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  • Nigeria : un programme de 7,1 milliards de dollars pour accélérer la production nationale de sucre

    Nigeria : un programme de 7,1 milliards de dollars pour accélérer la production nationale de sucre

    Le Nigeria veut franchir une nouvelle étape dans le développement de son industrie sucrière. Le National Sugar Development Council (NSDC) a présenté un programme d’investissement de 7,1 milliards de dollars sur dix ans, destiné à renforcer la production locale et à réduire la dépendance du pays aux importations.

    L’initiative prévoit notamment la création de dix complexes sucriers intégrés et vise une production nationale supérieure à deux millions de tonnes par an.

    Les dix nouveaux complexes envisagés représenteraient une capacité de production cumulée de 835 000 tonnes de sucre par an à plein régime. Selon les informations communiquées par le régulateur, des promoteurs ont déjà été identifiés pour l’ensemble des projets, tandis que 143 478 hectares de terres auraient été sécurisés pour leur développement.

    Ces avancées ne signifient toutefois pas que les investissements sont déjà réalisés. Les études techniques se poursuivent et la mobilisation des financements reste une étape déterminante avant le lancement effectif des différentes installations.

    Le programme repose sur un modèle de production intégrée, associant la culture de la canne à sucre à sa transformation industrielle. Les complexes pourraient également développer des activités complémentaires, notamment la production d’éthanol et la valorisation énergétique des sous-produits. Cette approche vise à améliorer la rentabilité des investissements en diversifiant les sources de revenus au-delà du sucre commercialisé.

    Pour le Nigeria, l’enjeu est considérable. Malgré la taille de son marché intérieur, le pays demeure fortement dépendant des importations de sucre brut pour satisfaire les besoins de son industrie. Le développement de nouvelles capacités agricoles et industrielles permettrait de réduire cette exposition aux marchés internationaux tout en renforçant les chaînes de valeur locales.

    Le NSDC estime que le programme pourrait générer jusqu’à 2,1 milliards de dollars d’économies annuelles en devises et contribuer à la création de 110 000 emplois directs et indirects. Ces projections restent conditionnées à la réalisation des investissements, à l’exploitation effective des superficies prévues et à l’atteinte des capacités de production annoncées.

    La dimension agricole constitue l’un des principaux défis du programme. L’implantation de complexes sucriers à grande échelle nécessite des investissements importants dans l’irrigation, les infrastructures de transport, la mécanisation et l’organisation de l’approvisionnement en canne. La maîtrise des coûts de production et la disponibilité de ressources en eau suffisantes seront également essentielles à la compétitivité des futures installations.

    Le développement de cette industrie pourrait par ailleurs offrir de nouvelles perspectives aux producteurs agricoles, notamment à travers des mécanismes de contractualisation et des partenariats avec les unités de transformation. Leur place dans le dispositif dépendra cependant des modèles d’exploitation retenus par les promoteurs.

    Avec ce programme, le Nigeria entend accélérer la constitution d’une filière sucrière nationale capable de répondre davantage à sa demande intérieure. Les prochaines étapes, en particulier la conclusion des financements et le démarrage des travaux, permettront de déterminer dans quelle mesure cette ambition pourra se traduire en nouvelles capacités de production.

  • La Côte d’Ivoire veut sécuriser 9 millions d’hectares de terres rurales

    La Côte d’Ivoire veut sécuriser 9 millions d’hectares de terres rurales

    En Côte d’Ivoire, des millions d’hectares de terres agricoles restent exploités sans certificat foncier. Une situation qui complique les transactions, fragilise les droits des détenteurs coutumiers et peut freiner les investissements. Le gouvernement veut désormais accélérer la sécurisation du domaine foncier rural, avec un objectif de 9 millions d’hectares et 1,5 million de certificats fonciers dans un horizon de 10 ans.

    L’ambition représente un changement d’échelle considérable. Le domaine foncier rural ivoirien couvre environ 23 millions d’hectares, dont près de 40 % seraient concernés par cette nouvelle cible. Pourtant, le pays ne compte à ce jour qu’environ 68 000 certificats délivrés. Le rythme a certes progressé depuis les premières années d’application de la loi foncière de 1998, mais les superficies restant à sécuriser demeurent importantes.

