Catégorie : Actualité

  • Kenya : un nouveau projet sucrier pour renforcer la transformation locale à Siaya

    Kenya : un nouveau projet sucrier pour renforcer la transformation locale à Siaya

    Au Kenya, la filière sucre pourrait accueillir un nouvel investissement industriel dans le comté de Siaya. La société Kipenzi Sugar prévoit d’investir environ 1,45 milliard de shillings kényans, soit un peu plus de 11 millions de dollars, dans la construction d’une usine sucrière à Mur Malanga, dans la sous-région d’Alego Usonga.

    Le projet, soumis à l’Autorité nationale de gestion de l’environnement, prévoit la mise en place d’un complexe intégrant la production de sucre, la valorisation des sous-produits et la cogénération d’énergie. L’usine devrait disposer, dans un premier temps, d’une capacité de broyage de 1 250 tonnes de canne par jour, avec une possibilité d’extension à 2 500 tonnes. Elle pourrait produire environ 138 tonnes de sucre par jour, soit près de 3 250 tonnes par mois.

    Pour les promoteurs, l’enjeu est d’abord agricole. Le projet repose sur l’approvisionnement auprès de producteurs sous contrat, plutôt que sur la création de grandes plantations propres à l’entreprise. Les documents du projet évoquent un bassin de production important, avec des producteurs de canne situés principalement dans un rayon d’environ 15 kilomètres autour du site. Cette proximité pourrait réduire les coûts de transport, limiter les pertes et offrir un débouché plus régulier aux planteurs locaux.

    L’investissement s’inscrit aussi dans une logique de valorisation industrielle. En plus du sucre brun et du sucre blanc, l’usine devrait générer des sous-produits comme la bagasse et la mélasse. La bagasse pourrait notamment servir à produire de l’énergie pour les besoins de l’usine, tandis que d’autres valorisations sont envisagées à terme, notamment dans les briquettes, les fertilisants ou les matériaux dérivés.

    Ce projet arrive dans un contexte où le Kenya cherche à relancer une filière sucrière confrontée depuis plusieurs années à des difficultés structurelles : coûts de production élevés, concurrence des importations, vieillissement de certaines usines, retards de paiement aux producteurs et faible compétitivité industrielle. En renforçant les capacités de transformation dans une zone à fort potentiel cannier, l’investissement de Kipenzi Sugar pourrait contribuer à améliorer l’approvisionnement local, créer de nouveaux débouchés pour les agriculteurs et devenir un levier de développement rural, à condition que l’industrialisation bénéficie réellement aux producteurs et aux communautés locales.

     

  • Gabon : Plusieurs projets en cours pour accélérer la modernisation agricole

    Gabon : Plusieurs projets en cours pour accélérer la modernisation agricole

    Le Gabon veut donner un nouvel élan à sa stratégie de souveraineté alimentaire. Pour y parvenir, le pays renforce sa coopération avec l’Institut International d’Agriculture Tropicale, dans le cadre des programmes Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine et Projet d’Appui au Programme GRAINE. L’objectif est clair : moderniser l’agriculture gabonaise à travers la recherche, l’innovation, la sécurité semencière et la diffusion de solutions adaptées aux réalités locales.

    Au cœur de cette dynamique figure un important effort de multiplication végétale. Le programme prévoit la mise à disposition de 5 millions de boutures de manioc et de 600 000 plants de bananiers in vitro au profit des producteurs. Ces deux cultures occupent une place importante dans l’alimentation des ménages gabonais et peuvent jouer un rôle stratégique dans la réduction de la dépendance du pays aux importations alimentaires.

    L’approche défendue par l’IITA repose sur une articulation entre recherche scientifique et production agricole. Il ne s’agit pas seulement de distribuer du matériel végétal, mais de renforcer la qualité des plants, d’améliorer leur résistance aux maladies et d’adapter les technologies aux conditions agroécologiques du Gabon. Cette orientation est importante dans un pays qui dispose de vastes terres cultivables, mais dont le potentiel agricole reste encore insuffisamment exploité.

    La modernisation passe aussi par le numérique. Des outils comme PlantVillage NURU, SeedTracker ou Cassava Business Connector doivent permettre d’améliorer le suivi des cultures, la détection des maladies, la traçabilité des semences et l’efficacité des services agricoles. Pour les producteurs, ces solutions peuvent faciliter l’accès à l’information technique et aider à mieux anticiper les risques sur les exploitations.

