Côte d’Ivoire : 60 millions de dollars mobilisés pour transformer les résidus de cajou

Les coques de noix de cajou pourraient devenir une nouvelle source de valeur industrielle en Côte d’Ivoire. Le groupe Valency International a mobilisé 60 millions de dollars, soit environ 34 milliards FCFA, à travers une émission obligataire verte destinée à financer la transformation des résidus de l’anacarde en biocarburants, produits chimiques biosourcés et énergie renouvelable. L’opération a été annoncée le 15 octobre 2026 par Climate Bonds Initiative.

Le financement bénéficie d’une garantie de 60 millions de dollars accordée par Green Guarantee Company. Structurée par HSBC et souscrite intégralement par l’investisseur britannique Legal & General, l’obligation doit être cotée à la Bourse de Vienne. Elle a obtenu la première certification délivrée selon les nouveaux critères de Climate Bonds Initiative applicables à la bioénergie.

Les fonds contribueront au développement du Cashew Waste Value Park, un complexe industriel conçu pour valoriser les coques et autres sous-produits issus de la transformation des noix de cajou. À terme, les installations devraient traiter environ 90 000 tonnes de résidus par an et produire plusieurs catégories de produits à valeur ajoutée.

Le projet prévoit notamment la fabrication d’huiles industrielles, de cardanol utilisé dans l’industrie chimique, de granulés combustibles, de biochar et de biofertilisants. Une unité de valorisation énergétique devrait également permettre de produire jusqu’à 5 mégawatts d’électricité renouvelable à partir du gaz issu du traitement des résidus.

Cette opération s’inscrit dans un programme d’investissement plus large de 150 millions de dollars porté par Valency International pour développer un écosystème industriel intégré autour de l’anacarde en Côte d’Ivoire. Le groupe dispose déjà d’une usine de transformation de noix de cajou d’une capacité annuelle d’environ 45 000 tonnes, développée grâce à un investissement de 40 millions de dollars.

La valorisation des coques représente un débouché complémentaire pour une filière historiquement tournée vers la commercialisation des noix brutes et, plus récemment, vers leur transformation locale. Elle permet d’envisager de nouvelles activités industrielles à partir de matières résiduelles, tout en réduisant les déchets générés par les unités de décorticage.

Sur le plan environnemental, le programme pourrait éviter environ 880 000 tonnes d’émissions de CO₂ équivalent sur vingt ans, selon les estimations présentées par les partenaires financiers. Ces réductions attendues reposent notamment sur la limitation du brûlage des déchets et la substitution d’énergies fossiles par des combustibles renouvelables.

L’investissement intervient alors que la Côte d’Ivoire poursuit son objectif de transformer localement 50 % de sa production de noix de cajou à l’horizon 2030. Le développement d’activités autour des sous-produits pourrait élargir la valeur ajoutée industrielle de la filière, au-delà de la seule commercialisation des amandes.

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