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  • Côte d’Ivoire : Filière café-cacao, la BNI mobilise 300 milliards de FCFA pour soutenir les acteurs à l’orée de la campagne 2026-2027

    Côte d’Ivoire : Filière café-cacao, la BNI mobilise 300 milliards de FCFA pour soutenir les acteurs à l’orée de la campagne 2026-2027

    La Banque Nationale d’Investissement (BNI) renforce son soutien aux acteurs de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Pour la campagne 2026-2027, l’institution bancaire annonce la mobilisation de 300 milliards de FCFA destinés à accompagner les différents acteurs de cette filière stratégique pour l’économie nationale.

    L’annonce a été faite récemment à Abidjan, à l’occasion de la 8e édition de la soirée « Networking Café-Cacao ». Le Directeur Général de la BNI, Youssouf Fadiga, a présenté les grandes lignes de cet engagement financier, qui traduit la volonté de la banque de maintenir son accompagnement du secteur café-cacao.

    Avec cette enveloppe de 300 milliards de FCFA, la BNI enregistre une progression de 6 % par rapport à la campagne précédente, au cours de laquelle 284 milliards de FCFA avaient été mobilisés.

    Cette hausse témoigne de l’importance accordée au financement des activités liées à la production, à la commercialisation et plus largement au développement de la filière.

    À quelques jours du démarrage de la campagne principale 2026-2027, prévu pour le 1er septembre 2026, cette annonce vient ainsi apporter un signal fort aux acteurs du secteur. Elle devrait contribuer à renforcer leurs capacités de financement et à soutenir la dynamique de la filière, au cœur de l’activité agricole et économique de la Côte d’Ivoire.

    À travers cette mobilisation, la BNI confirme donc son positionnement comme un partenaire financier majeur du secteur café-cacao et réaffirme son engagement à accompagner les acteurs de la filière durant la nouvelle campagne.

    Thom Biakpa

  • Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    La Côte d’Ivoire entend donner un nouveau souffle à ses filières stratégiques du palmier à huile et du cocotier, afin d’en faire de véritables leviers de croissance économique, de création d’emplois et de transformation industrielle. À travers une ambitieuse feuille de route, les autorités misent sur une amélioration durable de la productivité, un meilleur accès au financement pour les producteurs et le développement de la transformation locale.

    Pour la filière palmier à huile, le gouvernement prépare une stratégie d’envergure dont l’investissement global est estimé à 1 077 milliards de FCFA sur plusieurs années. L’objectif est de renforcer la compétitivité de cette culture de rente, qui constitue déjà l’une des principales filières agricoles du pays, tout en augmentant la valeur ajoutée créée localement.

    Cette vision repose sur plusieurs axes prioritaires. Il s’agit notamment d’améliorer les rendements des plantations grâce au renouvellement des vergers vieillissants et à l’introduction de matériels végétaux plus performants, de faciliter l’accès des producteurs à des mécanismes de financement adaptés et d’accélérer la transformation industrielle de l’huile de palme afin de limiter les exportations de matières premières brutes au profit de produits à plus forte valeur ajoutée. La stratégie prévoit également un renforcement des pratiques de durabilité, de traçabilité et de gouvernance de la filière, désormais indispensables pour répondre aux exigences des marchés internationaux.

    Deuxième producteur africain et septième mondial d’huile de palme brute, la Côte d’Ivoire dispose d’importants atouts avec près de 350 000 hectares de plantations, plus de 220 000 emplois générés et environ 45 000 exploitants impliqués dans la filière. Toutefois, celle-ci reste confrontée à plusieurs défis, notamment la faible productivité des plantations villageoises, le vieillissement des vergers, les difficultés d’accès au crédit et la concurrence croissante sur le marché mondial.

    Parallèlement, les pouvoirs publics préparent un vaste plan de relance de la filière coco. L’ambition est de redynamiser cette culture en modernisant les plantations, en améliorant la qualité des productions et en développant davantage les activités de transformation locale, afin d’accroître les revenus des producteurs et les recettes d’exportation.

