Le Ghana prévoit d’inscrire la construction de nouveaux silos dans son budget 2027, alors que ses récoltes de maïs dépassent les besoins nationaux. Le ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, Eric Opoku, a annoncé cette orientation le 24 septembre à Accra, lors de l’assemblée générale de la National Food Buffer Stock Company (NAFCO), l’entreprise publique chargée des réserves alimentaires.
Le pays a produit 4,6 millions de tonnes de maïs en 2025, pour une demande évaluée à 3,6 millions de tonnes par le ministère. L’excédent atteint ainsi environ un million de tonnes. Le gouvernement entend renforcer les achats et le stockage pour éviter que cette abondance ne se traduise par des pertes pour les producteurs.
NAFCO doit occuper une place centrale dans cette politique. L’entreprise détient actuellement 20 443 tonnes de céréales, après plusieurs années de difficultés financières et opérationnelles. De nouvelles infrastructures viendraient compléter la réhabilitation d’entrepôts engagée notamment à Yendi, Tamale, Wenchi, Sunyani et Kumasi. Le montant des crédits et les capacités supplémentaires seront à préciser dans le budget.
Ces investissements prolongent les interventions du programme Feed Ghana, qui soutient l’augmentation de la production. Avec des récoltes plus importantes, le financement de la conservation prend davantage de place dans la politique agricole. Il permet d’étaler la mise sur le marché des grains au-delà de la période de collecte, pendant laquelle les disponibilités sont les plus élevées.
Parallèlement, le ministère veut accroître les débouchés auprès des établissements publics. Eric Opoku a demandé aux fournisseurs des programmes d’alimentation, notamment scolaires, de s’approvisionner directement auprès des agriculteurs ghanéens. Les achats publics sont ainsi appelés à absorber une partie de la production nationale, en remplacement de denrées importées.
La reconstitution des réserves permettra également de solder un engagement régional. Le gouvernement a demandé à NAFCO de libérer 50 000 sacs de céréales pour rembourser un emprunt contracté auprès de la CEDEAO en 2018, lorsque le Ghana avait sollicité ses stocks pour soutenir son programme d’alimentation scolaire.

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