    Pendant longtemps, le coût des démarches a constitué l’un des principaux obstacles à la certification. Pour une parcelle moyenne, les frais pouvaient atteindre 500 000 à 600 000 FCFA, un montant difficilement accessible à de nombreux exploitants. À cette contrainte financière s’ajoutaient des procédures administratives parfois longues, avec des délais pouvant approcher deux ans.

    Les autorités cherchent aujourd’hui à lever ces obstacles. Dans les 20 régions couvertes par les projets en cours, les opérations de certification peuvent être financées par l’État et ses partenaires, réduisant ainsi la charge supportée par les bénéficiaires. Les délais de traitement auraient également été ramenés à moins de six mois dans les zones concernées.

    Cette accélération repose notamment sur les programmes conduits par l’Agence Foncière Rurale (AFOR). Le Programme de renforcement de la sécurisation foncière rurale (PRESFOR), déployé sur la période 2024-2029, prévoit déjà de sécuriser 5 millions d’hectares et de délivrer 500 000 certificats fonciers.

    Pour les producteurs agricoles, la certification apporte d’abord une reconnaissance formelle des droits fonciers. Elle permet de clarifier les limites des parcelles, d’identifier les détenteurs de droits et de réduire les incertitudes susceptibles d’alimenter les conflits. Dans les zones de forte pression agricole, où coexistent exploitations familiales, plantations commerciales et droits coutumiers, cette clarification revêt une importance particulière.

    Les implications économiques sont également importantes. Un producteur qui dispose de droits mieux établis peut envisager plus sereinement des investissements de long terme, notamment dans les cultures pérennes, l’irrigation ou l’amélioration des sols. La formalisation facilite aussi la conclusion de contrats fonciers et peut renforcer la sécurité des relations entre propriétaires coutumiers et exploitants.

    La question est particulièrement sensible dans les filières du cacao, du café, de l’hévéa et du palmier à huile, où les investissements s’inscrivent sur plusieurs années.

    Avec 9 millions d’hectares à sécuriser et 1,5 million de certificats visés, la Côte d’Ivoire cherche à faire passer la certification foncière d’une démarche encore relativement limitée à un dispositif de grande ampleur. La progression effective des superficies délimitées et des certificats délivrés permettra de mesurer la traduction de cette ambition sur le terrain.

  • Le Ghana vise l’autosuffisance en riz dès 2028

    Le Ghana vise l’autosuffisance en riz dès 2028

    Le Ghana produit davantage de riz, mais près d’un grain sur deux consommé dans le pays vient encore de l’étranger. Le gouvernement veut faire disparaître cet écart en deux ans et fixe désormais un objectif de 3,31 millions de tonnes de paddy en 2028.

    Le défi est conséquent. La production de riz blanchi est passée d’environ 650 000 tonnes à 900 000 tonnes en 2024, puis à 960 000 tonnes en 2025. Malgré cette progression, la production locale ne couvre actuellement qu’environ 56 % des besoins.

    Les importations fournissent les 44 % restants et coûtent chaque année entre 320 et 500 millions de dollars au pays.

    Accra ne prévoit pourtant pas de fermer brutalement ses frontières au riz étranger. La stratégie annoncée consiste plutôt à utiliser progressivement les importations comme levier pour développer la production nationale.

    Les quotas accordés aux importateurs devront être liés à des investissements locaux, avec l’obligation d’établir des partenariats vérifiables avec des producteurs ghanéens pour obtenir des permis d’importation.

    Cette politique doit s’appuyer sur le programme Feed Ghana et sur le projet régional REWARD consacré au développement de chaînes de valeur rizicoles résilientes en Afrique de l’Ouest.

    Le Ghana bénéficie pour ce dernier d’une subvention de 18,8 millions de dollars de la Banque africaine de développement.

