Étiquette : agriculture

  • Burkina Faso – ITFC : un milliard de dollars pour le commerce et le secteur privé

    Burkina Faso – ITFC : un milliard de dollars pour le commerce et le secteur privé

    Le Burkina Faso renforce son partenariat financier avec le monde arabe et islamique. Le pays et la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) ont signé, vendredi 19 juin, un accord-cadre d’un milliard de dollars, en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque islamique de développement (BID). Cette signature porte désormais à 3,4 milliards de dollars le portefeuille global de l’institution en faveur de Ouagadougou, une enveloppe principalement orientée vers l’agriculture et l’énergie.

    Concrètement, ce nouveau financement doit soutenir le commerce extérieur burkinabè à travers l’importation de produits énergétiques, d’intrants agricoles, de denrées alimentaires essentielles et de produits pharmaceutiques. Il vise également à dynamiser les exportations agricoles du pays, avec un accent particulier mis sur le coton et l’anacarde, deux filières stratégiques pour l’économie nationale. Le secteur privé n’est pas en reste, puisque l’accord prévoit des lignes de crédit dédiées aux banques locales afin de faciliter l’accès au financement pour les entreprises, notamment les PME.

    Selon le ministère de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, cette signature illustre la qualité des relations de coopération entre Ouagadougou et le Groupe BID, tout en traduisant la volonté commune de stimuler les échanges commerciaux et les flux d’investissement avec les pays arabes et africains. L’accord s’inscrit dans la mise en œuvre du programme national RELANCE 2026-2030, cadre de référence des politiques économiques et sociales du pays.

    Ce partenariat fait suite à un précédent accord de 900 millions d’euros signé avec l’ITFC en mai 2023, dont environ 94 % des fonds ont déjà été engagés. Il intervient dans un contexte commercial plutôt favorable pour le Burkina Faso, qui a enregistré au quatrième trimestre 2025 un excédent commercial de 928,4 milliards FCFA, porté notamment par l’or, l’huile de karité, la noix de cajou et la mangue, même si le sésame et le coton à l’export ont reculé sur la période.

    L’accès au financement reste toutefois un défi pour les PME, qui représentent près de 85 % du tissu économique national. La crise sécuritaire pèse sur la confiance des banques et complique l’octroi de crédits dans les zones les plus touchées, une situation qui a conduit la BCEAO à assouplir sa politique monétaire dès mars 2026. Dans ce contexte régional marqué par des tensions sécuritaires persistantes au Sahel, ce type de partenariat financier structurant pourrait constituer un levier important pour soutenir la résilience économique des pays de l’espace UEMOA.

  • En Afrique du Sud, un premier trimestre 2026 record pour le commerce agricole

    En Afrique du Sud, un premier trimestre 2026 record pour le commerce agricole

    En Afrique du Sud, le secteur agricole a le vent en poupe. Entre janvier et mars, l’excédent de la balance commerciale agricole a atteint 1,55 milliard de dollars, en hausse de 16,1% sur un an et un nouveau record, selon un rapport du syndicat agricole AgriSA publié le 8 juin. Ce résultat exceptionnel s’explique surtout par la baisse des dépenses d’importation plutôt que par une forte accélération des ventes à l’étranger, les exportations restant quasi stables à 3,30 milliards de dollars tandis que les importations ont reculé de 10,6% sous l’effet de la baisse des prix de l’huile de palme, du riz, du poisson congelé et du café.

    L’horticulture a continué de porter l’ensemble du commerce agricole sud-africain, représentant 55% des exportations du pays sur la période, sa plus forte contribution sur un premier trimestre. Portées par les raisins, les fruits à pépins, les fruits à noyau et le vin, les ventes horticoles ont généré 1,82 milliard de dollars. Selon AgriSA, le surplus net de ce sous-secteur, estimé à 1,66 milliard de dollars, dépasse désormais l’excédent agricole national total, ce qui illustre son rôle déterminant dans le maintien d’un solde commercial positif pour l’agriculture du pays.

