Étiquette : agriculture

  • Afrique du Sud : La récolte de blé tombe à son plus bas niveau depuis huit ans

    Afrique du Sud : La récolte de blé tombe à son plus bas niveau depuis huit ans

    L’Afrique du Sud devrait accroître ses achats de blé sur le marché international au cours de la campagne 2026-2027, après une nouvelle dégradation de ses perspectives de récolte. Les dernières estimations disponibles tablent sur une production nationale de 1,81 million de tonnes, soit un repli d’environ 5 pour cent sur un an.

    Ce niveau marquerait le plus faible volume enregistré depuis huit ans et confirme les fragilités persistantes d’une filière déjà sous pression.

    La baisse attendue s’explique d’abord par un recul des superficies emblavées. Les surfaces consacrées au blé sont désormais estimées à 487 500 hectares, contre 517 300 hectares un an plus tôt. À cette contraction s’ajoute une situation climatique moins favorable dans certaines zones clés, en particulier dans le Cap-Occidental, où des conditions sèches ont pesé sur le potentiel de rendement au cours des derniers mois.

    Le Cap-Occidental reste de loin le principal bassin de production du pays. Il devrait fournir près de la moitié de la récolte nationale avec 874 500 tonnes attendues. Le Free State apporte un soutien partiel à la campagne en cours avec une production estimée à 300 800 tonnes, en hausse par rapport à l’an dernier, mais cette amélioration ne suffit pas à compenser les pertes observées ailleurs. Le Northern Cape devrait pour sa part produire 288 000 tonnes.

    Dans ce contexte, les besoins d’importation pourraient atteindre environ 2 millions de tonnes sur la nouvelle campagne commerciale, qui a débuté en octobre. L’an dernier, le pays avait déjà dû recourir massivement au marché extérieur pour compléter son approvisionnement. Cette dépendance n’est pas nouvelle, mais elle devrait encore se renforcer si les prochaines révisions de récolte ne montrent pas d’amélioration significative.

    Le contraste avec les autres cultures d’hiver est d’ailleurs frappant. Les perspectives globales de la campagne hivernale sud-africaine apparaissent plutôt positives grâce à la bonne tenue du canola, de l’orge et de l’avoine. Le canola, notamment, s’oriente vers un nouveau record. Mais cette dynamique ne change pas la réalité du blé, qui reste une culture stratégique pour la sécurité d’approvisionnement du pays.

    Pour les acteurs de la filière, il faudra sécuriser les volumes nécessaires à l’importation tout en surveillant l’évolution des prix internationaux, dans un environnement où les tensions logistiques et géopolitiques peuvent rapidement se répercuter sur le coût du blé et de ses dérivés.

  • L’Égypte cherche son blé hors de la mer Noire

    L’Égypte cherche son blé hors de la mer Noire

    L’Égypte se tourne vers la France et d’autres fournisseurs européens pour ses achats de blé, alors que les perturbations en mer Noire compliquent les expéditions russes et ukrainiennes. Ses importations se sont établies à 143 870 tonnes durant la première moitié de septembre, contre 876 139 tonnes sur la même période un an auparavant.

    Les attaques contre les navires et les infrastructures ont conduit les acheteurs à rechercher d’autres origines. Cette réorientation intervient alors que les perspectives de récolte nationale étaient favorables. Dans son bulletin du 30 juin, la FAO estimait la production égyptienne de blé à environ 10 millions de tonnes en 2026, soit près de 7 % au-dessus de la moyenne. L’organisation expliquait cette progression attendue par l’augmentation des superficies semées et les mesures de soutien public.

    Les prix d’achat annoncés par l’État avant les semis, puis relevés, avaient encouragé la production et la collecte. La distribution de semences certifiées et d’engrais subventionnés avait également soutenu les exploitants. Malgré cela, la FAO évaluait encore les besoins d’importation à 13,5 millions de tonnes pour la campagne 2026-2027.