    Une partie des investissements sera concentrée dans la zone écologique des savanes du nord, l’un des principaux bassins rizicoles du pays. Le projet prévoit d’aménager 3 200 hectares et de toucher plus de 20 000 petits producteurs.

    L’intervention ne se limitera pas à augmenter les surfaces. Des semences améliorées, des repiqueuses, des semoirs, des pulvérisateurs et des mini-moissonneuses-batteuses doivent également être mis à disposition.

    Le rendement constitue l’un des principaux leviers de la stratégie. Sur les exploitations accompagnées par REWARD, l’objectif est de passer de 3,5 à 4,5 tonnes par hectare. À l’échelle du programme Feed Ghana, les projections gouvernementales sont encore plus ambitieuses et tablent sur un rendement moyen national pouvant atteindre 4,8 tonnes par hectare en 2028.

    Produire davantage ne suffira toutefois pas si le riz ne peut pas être correctement transformé et écoulé. Dix centres de transformation doivent être équipés, notamment avec du matériel d’étuvage. Des solutions de stockage hermétique sont également prévues pour limiter les pertes après récolte.

    Le gouvernement cherche parallèlement à sécuriser une partie des débouchés. Le riz produit dans le cadre du programme doit notamment approvisionner les écoles, les prisons et d’autres institutions publiques. Cette demande institutionnelle pourrait offrir aux producteurs et transformateurs locaux des marchés plus prévisibles à mesure que les volumes augmentent.

    Un autre financement viendra compléter le dispositif. Le Japon apporte 394 millions de yens, soit environ 2,5 millions de dollars, pour renforcer les capacités de production de semences de riz. Des moissonneuses-batteuses, équipements de nettoyage des semences et autres matériels doivent arriver au Ghana à partir de novembre.

    Le calendrier est désormais serré. Le projet REWARD doit être officiellement lancé au début du mois de novembre, avant la campagne agricole 2027. Pour atteindre l’autosuffisance en 2028, le Ghana devra simultanément augmenter les rendements, étendre les surfaces, moderniser la transformation et convertir une partie des centaines de millions de dollars aujourd’hui consacrés aux importations en débouchés pour sa propre filière rizicole.

  • L’Union africaine veut créer une banque continentale de semences

    L’Union africaine veut créer une banque continentale de semences

    Des milliers de variétés agricoles sont cultivées à travers l’Afrique, mais leur conservation reste largement dispersée entre banques de gènes nationales, centres de recherche et collections locales. Face à l’érosion progressive de cette diversité, l’Union africaine veut désormais organiser leur préservation à l’échelle du continent.

    L’institution propose la création d’une Banque africaine continentale des semences et des ressources génétiques. Présentée lors du premier Africa Seed Summit, organisé du 5 au 7 octobre à Ezulwini, en Eswatini, l’initiative serait reliée aux banques régionales et nationales déjà existantes plutôt que de se substituer à elles.

    L’idée est de constituer progressivement un réseau capable de conserver et documenter les ressources génétiques agricoles africaines, depuis les variétés locales jusqu’aux cultures indigènes et aux espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées. Derrière cet objectif de conservation se joue aussi une question très concrète : disposer du matériel génétique nécessaire pour sélectionner les cultures de demain.

    La future banque pourrait faciliter l’accès des chercheurs à ces ressources et soutenir le développement de variétés plus résistantes aux stress climatiques, aux maladies et aux ravageurs. Les instituts de recherche, universités, organisations agricoles et entreprises semencières feraient partie de l’écosystème appelé à utiliser ou alimenter ce réseau.

    Le projet touche ainsi à l’un des maillons les plus stratégiques de l’agriculture : la semence. Les performances d’une exploitation commencent en partie par la qualité et l’adaptation du matériel végétal disponible. Pourtant, les systèmes semenciers africains restent fragmentés, avec des capacités de recherche, de certification et de distribution très différentes d’un pays à l’autre.