    Pour le Gabon, l’enjeu dépasse donc la simple relance de quelques filières. Il s’agit de bâtir progressivement un système agricole plus productif, mieux encadré et moins dépendant des approvisionnements extérieurs.

     

  • Agriculture numérique : le Tchad s’inspire du Niger pour moderniser ses services aux producteurs

    Agriculture numérique : le Tchad s’inspire du Niger pour moderniser ses services aux producteurs

    Le Tchad veut accélérer la transformation numérique de son agriculture en s’appuyant sur l’expérience de ses voisins. Depuis le 30 juin 2026, une délégation de l’Agence nationale d’appui au développement rural, conduite par son directeur général Hissein Youssouf Galmaye, séjourne à Niamey pour étudier plusieurs dispositifs mis en place par le Niger dans l’accompagnement des producteurs. Cette mission est organisée avec l’appui du Programme de résilience du système alimentaire au Tchad, financé par la Banque mondiale.

    Les échanges portent principalement sur deux outils : le centre d’appel agricole du Réseau national des chambres d’agriculture du Niger et le système de bons électroniques utilisé pour la distribution des intrants. Pour les autorités tchadiennes, l’objectif est de comprendre comment ces dispositifs peuvent améliorer l’accès des producteurs au conseil agricole, faciliter la distribution des semences et engrais, renforcer le suivi des exploitations et rendre les subventions plus transparentes.

    Cette démarche intervient dans un contexte où le Tchad cherche à renforcer la productivité et la résilience de son agriculture, secteur essentiel pour les revenus ruraux et la sécurité alimentaire. Le pays dispose déjà d’une première expérience dans le domaine, à travers un centre d’appel mis en place dans le cadre du Projet de renforcement de la résilience climatique et de la productivité agricole. Selon la Banque mondiale, ce dispositif a traité plus de 118 000 appels provenant de plus de 30 000 producteurs dans les provinces du Mandoul, du Moyen-Chari et du Salamat.

    L’intérêt du modèle nigérien réside dans sa capacité à rapprocher les services agricoles des producteurs, tout en réduisant les pertes d’information entre l’administration, les structures d’appui et les exploitants. Les bons électroniques, par exemple, peuvent permettre de mieux cibler les bénéficiaires, de limiter les détournements et de suivre plus précisément l’utilisation des intrants.

    Mais la réussite d’une telle stratégie dépendra de plusieurs conditions : couverture réseau suffisante, formation des agents, disponibilité de contenus techniques adaptés, maîtrise des langues locales et capacité à intégrer les petits producteurs peu familiers des outils numériques. Sans accompagnement de terrain, la digitalisation risque de rester un outil administratif plutôt qu’un véritable levier de transformation agricole.

    Après le Niger, la délégation tchadienne doit poursuivre sa mission au Bénin afin d’examiner d’autres expériences de numérisation des services agricoles. Pour le Tchad, l’enjeu est désormais d’adapter ces bonnes pratiques régionales à ses propres réalités, afin de faire du numérique un outil concret au service de la productivité, de la transparence et de la sécurité alimentaire.

     

  • Côte d’Ivoire : le savoir-faire égyptien mobilisé pour accélérer la filière halieutique

    Côte d’Ivoire : le savoir-faire égyptien mobilisé pour accélérer la filière halieutique

    La Côte d’Ivoire veut accélérer la transformation de sa filière halieutique en s’appuyant sur l’expérience de l’Égypte, devenue l’un des leaders africains de l’aquaculture. Fin juin, le ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques a signé au Caire un protocole d’accord avec l’Autorité générale égyptienne pour le développement des ressources halieutiques. L’objectif est de renforcer la coopération dans les domaines de la pêche, de l’aquaculture et de la protection du milieu marin, avec un accent particulier sur la pisciculture et la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

    Pour Abidjan, l’enjeu est stratégique. Le poisson est l’une des principales sources de protéines animales consommées dans le pays. Toutefois, l’offre locale reste très insuffisante par rapport aux besoins. Selon les données reprises par la FAO, la Côte d’Ivoire a produit 92 000 tonnes de poissons en 2023, pour une consommation estimée à 534 000 tonnes. Cette dépendance aux importations pèse sur la balance commerciale et expose le pays aux fluctuations des prix internationaux.

    Le choix de l’Égypte n’est pas anodin. Le pays a fortement développé son aquaculture au cours des dernières décennies, notamment autour du tilapia, espèce également très présente dans les habitudes de consommation ivoiriennes. L’expérience égyptienne pourrait être utile à la Côte d’Ivoire sur plusieurs maillons, à savoir la sélection génétique, la conduite des élevages, la qualité sanitaire et l’alimentation des poissons.