    Les importateurs doivent donc sécuriser des volumes extérieurs importants, même avec une récolte locale attendue en hausse, en tenant compte du coût du fret et des délais de livraison. Pour les meuniers, qui approvisionnent le marché intérieur et exportent de la farine vers des pays voisins, ces écarts se répercutent sur le coût du grain rendu à l’usine.

  • Ecobank vise 600 millions de dollars de crédits agricoles

    Ecobank vise 600 millions de dollars de crédits agricoles

    Ecobank vise 600 millions de dollars d’encours de prêts aux PME agricoles d’ici 2030. Le groupe bancaire a présenté cet objectif le 24 septembre à Lomé, dans le cadre d’un engagement global de 2,6 milliards de dollars. Les 2 milliards restants concernent les entreprises dirigées par des femmes, à travers le programme Ellevate.

    Pour l’agriculture, le groupe cible les producteurs, mais aussi les agrégateurs, les transformateurs, les entreprises logistiques, les négociants et les exportateurs.

    Ecobank prévoit de mobiliser des garanties et des mécanismes de partage du risque pour accompagner ces financements. La banque compte également utiliser ses outils de paiement numérique et ses services de financement du commerce. Ces derniers concernent notamment les opérations réalisées entre fournisseurs, entreprises et clients, y compris dans les échanges internationaux.

    Le montant annoncé désigne le portefeuille de prêts que le groupe souhaite avoir en cours de remboursement à l’horizon 2030. Il ne s’agit donc pas de 600 millions de dollars immédiatement disponibles ou déjà décaissés. Les nouveaux crédits et les remboursements feront évoluer cet encours au fil des années.

    Il faut noter que les besoins diffèrent sensiblement d’un acteur à l’autre. En ciblant des entreprises tout au long des chaines de valeur, Ecobank élargit son ambition agricole au financement des transactions et des activités industrielles.

  • Simeon Ehui, de la recherche agricole à la transformation des systèmes alimentaires africains

    Simeon Ehui, de la recherche agricole à la transformation des systèmes alimentaires africains

    Économiste agricole ivoirien, Siméon Ehui consacre depuis plus de trente ans sa carrière à une question centrale : comment transformer les connaissances scientifiques en solutions capables d’améliorer durablement la vie des producteurs africains ?

    Titulaire d’un doctorat en économie agricole de l’Université Purdue, aux États-Unis, il débute son parcours dans la recherche au sein du CGIAR. Ses travaux portent notamment sur l’élevage, les systèmes de production mixtes, l’utilisation durable des terres et les conditions économiques nécessaires à l’adoption de nouvelles technologies par les agriculteurs.

    Cette première partie de sa carrière lui permet de mieux comprendre un problème récurrent de l’agriculture africaine : de nombreuses innovations existent, mais elles restent souvent éloignées des exploitations, faute de financement, d’accompagnement technique, d’infrastructures et de politiques publiques adaptées.

    En rejoignant le Groupe de la Banque mondiale en 2003, Siméon Ehui passe de la recherche à la conception et au pilotage de programmes de développement agricole. Il occupe plusieurs fonctions de responsabilité en Afrique et en Asie avant de devenir directeur de la Pratique mondiale Agriculture et alimentation, puis directeur régional du développement durable pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

    À travers ces responsabilités, il contribue à orienter des investissements en faveur de la productivité agricole, de l’accès aux marchés, de l’irrigation, de l’agriculture intelligente face au climat et du développement des chaînes de valeur.

    Siméon Ehui défend aussi l’utilisation du numérique pour rendre l’agriculture plus productive et plus accessible. Selon lui, les outils digitaux peuvent permettre aux producteurs de mieux connaître leurs sols, de gérer plus précisément l’eau et les engrais, d’accéder aux informations climatiques et de vendre directement leurs produits sur de nouveaux marchés.

    Depuis août 2023, il est directeur général de l’International Institute of Tropical Agriculture (IITA), l’un des principaux centres de recherche agricole présents en Afrique. Il exerce également la responsabilité de directeur régional pour l’Afrique au sein du CGIAR.

    Son parcours se distingue ainsi par sa capacité à relier trois domaines importants du monde agricole : la recherche scientifique, les politiques publiques et les réalités quotidiennes des producteurs.

