Catégorie : Actualité

  • Un nouvel institut pour le café et le cacao en Côte d’Ivoire

    Un nouvel institut pour le café et le cacao en Côte d’Ivoire

    La Côte d’Ivoire prévoit de créer un Institut du Café et du Cacao à Divo. Le Conseil des ministres du 23 septembre a adopté une communication relative à ce projet, dénommé I2C, qui doit être implanté sur le site de la station du Centre national de recherche agronomique. Celle-ci abrite déjà des banques de gènes et des parcelles expérimentales matures consacrées aux deux cultures.

    Le futur établissement doit réunir des chercheurs spécialisés et des technologies avancées. Le gouvernement prévoit également des coopérations avec les universités ivoiriennes, les pôles régionaux et les organisations internationales. L’implantation à Divo permettrait de travailler à partir des collections et des essais déjà présents sur le site.

    Ces ressources servent notamment à comparer les caractéristiques des plants et leur comportement au fil des années. Elles constituent une base pour les recherches sur les performances des plantations et leur adaptation. Le projet concerne le café comme le cacao, même si les difficultés de ce dernier occupent davantage l’actualité des filières.

    La lutte contre le swollen shoot fait déjà l’objet d’une coopération régionale. En avril, les acteurs ivoiriens et ghanéens du cacao ont adopté une feuille de route avec l’appui de la FAO et un financement européen. Le programme associe cartographie des foyers, surveillance, réhabilitation des plantations et recherches communes sur des variétés résistantes.

    Le nouvel institut devra trouver sa place aux côtés des organismes et des programmes existants. Pour les producteurs, la diffusion des résultats passera ensuite par la mise à disposition du matériel végétal, les essais en exploitation et l’accompagnement technique.

    À ce stade, le gouvernement a annoncé le projet et son implantation. Les moyens, le calendrier de réalisation et les priorités scientifiques restent à détailler pour préciser le fonctionnement du futur établissement.

  • L’Égypte cherche son blé hors de la mer Noire

    L’Égypte cherche son blé hors de la mer Noire

    L’Égypte se tourne vers la France et d’autres fournisseurs européens pour ses achats de blé, alors que les perturbations en mer Noire compliquent les expéditions russes et ukrainiennes. Ses importations se sont établies à 143 870 tonnes durant la première moitié de septembre, contre 876 139 tonnes sur la même période un an auparavant.

    Les attaques contre les navires et les infrastructures ont conduit les acheteurs à rechercher d’autres origines. Cette réorientation intervient alors que les perspectives de récolte nationale étaient favorables. Dans son bulletin du 30 juin, la FAO estimait la production égyptienne de blé à environ 10 millions de tonnes en 2026, soit près de 7 % au-dessus de la moyenne. L’organisation expliquait cette progression attendue par l’augmentation des superficies semées et les mesures de soutien public.

    Les prix d’achat annoncés par l’État avant les semis, puis relevés, avaient encouragé la production et la collecte. La distribution de semences certifiées et d’engrais subventionnés avait également soutenu les exploitants. Malgré cela, la FAO évaluait encore les besoins d’importation à 13,5 millions de tonnes pour la campagne 2026-2027.

    Les importateurs doivent donc sécuriser des volumes extérieurs importants, même avec une récolte locale attendue en hausse, en tenant compte du coût du fret et des délais de livraison. Pour les meuniers, qui approvisionnent le marché intérieur et exportent de la farine vers des pays voisins, ces écarts se répercutent sur le coût du grain rendu à l’usine.

  • La fièvre aphteuse grippe les exportations namibiennes

    La fièvre aphteuse grippe les exportations namibiennes

    Meatco a suspendu ses exportations de viande et ses opérations d’abattage après la confirmation d’un foyer de fièvre aphteuse dans le sud de la Namibie. Cette suspension fait suite aux instructions des services vétérinaires. L’entreprise attend leurs directives pour la poursuite de ses activités.

