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  • Côte d’Ivoire : Filière café-cacao, la BNI mobilise 300 milliards de FCFA pour soutenir les acteurs à l’orée de la campagne 2026-2027

    Côte d’Ivoire : Filière café-cacao, la BNI mobilise 300 milliards de FCFA pour soutenir les acteurs à l’orée de la campagne 2026-2027

    La Banque Nationale d’Investissement (BNI) renforce son soutien aux acteurs de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Pour la campagne 2026-2027, l’institution bancaire annonce la mobilisation de 300 milliards de FCFA destinés à accompagner les différents acteurs de cette filière stratégique pour l’économie nationale.

    L’annonce a été faite récemment à Abidjan, à l’occasion de la 8e édition de la soirée « Networking Café-Cacao ». Le Directeur Général de la BNI, Youssouf Fadiga, a présenté les grandes lignes de cet engagement financier, qui traduit la volonté de la banque de maintenir son accompagnement du secteur café-cacao.

    Avec cette enveloppe de 300 milliards de FCFA, la BNI enregistre une progression de 6 % par rapport à la campagne précédente, au cours de laquelle 284 milliards de FCFA avaient été mobilisés.

    Cette hausse témoigne de l’importance accordée au financement des activités liées à la production, à la commercialisation et plus largement au développement de la filière.

    À quelques jours du démarrage de la campagne principale 2026-2027, prévu pour le 1er septembre 2026, cette annonce vient ainsi apporter un signal fort aux acteurs du secteur. Elle devrait contribuer à renforcer leurs capacités de financement et à soutenir la dynamique de la filière, au cœur de l’activité agricole et économique de la Côte d’Ivoire.

    À travers cette mobilisation, la BNI confirme donc son positionnement comme un partenaire financier majeur du secteur café-cacao et réaffirme son engagement à accompagner les acteurs de la filière durant la nouvelle campagne.

    Thom Biakpa

  • Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    Côte d’Ivoire : Le palmier à huile et le coco au cœur d’un plan d’investissement de 1077 milliards FCFA pour accélérer la création de valeur

    La Côte d’Ivoire entend donner un nouveau souffle à ses filières stratégiques du palmier à huile et du cocotier, afin d’en faire de véritables leviers de croissance économique, de création d’emplois et de transformation industrielle. À travers une ambitieuse feuille de route, les autorités misent sur une amélioration durable de la productivité, un meilleur accès au financement pour les producteurs et le développement de la transformation locale.

    Pour la filière palmier à huile, le gouvernement prépare une stratégie d’envergure dont l’investissement global est estimé à 1 077 milliards de FCFA sur plusieurs années. L’objectif est de renforcer la compétitivité de cette culture de rente, qui constitue déjà l’une des principales filières agricoles du pays, tout en augmentant la valeur ajoutée créée localement.

    Cette vision repose sur plusieurs axes prioritaires. Il s’agit notamment d’améliorer les rendements des plantations grâce au renouvellement des vergers vieillissants et à l’introduction de matériels végétaux plus performants, de faciliter l’accès des producteurs à des mécanismes de financement adaptés et d’accélérer la transformation industrielle de l’huile de palme afin de limiter les exportations de matières premières brutes au profit de produits à plus forte valeur ajoutée. La stratégie prévoit également un renforcement des pratiques de durabilité, de traçabilité et de gouvernance de la filière, désormais indispensables pour répondre aux exigences des marchés internationaux.

    Deuxième producteur africain et septième mondial d’huile de palme brute, la Côte d’Ivoire dispose d’importants atouts avec près de 350 000 hectares de plantations, plus de 220 000 emplois générés et environ 45 000 exploitants impliqués dans la filière. Toutefois, celle-ci reste confrontée à plusieurs défis, notamment la faible productivité des plantations villageoises, le vieillissement des vergers, les difficultés d’accès au crédit et la concurrence croissante sur le marché mondial.

