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  • Zambie : United Capital Fertilizer lance l’extension de son complexe industriel pour 1,6 milliard de dollars

    Zambie : United Capital Fertilizer lance l’extension de son complexe industriel pour 1,6 milliard de dollars

    La Zambie a engagé la deuxième phase d’extension du complexe de production d’engrais de United Capital Fertilizer (UCF), à Chilanga, près de Lusaka. Évalué à 1,6 milliard de dollars, le projet doit renforcer les capacités nationales de fabrication d’engrais azotés et développer les exportations vers les marchés agricoles d’Afrique australe.

    Porté par United Capital Fertilizer, filiale du groupe chinois Wonderful Group, le programme prévoit de nouvelles capacités annuelles de 520 000 tonnes d’urée et de 400 000 tonnes de nitrate d’ammonium. Le complexe intégrera également une unité de production de 540 000 tonnes d’ammoniac, matière première essentielle à la fabrication des engrais azotés, ainsi qu’une installation produisant 50 000 tonnes de dioxyde de carbone de qualité alimentaire.

    Cette extension prolonge un investissement industriel engagé depuis plusieurs années. En octobre 2025, UCF avait inauguré une première usine d’urée, dans le cadre d’un programme de 641 millions de dollars comprenant les infrastructures énergétiques associées. Un contrat de 1,4 milliard de dollars avait également été signé avec China Wuhuan Engineering Corporation pour préparer la deuxième phase. Le lancement d’octobre 2026 marque donc une nouvelle étape dans la réalisation du projet, dont l’estimation financière a été portée à 1,6 milliard de dollars.

    Pour la Zambie, l’enjeu est de réduire sa dépendance aux importations d’engrais tout en développant une activité industrielle tournée vers les marchés régionaux. L’amélioration de l’approvisionnement en intrants constitue notamment un levier pour la production céréalière, alors que le gouvernement ambitionne de porter à terme la production nationale de maïs à dix millions de tonnes par an. Les nouvelles capacités pourraient également renforcer les exportations zambiennes vers les pays voisins, où la disponibilité et le coût des engrais demeurent des contraintes importantes pour les producteurs.

    La réalisation du complexe dépendra toutefois de la fiabilité des approvisionnements énergétiques et de la maîtrise des impacts environnementaux de cette industrie. Une consultation organisée en septembre dans le cadre de l’étude d’impact environnemental et social a notamment porté sur les émissions industrielles et leurs conséquences pour les communautés voisines.

  • Cameroun : le pacte AgriConnect vise près de 1 120 milliards FCFA d’investissements

    Cameroun : le pacte AgriConnect vise près de 1 120 milliards FCFA d’investissements

    Le Cameroun a officiellement adopté, le 21 octobre 2026 à Yaoundé, son pacte national AgriConnect, un cadre d’investissement et de réformes destiné à transformer huit chaînes de valeur agroalimentaires prioritaires. Soutenue par la Banque mondiale et plusieurs partenaires au développement, cette feuille de route identifie des besoins de financement estimés à 1 119,9 milliards de FCFA, soit environ 1,9 milliard de dollars, pour la période 2026-2030.

    Le pacte cible le maïs, le riz, le manioc, le cacao, le soja, l’huile de palme, le lait ainsi que la pêche et l’aquaculture. Il prévoit notamment de développer les infrastructures d’irrigation, de stockage et de transformation, d’améliorer l’accès aux semences et aux équipements agricoles et de faciliter les investissements privés. Le gouvernement ambitionne ainsi de réduire d’environ 28 % la facture des importations alimentaires, tout en renforçant les capacités nationales de production.

    La stratégie répond à des enjeux économiques importants dans un pays où le secteur agroalimentaire représente environ 17 % du PIB et emploie 42 % de la population active, selon la Banque mondiale. Le pacte prévoit une contribution publique de 201,6 milliards de FCFA (environ 345 millions de dollars), les ressources complémentaires devant être recherchées auprès des institutions financières et des investisseurs privés.

