Ghana – Le gouvernement veut mobiliser 100 000 hectares pour développer la filière palmier à huile

Au Ghana, le gouvernement cherche à accélérer le développement de la filière palmier à huile en mobilisant 100 000 hectares de nouvelles plantations. Le président John Dramani Mahama a réaffirmé cette ambition le 13 octobre 2026, lors d’une rencontre avec les autorités traditionnelles de la région Western North. Il les a notamment encouragées à investir directement dans les plantations plutôt qu’à se limiter à la mise à disposition de terres.

Cette orientation s’inscrit dans la politique nationale de développement intégré du palmier à huile pour la période 2026-2032. Présenté dans le budget 2026, le programme vise à réduire les importations d’huile de palme, à renforcer l’approvisionnement des industries locales et à créer jusqu’à 250 000 emplois directs et indirects dans l’ensemble de la chaîne de valeur.

Le Ghana dispose d’une importante industrie de transformation des huiles végétales, mais sa production nationale reste insuffisante pour répondre à la demande. L’initiative présidentielle Red Gold estimait en 2025 le déficit d’approvisionnement en huile de palme à environ 150 000 tonnes par an. Cette situation oblige les transformateurs à recourir aux importations, alors que certaines unités industrielles disposent de capacités de traitement sous-utilisées.

Pour soutenir l’expansion des plantations, le gouvernement prévoit la création d’un mécanisme de financement de 500 millions de dollars, associant notamment des institutions de financement du développement. Le dispositif envisagé proposerait des prêts de long terme, avec une période de grâce de cinq ans et une couverture pouvant atteindre 70 % du coût des projets. Il doit également favoriser l’intégration des petits producteurs grâce à des partenariats avec les exploitations industrielles.

La question foncière occupe une place centrale dans cette stratégie. En septembre 2026, le ministère des Finances a lancé une procédure de recrutement pour accompagner la constitution d’une réserve initiale de 100 000 hectares de terres adaptées, juridiquement sécurisées et susceptibles d’accueillir des investissements. Les travaux prévus comprennent la cartographie des terrains, l’évaluation environnementale et les consultations avec les propriétaires et les communautés locales.

Le développement de l’hévéaculture figure également parmi les priorités évoquées par le président Mahama pour la région Western North. Cette diversification des plantations industrielles s’inscrit dans une stratégie plus large de création d’emplois agricoles, présentée notamment comme une alternative économique à l’exploitation minière illégale.

Au-delà des nouvelles superficies, les autorités ghanéennes entendent améliorer les rendements des plantations existantes, développer les pépinières de plants sélectionnés et renforcer les capacités de raffinage. La Tree Crops Development Authority et l’Oil Palm Research Institute doivent notamment intervenir dans la structuration de la filière et l’amélioration du matériel végétal.

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