    Le foyer a été confirmé le 23 septembre près de Karasburg, dans la région de Kharas, à proximité de la frontière sud-africaine. D’après une communication publiée par la Bourse de Namibie, des prélèvements avaient été effectués après l’apparition de signes suspects. L’exploitation se situe dans une zone reconnue indemne, dont les produits bénéficiaient d’un accès aux marchés fondé sur ce statut sanitaire.

    Les autorités ont alors activé le plan national de lutte contre la maladie. Les mesures annoncées portent sur les mouvements et la commercialisation des animaux à onglons, l’abattage et les échanges internationaux. Elles doivent limiter la circulation du virus pendant que les services vétérinaires déterminent l’étendue du foyer.

    Dès le 25 septembre, le ministère britannique chargé de l’agriculture a restreint l’importation de viandes fraîches bovines, ovines et caprines provenant de la zone concernée. Certaines viandes transformées relèvent toutefois d’un régime distinct, lorsqu’elles ont subi le traitement réglementaire destiné à atténuer le risque. Les restrictions ne s’appliquent donc pas de la même manière à tous les produits.

    Pour les opérateurs, l’arrêt des ventes reporte les recettes sans supprimer les dépenses. Les animaux doivent toujours être entretenus et les abattoirs conservent une partie de leurs charges. Si l’interruption dure, les entreprises pourraient également rencontrer des difficultés à honorer leurs contrats.

    La reprise dépendra désormais des résultats de la surveillance vétérinaire et des conditions fixées par les pays importateurs. Meatco reste, pour sa part, dans l’attente des instructions des autorités namibiennes.

  • Sadio Mané engage 11,7 milliards FCFA dans la mangue

    Sadio Mané engage 11,7 milliards FCFA dans la mangue

    Sadio Mané a lancé, le 19 septembre à Bambali, un projet agro-industriel consacré à la mangue. Baptisé SM10 Agro, le parc représente un investissement estimé à 11,7 milliards de FCFA. Il doit associer plantations, conditionnement et transformation dans cette localité de Casamance, avec des produits destinés aux marchés sénégalais et internationaux.

    Lors du lancement, le promoteur a mis en avant les difficultés de conservation et de transformation dans la région de Sédhiou. Une partie des mangues peine à être commercialisée dans ces conditions. SM10 Agro prévoit donc plusieurs débouchés en complément de la vente de fruits frais.

    Le site officiel du projet décrit des unités de pulpe et de purée, de mangue séchée ainsi que de beurre de mangue, obtenu à partir de l’amande du noyau. Le programme vise 500 hectares de plantations à développer progressivement et une capacité de traitement de 8 500 tonnes par an. Plus de 1 000 emplois directs sont annoncés à terme.

    Ces chiffres correspondent aux objectifs du parc. Les premières infrastructures et le développement agricole sont prévus à partir de 2027, selon un calendrier que le promoteur présente comme évolutif. L’APIX accompagne le projet, dont la mise en service dépendra de l’avancement des travaux.

    L’intérêt du parc dépasse ses propres plantations. Son implantation peut ouvrir de nouvelles perspectives commerciales aux producteurs environnants, à travers la collecte et l’approvisionnement des unités. L’organisation de ces relations sera importante pour relier les capacités industrielles aux volumes disponibles dans la région et aux exigences de qualité des produits transformés.

    La transformation offre également la possibilité de conserver une plus grande part de la valeur sur le territoire. Avec SM10 Agro, Bambali accueille ainsi un projet qui associe investissement agricole et développement industriel. Sa réalisation progressive doit contribuer à structurer de nouveaux débouchés pour la mangue de Casamance, dans une région où la valorisation de la production reste étroitement liée aux moyens de conservation et de transformation.

  • Ecobank vise 600 millions de dollars de crédits agricoles

    Ecobank vise 600 millions de dollars de crédits agricoles

    Ecobank vise 600 millions de dollars d’encours de prêts aux PME agricoles d’ici 2030. Le groupe bancaire a présenté cet objectif le 24 septembre à Lomé, dans le cadre d’un engagement global de 2,6 milliards de dollars. Les 2 milliards restants concernent les entreprises dirigées par des femmes, à travers le programme Ellevate.