    La situation a été plus contrastée pour d’autres filières. Les produits animaux ont vu leurs ventes chuter de 12,9% à 322 millions de dollars en raison de fermetures de marchés liées à la fièvre aphteuse, tandis que la valeur des ventes de maïs a reculé de 22,4% à 194 millions de dollars malgré une hausse de 17,8% des volumes exportés, conséquence directe de la baisse des prix mondiaux. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont restés les deux principaux marchés du pays, absorbant ensemble 978 millions de dollars de produits agricoles, suivis du Zimbabwe, de la Namibie, du Mozambique et du Botswana.

    Ces résultats prolongent une dynamique déjà solide. En 2025, les exportations agricoles sud-africaines avaient atteint 15 milliards de dollars, marquant la septième année consécutive de progression. Le début de 2026 pourrait laisser entrevoir une nouvelle année favorable, à condition que le risque sanitaire lié à la fièvre aphteuse se stabilise, ce qui permettrait de relancer les exportations de bétail vers des marchés à forte valeur comme le Moyen-Orient et l’Asie, tandis que la performance horticole et une meilleure valorisation du maïs pourraient continuer de soutenir l’ensemble de la filière.

     

  • Nigeria : une task force pour réduire les rejets de produits agricoles à l’exportation

    Nigeria : une task force pour réduire les rejets de produits agricoles à l’exportation

    Face à la persistance des rejets de ses produits agricoles sur les marchés internationaux, le Nigeria tente une nouvelle réponse institutionnelle. Le gouvernement a inauguré le 15 juin à Abuja un groupe de travail technique réunissant administrations publiques, agences de régulation, instituts de recherche, universités, secteur privé et associations de producteurs, avec pour mission de proposer dans un délai de deux mois des solutions pour réduire les rejets liés au non-respect des limites de résidus et des normes sanitaires internationales.

    Le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Aliyu Sabi Abdullahi, a justifié cette initiative par des préoccupations croissantes concernant les résidus de pesticides, les contaminants et la sécurité alimentaire, qui exigent selon lui une réponse coordonnée et multisectorielle. Le secteur agricole contribue à hauteur de 25% au PIB nigérian et emploie environ 34% de la population, mais son potentiel à l’export reste freiné par ces difficultés de conformité.

    Le problème n’est pas nouveau. Une étude de l’Université d’Ibadan publiée en 2025 a recensé 322 notifications de rejet visant des cultures nigérianes entre 2012 et juin 2022 sur les principaux marchés européens, parmi lesquels le Royaume-Uni, la Pologne, la Belgique, l’Allemagne, la Grèce et les Pays-Bas. Les causes identifiées incluent la présence de salmonelles, de pesticides non autorisés comme le dichlorvos, ainsi que des aflatoxines, sans compter l’absence de certificats phytosanitaires en règle. Le sésame, la fleur d’hibiscus, l’arachide, les haricots, les graines de melon et le citron vert figurent parmi les produits les plus touchés. Selon l’Alliance pour l’action contre les pesticides au Nigeria, les seules pertes liées aux rejets d’exportations de haricots vers l’Union européenne sont estimées à près de 363 millions de dollars par an.

    Plusieurs mesures avaient déjà été engagées par le passé pour endiguer ce problème, dont un plan de contrôle pour les haricots secs lancé en 2018, de nouvelles directives d’exportation publiées en 2019, et un programme de l’OMC de 1,2 million de dollars en 2024 ciblant le sésame et le niébé. La persistance des rejets malgré ces dispositifs souligne la difficulté à assurer une conformité continue sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Reste à voir si cette nouvelle task force parviendra à instaurer une dynamique plus cohérente, capable de restaurer durablement la crédibilité des exportations agricoles nigérianes sur les marchés internationaux

  • Le Kenya érige l’assurance agricole en catégorie indépendante face aux risques climatiques

    Le Kenya érige l’assurance agricole en catégorie indépendante face aux risques climatiques

    Le gouvernement kényan a engagé une réforme de sa législation sur les assurances pour reconnaître l’assurance agricole comme une catégorie d’activité distincte. L’annonce a été faite par le secrétaire de cabinet au Trésor, John Mbadi, lors de la présentation devant le Parlement du projet de budget pour l’exercice 2026-2027, qui prévoit des dépenses record de 4 800 milliards de shillings kényans.