    Cette approche traduit la volonté des autorités de diversifier les moteurs de croissance agricole du pays. Après les performances enregistrées dans les filières du cacao, de l’hévéa ou encore de l’anacarde, le gouvernement souhaite désormais faire du palmier à huile et du cocotier des piliers majeurs de l’industrialisation agricole, capables de générer davantage de richesse sur le territoire national.

    En misant simultanément sur la modernisation des exploitations, le financement des producteurs, la transformation industrielle et la durabilité, la Côte d’Ivoire entend renforcer la résilience de son agriculture tout en consolidant sa position parmi les grandes puissances agricoles du continent africain.

    Thom Biakpa

  • Côte d’Ivoire : le savoir-faire égyptien mobilisé pour accélérer la filière halieutique

    Côte d’Ivoire : le savoir-faire égyptien mobilisé pour accélérer la filière halieutique

    La Côte d’Ivoire veut accélérer la transformation de sa filière halieutique en s’appuyant sur l’expérience de l’Égypte, devenue l’un des leaders africains de l’aquaculture. Fin juin, le ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques a signé au Caire un protocole d’accord avec l’Autorité générale égyptienne pour le développement des ressources halieutiques. L’objectif est de renforcer la coopération dans les domaines de la pêche, de l’aquaculture et de la protection du milieu marin, avec un accent particulier sur la pisciculture et la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

    Pour Abidjan, l’enjeu est stratégique. Le poisson est l’une des principales sources de protéines animales consommées dans le pays. Toutefois, l’offre locale reste très insuffisante par rapport aux besoins. Selon les données reprises par la FAO, la Côte d’Ivoire a produit 92 000 tonnes de poissons en 2023, pour une consommation estimée à 534 000 tonnes. Cette dépendance aux importations pèse sur la balance commerciale et expose le pays aux fluctuations des prix internationaux.

    Le choix de l’Égypte n’est pas anodin. Le pays a fortement développé son aquaculture au cours des dernières décennies, notamment autour du tilapia, espèce également très présente dans les habitudes de consommation ivoiriennes. L’expérience égyptienne pourrait être utile à la Côte d’Ivoire sur plusieurs maillons, à savoir la sélection génétique, la conduite des élevages, la qualité sanitaire et l’alimentation des poissons.

    Cette coopération arrive dans un contexte où la Côte d’Ivoire a déjà placé l’aquaculture au cœur de sa stratégie de souveraineté alimentaire. Le Programme stratégique de transformation de l’aquaculture en Côte d’Ivoire vise à porter la production aquacole à 500 000 tonnes par an à l’horizon 2030, tandis qu’une feuille de route spécifique prévoit également d’atteindre 68 000 tonnes de tilapia d’ici 2031.

    La dynamique a été renforcée en mars 2026 avec le lancement du ProDeCAP, le Projet de développement des chaînes de valeur compétitives de l’aquaculture et de la pêche durable. Doté d’un budget de 19 milliards FCFA sur cinq ans, avec l’appui de la Banque africaine de développement, le programme ambitionne de toucher près de 700 000 bénéficiaires directs et indirects.

  • Caoutchouc : l’Afrique de l’Ouest veut garder plus de valeur dans la filière

    Caoutchouc : l’Afrique de l’Ouest veut garder plus de valeur dans la filière

    En Afrique de l’Ouest, la filière caoutchouc entre dans une nouvelle phase. Après des années d’exportation de matière première brute, plusieurs pays producteurs cherchent désormais à retenir une plus grande part de la valeur sur leur territoire. Le mouvement s’accélère avec les décisions récentes du Liberia et du Ghana d’interdire l’exportation de caoutchouc naturel non transformé.

    Au Liberia, la mesure est entrée en vigueur le 1er juillet 2026. Elle interdit, pour une durée indéterminée, l’exportation de caoutchouc brut sous différentes formes, notamment le latex naturel, le coagulum, les fonds de tasse et les résidus de caoutchouc. L’objectif affiché par les autorités est d’orienter davantage de volumes vers les unités locales, créer des emplois industriels, accroître les recettes fiscales et renforcer les revenus en devises. Le gouvernement libérien estime que l’exportation de caoutchouc non transformé a longtemps privé le pays d’opportunités importantes dans l’aval industriel.