    Pour l’agriculture, le groupe cible les producteurs, mais aussi les agrégateurs, les transformateurs, les entreprises logistiques, les négociants et les exportateurs.

    Ecobank prévoit de mobiliser des garanties et des mécanismes de partage du risque pour accompagner ces financements. La banque compte également utiliser ses outils de paiement numérique et ses services de financement du commerce. Ces derniers concernent notamment les opérations réalisées entre fournisseurs, entreprises et clients, y compris dans les échanges internationaux.

    Le montant annoncé désigne le portefeuille de prêts que le groupe souhaite avoir en cours de remboursement à l’horizon 2030. Il ne s’agit donc pas de 600 millions de dollars immédiatement disponibles ou déjà décaissés. Les nouveaux crédits et les remboursements feront évoluer cet encours au fil des années.

    Il faut noter que les besoins diffèrent sensiblement d’un acteur à l’autre. En ciblant des entreprises tout au long des chaines de valeur, Ecobank élargit son ambition agricole au financement des transactions et des activités industrielles.

  • Le Nigeria prépare le financement agricole sans intérêt

    Le Nigeria prépare le financement agricole sans intérêt

    Le Nigeria prépare un cadre de financement agricole sans intérêt. Le 22 septembre, le National Agricultural Development Fund (NADF) a réuni les parties prenantes pour examiner un projet de cadre et ses lignes directrices. Le fonds entend compléter les financements conventionnels par des opérations réalisées avec des institutions financières agréées dans la finance sans intérêt.

    Lors de cette rencontre, le directeur exécutif du NADF a invité les participants à proposer des améliorations avant la finalisation des documents. Il s’agit donc d’une consultation sur le fonctionnement du futur dispositif, dont les conditions définitives d’accès n’ont pas encore été arrêtées.

    Le cadre doit préciser les responsabilités des intervenants, la gestion des risques et la conformité à la charia. Les lignes directrices détailleront, quant à elles, les procédures d’évaluation, d’approbation et de suivi des opérations. Les modèles présentés reposent notamment sur des actifs et peuvent inclure un partage du risque. L’absence d’intérêt ne signifie toutefois pas que le bénéficiaire sera dispensé de tout coût ou de toute obligation financière.

    La Banque centrale du Nigeria a également pris part aux échanges. Son représentant a rappelé les besoins de financement des infrastructures et de la mécanisation, tout en évoquant le retrait de l’institution des interventions directes de financement du développement. Dans ce contexte, le NADF prépare ses propres modalités d’intervention auprès du secteur agricole.

    Pour les bénéficiaires, le contenu des contrats sera décisif, de même que les conditions de prêt. Les règles soumises à validation devront encadrer ces opérations, notamment leur évaluation et leur suivi. La finalisation des documents reste la prochaine étape annoncée par le fonds.

  • La mangue rejoint le giron du Conseil Coton-Anacarde Karité

    La mangue rejoint le giron du Conseil Coton-Anacarde Karité

    La mangue rejoint les filières encadrées par le Conseil Coton-Anacarde Karité. Le 23 septembre 2026, le gouvernement ivoirien a adopté une ordonnance qui lui étend les règles de commercialisation et de régulation du coton, de l’anacarde et du karité. Cette décision confie au Conseil le suivi, la régulation et le développement d’une production qui représente environ 10 % de la production fruitière nationale, selon le communiqué gouvernemental.

    La réforme prévoit également l’entrée d’un représentant de l’interprofession mangue au conseil d’administration. Les professionnels participeront donc à la gouvernance du régulateur, tandis qu’Intermangue conservera sa fonction de représentation des acteurs de la filière. Le dispositif associe ainsi un encadrement public élargi à la participation des producteurs, commerçants et transformateurs.

    Pour les entreprises exportatrices, cette réorganisation intervient alors que l’accès aux marchés exige déjà un suivi précis des fruits et des pratiques de production. À Korhogo, SPA-IMPEX/CI a notamment bénéficié d’un accompagnement de COLEAD pour préparer son accès au marché biologique européen. Dans une publication de mars, l’organisme décrivait le travail réalisé sur les contrats avec les producteurs, les procédures internes et la traçabilité. Un audit complémentaire restait alors prévu pour la mangue.