    Le sommet d’Ezulwini cherche justement à rapprocher ces différents niveaux. Gouvernements, chercheurs, organisations de producteurs, entreprises et partenaires au développement y travaillent notamment sur l’harmonisation des réglementations, l’investissement dans le secteur semencier, l’accès des agriculteurs aux semences de qualité et l’utilisation de nouvelles technologies.

    Cette volonté de mieux mesurer les performances du secteur doit également se traduire par le lancement du Seed Sector Performance Index 2025. L’outil doit permettre de comparer les progrès réalisés dans les systèmes semenciers et d’identifier plus précisément les obstacles rencontrés dans les différents pays.

    La proposition doit maintenant trouver sa place dans la Déclaration d’Ezulwini sur les systèmes semenciers africains, attendue à l’issue du sommet. Son inscription dans un cadre continental constituerait une première étape vers une gestion plus coordonnée d’une ressource que l’Afrique possède en abondance, mais dont une partie peut disparaître avant même d’avoir révélé son potentiel agricole.

  • La Tanzanie et les Émirats arabes unis lancent un corridor agricole intégré

    La Tanzanie et les Émirats arabes unis lancent un corridor agricole intégré

    La Tanzanie et les Émirats arabes unis veulent connecter plus directement la production agricole tanzanienne aux marchés du Golfe. Lancée le 7 octobre à Abu Dhabi, la Tanzania-UAE Green Silk Road Initiative doit réunir au sein d’un même corridor production, transformation, stockage, logistique, commerce et accès au marché.

    Le projet associe Abu Dhabi National Investment and Development (ADID), la Tanzania Mercantile Exchange (TMX) et des partenaires tanzaniens. Il a été présenté lors du Global Food Security Summit 2026 comme un modèle permettant de rapprocher les capacités agricoles tanzaniennes des besoins d’approvisionnement des Émirats.

    L’intérêt du dispositif réside surtout dans cette intégration. La Tanzanie exporte déjà vers le marché émirati plusieurs produits agricoles, notamment du riz, du sésame, des légumineuses, des clous de girofle ainsi que des fruits et légumes. Mais l’accès à ces débouchés dépend autant de la production que de la capacité à trier, conditionner, conserver et acheminer régulièrement les produits.

    Certaines filières montrent déjà l’importance du marché du Golfe. Sur la période 2020-2022, les Émirats arabes unis absorbaient par exemple environ 3 % des exportations tanzaniennes de pois d’Angole, derrière l’Inde qui concentrait l’essentiel des volumes. Pour plusieurs cultures dites indigènes, dont le baobab, le tamarin et le moringa, les Émirats représentaient environ 13 % des débouchés extérieurs recensés, ce qui en faisait l’un des principaux marchés.

    Le corridor cherche précisément à dépasser cette logique de flux ponctuels. En reliant production agricole, transformation et infrastructures post-récolte à un débouché identifié, ses promoteurs veulent réduire les ruptures entre producteurs, opérateurs logistiques et acheteurs internationaux.

    Cette approche peut être particulièrement importante pour les produits frais. L’exportation de fruits et légumes vers le Golfe exige une chaîne du froid, des capacités de conditionnement et une logistique suffisamment régulière pour préserver la qualité des produits jusqu’au marché final. Pour les céréales, légumineuses et oléagineux, les enjeux portent davantage sur les volumes, le stockage, la standardisation et la régularité des approvisionnements.

    La Tanzania Mercantile Exchange apporte au dispositif une infrastructure déjà utilisée pour organiser le commerce de plusieurs productions agricoles. Pour la campagne 2026/2027, elle encadre notamment les échanges de légumineuses et de sésame, tandis que la noix de cajou fait également partie des filières couvertes par ses mécanismes de commercialisation.

    Le lancement à Abu Dhabi reste néanmoins une première étape. Les détails sur le montant global d’investissement, les volume d’exportation cible et les filières qui bénéficieront prioritairement des investissements dans la transformation, le stockage et la logistique seront précisés ultérieurement.