    Selon le ministre, le gouvernement a engagé des amendements à l’Insurance Act afin d’établir l’assurance agricole comme une catégorie autonome d’activité, ce qui doit renforcer le cadre réglementaire de gestion des risques agricoles et soutenir la sécurité alimentaire, l’inclusion financière et le développement agricole durable. Jusqu’à présent, les produits d’assurance agricole étaient logés dans la branche générale des assurances, aux côtés des couvertures automobile, immobilière ou santé, alors même que les risques propres à l’agriculture obéissent à une logique différente.

    Cette réforme intervient alors que la pénétration de l’assurance reste inférieure à 3% du PIB au Kenya, l’assurance agricole ne représentant qu’une fraction marginale des risques couverts, malgré le poids de l’agriculture dans l’économie nationale. Le secteur contribue directement à près d’un cinquième du PIB et fait vivre des millions de ménages, notamment à travers la petite exploitation familiale. Les épisodes climatiques se sont multipliés ces dernières années, entre cycles de sécheresse récurrents qui ont détruit cultures et bétail dans les zones arides et semi-arides, et inondations qui ont touché des exploitations dans les régions à fortes précipitations.

    Le pays avait déjà expérimenté des dispositifs d’assurance subventionnée pour les cultures et le bétail, ciblant les petits exploitants à travers des partenariats associant l’État, les assureurs et des agences de développement. La création d’une catégorie indépendante doit permettre d’aller plus loin en adaptant la régulation prudentielle, la tarification et les produits aux spécificités du risque agricole, plutôt que de les calquer sur les standards de l’assurance générale.

    Cette évolution réglementaire s’inscrit dans une tendance plus large sur le continent, où plusieurs marchés cherchent à structurer des cadres dédiés à l’assurance agricole pour mieux protéger les agriculteurs contre les chocs climatiques et attirer des capitaux privés vers un segment encore largement sous-pénétré

  • Après la Chine, le Ghana courtise les investisseurs thaïlandais pour son palmier à huile

    Après la Chine, le Ghana courtise les investisseurs thaïlandais pour son palmier à huile

    Le Ghana a engagé des discussions avec des opérateurs thaïlandais pour attirer de nouveaux investissements dans sa filière du palmier à huile, troisième secteur de production du pays en Afrique de l’Ouest derrière le Nigeria et la Côte d’Ivoire. La rencontre, tenue le 15 juin à Accra, a réuni John Dumelo, vice-ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, et une délégation thaïlandaise comprenant des représentants du ministère des Affaires étrangères ainsi que des entreprises et institutions financières du Royaume.

    Selon le communiqué officiel, les investisseurs thaïlandais ont manifesté un intérêt marqué pour le secteur ghanéen de l’huile de palme, explorant les possibilités d’établir des plantations et des unités de transformation pour répondre à la demande croissante de l’industrie. Le ministère ghanéen s’est engagé à faciliter l’accès aux terres agricoles dans les régions de l’Oti, de l’Ashanti et de l’Ahafo, identifiées comme zones à fort potentiel pour la culture du palmier. Aucun accord n’a toutefois été conclu à ce stade.

    Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’un appel similaire lancé en mars dernier par le ministre de l’Agriculture, Eric Opoku, à destination d’opérateurs chinois. Elle traduit la volonté du gouvernement ghanéen d’atteindre l’autosuffisance en huile de palme, objectif réaffirmé en 2025 à travers une politique de développement intégré de la filière pour la période 2026-2032, appuyée par un mécanisme de financement de 500 millions de dollars. Ce dispositif doit offrir des prêts à long terme, un moratoire de cinq ans sur le remboursement et des taux d’intérêt concessionnels, tout en finançant jusqu’à 70% des coûts des projets industriels liés à la filière. Le programme prévoit aussi l’aménagement de 100 000 hectares de nouvelles plantations.

    L’intérêt porté à la Thaïlande s’explique également par des considérations technologiques. Troisième producteur mondial d’huile de palme derrière l’Indonésie et la Malaisie, le pays affiche une production annuelle proche de 3,8 millions de tonnes et s’impose comme le troisième exportateur mondial, avec une maîtrise intégrée de la production, de la transformation et de la distribution.

    Pour le Ghana, ces discussions pourraient ouvrir la voie à des partenariats combinant investissements directs et transfert de technologies, dans une logique de structuration progressive de l’industrie locale de l’huile de palme, alors que plusieurs pays ouest-africains cherchent simultanément à réduire leur dépendance aux importations de cette matière première stratégique pour leurs marchés intérieurs.

  • La Côte d’Ivoire et le Ghana élargissent l’Initiative Cacao à l’Afrique

    La Côte d’Ivoire et le Ghana élargissent l’Initiative Cacao à l’Afrique

    Le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen John Dramani Mahama ont co-présidé le 16 juin à Abidjan un Sommet de Haut niveau consacré à l’Initiative Cacao, huit ans après la Déclaration d’Abidjan de mars 2018 qui avait posé les bases de cette coopération bilatérale.

    Les deux pays concentrent à eux seuls plus de 60% de la production mondiale de cacao, une proportion qui grimpe à près de 80% à l’échelle du continent africain. Cette filière fait vivre plusieurs millions de personnes en zone rurale et constitue, selon le chef de l’État ivoirien, un enjeu de souveraineté économique et de stabilité sociale pour les deux nations.

    Le sommet a permis de dresser le bilan de l’Initiative, notamment l’instauration du Différentiel de Revenu Décent (DRD), qui a démontré l’efficacité d’une action concertée sur les cours mondiaux. Des défis structurels demeurent cependant, parmi lesquels la volatilité persistante des prix, le vieillissement des vergers, les maladies du cacaoyer, la pression foncière liée à l’orpaillage illégal et les nouvelles exigences internationales de traçabilité et de durabilité.

    Le président Mahama a salué la réussite du partenariat et plaidé pour une logique de coopération plutôt que de compétition entre les deux pays. Il a appelé la Côte d’Ivoire à poursuivre ses investissements productifs et s’est positionné en faveur d’une extension de l’alliance à d’autres producteurs africains, tout en réaffirmant le rôle de porte-flambeau du bloc ivoiro-ghanéen.

    Les travaux se sont conclus par l’adoption d’une déclaration conjointe, lue par le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné. Les deux États s’engagent à harmoniser leurs politiques de prix d’achat bord champ et à renforcer leur coopération scientifique.

    Cette extension annoncée de l’Initiative Cacao à d’autres pays africains marque une étape dans la structuration du pouvoir de négociation des producteurs du continent face aux acteurs internationaux du marché du chocolat. Elle illustre aussi une tendance plus large à la coordination régionale des filières stratégiques, alors que les producteurs ouest-africains cherchent à mieux capter la valeur ajoutée d’une chaîne mondiale longtemps dominée par les transformateurs et négociants situés hors du continent.