    Le Cameroun rejoint ainsi l’initiative AgriConnect, lancée en 2025 par le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds international de développement agricole (FIDA). À la mi-octobre 2026, douze pays avaient déjà conclu des pactes nationaux, dont plus de la moitié en Afrique. Le Ghana avait notamment présenté une feuille de route évaluée à près de 2 050 milliards de FCFA, soit 3,5 milliards de dollars, tandis que le Nigeria ambitionne de mobiliser environ 2 925 milliards de FCFA, soit 5 milliards de dollars sur cinq ans.

    À l’échelle mondiale, AgriConnect vise à améliorer l’accès de 300 millions de petits producteurs aux marchés, aux services et aux financements agricoles d’ici 2030, dont 200 millions directement dans le cadre des interventions du Groupe de la Banque mondiale. L’institution s’est également engagée à porter ses financements annuels dans l’agriculture et l’agro-industrie à l’équivalent de 5 265 milliards de FCFA, soit 9 milliards de dollars.

    Au Cameroun, la mise en œuvre sera coordonnée par un comité interministériel et des groupes techniques chargés des réformes, des infrastructures et du financement. Leur principal défi sera de transformer les priorités du pacte en projets bancables et en investissements effectifs, particulièrement dans les filières où les besoins de transformation et de financement restent élevés.

  • Afrique de l’Est : Ground Up Investing mobilise 6 millions de dollars pour financer les PME agricoles

    Afrique de l’Est : Ground Up Investing mobilise 6 millions de dollars pour financer les PME agricoles

    Ground Up Investing, la plateforme d’investissement à impact de Corus International, a annoncé une première levée de 6 millions de dollars pour son deuxième fonds dédié au financement des entreprises agricoles. Doté d’un objectif final de 20 millions de dollars, ce véhicule ciblera notamment les PME agroalimentaires du Kenya, de l’Ouganda et du Rwanda, avec l’ambition de renforcer leurs capacités d’approvisionnement auprès des petits producteurs.

    Le fonds intervient sur un segment du marché financier difficile à couvrir. De nombreuses entreprises agricoles disposent d’activités commerciales établies, mais peinent à financer leurs achats de récoltes, leurs stocks ou leur développement commercial. Leurs besoins, généralement compris entre 250 000 et 1 000 000 de dollars, dépassent souvent les plafonds de la microfinance sans atteindre les montants recherchés par les grands investisseurs institutionnels.

    Ground Up Investing propose ainsi des crédits de trésorerie d’une durée de deux ans, principalement destinés aux entreprises qui achètent directement les productions des petits exploitants. Ces financements doivent leur permettre de régler leurs fournisseurs, de constituer des stocks et de gérer les variations saisonnières d’activité. Outre l’Afrique de l’Est, le fonds interviendra en Colombie, au Pérou et en Équateur. Les 6 millions de dollars mobilisés concernent donc l’ensemble de ce périmètre géographique.

    Le dispositif s’appuie sur l’expérience d’un premier fonds lancé en 2017. Celui-ci a investi 5 millions de dollars dans 15 entreprises agricoles qui, selon Ground Up Investing, ont depuis versé plus de 50 millions de dollars aux producteurs et contribué à la création de plus de 800 emplois. En Ouganda, l’entreprise caféière Mountain Harvest, soutenue par le fonds, s’approvisionne notamment auprès de plus de 3 000 familles de producteurs et leur verse une prime annoncée de 30 %.

    Ces résultats illustrent l’intérêt de financer les entreprises situées entre les exploitations et les marchés. Leur capacité d’achat peut bénéficier à un nombre de producteurs bien supérieur à celui des entreprises directement financées. Ground Up Investing ambitionne ainsi de générer 200 millions de dollars de revenus agricoles supplémentaires grâce à son deuxième fonds, un objectif qui dépendra notamment de la mobilisation des 14 millions de dollars restant à lever.

