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  • Côte d’Ivoire : Abidjan abrite le premier centre régional des métiers du drone en Afrique de l’Ouest et du Centre

    Côte d’Ivoire : Abidjan abrite le premier centre régional des métiers du drone en Afrique de l’Ouest et du Centre

    La Côte d’Ivoire a inauguré le premier centre régional dédié aux métiers du drone civil et professionnel en Afrique de l’Ouest et du Centre. Implanté au sein de l’Institut de sécurité maritime interrégional (ISMI) à Abidjan, ce Drone Center est le fruit d’une coopération internationale associant la Côte d’Ivoire, l’Allemagne et le Japon. L’Allemagne, via l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR), a financé les équipements et les programmes de formation régionaux ; le Japon, par l’intermédiaire de l’ONUDC, a fourni les équipements informatiques ; l’État ivoirien a quant à lui assuré la réalisation des infrastructures.

    La vocation première du centre est de renforcer les capacités de surveillance maritime dans le golfe de Guinée, une zone confrontée à des défis sécuritaires persistants. Les formations porteront sur le contrôle des côtes, la surveillance des ports et des plateformes offshore, la lutte contre les trafics illicites, le suivi environnemental et les opérations de recherche et de sauvetage en mer.

    Au-delà du volet maritime, le Drone Center ambitionne d’étendre ses formations à plusieurs secteurs économiques stratégiques, dont l’agriculture de précision, la gestion forestière, le bâtiment et les travaux publics, le secteur minier, l’énergie et la logistique. À travers cette initiative, la Côte d’Ivoire entend se positionner comme un pôle régional de formation et d’innovation dans les technologies de drones, au service de la transformation économique du continent.

     

  • Côte d’Ivoire : l’ADERIZ et le Groupe BARAN s’allient pour solariser le séchage du riz paddy

    Côte d’Ivoire : l’ADERIZ et le Groupe BARAN s’allient pour solariser le séchage du riz paddy

    La filière rizicole ivoirienne franchit un nouveau cap technologique. L’Agence pour le développement de la filière riz (ADERIZ) et le Groupe BARAN ont officialisé un mémorandum d’entente portant sur le déploiement d’un système national intégré de séchage du riz paddy à l’énergie solaire. Ce partenariat stratégique s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture 2 (SNDR 2), en vigueur de 2024 à 2030, qui ambitionne de transformer la riziculture ivoirienne d’un modèle de subsistance vers une filière de marché compétitive et respectueuse de l’environnement.

    L’enjeu est de taille. Le séchage constitue l’un des maillons les plus critiques de la chaîne post-récolte : mal maîtrisé, il provoque le clivage des grains et génère des pertes significatives à l’usinage, pénalisant directement la qualité et la valeur commerciale du riz local. En solarisant ce processus, les deux partenaires visent simultanément à réduire ces pertes, à améliorer la qualité du riz ivoirien et à offrir aux producteurs une solution énergétique durable et économiquement viable, affranchie des coûts et contraintes des énergies fossiles.

    Ce tournant s’appuie sur une trajectoire de croissance déjà notable. La production nationale de riz est passée de 550 000 tonnes en 2011 à plus d’un million de tonnes en 2023. Pour franchir le cap décisif de l’autosuffisance, la Côte d’Ivoire mise désormais sur l’innovation technologique et les énergies renouvelables comme leviers de transformation structurelle de sa filière agricole.

  • Côte d’Ivoire : une TVA réduite sur les intrants agricoles pour contenir la pression sur les filières

    Côte d’Ivoire : une TVA réduite sur les intrants agricoles pour contenir la pression sur les filières

    La Côte d’Ivoire ajuste sa fiscalité pour protéger ses filières agricoles et avicoles d’un renchérissement des charges. Le 21 mai 2026, la Commission des affaires économiques et financières de l’Assemblée nationale a adopté un projet de loi appliquant un taux réduit de TVA de 9 % à certains intrants agricoles, contre 18 % pour le taux de droit commun. Sont concernés notamment les fibres de jute et de sisal, les aliments pour bétail, les engrais et d’autres produits directement utilisés dans les exploitations.