    Quelques semaines plus tôt, le Ghana avait pris une décision similaire en imposant une interdiction de dix ans sur les exportations de caoutchouc brut. Là encore, l’enjeu est de sécuriser l’approvisionnement des transformateurs locaux et de soutenir la montée en puissance d’une industrie nationale. Pour les autorités comme pour les industriels, il ne s’agit plus seulement de produire, mais de transformer, normaliser, exporter des produits à plus forte valeur ajoutée et mieux intégrer la filière dans la stratégie d’industrialisation.

    La Côte d’Ivoire, premier producteur africain de caoutchouc naturel, s’inscrit déjà dans cette logique depuis plusieurs années. Le pays a renforcé les restrictions sur les exportations de matière brute afin de favoriser l’approvisionnement des usines locales. Cette orientation a permis d’accroître la part du caoutchouc techniquement spécifié, issu d’une première transformation industrielle, dans les exportations ivoiriennes.

    Ce virage protectionniste traduit une évolution plus large des politiques agricoles et industrielles africaines. Les États ne veulent plus seulement être des fournisseurs de matières premières. Ils cherchent à capter davantage de valeur, à créer des emplois locaux, à attirer des investissements industriels et à limiter leur dépendance aux chaînes mondiales de négoce.

    Cette stratégie comporte cependant aussi des défis. Les interdictions d’exportation ne suffisent pas si les capacités de transformation restent limitées, si les producteurs sont mal rémunérés ou si les usines ne disposent pas d’un environnement compétitif. Pour réussir, les pays devront investir massivement dans les infrastructures, la qualité, la logistique, le financement des producteurs et la transparence des prix

  • Côte d’Ivoire : la FAO et Eni explorent un partenariat pour soutenir les communautés côtières

    Côte d’Ivoire : la FAO et Eni explorent un partenariat pour soutenir les communautés côtières

    En Côte d’Ivoire, la FAO et le groupe italien Eni explorent les bases d’un partenariat au bénéfice des communautés côtières. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la politique de responsabilité sociétale des entreprises du groupe énergétique, détenteur de la concession du projet Baleine, qui souhaite financer des projets de développement dans les zones impactées par ses activités.

    Une délégation d’Eni, conduite par Alessandra Testoni, experte RSE du groupe, a récemment rencontré Joseph Nyemah, Représentant de la FAO en Côte d’Ivoire. Cette séance de travail avait pour objectif d’identifier les domaines dans lesquels les deux institutions pourraient collaborer, en s’appuyant sur l’expertise technique de la FAO dans la formulation et la mise en œuvre de projets inclusifs, durables et résilients.

    Les échanges ont principalement porté sur les besoins des populations vivant dans les zones côtières, avec une attention particulière à la pêche. Ce secteur constitue un levier important pour de nombreuses communautés littorales, aussi bien en matière d’emplois que de sécurité alimentaire et de revenus. Un appui structuré pourrait ainsi contribuer à améliorer les conditions de travail des pêcheurs, renforcer les capacités des acteurs locaux, soutenir la transformation artisanale des produits halieutiques ou encore favoriser une meilleure organisation des chaînes de valeur.

    Les discussions ont également permis d’évoquer des projets pouvant s’inscrire dans le cadre de l’Initiative villes vertes portée par la FAO. Cette approche vise à accompagner les territoires dans la construction de systèmes urbains et périurbains plus durables, à travers des actions liées à l’agriculture urbaine, à la gestion des ressources naturelles, à la résilience climatique, à la biodiversité et à l’amélioration du cadre de vie.

    Pour Eni, l’enjeu est de faire de sa politique RSE un levier concret de développement local dans les territoires concernés par ses activités. Pour la FAO, ce partenariat représenterait une opportunité de mobiliser son savoir-faire au service de communautés exposées à plusieurs défis : fragilité des revenus, pression sur les ressources, vulnérabilité climatique et besoin de diversification économique.

    À ce stade, la collaboration reste en phase exploratoire. Mais elle ouvre la voie à un partenariat stratégique autour d’un objectif commun : améliorer durablement les conditions de vie des populations côtières ivoiriennes, en privilégiant des projets utiles, structurés et adaptés aux réalités du terrain.