  • Ouganda : la sécheresse aurait détruit 98 % des cultures dans le Karamoja

    Ouganda : la sécheresse aurait détruit 98 % des cultures dans le Karamoja

    Dans le nord-est de l’Ouganda, la sous-région du Karamoja traverse une crise agricole majeure après cinq mois de sécheresse qui auraient entraîné la destruction de près de 98 % des cultures, selon les estimations des autorités agricoles locales. Cette situation intervient après l’échec de deux campagnes de semis successives et aggrave l’insécurité alimentaire dans une région où une grande partie des ménages dépend de l’agriculture pluviale et de l’élevage.

    Le déficit de précipitations, particulièrement marqué depuis la fin du mois de mai, a compromis les cultures de sorgho, de maïs, de haricots et d’autres productions vivrières. Dans le district de Kotido, les producteurs avaient procédé aux premiers semis en mars et avril, avant de voir leurs plants dépérir sous l’effet des interruptions de pluies. Une seconde tentative, après quelques précipitations enregistrées fin mai, s’est également soldée par un échec. La destruction généralisée des récoltes a privé de nombreuses familles de leurs principales réserves alimentaires et de revenus.

    Les conséquences économiques sont particulièrement lourdes pour des exploitations disposant de faibles capacités de résilience. Une évaluation réalisée en mai par les services agricoles de Kotido chiffrait déjà les pertes de cultures à 56 milliards de shillings ougandais. La sécheresse prolongée a depuis accentué la dégradation des conditions de subsistance. Selon les autorités locales, seuls 35 % des habitants du district possèdent encore du bétail, les troupeaux ayant été fragilisés au fil des années par l’insécurité et les vols d’animaux. Cette situation limite les possibilités de compenser les pertes agricoles par la vente de bétail ou de produits animaux.

    La crise alimentaire prend également une dimension humanitaire. Au moins 19 décès attribués à la faim ont été signalés dans cinq sous-comtés de Kotido, tandis que des familles quittent le Karamoja pour rejoindre les régions voisines du Lango, du Teso et de l’Acholi. Une mission associant le Programme alimentaire mondial (PAM), la FAO et la représentation américaine s’est rendue dans le district le 20 octobre pour évaluer les besoins et les interventions en cours.

    Les difficultés actuelles prolongent une situation de vulnérabilité déjà identifiée par les organismes internationaux. Dans ses perspectives publiées en septembre, FEWS NET anticipait le maintien d’une insécurité alimentaire de niveau Crise (phase 3 de l’IPC) dans le Karamoja jusqu’en janvier 2027. L’analyse IPC sur la malnutrition classait également les districts de Kotido et de Kaabong en situation critique, avec des risques de détérioration supplémentaires liés aux pertes de récoltes.

    Face à la répétition des sécheresses, les organisations agricoles cherchent parallèlement à développer des instruments de protection des producteurs. Des mécanismes d’assurance agricole sont notamment promus par Sasakawa Africa Association, en partenariat avec le PAM. Leur adoption demeure cependant limitée au regard des besoins, tandis que la faiblesse des récoltes compromet déjà les capacités de financement de la prochaine campagne agricole.

  • Partheeban Theodore, 26 ans d’expérience dans l’agro-industrie africaine

    Partheeban Theodore, 26 ans d’expérience dans l’agro-industrie africaine

    Du négoce agricole à la direction régionale d’un groupe agro-industriel majeur, Partheeban Theodore a construit une carrière marquée par l’expérience du terrain, la transformation industrielle et la connaissance des marchés africains.

    Diplômé en management de l’Institute for Technology and Management de Chennai, en Inde, il débute sa carrière à 23 ans dans une jeune entreprise spécialisée dans le commerce du riz et des épices. En 2000, il rejoint Olam au Bénin, avant de s’installer en Côte d’Ivoire quatre ans plus tard.

    Au fil de ses responsabilités, il contribue notamment à la mise en place des activités de transformation de noix de cajou d’Olam en Côte d’Ivoire et s’implique dans les opérations cotonnières du groupe.

    Son expertise dépasse le cadre de l’entreprise. Membre du comité consultatif de l’Alliance africaine du cajou, il participe aux réflexions sur le développement de la transformation locale et l’accès des produits africains aux marchés internationaux.