    Cette coopération arrive dans un contexte où la Côte d’Ivoire a déjà placé l’aquaculture au cœur de sa stratégie de souveraineté alimentaire. Le Programme stratégique de transformation de l’aquaculture en Côte d’Ivoire vise à porter la production aquacole à 500 000 tonnes par an à l’horizon 2030, tandis qu’une feuille de route spécifique prévoit également d’atteindre 68 000 tonnes de tilapia d’ici 2031.

    La dynamique a été renforcée en mars 2026 avec le lancement du ProDeCAP, le Projet de développement des chaînes de valeur compétitives de l’aquaculture et de la pêche durable. Doté d’un budget de 19 milliards FCFA sur cinq ans, avec l’appui de la Banque africaine de développement, le programme ambitionne de toucher près de 700 000 bénéficiaires directs et indirects.

  • Caoutchouc : l’Afrique de l’Ouest veut garder plus de valeur dans la filière

    Caoutchouc : l’Afrique de l’Ouest veut garder plus de valeur dans la filière

    En Afrique de l’Ouest, la filière caoutchouc entre dans une nouvelle phase. Après des années d’exportation de matière première brute, plusieurs pays producteurs cherchent désormais à retenir une plus grande part de la valeur sur leur territoire. Le mouvement s’accélère avec les décisions récentes du Liberia et du Ghana d’interdire l’exportation de caoutchouc naturel non transformé.

    Au Liberia, la mesure est entrée en vigueur le 1er juillet 2026. Elle interdit, pour une durée indéterminée, l’exportation de caoutchouc brut sous différentes formes, notamment le latex naturel, le coagulum, les fonds de tasse et les résidus de caoutchouc. L’objectif affiché par les autorités est d’orienter davantage de volumes vers les unités locales, créer des emplois industriels, accroître les recettes fiscales et renforcer les revenus en devises. Le gouvernement libérien estime que l’exportation de caoutchouc non transformé a longtemps privé le pays d’opportunités importantes dans l’aval industriel.

    Quelques semaines plus tôt, le Ghana avait pris une décision similaire en imposant une interdiction de dix ans sur les exportations de caoutchouc brut. Là encore, l’enjeu est de sécuriser l’approvisionnement des transformateurs locaux et de soutenir la montée en puissance d’une industrie nationale. Pour les autorités comme pour les industriels, il ne s’agit plus seulement de produire, mais de transformer, normaliser, exporter des produits à plus forte valeur ajoutée et mieux intégrer la filière dans la stratégie d’industrialisation.

    La Côte d’Ivoire, premier producteur africain de caoutchouc naturel, s’inscrit déjà dans cette logique depuis plusieurs années. Le pays a renforcé les restrictions sur les exportations de matière brute afin de favoriser l’approvisionnement des usines locales. Cette orientation a permis d’accroître la part du caoutchouc techniquement spécifié, issu d’une première transformation industrielle, dans les exportations ivoiriennes.

    Ce virage protectionniste traduit une évolution plus large des politiques agricoles et industrielles africaines. Les États ne veulent plus seulement être des fournisseurs de matières premières. Ils cherchent à capter davantage de valeur, à créer des emplois locaux, à attirer des investissements industriels et à limiter leur dépendance aux chaînes mondiales de négoce.

    Cette stratégie comporte cependant aussi des défis. Les interdictions d’exportation ne suffisent pas si les capacités de transformation restent limitées, si les producteurs sont mal rémunérés ou si les usines ne disposent pas d’un environnement compétitif. Pour réussir, les pays devront investir massivement dans les infrastructures, la qualité, la logistique, le financement des producteurs et la transparence des prix

  • Côte d’Ivoire : la FAO et Eni explorent un partenariat pour soutenir les communautés côtières

    Côte d’Ivoire : la FAO et Eni explorent un partenariat pour soutenir les communautés côtières

    En Côte d’Ivoire, la FAO et le groupe italien Eni explorent les bases d’un partenariat au bénéfice des communautés côtières. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la politique de responsabilité sociétale des entreprises du groupe énergétique, détenteur de la concession du projet Baleine, qui souhaite financer des projets de développement dans les zones impactées par ses activités.

