite un poste de commercial à ICOWA en 2013, avant d’être nommé administrateur de coopérative en 2014. La même année, il cofonde avec des partenaires la société ECAMOI, spécialisée dans l’exportation de café et de cacao.

    Avec Fousseni, il franchit ensuite une étape décisive : passer de l’exportation à la transformation locale. Les deux frères, souvent surnommés les « Jumeaux Suprêmes », s’imposent progressivement comme un tandem dans la filière café-cacao.

    En 2016, les frères Diakité lancent Diakité Cocoa Products, une entreprise spécialisée dans la transformation des sous-grades de cacao en produits semi-finis, notamment le beurre de cacao, la poudre et la liqueur de cacao, destinés aux secteurs cosmétique, pharmaceutique et vétérinaire.

    Le 2 août 2025 marque un tournant majeur avec l’inauguration, à Divo, de La Maison du Cacao / Cacao S.A., un complexe industriel porté par les deux frères. L’usine représente un investissement annoncé de plus de 32 milliards FCFA, est bâtie sur un site de deux hectares et dispose d’une capacité de transformation de 36 000 tonnes de cacao par an, avec un objectif de 80 000 tonnes à l’horizon 2028. Elle comprend plusieurs lignes de production : pâte de cacao, beurre de cacao, raffinage du beurre, chocolaterie et café moulu. À terme, le projet devrait générer un chiffre d’affaires annuel prévisionnel de 147 milliards FCFA et créer 1 117 emplois, notamment au profit des jeunes.

    Les frères Diakité sont également associés à la marque DIAKING CHOCOLAT, pensée pour porter des produits chocolatiers ivoiriens sur les marchés local et international. Ils promeuvent aussi le Forum National du Jeune Cacaoculteur, qui rassemble plus de 3 000 jeunes producteurs et acteurs de la filière autour des enjeux de la chaîne de valeur cacao.

    Leur engagement ne se limite pas à l’industrie. À travers la Fondation Diakité Cocoa, ils mènent également des actions sociales à Divo. Lors de l’inauguration de l’usine, la fondation a notamment posé des actes de solidarité, avec le don d’une ambulance médicalisée au Conseil régional et d’un camion de collecte d’ordures à la mairie de Divo.

    À travers leur parcours, Alahassane et Fousseni Diakité s’imposent comme de véritables champions nationaux locaux, qui travaillent à retenir davantage de valeur là où le cacao est produit.

  • Côte d’Ivoire : Filière café-cacao, la BNI mobilise 300 milliards de FCFA pour soutenir les acteurs à l’orée de la campagne 2026-2027

    Côte d’Ivoire : Filière café-cacao, la BNI mobilise 300 milliards de FCFA pour soutenir les acteurs à l’orée de la campagne 2026-2027

    La Banque Nationale d’Investissement (BNI) renforce son soutien aux acteurs de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Pour la campagne 2026-2027, l’institution bancaire annonce la mobilisation de 300 milliards de FCFA destinés à accompagner les différents acteurs de cette filière stratégique pour l’économie nationale.

    L’annonce a été faite récemment à Abidjan, à l’occasion de la 8e édition de la soirée « Networking Café-Cacao ». Le Directeur Général de la BNI, Youssouf Fadiga, a présenté les grandes lignes de cet engagement financier, qui traduit la volonté de la banque de maintenir son accompagnement du secteur café-cacao.

    Avec cette enveloppe de 300 milliards de FCFA, la BNI enregistre une progression de 6 % par rapport à la campagne précédente, au cours de laquelle 284 milliards de FCFA avaient été mobilisés.

    Cette hausse témoigne de l’importance accordée au financement des activités liées à la production, à la commercialisation et plus largement au développement de la filière.

    À quelques jours du démarrage de la campagne principale 2026-2027, prévu pour le 1er septembre 2026, cette annonce vient ainsi apporter un signal fort aux acteurs du secteur. Elle devrait contribuer à renforcer leurs capacités de financement et à soutenir la dynamique de la filière, au cœur de l’activité agricole et économique de la Côte d’Ivoire.

    À travers cette mobilisation, la BNI confirme donc son positionnement comme un partenaire financier majeur du secteur café-cacao et réaffirme son engagement à accompagner les acteurs de la filière durant la nouvelle campagne.

    Thom Biakpa

  • Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    La Côte d’Ivoire entend donner un nouveau souffle à ses filières stratégiques du palmier à huile et du cocotier, afin d’en faire de véritables leviers de croissance économique, de création d’emplois et de transformation industrielle. À travers une ambitieuse feuille de route, les autorités misent sur une amélioration durable de la productivité, un meilleur accès au financement pour les producteurs et le développement de la transformation locale.