    Dans ses interventions, il insiste sur une réalité souvent sous-estimée : disposer de matières premières abondantes ne suffit pas à développer une industrie compétitive. L’accès au financement, le coût des équipements, la qualification de la main-d’œuvre et l’environnement des affaires sont tout aussi déterminants.

    Aujourd’hui Président et Directeur régional d’Olam Agri, basé à Abidjan, il supervise les opérations du groupe en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Ghana, au Togo, au Tchad et au Cameroun.

    Son parcours a également été distingué par les autorités ivoiriennes : Chevalier de l’Ordre du Mérite agricole en 2017, puis Officier de l’Ordre du Mérite commercial et industriel en 2025.

    Pour ce dirigeant, qui accorde une importance particulière à la formation des talents et à l’apprentissage sur le terrain, l’Afrique demeure avant tout un continent d’opportunités, dont le potentiel économique mérite d’être développé par ceux qui y travaillent.

  • Côte d’Ivoire : la filière cacao veut changer d’échelle dans le financement de ses coopératives

    Côte d’Ivoire : la filière cacao veut changer d’échelle dans le financement de ses coopératives

    En Côte d’Ivoire, le Conseil du Café-Cacao et l’organisation IDH veulent franchir une nouvelle étape dans le financement des sociétés coopératives cacaoyères. Réunis le 20 octobre 2026 à Abidjan avec les banques, les exportateurs et les organisations de producteurs, les acteurs de la filière ont posé les bases d’une feuille de route commune destinée à faciliter l’accès au crédit et à généraliser les mécanismes de financement déjà expérimentés. L’ambition est de dépasser les initiatives isolées pour construire des solutions adaptées aux différentes catégories de coopératives.

    Cette démarche répond à un déséquilibre persistant dans l’organisation financière de la filière. Si les coopératives jouent un rôle essentiel dans la collecte et la commercialisation du cacao, elles disposent souvent de moyens limités pour préfinancer les achats de fèves, rémunérer leurs membres ou investir dans les infrastructures de stockage et de transport. À ces besoins s’ajoutent des exigences croissantes de traçabilité, de certification et de durabilité, qui nécessitent des investissements supplémentaires. Pourtant, l’insuffisance de garanties, la faiblesse des fonds propres et les lacunes dans la gestion financière continuent de limiter leur accès aux crédits bancaires.

    Pour lever ces obstacles, les partenaires envisagent notamment de développer les mécanismes de garantie, le crédit-bail et les financements associant coopératives, acheteurs et établissements bancaires. Ces dispositifs permettraient de mieux répartir les risques et d’adosser davantage les prêts aux relations commerciales existantes. Leur généralisation pourrait notamment réduire la dépendance des coopératives aux avances consenties par les acheteurs, tout en facilitant le financement d’investissements productifs au-delà des seules campagnes de commercialisation.

    La filière dispose déjà d’expériences sur lesquelles s’appuyer. Lancé en 2022 par IDH et le Conseil du Café-Cacao, le programme Cocoaperation a mobilisé plus de 20 milliards de FCFA, dont 5 milliards sous forme de prêts, au bénéfice d’un dispositif ayant touché environ 150 coopératives et près de 60 000 producteurs. En associant financement, accompagnement technique, accès aux intrants et renforcement des organisations, le programme a également obtenu des résultats encourageants sur les revenus agricoles. Une évaluation indépendante citée par IDH fait état d’une progression moyenne de 35,7 % du revenu net des ménages participants par rapport à leur situation initiale, une évolution à laquelle la hausse des prix du cacao a aussi contribué.

    L’enjeu de la nouvelle feuille de route est désormais de transformer ces expériences en mécanismes accessibles à un plus grand nombre d’organisations, y compris celles dont les capacités financières et administratives restent limitées. Cela suppose non seulement de mobiliser davantage de capitaux, mais aussi de renforcer la gouvernance des coopératives et leur capacité à présenter des projets finançables. Un dispositif de suivi associant les parties prenantes doit accompagner cette démarche, dont les modalités opérationnelles restent à préciser.