  • La Fondation SEPHIS et Mastercard lancent un programme de 3 milliards FCFA pour les femmes de l’agro-transformation

    La Fondation SEPHIS et Mastercard lancent un programme de 3 milliards FCFA pour les femmes de l’agro-transformation

    La Fondation SEPHIS et la Fondation Mastercard ont officiellement lancé le 11 juin à Abidjan le programme African Women of the Future in Agriculture (AWF AGRI), une initiative dotée de plus de 3 milliards de FCFA destinée à accélérer l’autonomisation économique des femmes entrepreneures de la transformation agroalimentaire en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

    La cérémonie, organisée à l’hôtel Pullman d’Abidjan, a réuni représentants du gouvernement ivoirien, institutions financières, partenaires techniques et femmes entrepreneures engagées dans les chaînes de valeur agricoles. Un panel consacré à l’innovation, à la mécanisation et à l’accès aux marchés a complété l’événement, marqué également par la signature de plusieurs conventions stratégiques.

    Le programme ambitionne d’accompagner 1 000 PME dirigées par des femmes d’ici 2028, en s’appuyant sur quatre piliers que sont le renforcement des capacités entrepreneuriales, l’accès à des unités de transformation semi-industrielles, l’accès aux marchés et l’accès au financement. Pour la Côte d’Ivoire, ce sont 550 jeunes femmes entrepreneures qui devraient être accompagnées, avec le financement de 220 projets, des audits de conformité et des assistances techniques spécialisées.

    L’enjeu dépasse le seul accompagnement d’entreprises individuelles. Les femmes représentent près de 60% de la main-d’œuvre agricole en Afrique subsaharienne, mais restent confrontées à des obstacles structurels en matière d’accès au financement, aux équipements modernes et aux marchés organisés. AWF AGRI entend faire évoluer ce rapport en aidant les bénéficiaires à passer du statut de productrices à celui de transformatrices, distributrices et créatrices de marques compétitives à l’échelle régionale et internationale.

    Le programme table sur la création ou l’amélioration de plus de 12 000 emplois en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Il s’inscrit dans la continuité de l’action de la Fondation SEPHIS, qui a déjà accompagné plus de 5 000 PME féminines sur le continent et mobilisé plus de 16 milliards de FCFA ces trois dernières années à travers ses partenariats avec institutions financières, gouvernements et bailleurs de développement.

    Au-delà de l’Afrique de l’Ouest, l’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration des chaînes de valeur agroalimentaires africaines, où l’inclusion des femmes entrepreneures devient progressivement un axe central des stratégies de transformation portées par les bailleurs internationaux et les fondations privées.

  • L’Afrique du Sud et Italie signent une nouvelle feuille de route agricole lors d’un forum inaugural au Cap

    L’Afrique du Sud et Italie signent une nouvelle feuille de route agricole lors d’un forum inaugural au Cap

    L’Afrique du Sud et l’Italie ont franchi un cap dans leur coopération agroalimentaire à l’occasion du premier South Africa-Italy Agribusiness Forum, tenu les 9 et 10 juin 2026 au Cap sous le thème « From the Soil to the Shelf ». L’événement a réuni responsables politiques, industriels et chercheurs des deux pays pour identifier des opportunités concrètes d’investissement, d’échange technologique et d’accès aux marchés.

    Le ministre sud-africain de l’Agriculture John Steenhuisen a positionné ce partenariat comme une nouvelle phase dans les relations bilatérales, allant au-delà du commerce traditionnel pour cibler la transformation, l’innovation et la création d’emplois. Les échanges agricoles entre les deux pays dépassent déjà 650 millions de rands annuels, avec une balance commerciale favorable à Pretoria et des exportations horticoles estimées à environ 190 millions de rands.

    Le forum a débouché sur la conclusion d’un accord technique ouvrant le marché sud-africain aux raisins de table italiens, saluée par le ministre italien de l’Agriculture Francesco Lollobrigida comme une avancée majeure pour la filière fruits et légumes italienne.

    Un mémorandum d’entente (MoU) doit également être signé pour encadrer une coopération à long terme couvrant la mécanisation, l’agriculture numérique, la transformation agroalimentaire, le transfert de technologie, le développement semencier et la santé des plantes et des animaux. Un groupe de travail conjoint sera chargé de traduire ces engagements en projets mesurables.