    Pour Siméon Ehui, le défi n’est plus seulement de produire de nouvelles connaissances. Il est surtout de faire sortir les innovations des laboratoires, de les déployer à grande échelle et de les rendre accessibles aux agriculteurs africains.

    Un engagement qui place la science, l’innovation et l’investissement au cœur de la transformation agricole du continent.

  • Alahassane Diakite et Fousseni Diakite : deux champions locaux au service du cacao ivoirien

    Alahassane Diakite et Fousseni Diakite : deux champions locaux au service du cacao ivoirien

    Originaires de Divo, nés dans les années 1990 et issus d’une famille de planteurs, Alahassane et Fousseny Diakité grandissent au contact direct de la cacaoculture.

    Avant de devenir industriels, les frères Diakité font leurs armes dans les métiers de base de la filière. Alahassane commence comme pisteur, c’est-à-dire collecteur de cacao auprès des planteurs, puis devient convoyeur de camions vers le port. Il occupe ensuite un poste de commercial à ICOWA en 2013, avant d’être nommé administrateur de coopérative en 2014. La même année, il cofonde avec des partenaires la société ECAMOI, spécialisée dans l’exportation de café et de cacao.

    Avec Fousseni, il franchit ensuite une étape décisive : passer de l’exportation à la transformation locale. Les deux frères, souvent surnommés les « Jumeaux Suprêmes », s’imposent progressivement comme un tandem dans la filière café-cacao.

    En 2016, les frères Diakité lancent Diakité Cocoa Products, une entreprise spécialisée dans la transformation des sous-grades de cacao en produits semi-finis, notamment le beurre de cacao, la poudre et la liqueur de cacao, destinés aux secteurs cosmétique, pharmaceutique et vétérinaire.

    Le 2 août 2025 marque un tournant majeur avec l’inauguration, à Divo, de La Maison du Cacao / Cacao S.A., un complexe industriel porté par les deux frères. L’usine représente un investissement annoncé de plus de 32 milliards FCFA, est bâtie sur un site de deux hectares et dispose d’une capacité de transformation de 36 000 tonnes de cacao par an, avec un objectif de 80 000 tonnes à l’horizon 2028. Elle comprend plusieurs lignes de production : pâte de cacao, beurre de cacao, raffinage du beurre, chocolaterie et café moulu. À terme, le projet devrait générer un chiffre d’affaires annuel prévisionnel de 147 milliards FCFA et créer 1 117 emplois, notamment au profit des jeunes.

    Les frères Diakité sont également associés à la marque DIAKING CHOCOLAT, pensée pour porter des produits chocolatiers ivoiriens sur les marchés local et international. Ils promeuvent aussi le Forum National du Jeune Cacaoculteur, qui rassemble plus de 3 000 jeunes producteurs et acteurs de la filière autour des enjeux de la chaîne de valeur cacao.

    Leur engagement ne se limite pas à l’industrie. À travers la Fondation Diakité Cocoa, ils mènent également des actions sociales à Divo. Lors de l’inauguration de l’usine, la fondation a notamment posé des actes de solidarité, avec le don d’une ambulance médicalisée au Conseil régional et d’un camion de collecte d’ordures à la mairie de Divo.

    À travers leur parcours, Alahassane et Fousseni Diakité s’imposent comme de véritables champions nationaux locaux, qui travaillent à retenir davantage de valeur là où le cacao est produit.

  • Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    La Côte d’Ivoire entend donner un nouveau souffle à ses filières stratégiques du palmier à huile et du cocotier, afin d’en faire de véritables leviers de croissance économique, de création d’emplois et de transformation industrielle. À travers une ambitieuse feuille de route, les autorités misent sur une amélioration durable de la productivité, un meilleur accès au financement pour les producteurs et le développement de la transformation locale.

    Pour la filière palmier à huile, le gouvernement prépare une stratégie d’envergure dont l’investissement global est estimé à 1 077 milliards de FCFA sur plusieurs années. L’objectif est de renforcer la compétitivité de cette culture de rente, qui constitue déjà l’une des principales filières agricoles du pays, tout en augmentant la valeur ajoutée créée localement.