    Parallèlement, les pouvoirs publics préparent un vaste plan de relance de la filière coco. L’ambition est de redynamiser cette culture en modernisant les plantations, en améliorant la qualité des productions et en développant davantage les activités de transformation locale, afin d’accroître les revenus des producteurs et les recettes d’exportation.

    Cette approche traduit la volonté des autorités de diversifier les moteurs de croissance agricole du pays. Après les performances enregistrées dans les filières du cacao, de l’hévéa ou encore de l’anacarde, le gouvernement souhaite désormais faire du palmier à huile et du cocotier des piliers majeurs de l’industrialisation agricole, capables de générer davantage de richesse sur le territoire national.

    En misant simultanément sur la modernisation des exploitations, le financement des producteurs, la transformation industrielle et la durabilité, la Côte d’Ivoire entend renforcer la résilience de son agriculture tout en consolidant sa position parmi les grandes puissances agricoles du continent africain.

    Thom Biakpa

  • Données agricoles et décision publique : le pari stratégique du Maroc

    Données agricoles et décision publique : le pari stratégique du Maroc

    Bank Al-Maghrib et le ministère marocain de l’Agriculture ont signé, le 13 juillet 2026, une convention destinée à organiser l’échange de données, d’informations et d’expertises. Le partenariat couvre l’agriculture, la pêche maritime ainsi que les eaux et forêts. Il prévoit un accès réciproque aux statistiques, études et prévisions produites par les deux institutions, mais aussi la réalisation de recherches conjointes et la formation de leurs équipes. L’accord a été conclu par Abdellatif Jouahri, wali de la banque centrale, et Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts.

    Ce rapprochement répond à un enjeu majeur pour l’économie marocaine. Les variations de la production agricole ne concernent pas seulement les revenus des exploitants. Elles influencent également la croissance, l’emploi rural, les importations alimentaires et l’évolution des prix.

    En 2025, l’économie marocaine a progressé de 4,9 %, tandis que les activités agricoles ont enregistré une hausse de 8,2 %, selon le Haut-Commissariat au Plan. En mai 2026, la baisse mensuelle de 2,1 % des prix alimentaires a également contribué au recul de l’indice général des prix. Ces évolutions montrent pourquoi la banque centrale a besoin d’informations agricoles plus rapides et plus précises pour établir ses prévisions d’inflation et apprécier les risques pesant sur l’activité.

    Le potentiel de cette coopération réside surtout dans la capacité à croiser des données jusqu’ici produites selon des logiques institutionnelles différentes. Les informations sur les superficies cultivées, les récoltes, les ressources hydriques, les cheptels ou les prix agricoles pourraient être rapprochées des données sur le crédit, les importations, l’inflation et la consommation.

    Une telle lecture permettrait de mieux anticiper les déficits de production, d’ajuster les importations, de cibler les soutiens publics et d’orienter le financement vers les filières ou les territoires les plus exposés. Elle pourrait aussi favoriser le développement de l’assurance agricole et de mécanismes de crédit mieux adaptés aux cycles de production. L’enjeu n’est donc pas uniquement de produire davantage de statistiques, mais de transformer des informations dispersées en outils d’anticipation et d’arbitrage.

    L’initiative marocaine peut enfin inspirer d’autres pays africains confrontés à des données agricoles réparties entre ministères, instituts statistiques, banques centrales, services météorologiques et organismes de marché. La FAO considère que des systèmes statistiques solides sont indispensables pour concevoir, suivre et évaluer les politiques agricoles. L’initiative internationale 50×2030 accompagne d’ailleurs plusieurs pays d’Afrique subsaharienne et d’Afrique du Nord dans la production de données agricoles plus régulières et plus fiables.

    Dans des économies où les prix alimentaires occupent une place importante dans les dépenses des ménages, mieux connaître l’état des récoltes revient aussi à mieux prévoir l’inflation, les besoins d’importation et les priorités d’investissement. Le modèle marocain ouvre ainsi la voie à une collaboration plus étroite entre administrations agricoles et autorités monétaires sur le continent.