     

  • Côte d’Ivoire : Diawala accueille un projet pilote pour structurer une filière tournesol

    Côte d’Ivoire : Diawala accueille un projet pilote pour structurer une filière tournesol

    La commune de Diawala, dans le nord de la Côte d’Ivoire, veut se positionner sur une nouvelle culture à potentiel industriel. Sun Agro et ENI Natural Energies Côte d’Ivoire ont lancé, le 2 juillet, une initiative pilote dédiée au développement du tournesol, avec l’ambition de poser les bases d’une filière agricole durable et structurée.

    Le projet a été présenté en présence de producteurs et de responsables de coopératives agricoles. Il prévoit notamment la mise à disposition de semences, l’encadrement technique des producteurs et la contractualisation entre Sun Agro et les coopératives engagées dans la phase pilote. Des parcelles destinées aux premiers semis ont également été visitées, marquant le démarrage opérationnel de cette expérimentation.

    Pour les promoteurs, le tournesol représente une piste de diversification pour les agriculteurs du nord ivoirien, dans une zone déjà marquée par plusieurs cultures commerciales et vivrières. La plante oléagineuse est particulièrement recherchée pour ses graines, utilisées dans la production d’huile végétale, mais aussi pour les coproduits pouvant servir à l’alimentation animale ou à d’autres usages industriels.

    L’initiative intervient alors que la Côte d’Ivoire cherche à élargir sa base agricole au-delà de ses grandes filières historiques comme le cacao, le café, le coton, l’hévéa ou l’anacarde. Dans les régions septentrionales, la diversification apparaît comme un levier pour améliorer les revenus des producteurs, réduire les risques liés à la dépendance à quelques cultures et créer de nouvelles chaînes de valeur locales.

    Le positionnement d’ENI Natural Energies Côte d’Ivoire donne aussi au projet une dimension industrielle plus large. Le groupe italien développe déjà dans le pays des initiatives agricoles destinées à l’approvisionnement de ses bioraffineries en huiles végétales et autres matières premières durables. La société avait notamment engagé des collaborations autour de la valorisation de ressources agricoles issues de l’hévéa, dans le cadre de sa stratégie de mobilité durable.

    À Diawala, les initiateurs ont insisté sur la nécessité de respecter les itinéraires techniques et les standards de certification internationale. Pour Lucio Cecchini, représentant d’ENI Natural Energies Côte d’Ivoire, la mobilisation des producteurs et le respect des bonnes pratiques agricoles seront déterminants pour la réussite du projet. De son côté, le directeur général de Sun Agro, Soungalo Ouattara, a appelé les coopératives partenaires à suivre rigoureusement les recommandations techniques afin de garantir une production conforme aux exigences attendues.

    Si la phase pilote est concluante, le tournesol pourrait ouvrir une nouvelle voie de valorisation agricole dans le nord ivoirien. Reste désormais à confirmer la viabilité agronomique, économique et industrielle de cette culture, avant un éventuel passage à plus grande échelle.

     

  • Côte d’Ivoire : l’INP-HB et Harvard unissent leurs expertises pour une cacaoculture plus résiliente

    Côte d’Ivoire : l’INP-HB et Harvard unissent leurs expertises pour une cacaoculture plus résiliente

    La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, avance vers une filière plus durable et plus résiliente face au changement climatique. Le 18 juin, l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro a reçu une délégation de l’Université Harvard. Cette visite devait poser les bases d’une collaboration scientifique de long terme sur la cacaoculture. Elle s’inscrit dans le projet intitulé « Towards a Cocoa Producer-Focused Climate Policy in Côte d’Ivoire and Ghana ».

    Le projet a été sélectionné en 2024 par le Motsepe Presidential Research Accelerator Fund for Africa, administré par Harvard et financé par la fondation sud-africaine Motsepe. Le fonds soutient des recherches conduites par des enseignants de l’université américaine avec des institutions africaines. Le projet est dirigé par des chercheurs de Harvard ainsi que par une équipe internationale composée de représentants de l’INP-HB, de l’Université des sciences et technologies Kwame-Nkrumah au Ghana, de l’Université de Leicester et d’University College London. Plusieurs acteurs de terrain participent également aux travaux. Il s’agit notamment de la Côte d’Ivoire and Ghana Cocoa Initiative, du syndicat agricole ghanéen affilié au Trades Union Congress et du Fine Cacao and Chocolate Institute. Cette diversité permet d’ancrer la recherche académique dans les réalités vécues par les producteurs.