    Cette vision repose sur plusieurs axes prioritaires. Il s’agit notamment d’améliorer les rendements des plantations grâce au renouvellement des vergers vieillissants et à l’introduction de matériels végétaux plus performants, de faciliter l’accès des producteurs à des mécanismes de financement adaptés et d’accélérer la transformation industrielle de l’huile de palme afin de limiter les exportations de matières premières brutes au profit de produits à plus forte valeur ajoutée. La stratégie prévoit également un renforcement des pratiques de durabilité, de traçabilité et de gouvernance de la filière, désormais indispensables pour répondre aux exigences des marchés internationaux.

    Deuxième producteur africain et septième mondial d’huile de palme brute, la Côte d’Ivoire dispose d’importants atouts avec près de 350 000 hectares de plantations, plus de 220 000 emplois générés et environ 45 000 exploitants impliqués dans la filière. Toutefois, celle-ci reste confrontée à plusieurs défis, notamment la faible productivité des plantations villageoises, le vieillissement des vergers, les difficultés d’accès au crédit et la concurrence croissante sur le marché mondial.

    Parallèlement, les pouvoirs publics préparent un vaste plan de relance de la filière coco. L’ambition est de redynamiser cette culture en modernisant les plantations, en améliorant la qualité des productions et en développant davantage les activités de transformation locale, afin d’accroître les revenus des producteurs et les recettes d’exportation.

    Cette approche traduit la volonté des autorités de diversifier les moteurs de croissance agricole du pays. Après les performances enregistrées dans les filières du cacao, de l’hévéa ou encore de l’anacarde, le gouvernement souhaite désormais faire du palmier à huile et du cocotier des piliers majeurs de l’industrialisation agricole, capables de générer davantage de richesse sur le territoire national.

    En misant simultanément sur la modernisation des exploitations, le financement des producteurs, la transformation industrielle et la durabilité, la Côte d’Ivoire entend renforcer la résilience de son agriculture tout en consolidant sa position parmi les grandes puissances agricoles du continent africain.

    Thom Biakpa

  • Données agricoles et décision publique : le pari stratégique du Maroc

    Données agricoles et décision publique : le pari stratégique du Maroc

    Bank Al-Maghrib et le ministère marocain de l’Agriculture ont signé, le 13 juillet 2026, une convention destinée à organiser l’échange de données, d’informations et d’expertises. Le partenariat couvre l’agriculture, la pêche maritime ainsi que les eaux et forêts. Il prévoit un accès réciproque aux statistiques, études et prévisions produites par les deux institutions, mais aussi la réalisation de recherches conjointes et la formation de leurs équipes. L’accord a été conclu par Abdellatif Jouahri, wali de la banque centrale, et Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts.

    Ce rapprochement répond à un enjeu majeur pour l’économie marocaine. Les variations de la production agricole ne concernent pas seulement les revenus des exploitants. Elles influencent également la croissance, l’emploi rural, les importations alimentaires et l’évolution des prix.

    En 2025, l’économie marocaine a progressé de 4,9 %, tandis que les activités agricoles ont enregistré une hausse de 8,2 %, selon le Haut-Commissariat au Plan. En mai 2026, la baisse mensuelle de 2,1 % des prix alimentaires a également contribué au recul de l’indice général des prix. Ces évolutions montrent pourquoi la banque centrale a besoin d’informations agricoles plus rapides et plus précises pour établir ses prévisions d’inflation et apprécier les risques pesant sur l’activité.

    Le potentiel de cette coopération réside surtout dans la capacité à croiser des données jusqu’ici produites selon des logiques institutionnelles différentes. Les informations sur les superficies cultivées, les récoltes, les ressources hydriques, les cheptels ou les prix agricoles pourraient être rapprochées des données sur le crédit, les importations, l’inflation et la consommation.