    Parallèlement, le programme PASA, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par COLEAD en Côte d’Ivoire, prévoit de renforcer les compétences sanitaires et phytosanitaires dans les chaînes horticoles. Ces interventions concernent les pratiques des opérateurs, tandis que l’ordonnance du 23 septembre modifie le cadre institutionnel de la filière.

  • Côte d’Ivoire : Filière café-cacao, la BNI mobilise 300 milliards de FCFA pour soutenir les acteurs à l’orée de la campagne 2026-2027

    Côte d’Ivoire : Filière café-cacao, la BNI mobilise 300 milliards de FCFA pour soutenir les acteurs à l’orée de la campagne 2026-2027

    La Banque Nationale d’Investissement (BNI) renforce son soutien aux acteurs de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Pour la campagne 2026-2027, l’institution bancaire annonce la mobilisation de 300 milliards de FCFA destinés à accompagner les différents acteurs de cette filière stratégique pour l’économie nationale.

    L’annonce a été faite récemment à Abidjan, à l’occasion de la 8e édition de la soirée « Networking Café-Cacao ». Le Directeur Général de la BNI, Youssouf Fadiga, a présenté les grandes lignes de cet engagement financier, qui traduit la volonté de la banque de maintenir son accompagnement du secteur café-cacao.

    Avec cette enveloppe de 300 milliards de FCFA, la BNI enregistre une progression de 6 % par rapport à la campagne précédente, au cours de laquelle 284 milliards de FCFA avaient été mobilisés.

    Cette hausse témoigne de l’importance accordée au financement des activités liées à la production, à la commercialisation et plus largement au développement de la filière.

    À quelques jours du démarrage de la campagne principale 2026-2027, prévu pour le 1er septembre 2026, cette annonce vient ainsi apporter un signal fort aux acteurs du secteur. Elle devrait contribuer à renforcer leurs capacités de financement et à soutenir la dynamique de la filière, au cœur de l’activité agricole et économique de la Côte d’Ivoire.

    À travers cette mobilisation, la BNI confirme donc son positionnement comme un partenaire financier majeur du secteur café-cacao et réaffirme son engagement à accompagner les acteurs de la filière durant la nouvelle campagne.

    Thom Biakpa

  • Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    La Côte d’Ivoire entend donner un nouveau souffle à ses filières stratégiques du palmier à huile et du cocotier, afin d’en faire de véritables leviers de croissance économique, de création d’emplois et de transformation industrielle. À travers une ambitieuse feuille de route, les autorités misent sur une amélioration durable de la productivité, un meilleur accès au financement pour les producteurs et le développement de la transformation locale.

    Pour la filière palmier à huile, le gouvernement prépare une stratégie d’envergure dont l’investissement global est estimé à 1 077 milliards de FCFA sur plusieurs années. L’objectif est de renforcer la compétitivité de cette culture de rente, qui constitue déjà l’une des principales filières agricoles du pays, tout en augmentant la valeur ajoutée créée localement.

    Cette vision repose sur plusieurs axes prioritaires. Il s’agit notamment d’améliorer les rendements des plantations grâce au renouvellement des vergers vieillissants et à l’introduction de matériels végétaux plus performants, de faciliter l’accès des producteurs à des mécanismes de financement adaptés et d’accélérer la transformation industrielle de l’huile de palme afin de limiter les exportations de matières premières brutes au profit de produits à plus forte valeur ajoutée. La stratégie prévoit également un renforcement des pratiques de durabilité, de traçabilité et de gouvernance de la filière, désormais indispensables pour répondre aux exigences des marchés internationaux.

    Deuxième producteur africain et septième mondial d’huile de palme brute, la Côte d’Ivoire dispose d’importants atouts avec près de 350 000 hectares de plantations, plus de 220 000 emplois générés et environ 45 000 exploitants impliqués dans la filière. Toutefois, celle-ci reste confrontée à plusieurs défis, notamment la faible productivité des plantations villageoises, le vieillissement des vergers, les difficultés d’accès au crédit et la concurrence croissante sur le marché mondial.