  • L’Ouganda accélère son plan d’irrigation face à la sécheresse

    L’Ouganda accélère son plan d’irrigation face à la sécheresse

    L’Ouganda veut accélérer le développement de l’irrigation pour limiter les pertes agricoles provoquées par la sécheresse. Le président Yoweri Museveni a demandé au gouvernement de finaliser un plan de déploiement massif des infrastructures permettant d’acheminer l’eau jusqu’aux exploitations.

    La décision intervient alors que les effets du déficit pluviométrique commencent à se faire sentir sur la campagne agricole. Plusieurs producteurs signalent une mauvaise germination des cultures et des pertes de récoltes. Les autorités redoutent également des conséquences sur l’élevage si les conditions actuelles persistent.

    Le gouvernement prévoit de construire son intervention à partir des besoins de chaque territoire. Le ministère de l’Agriculture, de l’Industrie animale et de la Pêche a convié les responsables politiques et techniques des districts à deux jours de consultations à partir du 7 octobre. L’objectif est de cartographier la disponibilité de l’eau, les caractéristiques des terrains et les productions à irriguer en priorité dans chaque district et sous-région.

    Les premières orientations montrent que le programme devrait couvrir plusieurs segments de l’agriculture. Les cultures contribuant à la sécurité alimentaire seront ciblées, mais aussi celles qui génèrent des revenus pour les producteurs. Le café et le cacao sont notamment cités. Le maïs et les pâturages sont également concernés pour sécuriser l’alimentation animale, tandis que la pisciculture doit faire partie du dispositif.

    L’objectif est surtout de changer d’échelle. L’Ouganda dispose déjà d’un programme de micro-irrigation qui permet à l’État de prendre en charge entre 25 % et 75 % du coût des équipements, dans la limite de 7,2 millions de shillings ougandais par acre. L’aide est plafonnée à 2,5 acres, soit environ un hectare par exploitation, ce qui destine principalement le mécanisme aux petits producteurs.

    La demande montre toutefois les limites d’une intervention encore relativement restreinte. Quelque 27 000 manifestations d’intérêt ont été enregistrées dans le cadre du programme, tandis que 8 000 petits producteurs répartis dans 40 districts doivent pouvoir bénéficier des subventions. À ce stade, environ 400 agriculteurs ont effectivement été équipés et 112 sites de démonstration ont été réalisés.

    Le plan demandé par le président Museveni doit donc compléter cette approche individuelle par une intervention beaucoup plus large. L’objectif national est de porter les terres irriguées à 1,5 million d’hectares d’ici 2040, afin de réduire la dépendance de l’agriculture aux précipitations et de permettre une production plus régulière pendant les saisons sèches.

  • Le Bénin mobilise 9,8 milliards de FCFA pour renforcer ses filières agricoles

    Le Bénin mobilise 9,8 milliards de FCFA pour renforcer ses filières agricoles

    Le Bénin va consacrer près de 9,8 milliards de FCFA à plusieurs filières agricoles dans le cadre de nouveaux financements conclus avec l’Agence Française de Développement. L’effort porte principalement sur la pisciculture, mais prévoit également des investissements dans l’aviculture, la cuniculture et les productions végétales riches en protéines et en huiles.

    La plus importante enveloppe atteint 6,6 milliards de FCFA, soit environ 10 millions d’euros. Elle sera mobilisée pour développer la pisciculture dans dix communes de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga. Banikoara, Gogounou, Kandi, Kérou, Kouandé, Péhunco, Bassila, Copargo, Djougou et Ouaké figurent parmi les territoires concernés.

    L’intervention doit couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production d’alevins jusqu’à la commercialisation du poisson. Le gouvernement veut notamment augmenter la production nationale tout en améliorant la qualité des produits disponibles sur le marché.

    La pisciculture constitue un enjeu important dans un pays où la demande en produits halieutiques reste élevée. Le développement du secteur se heurte encore à plusieurs contraintes, notamment l’accès à des alevins performants, le coût de l’alimentation et les capacités limitées de certaines exploitations. Ces difficultés réduisent la rentabilité d’une partie des fermes piscicoles et freinent l’expansion de la production locale.