    Une telle lecture permettrait de mieux anticiper les déficits de production, d’ajuster les importations, de cibler les soutiens publics et d’orienter le financement vers les filières ou les territoires les plus exposés. Elle pourrait aussi favoriser le développement de l’assurance agricole et de mécanismes de crédit mieux adaptés aux cycles de production. L’enjeu n’est donc pas uniquement de produire davantage de statistiques, mais de transformer des informations dispersées en outils d’anticipation et d’arbitrage.

    L’initiative marocaine peut enfin inspirer d’autres pays africains confrontés à des données agricoles réparties entre ministères, instituts statistiques, banques centrales, services météorologiques et organismes de marché. La FAO considère que des systèmes statistiques solides sont indispensables pour concevoir, suivre et évaluer les politiques agricoles. L’initiative internationale 50×2030 accompagne d’ailleurs plusieurs pays d’Afrique subsaharienne et d’Afrique du Nord dans la production de données agricoles plus régulières et plus fiables.

    Dans des économies où les prix alimentaires occupent une place importante dans les dépenses des ménages, mieux connaître l’état des récoltes revient aussi à mieux prévoir l’inflation, les besoins d’importation et les priorités d’investissement. Le modèle marocain ouvre ainsi la voie à une collaboration plus étroite entre administrations agricoles et autorités monétaires sur le continent.

  • Côte d’Ivoire : La réforme des prix ouvre une nouvelle ère pour la filière hévéa

    Côte d’Ivoire : La réforme des prix ouvre une nouvelle ère pour la filière hévéa

    La campagne hévéicole 2026 a été lancée le vendredi 19 juin à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. La cérémonie, placée sous le parrainage du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a réuni près de 2 000 producteurs, usiniers, acheteurs et responsables de sociétés coopératives venus de tout le pays.

    Cette nouvelle saison débute avec une réforme très attendue du mécanisme de fixation du prix d’achat du caoutchouc humide. Celle-ci s’accompagne de trois changements concrets. D’abord, la décote de 2 FCFA par kilogramme est définitivement supprimée. Ensuite, la part du prix de référence net versée au producteur passe de 63 % à 66 %. Enfin, les primes versées par les usiniers pour attirer la production sont plafonnées à 10 FCFA par kilogramme. Cette mesure doit mettre fin à la surenchère qui s’était transformée, ces derniers mois, en véritable guerre des prix entre transformateurs et menaçait la viabilité des plus petites unités industrielles.

    Le ministre a également annoncé le déploiement, dès juin, d’équipes de supervision du Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco sur tout le territoire. Elles devront expliquer la nouvelle clé de répartition dans chaque coopérative et sanctionner les acteurs qui ne respecteraient pas les règles, notamment la marge maximale de 20 FCFA accordée aux intermédiaires.

    La filière fait vivre plus de 1,2 million de personnes. Elle compte environ 170 000 producteurs et plus de 140 000 saigneurs et a redistribué plus de 700 milliards de FCFA aux planteurs en 2025.

    Restée jusque-là largement centrée sur l’exportation de matière première brute et sur la transformation primaire, la filière hévéa affiche désormais l’ambition de fabriquer des pneus sur le sol ivoirien. En stabilisant les règles de prix, l’État espère rassurer les investisseurs et capter une part plus importante de la valeur générée par le premier producteur africain de caoutchouc naturel.

  • Maurice : Un plan triennal de 2,19 millions de dollars par an pour les filières sucrière et théière

    Maurice : Un plan triennal de 2,19 millions de dollars par an pour les filières sucrière et théière

    Maurice mise sur ses petits planteurs pour relancer une filière sucrière en difficulté. Lors de la présentation du budget 2026-2027 au Parlement, le 19 juin, le Premier ministre Navin Ramgoolam a annoncé un investissement annuel de 100 millions de roupies, soit environ 2,19 millions de dollars. Cette enveloppe sera mobilisée pendant trois ans pour réhabiliter 500 hectares de terres appartenant à de petits et moyens producteurs de canne à sucre.