    Une délégation d’Eni, conduite par Alessandra Testoni, experte RSE du groupe, a récemment rencontré Joseph Nyemah, Représentant de la FAO en Côte d’Ivoire. Cette séance de travail avait pour objectif d’identifier les domaines dans lesquels les deux institutions pourraient collaborer, en s’appuyant sur l’expertise technique de la FAO dans la formulation et la mise en œuvre de projets inclusifs, durables et résilients.

    Les échanges ont principalement porté sur les besoins des populations vivant dans les zones côtières, avec une attention particulière à la pêche. Ce secteur constitue un levier important pour de nombreuses communautés littorales, aussi bien en matière d’emplois que de sécurité alimentaire et de revenus. Un appui structuré pourrait ainsi contribuer à améliorer les conditions de travail des pêcheurs, renforcer les capacités des acteurs locaux, soutenir la transformation artisanale des produits halieutiques ou encore favoriser une meilleure organisation des chaînes de valeur.

    Les discussions ont également permis d’évoquer des projets pouvant s’inscrire dans le cadre de l’Initiative villes vertes portée par la FAO. Cette approche vise à accompagner les territoires dans la construction de systèmes urbains et périurbains plus durables, à travers des actions liées à l’agriculture urbaine, à la gestion des ressources naturelles, à la résilience climatique, à la biodiversité et à l’amélioration du cadre de vie.

    Pour Eni, l’enjeu est de faire de sa politique RSE un levier concret de développement local dans les territoires concernés par ses activités. Pour la FAO, ce partenariat représenterait une opportunité de mobiliser son savoir-faire au service de communautés exposées à plusieurs défis : fragilité des revenus, pression sur les ressources, vulnérabilité climatique et besoin de diversification économique.

    À ce stade, la collaboration reste en phase exploratoire. Mais elle ouvre la voie à un partenariat stratégique autour d’un objectif commun : améliorer durablement les conditions de vie des populations côtières ivoiriennes, en privilégiant des projets utiles, structurés et adaptés aux réalités du terrain.

     

  • Kenya-Ouganda : le sucre relance les crispations commerciales en Afrique de l’Est

    Kenya-Ouganda : le sucre relance les crispations commerciales en Afrique de l’Est

    Le commerce du sucre ravive les tensions entre le Kenya et l’Ouganda, deux partenaires clés de la Communauté d’Afrique de l’Est. Depuis le 1er juillet 2026, Nairobi applique un nouveau droit d’accise sur le sucre importé, porté à 40 000 shillings kényans par tonne, contre 7 500 shillings auparavant. Officiellement, la mesure vise à protéger une industrie sucrière locale encore fragile, malgré les réformes engagées ces dernières années.

    Pour les industriels ougandais, cette hausse change toutefois radicalement les conditions d’accès au marché kényan. L’Uganda Sugar Manufacturers Association a saisi les autorités de Kampala, estimant que la mesure risque de réduire la compétitivité du sucre ougandais, de fragiliser les exportations et de compromettre les engagements pris dans le cadre de l’intégration régionale. Le Kenya constitue en effet l’un des principaux débouchés de la filière sucrière ougandaise, avec des volumes estimés à environ 100 000 tonnes par an.

    La décision intervient à un moment sensible. En janvier 2026, le Kenya avait officiellement mis fin à plus de deux décennies de régime de sauvegarde sur les importations de sucre en provenance du COMESA, ouvrant théoriquement la voie à un accès plus libre au marché. Cette évolution devait marquer une nouvelle étape vers la compétitivité, la baisse des prix et l’intégration commerciale. L’introduction d’un droit d’accise fortement relevé est donc perçue, côté ougandais, comme une forme de barrière non tarifaire.

    Nairobi défend de son côté la nécessité de protéger une filière stratégique. Le sucre emploie directement ou indirectement plusieurs millions de personnes au Kenya, notamment dans les bassins de production de l’ouest du pays. Les autorités misent sur la relance de la production locale, l’extension des superficies cultivées, une meilleure disponibilité de la canne et la modernisation des sucreries. Selon les projections du département américain de l’Agriculture, la production kényane pourrait passer d’environ 605 000 tonnes en 2025/2026 à 850 000 tonnes en 2026/2027, tandis que les importations reculeraient de 510 000 à 370 000 tonnes.