    Un financement complémentaire d’environ 3,3 milliards de FCFA, correspondant à 5 millions d’euros, accompagnera les investissements productifs dans quatre autres filières. Seize communes du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou doivent bénéficier de cette seconde enveloppe.

    Cette diversification permettra d’agir simultanément sur plusieurs productions alimentaires. L’aviculture et la cuniculture peuvent contribuer à renforcer l’offre locale en protéines animales, tandis que les filières protéagineuses et oléagineuses présentent un intérêt à la fois pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale et la transformation agroalimentaire.

    Les conventions ont été conclues à Paris le 5 octobre dans le cadre de la visite du président Romuald Wadagni en France. Leur mise en œuvre sera désormais déterminante pour transformer les financements mobilisés en capacités de production supplémentaires dans les communes ciblées.

  • La Côte d’Ivoire mise sur l’IA pour mieux suivre ses terres

    La Côte d’Ivoire mise sur l’IA pour mieux suivre ses terres

    La Côte d’Ivoire veut renforcer sa capacité à observer l’évolution de ses terres et de ses écosystèmes grâce aux données satellitaires et à l’intelligence artificielle. Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique a signé un accord-cadre de 24 mois avec l’entreprise technologique ivoirienne TerraKora AI pour développer de nouveaux outils nationaux de mesure et de suivi environnemental.

    Le dispositif doit combiner observation de la Terre, analyse géospatiale, intelligence artificielle et données collectées sur le terrain. L’objectif est de produire des informations plus régulières sur l’occupation des sols, l’évolution du couvert végétal et les changements observés dans les espaces naturels et agricoles.

    L’accord prévoit également le développement d’outils numériques de mesure, rapportage et vérification. Cette approche doit notamment améliorer l’estimation des stocks de carbone et permettre de mesurer plus précisément les effets des programmes de restauration des terres ou de séquestration du carbone.

    L’intérêt pour le secteur agricole est important. Une meilleure connaissance des parcelles et de leur environnement peut renforcer progressivement la traçabilité des chaînes de valeur et documenter les pratiques agroforestières. Le cacao est particulièrement concerné, mais les mêmes outils peuvent intéresser à terme d’autres grandes filières ivoiriennes comme le café, l’anacarde ou l’hévéa.

    Le calendrier européen renforce cette dimension. À compter du 30 décembre 2026, les grands et moyens opérateurs concernés par le règlement européen contre la déforestation devront notamment être en mesure de démontrer que les produits mis sur le marché européen répondent aux exigences de non-déforestation. Pour le cacao ivoirien, la qualité des données géographiques et environnementales devient donc un enjeu commercial autant qu’environnemental.

    Le partenariat doit aussi contribuer à construire une infrastructure nationale de données environnementales et à renforcer les capacités locales en matière de technologies géospatiales. La Côte d’Ivoire cherche parallèlement à développer un marché carbone reposant sur des données suffisamment robustes pour mesurer et vérifier les réductions d’émissions.

    L’accord reste toutefois un cadre de coopération. Son impact dépendra désormais du déploiement effectif des outils, de leur intégration aux systèmes publics existants et de leur capacité à produire des données utilisables par les acteurs des filières agricoles.

  • L’Angola accélère le financement de son usine d’engrais de Soyo

    L’Angola accélère le financement de son usine d’engrais de Soyo

    L’Angola franchit une nouvelle étape dans le développement de son futur complexe d’engrais de Soyo. Afreximbank prévoit de finaliser d’ici la fin octobre un financement d’environ 1,3 milliard de dollars destiné au projet Amufert, dont la construction est déjà engagée dans la province du Zaïre.

    Le calendrier a été annoncé le 3 octobre par le président d’Afreximbank, George Elombi, après une rencontre avec le président angolais João Lourenço en marge du Forum Afrique-El Alamein en Égypte. La banque panafricaine accompagne le projet depuis 2024 et intervient comme arrangeur principal de son financement.