  • Maroc : 63 000 hectares de cultures sucrières programmés pour la campagne 2026-2027

    Maroc : 63 000 hectares de cultures sucrières programmés pour la campagne 2026-2027

    Au Maroc, l’amélioration des disponibilités en eau redonne des perspectives à la production sucrière nationale. Réunie le 14 octobre 2026 à Rabat, la Fédération interprofessionnelle marocaine du sucre (FIMASUCRE) a validé un programme de 63 000 hectares pour la campagne agricole 2026-2027, dont 60 000 hectares de betterave à sucre et 3 000 hectares de nouvelles plantations de canne. Les barrages alimentant les cinq principaux périmètres sucriers affichent désormais un taux de remplissage moyen de 67 %, contre 32 % à la même période de l’année précédente, soit un gain de 35 points.

    La répartition des superficies traduit le poids des grands bassins betteraviers du Royaume. Les Doukkala concentrent 18 500 hectares, suivis du Tadla avec 15 500 hectares et du Gharb avec 15 000 hectares. Les périmètres du Loukkos et de la Moulouya accueilleront respectivement 6 000 et 5 000 hectares. Pour la canne à sucre, les nouvelles plantations sont programmées dans le Gharb, à hauteur de 2 000 hectares, et dans le Loukkos, sur 1 000 hectares supplémentaires. Les premières opérations ont déjà débuté, avec le lancement des plantations de canne le 20 août et des semis de betterave le 15 septembre.

    L’interprofession estime que la réalisation de ce programme pourrait générer plus de 3 milliards de dirhams de retombées économiques dans les régions productrices. Pour accompagner les exploitants, l’État maintient notamment une aide de 70 dirhams par tonne de canne et de 80 dirhams par tonne de betterave. De son côté, COSUMAR a mobilisé près de 800 millions de dirhams pour l’approvisionnement des producteurs en semences, engrais et produits phytosanitaires, dans le cadre de son dispositif d’agrégation agricole. Plus de 120 conseillers agricoles sont également mobilisés pour l’accompagnement technique des exploitations.

    La campagne bénéficie par ailleurs d’un programme de mécanisation et de modernisation industrielle. COSUMAR a consacré 120 millions de dirhams au renouvellement et au renforcement du parc de matériel agricole, avec une attention particulière portée aux équipements de plantation de la canne et de désherbage de la betterave. Le groupe a également mobilisé près de 270 millions de dirhams pour la modernisation des usines. Ces efforts doivent accompagner l’évolution des pratiques culturales, notamment par le recours aux drones, aux techniques d’irrigation intelligente et à la plateforme numérique ATTAISSIR.

    L’amélioration de la situation hydrique intervient toutefois après une campagne marquée par des inondations dans le Gharb et le Loukkos. Les mesures de soutien aux producteurs sinistrés, comprenant notamment des subventions aux engrais et l’annulation de certaines dettes, représentent une enveloppe globale de 425 millions de dirhams, financée par l’État et COSUMAR. La nouvelle feuille de route de FIMASUCRE prévoit également de poursuivre les essais de betterave de printemps et les travaux de recherche visant à améliorer les rendements, dans le cadre du contrat-programme conclu entre l’État et la profession à l’horizon 2030.

  • Nigeria : l’État d’Imo lance les travaux préparatoires de sa zone agro-industrielle de 170 hectares

    Nigeria : l’État d’Imo lance les travaux préparatoires de sa zone agro-industrielle de 170 hectares

    Au Nigeria, le développement des zones spéciales de transformation agro-industrielle franchit une nouvelle étape dans le sud-est du pays. Le gouvernement de l’État d’Imo a officiellement remis à Craneburg Construction Company une emprise de 170 hectares située à Oloshi, dans la zone administrative d’Ohaji-Egbema, pour la réalisation d’un complexe agro-industriel. Cette remise de terrain marque le passage du projet à sa phase de préparation physique, après plusieurs mois de procédures de passation de marchés.

