Côte d’Ivoire : la filière cacao veut changer d’échelle dans le financement de ses coopératives

En Côte d’Ivoire, le Conseil du Café-Cacao et l’organisation IDH veulent franchir une nouvelle étape dans le financement des sociétés coopératives cacaoyères. Réunis le 20 octobre 2026 à Abidjan avec les banques, les exportateurs et les organisations de producteurs, les acteurs de la filière ont posé les bases d’une feuille de route commune destinée à faciliter l’accès au crédit et à généraliser les mécanismes de financement déjà expérimentés. L’ambition est de dépasser les initiatives isolées pour construire des solutions adaptées aux différentes catégories de coopératives.

Cette démarche répond à un déséquilibre persistant dans l’organisation financière de la filière. Si les coopératives jouent un rôle essentiel dans la collecte et la commercialisation du cacao, elles disposent souvent de moyens limités pour préfinancer les achats de fèves, rémunérer leurs membres ou investir dans les infrastructures de stockage et de transport. À ces besoins s’ajoutent des exigences croissantes de traçabilité, de certification et de durabilité, qui nécessitent des investissements supplémentaires. Pourtant, l’insuffisance de garanties, la faiblesse des fonds propres et les lacunes dans la gestion financière continuent de limiter leur accès aux crédits bancaires.

Pour lever ces obstacles, les partenaires envisagent notamment de développer les mécanismes de garantie, le crédit-bail et les financements associant coopératives, acheteurs et établissements bancaires. Ces dispositifs permettraient de mieux répartir les risques et d’adosser davantage les prêts aux relations commerciales existantes. Leur généralisation pourrait notamment réduire la dépendance des coopératives aux avances consenties par les acheteurs, tout en facilitant le financement d’investissements productifs au-delà des seules campagnes de commercialisation.

La filière dispose déjà d’expériences sur lesquelles s’appuyer. Lancé en 2022 par IDH et le Conseil du Café-Cacao, le programme Cocoaperation a mobilisé plus de 20 milliards de FCFA, dont 5 milliards sous forme de prêts, au bénéfice d’un dispositif ayant touché environ 150 coopératives et près de 60 000 producteurs. En associant financement, accompagnement technique, accès aux intrants et renforcement des organisations, le programme a également obtenu des résultats encourageants sur les revenus agricoles. Une évaluation indépendante citée par IDH fait état d’une progression moyenne de 35,7 % du revenu net des ménages participants par rapport à leur situation initiale, une évolution à laquelle la hausse des prix du cacao a aussi contribué.

L’enjeu de la nouvelle feuille de route est désormais de transformer ces expériences en mécanismes accessibles à un plus grand nombre d’organisations, y compris celles dont les capacités financières et administratives restent limitées. Cela suppose non seulement de mobiliser davantage de capitaux, mais aussi de renforcer la gouvernance des coopératives et leur capacité à présenter des projets finançables. Un dispositif de suivi associant les parties prenantes doit accompagner cette démarche, dont les modalités opérationnelles restent à préciser.

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