    Amufert doit transformer le gaz naturel angolais en ammoniac et en urée. Le complexe est conçu pour produire 2 300 tonnes d’ammoniac et 4 000 tonnes d’urée par jour, soit environ 1,3 million de tonnes d’urée par an à pleine capacité. L’investissement global est désormais estimé à environ 2,6 milliards de dollars.

    Le projet a déjà quitté la phase préparatoire. À fin juillet, environ 477 millions de dollars avaient été décaissés. Les travaux de préparation du terrain, les fondations et plusieurs infrastructures de support ont été réalisés, tandis que les premiers équipements industriels ont commencé à arriver sur le site. La fabrication des équipements critiques destinés aux unités de production est également avancée.

    Pour l’Angola, l’enjeu dépasse la construction d’une nouvelle unité industrielle. Le pays importe encore plus de 300 000 tonnes d’urée par an pour répondre à ses besoins. Avec une capacité largement supérieure à cette demande, l’usine pourrait couvrir le marché intérieur et dégager un excédent destiné aux exportations régionales.

    Le projet doit aussi renforcer la valorisation locale du gaz naturel et réduire les sorties de devises liées aux importations d’engrais. Son implantation à Soyo offre un accès au gaz, à l’énergie et aux infrastructures portuaires. Un convoyeur d’environ huit kilomètres doit notamment relier le complexe au port pour faciliter l’expédition de la production.

    La finalisation du financement constitue désormais l’une des étapes décisives pour sécuriser la poursuite du chantier.

  • L’Inde enquête sur 381 000 tonnes de soja attribuées au Niger

    L’Inde enquête sur 381 000 tonnes de soja attribuées au Niger

    Un flux commercial inhabituel entre l’Afrique de l’Ouest et l’Inde suscite désormais l’attention des douanes indiennes. Les autorités enquêtent sur près de 381 000 tonnes de soja enregistrées comme provenant du Niger au cours des sept premiers mois de 2026, alors que le pays dispose d’une capacité de production extrêmement faible pour cette culture.

    Les chiffres donnent la mesure de l’anomalie. L’Inde a importé 909 606 tonnes de soja entre janvier et juillet 2026, contre seulement 1 996 tonnes sur la même période un an plus tôt.

    Sur ce total, 380 868 tonnes ont été déclarées comme originaires du Niger, qui est ainsi devenu sur le papier le premier fournisseur du marché indien.

    Cette progression est d’autant plus surprenante que les volumes de soja produits au Niger sont sans commune mesure avec les quantités expédiées. Les estimations utilisées dans la filière situent la production nationale à moins de 100 tonnes par an.

    À l’inverse, le Nigeria voisin dispose d’une industrie du soja beaucoup plus développée et figure parmi les principaux producteurs africains.

    Les douanes indiennes cherchent désormais à déterminer si une partie des cargaisons n’aurait pas été produite au Nigeria avant d’être déclarée comme nigérienne. L’enjeu est principalement douanier.

    Le Niger bénéficie d’un accès préférentiel au marché indien en raison de son statut de pays parmi les moins avancés. Les importations répondant aux critères d’origine peuvent ainsi entrer sans droits de douane.

    Si les cargaisons concernées sont finalement considérées comme provenant d’un pays non éligible à ce régime, les importateurs pourraient devoir acquitter un droit pouvant atteindre 45 pour cent. Les autorités demandent donc des documents supplémentaires permettant de retracer l’origine des graines et leur parcours jusqu’aux ports d’expédition.

    L’enquête produit déjà des effets sur le commerce. Plusieurs acheteurs indiens ont suspendu leurs achats de soja déclaré comme provenant du Niger, tandis que les cargaisons déjà en transit pourraient faire l’objet de contrôles supplémentaires.

    L’affaire dépasse cependant la seule question tarifaire. Elle met en évidence l’importance croissante de la traçabilité et de la certification d’origine pour les exportateurs agricoles ouest-africains.

    Pour le Nigeria, dont la production de soja est appelée à progresser et qui cherche à développer ses débouchés extérieurs, la capacité à garantir l’origine des marchandises pourrait devenir un élément déterminant pour accéder durablement aux grands marchés internationaux.