    Pour la filière palmier à huile, le gouvernement prépare une stratégie d’envergure dont l’investissement global est estimé à 1 077 milliards de FCFA sur plusieurs années. L’objectif est de renforcer la compétitivité de cette culture de rente, qui constitue déjà l’une des principales filières agricoles du pays, tout en augmentant la valeur ajoutée créée localement.

    Cette vision repose sur plusieurs axes prioritaires. Il s’agit notamment d’améliorer les rendements des plantations grâce au renouvellement des vergers vieillissants et à l’introduction de matériels végétaux plus performants, de faciliter l’accès des producteurs à des mécanismes de financement adaptés et d’accélérer la transformation industrielle de l’huile de palme afin de limiter les exportations de matières premières brutes au profit de produits à plus forte valeur ajoutée. La stratégie prévoit également un renforcement des pratiques de durabilité, de traçabilité et de gouvernance de la filière, désormais indispensables pour répondre aux exigences des marchés internationaux.

    Deuxième producteur africain et septième mondial d’huile de palme brute, la Côte d’Ivoire dispose d’importants atouts avec près de 350 000 hectares de plantations, plus de 220 000 emplois générés et environ 45 000 exploitants impliqués dans la filière. Toutefois, celle-ci reste confrontée à plusieurs défis, notamment la faible productivité des plantations villageoises, le vieillissement des vergers, les difficultés d’accès au crédit et la concurrence croissante sur le marché mondial.

    Parallèlement, les pouvoirs publics préparent un vaste plan de relance de la filière coco. L’ambition est de redynamiser cette culture en modernisant les plantations, en améliorant la qualité des productions et en développant davantage les activités de transformation locale, afin d’accroître les revenus des producteurs et les recettes d’exportation.

    Cette approche traduit la volonté des autorités de diversifier les moteurs de croissance agricole du pays. Après les performances enregistrées dans les filières du cacao, de l’hévéa ou encore de l’anacarde, le gouvernement souhaite désormais faire du palmier à huile et du cocotier des piliers majeurs de l’industrialisation agricole, capables de générer davantage de richesse sur le territoire national.

    En misant simultanément sur la modernisation des exploitations, le financement des producteurs, la transformation industrielle et la durabilité, la Côte d’Ivoire entend renforcer la résilience de son agriculture tout en consolidant sa position parmi les grandes puissances agricoles du continent africain.

    Thom Biakpa

  • Côte d’Ivoire : le savoir-faire égyptien mobilisé pour accélérer la filière halieutique

    Côte d’Ivoire : le savoir-faire égyptien mobilisé pour accélérer la filière halieutique

    La Côte d’Ivoire veut accélérer la transformation de sa filière halieutique en s’appuyant sur l’expérience de l’Égypte, devenue l’un des leaders africains de l’aquaculture. Fin juin, le ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques a signé au Caire un protocole d’accord avec l’Autorité générale égyptienne pour le développement des ressources halieutiques. L’objectif est de renforcer la coopération dans les domaines de la pêche, de l’aquaculture et de la protection du milieu marin, avec un accent particulier sur la pisciculture et la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

    Pour Abidjan, l’enjeu est stratégique. Le poisson est l’une des principales sources de protéines animales consommées dans le pays. Toutefois, l’offre locale reste très insuffisante par rapport aux besoins. Selon les données reprises par la FAO, la Côte d’Ivoire a produit 92 000 tonnes de poissons en 2023, pour une consommation estimée à 534 000 tonnes. Cette dépendance aux importations pèse sur la balance commerciale et expose le pays aux fluctuations des prix internationaux.

    Le choix de l’Égypte n’est pas anodin. Le pays a fortement développé son aquaculture au cours des dernières décennies, notamment autour du tilapia, espèce également très présente dans les habitudes de consommation ivoiriennes. L’expérience égyptienne pourrait être utile à la Côte d’Ivoire sur plusieurs maillons, à savoir la sélection génétique, la conduite des élevages, la qualité sanitaire et l’alimentation des poissons.

    Cette coopération arrive dans un contexte où la Côte d’Ivoire a déjà placé l’aquaculture au cœur de sa stratégie de souveraineté alimentaire. Le Programme stratégique de transformation de l’aquaculture en Côte d’Ivoire vise à porter la production aquacole à 500 000 tonnes par an à l’horizon 2030, tandis qu’une feuille de route spécifique prévoit également d’atteindre 68 000 tonnes de tilapia d’ici 2031.

    La dynamique a été renforcée en mars 2026 avec le lancement du ProDeCAP, le Projet de développement des chaînes de valeur compétitives de l’aquaculture et de la pêche durable. Doté d’un budget de 19 milliards FCFA sur cinq ans, avec l’appui de la Banque africaine de développement, le programme ambitionne de toucher près de 700 000 bénéficiaires directs et indirects.