  • Madagascar : des organisations paysannes dénoncent l’opacité des négociations sur l’Accord de partenariat économique avec l’UE

    Madagascar : des organisations paysannes dénoncent l’opacité des négociations sur l’Accord de partenariat économique avec l’UE

    À Madagascar, neuf organisations paysannes et de la société civile ont tiré la sonnette d’alarme sur les conditions dans lesquelles se déroulent les négociations d’un Accord de partenariat économique (APE) entre la Grande Île et l’Union européenne. Dans une lettre conjointe adressée mardi 9 juin à l’ambassadeur européen et au ministre malgache de l’Agriculture, elles dénoncent l’absence totale de consultation des principaux concernés alors que le seizième et dernier round de négociations serait sur le point d’être conclu.

    Le cœur des inquiétudes porte sur un chapitre spécifique de l’accord relatif aux semences, dont le contenu n’a pas été rendu public. Les organisations redoutent que Madagascar s’engage sur la convention UPOV 91, un cadre international qui renforce les droits de propriété intellectuelle sur les semences et limite fortement la possibilité pour les paysans de conserver et de ressemer librement leurs graines — une pratique vitale pour la souveraineté alimentaire de la Grande Île.

    Pour Zo Randriamaro, porte-parole du collectif, la responsabilité première incombe aux autorités malgaches, tenues d’être redevables envers leur population sur des engagements aussi lourds de conséquences. Le collectif exige que le libellé du chapitre sur les semences soit rendu public avant toute signature. L’ambassade européenne et le ministère malgache n’avaient pas répondu aux sollicitations au moment des premières publications.

    Cet épisode rappelle les tensions récurrentes autour des APE sur le continent africain, où la question de la souveraineté alimentaire et du droit des paysans à leurs semences constitue un point de friction structurel avec les normes commerciales européennes.

  • Maroc : l’agriculture tire la croissance vers le haut en 2025

    Maroc : l’agriculture tire la croissance vers le haut en 2025

    L’économie marocaine a affiché une croissance de 4,9 % en 2025, en progression par rapport aux 4,4 % enregistrés en 2024, selon les comptes nationaux publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Derrière cette accélération, deux moteurs principaux se distinguent : le dynamisme de la demande intérieure, dans un contexte d’inflation maîtrisée, et un rebond marqué du secteur agricole après les années de sécheresse qui avaient pesé sur les performances économiques du Royaume.

    Le rebond agricole constitue l’un des faits saillants de cette performance. Après plusieurs campagnes déficitaires liées au stress hydrique, les précipitations plus favorables de la saison 2024-2025 ont permis une reprise significative de la production céréalière et des cultures de rente. Ce retournement illustre une réalité structurelle marocaine bien connue : l’agriculture représente entre 12 et 15 % du PIB national selon les années, avec un effet démultiplicateur important sur la consommation rurale et l’activité des industries agroalimentaires.

    La demande intérieure a également joué son rôle de soutien. La maîtrise de l’inflation — tirée notamment par la normalisation des prix des matières premières — a préservé le pouvoir d’achat des ménages et soutenu la consommation privée, tandis que l’investissement public continuait d’irriguer les grands chantiers d’infrastructure du pays, dont la préparation de la Coupe du monde 2030 constitue un accélérateur notable.

    Ce résultat intervient dans un contexte régional où la croissance économique reste inégale. Plusieurs économies africaines font face à des pressions budgétaires et à une dépréciation monétaire qui pèsent sur la demande intérieure. Le Maroc, grâce à la diversification de son économie et à une politique agricole volontariste — notamment à travers les investissements du Plan Maroc Vert et de sa nouvelle génération Génération Green — confirme sa capacité à transformer un rebond climatique en levier de croissance durable. La question qui se posera pour les prochaines campagnes sera celle de la résilience du modèle face au retour possible des épisodes de sécheresse, dans un contexte de stress hydrique structurel au Maghreb.