  • Kenya : un nouveau projet sucrier pour renforcer la transformation locale à Siaya

    Kenya : un nouveau projet sucrier pour renforcer la transformation locale à Siaya

    Au Kenya, la filière sucre pourrait accueillir un nouvel investissement industriel dans le comté de Siaya. La société Kipenzi Sugar prévoit d’investir environ 1,45 milliard de shillings kényans, soit un peu plus de 11 millions de dollars, dans la construction d’une usine sucrière à Mur Malanga, dans la sous-région d’Alego Usonga.

    Le projet, soumis à l’Autorité nationale de gestion de l’environnement, prévoit la mise en place d’un complexe intégrant la production de sucre, la valorisation des sous-produits et la cogénération d’énergie. L’usine devrait disposer, dans un premier temps, d’une capacité de broyage de 1 250 tonnes de canne par jour, avec une possibilité d’extension à 2 500 tonnes. Elle pourrait produire environ 138 tonnes de sucre par jour, soit près de 3 250 tonnes par mois.

    Pour les promoteurs, l’enjeu est d’abord agricole. Le projet repose sur l’approvisionnement auprès de producteurs sous contrat, plutôt que sur la création de grandes plantations propres à l’entreprise. Les documents du projet évoquent un bassin de production important, avec des producteurs de canne situés principalement dans un rayon d’environ 15 kilomètres autour du site. Cette proximité pourrait réduire les coûts de transport, limiter les pertes et offrir un débouché plus régulier aux planteurs locaux.

    L’investissement s’inscrit aussi dans une logique de valorisation industrielle. En plus du sucre brun et du sucre blanc, l’usine devrait générer des sous-produits comme la bagasse et la mélasse. La bagasse pourrait notamment servir à produire de l’énergie pour les besoins de l’usine, tandis que d’autres valorisations sont envisagées à terme, notamment dans les briquettes, les fertilisants ou les matériaux dérivés.

    Ce projet arrive dans un contexte où le Kenya cherche à relancer une filière sucrière confrontée depuis plusieurs années à des difficultés structurelles : coûts de production élevés, concurrence des importations, vieillissement de certaines usines, retards de paiement aux producteurs et faible compétitivité industrielle. En renforçant les capacités de transformation dans une zone à fort potentiel cannier, l’investissement de Kipenzi Sugar pourrait contribuer à améliorer l’approvisionnement local, créer de nouveaux débouchés pour les agriculteurs et devenir un levier de développement rural, à condition que l’industrialisation bénéficie réellement aux producteurs et aux communautés locales.

     

  • Gabon : Plusieurs projets en cours pour accélérer la modernisation agricole

    Gabon : Plusieurs projets en cours pour accélérer la modernisation agricole

    Le Gabon veut donner un nouvel élan à sa stratégie de souveraineté alimentaire. Pour y parvenir, le pays renforce sa coopération avec l’Institut International d’Agriculture Tropicale, dans le cadre des programmes Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine et Projet d’Appui au Programme GRAINE. L’objectif est clair : moderniser l’agriculture gabonaise à travers la recherche, l’innovation, la sécurité semencière et la diffusion de solutions adaptées aux réalités locales.

    Au cœur de cette dynamique figure un important effort de multiplication végétale. Le programme prévoit la mise à disposition de 5 millions de boutures de manioc et de 600 000 plants de bananiers in vitro au profit des producteurs. Ces deux cultures occupent une place importante dans l’alimentation des ménages gabonais et peuvent jouer un rôle stratégique dans la réduction de la dépendance du pays aux importations alimentaires.

    L’approche défendue par l’IITA repose sur une articulation entre recherche scientifique et production agricole. Il ne s’agit pas seulement de distribuer du matériel végétal, mais de renforcer la qualité des plants, d’améliorer leur résistance aux maladies et d’adapter les technologies aux conditions agroécologiques du Gabon. Cette orientation est importante dans un pays qui dispose de vastes terres cultivables, mais dont le potentiel agricole reste encore insuffisamment exploité.