    Le futur complexe comprendra un pôle agro-industriel de 150 hectares et un centre de transformation agricole de 20 hectares. Le premier est destiné à accueillir les installations de transformation, de stockage et les services industriels mutualisés, tandis que le second doit faciliter la collecte et l’acheminement des matières premières agricoles. Le projet prévoit notamment des bâtiments administratifs, des laboratoires de contrôle qualité, des routes internes, des réseaux d’approvisionnement en eau et en électricité, des dispositifs de traitement des eaux usées et des infrastructures de gestion des déchets.

    L’État d’Imo a été retenu pour développer prioritairement les chaînes de valeur de la viande bovine et du lait. Cette spécialisation doit permettre de rapprocher les activités de production animale, de conservation et de transformation, tout en réduisant les contraintes logistiques qui pénalisent les opérateurs agroalimentaires. La localisation du complexe répond également à des considérations d’accessibilité, notamment sa proximité avec l’aéroport international de fret Sam Mbakwe et les ressources énergétiques régionales.

    Le projet s’inscrit dans la première phase du programme nigérian des zones spéciales de transformation agro-industrielle (SAPZ), dont le financement global annoncé avoisine 538 millions de dollars. Ce programme associe notamment la Banque Africaine de Développement (BAD), le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), la Banque Islamique de Développement (BID) et les autorités nigérianes. Il vise à développer des infrastructures industrielles au plus près des bassins de production afin de favoriser la transformation locale des produits agricoles et d’attirer les investisseurs privés.

    La gestion du futur complexe doit, à terme, être confiée au secteur privé, tandis que les pouvoirs publics assureront la mise à disposition des infrastructures structurantes.

  • Tanzanie : un pacte rizicole vise 1 milliard de dollars d’investissements d’ici 2030

    Tanzanie : un pacte rizicole vise 1 milliard de dollars d’investissements d’ici 2030

    La Tanzanie accélère la structuration de sa filière rizicole à travers un nouvel accord d’investissement signé les 15 et 16 octobre 2026 à Morogoro. Baptisé SAGCOT Corridor Rice Commodity Compact, ce pacte réunit les pouvoirs publics, les producteurs, les transformateurs, les banques et les partenaires au développement autour d’un objectif commun : porter la production annuelle de paddy du corridor agricole du sud de 950 000 à 2,1 millions de tonnes d’ici 2030, soit une progression de plus de 120 %.

    Le dispositif couvre 385 000 hectares répartis entre trois grands bassins de production : Mbarali, dans les régions de Mbeya et Songwe, Ihemi dans la région d’Iringa, et Kilombero dans celle de Morogoro. L’enveloppe visée d’un milliard de dollars doit permettre de développer l’irrigation, les systèmes semenciers, les infrastructures de stockage, la mécanisation et les capacités industrielles de transformation. L’accord prévoit notamment de structurer 30 projets d’investissement susceptibles d’obtenir un financement bancaire d’ici 2030.

    L’amélioration de la productivité constitue un autre axe majeur du pacte. Selon les données présentées lors de sa validation, plus de 60 % des riziculteurs utilisent encore des semences issues de leurs propres récoltes, tandis que les variétés améliorées ne représentent que 15 à 25 % des semences employées. Les partenaires entendent porter leur taux d’utilisation à 40 % d’ici 2030, notamment à travers la diffusion de variétés certifiées telles que SARO 5 et les lignées développées par le Tanzania Agricultural Research Institute (TARI). L’autorité de régulation des céréales, COPRA, envisage également de délimiter des zones de production spécialisées afin de mieux répondre aux exigences des marchés intérieurs et d’exportation.

    Sur le plan commercial, le pacte prévoit d’intégrer 110 000 agriculteurs dans des dispositifs d’agriculture contractuelle ou de partage de valeur. Les accords d’approvisionnement avec les acheteurs doivent notamment faciliter l’accès des producteurs aux crédits de campagne, aux financements d’intrants et aux mécanismes de récépissés d’entrepôt. Ces instruments visent à répondre aux difficultés de financement et de commercialisation qui limitent encore les performances de la filière, malgré la progression de la demande régionale de riz tanzanien.