    Mais la controverse dépasse désormais la seule filière sucrière. Elle pose la question de l’équilibre entre protection industrielle nationale et libre circulation des marchandises au sein de l’EAC. Les deux pays ont déjà connu plusieurs différends commerciaux sur le sucre, mais aussi sur le lait, le maïs ou les œufs. Kampala privilégie pour l’instant la voie diplomatique. Reste à savoir si les mécanismes régionaux permettront d’éviter une nouvelle escalade dans un secteur où les enjeux économiques, sociaux et politiques demeurent particulièrement élevés.

     

  • Ouganda : les recettes du café reculent en mai malgré une dynamique annuelle encore favorable

    Ouganda : les recettes du café reculent en mai malgré une dynamique annuelle encore favorable

    Après plusieurs mois portés par la fermeté des cours mondiaux, la filière café ougandaise marque le pas. En mai 2026, le pays a exporté 617 491 sacs de 60 kg pour des recettes évaluées à 151,7 millions de dollars, selon les données du rapport mensuel café publié par les autorités agricoles. Sur un an, les volumes expédiés reculent de 21,6 %, tandis que la valeur des exportations baisse de 37,4 %.

    Ce repli est d’autant plus notable que l’Ouganda s’est imposé ces dernières années comme le premier exportateur africain de café. La filière, dominée par le robusta, constitue l’un des principaux piliers de l’économie agricole nationale et une source majeure de devises. Elle fait vivre des millions de petits producteurs, notamment dans les régions du Centre, de l’Est et de l’Ouest du pays.

    Dans le détail, le robusta a représenté l’essentiel des ventes du mois de mai, avec 517 825 sacs exportés pour 116,1 millions de dollars. L’arabica, plus modeste en volume mais mieux valorisé, a atteint 99 666 sacs pour 35,6 millions de dollars. La baisse touche toutefois les deux segments. Les expéditions de robusta ont reculé de 24,5 % en volume et de 42,6 % en valeur, tandis que l’arabica a enregistré une contraction plus limitée, de 2,2 % en volume et de 11,7 % en valeur.

    La correction observée en mai s’explique par un double effet : une baisse des volumes disponibles à l’exportation et un fléchissement des prix internationaux. Le prix moyen à l’exportation s’est établi à 4,1 dollars le kilogramme, contre 5,1 dollars un an plus tôt. Les anticipations d’une amélioration de l’offre mondiale, notamment au Brésil pour la campagne 2026/2027, ont pesé sur les cours après une période de tensions alimentée par les inquiétudes sur l’approvisionnement.

    Cette contre-performance mensuelle ne remet toutefois pas en cause la progression de la filière sur douze mois. Entre juin 2025 et mai 2026, l’Ouganda a exporté 8,6 millions de sacs pour 2,3 milliards de dollars, contre 7,4 millions de sacs et 2,1 milliards de dollars sur la période précédente. Le pays affiche ainsi une hausse annuelle de 16 % en volume et de 11 % en valeur.

    Pour Kampala, l’enjeu est désormais de consolider ces gains tout en limitant l’exposition de la filière aux fluctuations des cours internationaux. La montée en qualité, la diversification des marchés et l’amélioration de la productivité restent au cœur des priorités pour maintenir le café comme l’un des moteurs des exportations agricoles ougandaises.

  • Algérie : l’INRAA et le CRTAA veulent rapprocher la recherche agricole de l’industrie agroalimentaire

    Algérie : l’INRAA et le CRTAA veulent rapprocher la recherche agricole de l’industrie agroalimentaire

    L’Algérie veut renforcer les passerelles entre la recherche agronomique, l’innovation technologique et les besoins de son industrie agroalimentaire. À Béjaïa, une convention-cadre de partenariat scientifique a été officialisée entre la station expérimentale de l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie d’Oued Ghir et le Centre de recherche en technologies agroalimentaires.

    Signé le 30 juin, l’accord vise à favoriser une coopération plus étroite entre deux structures complémentaires. D’un côté, l’Institut National de la Recherche Agronomique d’Algérie (INRAA), acteur historique de la recherche agricole algérienne, dispose d’un ancrage dans l’expérimentation de terrain, la sélection variétale, la conduite des cultures et l’analyse des systèmes de production. De l’autre, le Centre de Recherche en Technologies Agro-Alimentaires (CRTAA), basé à Béjaïa, travaille sur les technologies appliquées à l’agroalimentaire, les procédés de transformation, l’innovation alimentaire, la qualité, la réduction des pertes et la valorisation des produits agricoles.