    Le gouvernement veut porter la production nationale à 250 000 tonnes de sucre d’ici 2030. Cette ambition intervient après plusieurs années de recul des surfaces cultivées et de pression sur les revenus agricoles, dans une île où le sucre a longtemps constitué un pilier de l’économie.

    La filière théière bénéficie elle aussi d’un soutien renforcé dans ce budget. Une subvention couvrira 50 % des coûts de replantation pour les petits producteurs, dans la limite de 25 000 roupies par arpent. Le gouvernement estime que ce dispositif pourrait accroître la production de thé de 50 % d’ici 2029. Il espère ainsi redonner un nouvel élan à une culture qui a progressivement perdu du terrain au profit d’autres usages agricoles. Ces mesures s’accompagnent de l’annonce d’un Forest Bill. Le texte doit promouvoir l’agroforesterie et renforcer la résilience des forêts face aux aléas climatiques. Un centre de ressources sera également créé pour les chercheurs et les agriculteurs. Il devra appuyer la production d’aliments sains pour le marché local et contribuer à la sécurité alimentaire du pays.

    Ces annonces n’ont toutefois pas convaincu tous les acteurs du secteur. Certains syndicalistes estiment en effet que le gouvernement gagnerait davantage à créer des entreprises spécialisées dans la transformation et la conservation des produits mauriciens, plutôt qu’à se concentrer uniquement sur la réhabilitation des surfaces cultivées. Ce débat révèle une tension plus large pour les économies insulaires, qui doivent préserver des filières d’exportation historiques, comme le sucre et le thé, tout en renforçant leur souveraineté alimentaire face aux chocs climatiques et aux fluctuations des marchés mondiaux.

  • Sénégal : une nouvelle usine textile turque pour valoriser le coton local

    Sénégal : une nouvelle usine textile turque pour valoriser le coton local

    Le Sénégal mise sur l’industrialisation textile pour transformer localement sa production cotonnière. Le président Bassirou Diomaye Faye a inauguré, samedi 20 juin, une usine de confection de vêtements pour hommes et femmes dans la zone industrielle de Diamniadio, près de Dakar. Portée par le groupe d’investissement turc AVCI Global Industrie, l’unité représente un investissement estimé à 6 milliards de francs CFA, soit environ 10,45 millions de dollars.

    D’après les informations relayées par la Radiotélévision sénégalaise, l’usine dispose d’une capacité de production d’environ 1 200 pièces par jour et devrait générer près de 200 emplois directs. Sa mise en service fait suite à un accord tripartite signé en février 2025 entre le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (APROSI) et AVCI Global Industrie, dont l’objectif est de développer des unités dédiées à la transformation du coton brut sénégalais en produits à plus forte valeur ajoutée.

    Cet investissement répond à un enjeu structurel pour la filière cotonnière nationale. La quasi-totalité de la fibre produite est aujourd’hui exportée à l’état brut, faute d’unités de transformation suffisantes. Dans son dernier rapport sur le coton en Afrique de l’Ouest, publié en avril, le Département américain de l’Agriculture (USDA) prévoit une production sénégalaise de 55 000 balles, soit près de 12 500 tonnes, pour la campagne 2026/2027, dont seulement 3,6 % seraient transformées localement.

    L’usine de Diamniadio s’inscrit également dans la volonté de Dakar de réduire sa dépendance aux importations de textiles finis. Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le Sénégal a importé pour près de 19,45 milliards de francs CFA de vêtements et accessoires en 2024, soit environ 34 millions de dollars. À l’inverse, les exportations sénégalaises dans ce secteur n’ont généré que 1,62 milliard de francs CFA sur la même période.

    Au-delà du marché intérieur, l’usine pourrait aussi desservir les pays voisins d’Afrique de l’Ouest, où la demande en vêtements reste soutenue. Dans la dynamique du programme national de transformation « Sénégal 2050 », l’industrialisation du textile apparaît comme un levier de diversification économique pour l’ensemble de la sous-région ouest-africaine, où plusieurs pays producteurs de coton cherchent eux aussi à structurer une chaîne de valeur locale plutôt que de continuer à exporter la fibre brute.