    Le projet vise à analyser précisément l’impact du changement climatique sur les producteurs de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana, deux pays qui assurent ensemble plus de la moitié de l’offre mondiale. Les résultats doivent aider à concevoir des politiques publiques mieux adaptées aux réalités du terrain.

    Les premiers échanges ont déjà fait émerger plusieurs priorités. La première consiste à mieux intégrer la perception des producteurs dans la définition des politiques agricoles. La deuxième vise à garantir une répartition plus équitable de la valeur créée tout au long de la chaîne. La troisième porte sur le raccourcissement des circuits d’information entre le terrain et les décideurs publics, afin de rendre les interventions plus efficaces. Dans cette approche, le producteur n’est plus considéré comme un simple maillon de la chaîne de transformation. Il devient un acteur stratégique, dont la productivité et le bien-être conditionnent la pérennité de toute la filière.

    Pour l’INP-HB, cette coopération avec l’une des universités les plus réputées au monde offre une occasion de renforcer son rayonnement scientifique international. Elle peut aussi consolider ses liens avec les institutions nord-américaines. Cette ouverture intervient alors que la filière cacao ivoiro-ghanéenne fait face à une variabilité climatique croissante. Celle-ci menace directement les rendements et les revenus de plusieurs millions de petits producteurs. En associant l’expertise méthodologique de Harvard à la connaissance du terrain de l’INP-HB et de ses partenaires régionaux, ce partenariat pourrait contribuer à faire émerger une nouvelle génération de politiques climatiques : des politiques pensées depuis le terrain et pour les producteurs eux-mêmes.

  • Côte d’Ivoire : La réforme des prix ouvre une nouvelle ère pour la filière hévéa

    Côte d’Ivoire : La réforme des prix ouvre une nouvelle ère pour la filière hévéa

    La campagne hévéicole 2026 a été lancée le vendredi 19 juin à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. La cérémonie, placée sous le parrainage du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a réuni près de 2 000 producteurs, usiniers, acheteurs et responsables de sociétés coopératives venus de tout le pays.

    Cette nouvelle saison débute avec une réforme très attendue du mécanisme de fixation du prix d’achat du caoutchouc humide. Celle-ci s’accompagne de trois changements concrets. D’abord, la décote de 2 FCFA par kilogramme est définitivement supprimée. Ensuite, la part du prix de référence net versée au producteur passe de 63 % à 66 %. Enfin, les primes versées par les usiniers pour attirer la production sont plafonnées à 10 FCFA par kilogramme. Cette mesure doit mettre fin à la surenchère qui s’était transformée, ces derniers mois, en véritable guerre des prix entre transformateurs et menaçait la viabilité des plus petites unités industrielles.

    Le ministre a également annoncé le déploiement, dès juin, d’équipes de supervision du Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco sur tout le territoire. Elles devront expliquer la nouvelle clé de répartition dans chaque coopérative et sanctionner les acteurs qui ne respecteraient pas les règles, notamment la marge maximale de 20 FCFA accordée aux intermédiaires.

    La filière fait vivre plus de 1,2 million de personnes. Elle compte environ 170 000 producteurs et plus de 140 000 saigneurs et a redistribué plus de 700 milliards de FCFA aux planteurs en 2025.

    Restée jusque-là largement centrée sur l’exportation de matière première brute et sur la transformation primaire, la filière hévéa affiche désormais l’ambition de fabriquer des pneus sur le sol ivoirien. En stabilisant les règles de prix, l’État espère rassurer les investisseurs et capter une part plus importante de la valeur générée par le premier producteur africain de caoutchouc naturel.

  • Côte d’Ivoire : La première usine africaine de biochar à base de coques de cajou inaugurée à Attinguié

    Côte d’Ivoire : La première usine africaine de biochar à base de coques de cajou inaugurée à Attinguié

    La Côte d’Ivoire vient de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie d’industrialisation verte. Le 18 juin dernier, une usine de transformation de coques de cajou en biochar a été inaugurée à Attinguié, dans la zone industrielle du PK 31.