    Cette collaboration intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à mieux transformer son potentiel agricole en valeur industrielle. Le pays dispose d’un tissu agroalimentaire important, porté notamment par les filières céréalières, laitières, sucrières, oléagineuses et les boissons, mais reste confronté à des défis structurels : dépendance à certaines importations, besoin d’innovation dans les procédés, exigences croissantes de qualité et nécessité de former des compétences adaptées aux besoins des entreprises.

    Le partenariat entre l’INRAA et le CRTAA doit permettre de rapprocher les chercheurs, les étudiants, les laboratoires et les acteurs économiques autour de projets communs. Il pourrait ouvrir la voie à des travaux conjoints sur la valorisation des productions locales, l’amélioration de la conservation des aliments, la réduction des pertes post-récolte ou encore le développement de nouveaux produits à partir de matières premières agricoles nationales.

    L’enjeu dépasse la seule coopération institutionnelle. Pour les futurs talents de l’agroalimentaire, ce type d’accord peut offrir un cadre plus favorable à la formation pratique, aux stages, aux projets de recherche appliquée et à l’émergence de startups issues des laboratoires. Il s’inscrit aussi dans une dynamique plus large observée dans l’enseignement supérieur algérien, où les établissements spécialisés cherchent à mieux connecter leurs formations aux débouchés industriels.

    Reste désormais à traduire cette convention en programmes concrets. Dans un secteur où la compétitivité dépend de plus en plus de la qualité, de la traçabilité, de l’innovation et de la maîtrise technologique, la capacité de l’Algérie à faire travailler ensemble ses centres de recherche, ses universités et ses industriels pourrait devenir un levier important pour la modernisation de son agroalimentaire.

     

  • Côte d’Ivoire : Diawala accueille un projet pilote pour structurer une filière tournesol

    Côte d’Ivoire : Diawala accueille un projet pilote pour structurer une filière tournesol

    La commune de Diawala, dans le nord de la Côte d’Ivoire, veut se positionner sur une nouvelle culture à potentiel industriel. Sun Agro et ENI Natural Energies Côte d’Ivoire ont lancé, le 2 juillet, une initiative pilote dédiée au développement du tournesol, avec l’ambition de poser les bases d’une filière agricole durable et structurée.

    Le projet a été présenté en présence de producteurs et de responsables de coopératives agricoles. Il prévoit notamment la mise à disposition de semences, l’encadrement technique des producteurs et la contractualisation entre Sun Agro et les coopératives engagées dans la phase pilote. Des parcelles destinées aux premiers semis ont également été visitées, marquant le démarrage opérationnel de cette expérimentation.

    Pour les promoteurs, le tournesol représente une piste de diversification pour les agriculteurs du nord ivoirien, dans une zone déjà marquée par plusieurs cultures commerciales et vivrières. La plante oléagineuse est particulièrement recherchée pour ses graines, utilisées dans la production d’huile végétale, mais aussi pour les coproduits pouvant servir à l’alimentation animale ou à d’autres usages industriels.

    L’initiative intervient alors que la Côte d’Ivoire cherche à élargir sa base agricole au-delà de ses grandes filières historiques comme le cacao, le café, le coton, l’hévéa ou l’anacarde. Dans les régions septentrionales, la diversification apparaît comme un levier pour améliorer les revenus des producteurs, réduire les risques liés à la dépendance à quelques cultures et créer de nouvelles chaînes de valeur locales.

    Le positionnement d’ENI Natural Energies Côte d’Ivoire donne aussi au projet une dimension industrielle plus large. Le groupe italien développe déjà dans le pays des initiatives agricoles destinées à l’approvisionnement de ses bioraffineries en huiles végétales et autres matières premières durables. La société avait notamment engagé des collaborations autour de la valorisation de ressources agricoles issues de l’hévéa, dans le cadre de sa stratégie de mobilité durable.

    À Diawala, les initiateurs ont insisté sur la nécessité de respecter les itinéraires techniques et les standards de certification internationale. Pour Lucio Cecchini, représentant d’ENI Natural Energies Côte d’Ivoire, la mobilisation des producteurs et le respect des bonnes pratiques agricoles seront déterminants pour la réussite du projet. De son côté, le directeur général de Sun Agro, Soungalo Ouattara, a appelé les coopératives partenaires à suivre rigoureusement les recommandations techniques afin de garantir une production conforme aux exigences attendues.

    Si la phase pilote est concluante, le tournesol pourrait ouvrir une nouvelle voie de valorisation agricole dans le nord ivoirien. Reste désormais à confirmer la viabilité agronomique, économique et industrielle de cette culture, avant un éventuel passage à plus grande échelle.