    Les signataires se sont également engagés à faire avancer plusieurs réformes dans un délai de 18 mois, notamment l’harmonisation des taxes locales sur les produits agricoles, la sécurisation des autorisations d’exportation et le renforcement du cadre réglementaire de l’agriculture contractuelle. L’amélioration des procédures commerciales entre la Tanzanie continentale et Zanzibar figure également parmi les priorités évoquées.

    Élaboré dans le cadre de l’initiative Agricultural Growth Corridors of Tanzania (AGCOT), avec l’appui notamment de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le pacte intègre par ailleurs des objectifs d’utilisation efficiente de l’eau et de réduction de l’empreinte environnementale de la riziculture. Prévu jusqu’au 30 juin 2031, il doit contribuer à l’ambition nationale de porter la production de paddy à huit millions de tonnes d’ici 2030.

  • Soudan : Jusqu’à 80 % du cheptel perdu dans l’État de Khartoum depuis le début de la guerre

    Soudan : Jusqu’à 80 % du cheptel perdu dans l’État de Khartoum depuis le début de la guerre

    Le secteur de l’élevage de l’État de Khartoum fait face à des pertes d’une ampleur exceptionnelle. Selon les estimations présentées le 18 octobre 2026 par les autorités locales au ministère fédéral de l’Élevage et de la Pêche, entre 69 % et 80 % du cheptel aurait disparu au cours des dernières années. Les pertes sont notamment évaluées à environ 320 000 bovins dans l’État, sous l’effet des pillages, de la destruction des exploitations et de l’effondrement des services d’appui à l’élevage.

    La disparition des animaux génétiquement améliorés constitue l’un des dommages les plus importants pour la filière laitière. Environ 80 % des bovins croisés de la capitale auraient été perdus, effaçant une partie des résultats de près de cinquante années de programmes de sélection et d’insémination artificielle. Ces élevages reposaient sur des croisements destinés à améliorer la productivité laitière tout en maintenant une adaptation aux conditions locales. Leur reconstitution nécessitera plusieurs générations d’animaux, au-delà du simple remplacement des effectifs disparus.

    Les dommages touchent également les abattoirs, les laboratoires et les établissements vétérinaires. Les autorités signalent une pénurie de vaccins et de personnel spécialisé, tandis que les difficultés d’approvisionnement en aliments pour animaux pénalisent les exploitations encore actives. La filière avicole est particulièrement affectée par les restrictions imposées à la circulation du sorgho entre certains États, ainsi que par la hausse des coûts du carburant et de l’électricité. Le ministère des Finances a autorisé l’importation d’aliments pour volailles afin de répondre temporairement à ces tensions.

    Lors des discussions du 18 octobre, les autorités fédérales et celles de Khartoum ont examiné la remise en fonctionnement des usines d’aliments pour animaux, la réhabilitation des services vétérinaires et la fourniture de semences fourragères améliorées. Un programme de sélection caprine, ciblant notamment la race laitière Saanen, figure également parmi les pistes envisagées pour relancer la production de lait. Aucun montant de financement spécifique n’a toutefois été précisé pour ces interventions.

    À l’échelle nationale, la FAO estime les pertes du secteur de l’élevage à près de 3 milliards de dollars depuis le début du conflit, pour un pays dont le cheptel était évalué à 115,4 millions de têtes en 2025. La destruction du Laboratoire central de recherche vétérinaire de Soba a notamment privé le Soudan d’une installation capable de produire jusqu’à 35 millions de doses de vaccins par an avant la guerre.

    Pour compenser une partie de ces capacités perdues, la FAO a soutenu l’importation d’environ 23 millions de doses de vaccins en 2025. Entre octobre 2025 et juillet 2026, ses interventions ont permis de vacciner 8,4 millions d’animaux, au bénéfice de quelque 537 000 ménages. Une nouvelle campagne nationale, lancée en septembre 2026, vise désormais 9,8 millions d’animaux et 1,2 million de familles d’éleveurs sur la période 2026-2027.