    Portée par le groupe singapourien Valency International, à travers sa filiale Revata Carbon, cette unité commerciale est la première du genre en Afrique. Elle démontre comment un sous-produit agricole, longtemps considéré comme un déchet encombrant, peut devenir une ressource à forte valeur ajoutée. D’une capacité d’environ 20 000 tonnes par an, l’usine devrait permettre de produire près de 6 000 tonnes de biochar, un matériau carboné qui améliore la fertilité des sols, renforce leur capacité de rétention d’eau et contribue au stockage du carbone. La technologie de Revata Carbon permet aussi de fabriquer des engrais, des huiles destinées au bitume et des compléments énergétiques. Elle ouvre ainsi la voie à une nouvelle branche de la chimie de spécialité en Côte d’Ivoire.

    Cette diversification prolonge une dynamique engagée par Valency en juin 2024, avec une première usine d’épluchage et d’emballage de noix de cajou. Une seconde unité, dédiée à la transformation de la noix elle-même, a suivi en janvier 2025. L’usine d’Attinguié constitue donc la troisième composante d’un dispositif industriel intégré que le groupe singapourien construit progressivement en Côte d’Ivoire.

    Premier producteur mondial de noix brutes de cajou, le pays cherche depuis plusieurs années à accroître la transformation locale afin de conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire, plutôt que d’exporter l’essentiel de la récolte à l’état brut. En valorisant les résidus du décorticage, la nouvelle usine améliore la rentabilité globale de la filière. Elle crée aussi de nouvelles sources de revenus pour les producteurs et les transformateurs, tout en répondant aux exigences croissantes de durabilité dans les chaînes de valeur agricoles africaines.

  • La Côte d’Ivoire et le Ghana élargissent l’Initiative Cacao à l’Afrique

    La Côte d’Ivoire et le Ghana élargissent l’Initiative Cacao à l’Afrique

    Le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen John Dramani Mahama ont co-présidé le 16 juin à Abidjan un Sommet de Haut niveau consacré à l’Initiative Cacao, huit ans après la Déclaration d’Abidjan de mars 2018 qui avait posé les bases de cette coopération bilatérale.

    Les deux pays concentrent à eux seuls plus de 60% de la production mondiale de cacao, une proportion qui grimpe à près de 80% à l’échelle du continent africain. Cette filière fait vivre plusieurs millions de personnes en zone rurale et constitue, selon le chef de l’État ivoirien, un enjeu de souveraineté économique et de stabilité sociale pour les deux nations.

    Le sommet a permis de dresser le bilan de l’Initiative, notamment l’instauration du Différentiel de Revenu Décent (DRD), qui a démontré l’efficacité d’une action concertée sur les cours mondiaux. Des défis structurels demeurent cependant, parmi lesquels la volatilité persistante des prix, le vieillissement des vergers, les maladies du cacaoyer, la pression foncière liée à l’orpaillage illégal et les nouvelles exigences internationales de traçabilité et de durabilité.

    Le président Mahama a salué la réussite du partenariat et plaidé pour une logique de coopération plutôt que de compétition entre les deux pays. Il a appelé la Côte d’Ivoire à poursuivre ses investissements productifs et s’est positionné en faveur d’une extension de l’alliance à d’autres producteurs africains, tout en réaffirmant le rôle de porte-flambeau du bloc ivoiro-ghanéen.

    Les travaux se sont conclus par l’adoption d’une déclaration conjointe, lue par le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné. Les deux États s’engagent à harmoniser leurs politiques de prix d’achat bord champ et à renforcer leur coopération scientifique.

    Cette extension annoncée de l’Initiative Cacao à d’autres pays africains marque une étape dans la structuration du pouvoir de négociation des producteurs du continent face aux acteurs internationaux du marché du chocolat. Elle illustre aussi une tendance plus large à la coordination régionale des filières stratégiques, alors que les producteurs ouest-africains cherchent à mieux capter la valeur ajoutée d’une chaîne mondiale longtemps dominée par les transformateurs et négociants situés hors du continent.