    Parallèlement, les pouvoirs publics préparent un vaste plan de relance de la filière coco. L’ambition est de redynamiser cette culture en modernisant les plantations, en améliorant la qualité des productions et en développant davantage les activités de transformation locale, afin d’accroître les revenus des producteurs et les recettes d’exportation.

    Cette approche traduit la volonté des autorités de diversifier les moteurs de croissance agricole du pays. Après les performances enregistrées dans les filières du cacao, de l’hévéa ou encore de l’anacarde, le gouvernement souhaite désormais faire du palmier à huile et du cocotier des piliers majeurs de l’industrialisation agricole, capables de générer davantage de richesse sur le territoire national.

    En misant simultanément sur la modernisation des exploitations, le financement des producteurs, la transformation industrielle et la durabilité, la Côte d’Ivoire entend renforcer la résilience de son agriculture tout en consolidant sa position parmi les grandes puissances agricoles du continent africain.

    Thom Biakpa

  • Données agricoles et décision publique : le pari stratégique du Maroc

    Données agricoles et décision publique : le pari stratégique du Maroc

    Bank Al-Maghrib et le ministère marocain de l’Agriculture ont signé, le 13 juillet 2026, une convention destinée à organiser l’échange de données, d’informations et d’expertises. Le partenariat couvre l’agriculture, la pêche maritime ainsi que les eaux et forêts. Il prévoit un accès réciproque aux statistiques, études et prévisions produites par les deux institutions, mais aussi la réalisation de recherches conjointes et la formation de leurs équipes. L’accord a été conclu par Abdellatif Jouahri, wali de la banque centrale, et Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts.

    Ce rapprochement répond à un enjeu majeur pour l’économie marocaine. Les variations de la production agricole ne concernent pas seulement les revenus des exploitants. Elles influencent également la croissance, l’emploi rural, les importations alimentaires et l’évolution des prix.

    En 2025, l’économie marocaine a progressé de 4,9 %, tandis que les activités agricoles ont enregistré une hausse de 8,2 %, selon le Haut-Commissariat au Plan. En mai 2026, la baisse mensuelle de 2,1 % des prix alimentaires a également contribué au recul de l’indice général des prix. Ces évolutions montrent pourquoi la banque centrale a besoin d’informations agricoles plus rapides et plus précises pour établir ses prévisions d’inflation et apprécier les risques pesant sur l’activité.

    Le potentiel de cette coopération réside surtout dans la capacité à croiser des données jusqu’ici produites selon des logiques institutionnelles différentes. Les informations sur les superficies cultivées, les récoltes, les ressources hydriques, les cheptels ou les prix agricoles pourraient être rapprochées des données sur le crédit, les importations, l’inflation et la consommation.

    Une telle lecture permettrait de mieux anticiper les déficits de production, d’ajuster les importations, de cibler les soutiens publics et d’orienter le financement vers les filières ou les territoires les plus exposés. Elle pourrait aussi favoriser le développement de l’assurance agricole et de mécanismes de crédit mieux adaptés aux cycles de production. L’enjeu n’est donc pas uniquement de produire davantage de statistiques, mais de transformer des informations dispersées en outils d’anticipation et d’arbitrage.

    L’initiative marocaine peut enfin inspirer d’autres pays africains confrontés à des données agricoles réparties entre ministères, instituts statistiques, banques centrales, services météorologiques et organismes de marché. La FAO considère que des systèmes statistiques solides sont indispensables pour concevoir, suivre et évaluer les politiques agricoles. L’initiative internationale 50×2030 accompagne d’ailleurs plusieurs pays d’Afrique subsaharienne et d’Afrique du Nord dans la production de données agricoles plus régulières et plus fiables.

    Dans des économies où les prix alimentaires occupent une place importante dans les dépenses des ménages, mieux connaître l’état des récoltes revient aussi à mieux prévoir l’inflation, les besoins d’importation et les priorités d’investissement. Le modèle marocain ouvre ainsi la voie à une collaboration plus étroite entre administrations agricoles et autorités monétaires sur le continent.