    Cette mesure s’inscrit dans le cadre des ajustements liés à la loi de finances 2026, après la suppression de plusieurs exonérations fiscales. Sans correction, certains de ces produits auraient basculé vers le taux normal, avec un impact immédiat sur les charges des producteurs, des éleveurs et des industriels du secteur. Le choix d’un taux intermédiaire répond à un double objectif : préserver une base fiscale pour l’État tout en évitant un renchérissement brutal de produits directement liés à la sécurité alimentaire.

    L’enjeu est particulièrement sensible dans l’aviculture et l’élevage, où l’alimentation animale représente souvent le premier poste de dépense. Dans les productions végétales, les engrais restent essentiels pour maintenir les rendements, mais leur coût demeure difficile à absorber pour de nombreux petits exploitants. Une hausse marquée des intrants peut rapidement se transmettre aux prix des œufs, du poulet et de la viande, dans un contexte où la pression sur le pouvoir d’achat des ménages reste forte.

    La réforme constitue un signal positif pour les filières agricoles ivoiriennes. Mais son efficacité réelle se mesurera sur le terrain, dans les prochains mois, à travers l’évolution effective des coûts de production et des prix à la consommation. Un ajustement fiscal bien intentionné ne suffit pas toujours à compenser des dynamiques de marché plus profondes.

  • Côte d’Ivoire : SOTIC SA veut industrialiser l’agriculture par les équipements locaux

    Côte d’Ivoire : SOTIC SA veut industrialiser l’agriculture par les équipements locaux

    En Côte d’Ivoire, SOTIC SA défend une conviction forte : l’Afrique ne pourra pas transformer durablement ses matières premières sans développer ses propres équipements industriels. Dirigée par Bakayoko Aboubakar, l’entreprise conçoit et fabrique localement des machines destinées à la transformation agricole, notamment pour la noix de cajou, le manioc, l’attiéké, l’huile de palme, le cacao, le café et les céréales.

    L’histoire de SOTIC part d’un constat simple. Dans plusieurs régions agricoles ivoiriennes, les producteurs vendent leurs récoltes à bas prix, faute de solutions de transformation adaptées. Bakayoko Aboubakar, ingénieur industriel de formation, explique avoir observé cette difficulté dans la région de la Bagoué, où les producteurs étaient souvent contraints de céder leurs produits sans véritable valorisation locale.

    La réponse de SOTIC a été de fabriquer des machines adaptées aux réalités locales. L’entreprise s’inscrit ainsi dans une logique de souveraineté industrielle : produire en Afrique les équipements nécessaires à la transformation des matières premières africaines. Cette approche touche un point central du développement agricole du continent. Pendant longtemps, les politiques agricoles se sont concentrées sur la production. Or, sans transformation, stockage, conditionnement et mécanisation, une grande partie de la valeur continue d’échapper aux producteurs et aux économies locales.

    La Côte d’Ivoire illustre parfaitement ce défi. Le pays est un géant agricole dans plusieurs filières, dont le cacao et l’anacarde. Mais l’enjeu est désormais de capter davantage de valeur ajoutée par la transformation locale. Selon SOTIC, l’Afrique de l’Ouest dispose d’un potentiel considérable, mais elle doit renforcer ses capacités industrielles, ses compétences techniques et ses équipementiers locaux.

    L’intérêt du modèle SOTIC dépasse donc le seul cas d’une entreprise. Il interroge la capacité des pays africains à faire émerger un tissu industriel au service de l’agriculture. Car il ne suffit pas de construire des usines. Il faut aussi des concepteurs, des fabricants, des techniciens de maintenance, des pièces de rechange, des ingénieurs et des chaînes d’approvisionnement capables de soutenir ces unités dans la durée.

    En ce sens, les équipementiers locaux pourraient devenir l’un des maillons les plus stratégiques de l’agro-industrialisation africaine. Leur rôle est de transformer les ambitions politiques en solutions concrètes : machines accessibles, adaptées, réparables et évolutives. Pour les producteurs et les PME agroalimentaires, c’est souvent la différence entre vendre une matière première brute et construire une véritable activité industrielle.