    La modernisation passe aussi par le numérique. Des outils comme PlantVillage NURU, SeedTracker ou Cassava Business Connector doivent permettre d’améliorer le suivi des cultures, la détection des maladies, la traçabilité des semences et l’efficacité des services agricoles. Pour les producteurs, ces solutions peuvent faciliter l’accès à l’information technique et aider à mieux anticiper les risques sur les exploitations.

    Pour le Gabon, l’enjeu dépasse donc la simple relance de quelques filières. Il s’agit de bâtir progressivement un système agricole plus productif, mieux encadré et moins dépendant des approvisionnements extérieurs.

     

  • Agriculture numérique : le Tchad s’inspire du Niger pour moderniser ses services aux producteurs

    Agriculture numérique : le Tchad s’inspire du Niger pour moderniser ses services aux producteurs

    Le Tchad veut accélérer la transformation numérique de son agriculture en s’appuyant sur l’expérience de ses voisins. Depuis le 30 juin 2026, une délégation de l’Agence nationale d’appui au développement rural, conduite par son directeur général Hissein Youssouf Galmaye, séjourne à Niamey pour étudier plusieurs dispositifs mis en place par le Niger dans l’accompagnement des producteurs. Cette mission est organisée avec l’appui du Programme de résilience du système alimentaire au Tchad, financé par la Banque mondiale.

    Les échanges portent principalement sur deux outils : le centre d’appel agricole du Réseau national des chambres d’agriculture du Niger et le système de bons électroniques utilisé pour la distribution des intrants. Pour les autorités tchadiennes, l’objectif est de comprendre comment ces dispositifs peuvent améliorer l’accès des producteurs au conseil agricole, faciliter la distribution des semences et engrais, renforcer le suivi des exploitations et rendre les subventions plus transparentes.

    Cette démarche intervient dans un contexte où le Tchad cherche à renforcer la productivité et la résilience de son agriculture, secteur essentiel pour les revenus ruraux et la sécurité alimentaire. Le pays dispose déjà d’une première expérience dans le domaine, à travers un centre d’appel mis en place dans le cadre du Projet de renforcement de la résilience climatique et de la productivité agricole. Selon la Banque mondiale, ce dispositif a traité plus de 118 000 appels provenant de plus de 30 000 producteurs dans les provinces du Mandoul, du Moyen-Chari et du Salamat.

    L’intérêt du modèle nigérien réside dans sa capacité à rapprocher les services agricoles des producteurs, tout en réduisant les pertes d’information entre l’administration, les structures d’appui et les exploitants. Les bons électroniques, par exemple, peuvent permettre de mieux cibler les bénéficiaires, de limiter les détournements et de suivre plus précisément l’utilisation des intrants.

    Mais la réussite d’une telle stratégie dépendra de plusieurs conditions : couverture réseau suffisante, formation des agents, disponibilité de contenus techniques adaptés, maîtrise des langues locales et capacité à intégrer les petits producteurs peu familiers des outils numériques. Sans accompagnement de terrain, la digitalisation risque de rester un outil administratif plutôt qu’un véritable levier de transformation agricole.

    Après le Niger, la délégation tchadienne doit poursuivre sa mission au Bénin afin d’examiner d’autres expériences de numérisation des services agricoles. Pour le Tchad, l’enjeu est désormais d’adapter ces bonnes pratiques régionales à ses propres réalités, afin de faire du numérique un outil concret au service de la productivité, de la transparence et de la sécurité alimentaire.

     

  • Côte d’Ivoire : le savoir-faire égyptien mobilisé pour accélérer la filière halieutique

    Côte d’Ivoire : le savoir-faire égyptien mobilisé pour accélérer la filière halieutique

    La Côte d’Ivoire veut accélérer la transformation de sa filière halieutique en s’appuyant sur l’expérience de l’Égypte, devenue l’un des leaders africains de l’aquaculture. Fin juin, le ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques a signé au Caire un protocole d’accord avec l’Autorité générale égyptienne pour le développement des ressources halieutiques. L’objectif est de renforcer la coopération dans les domaines de la pêche, de l’aquaculture et de la protection du milieu marin, avec un accent particulier sur la pisciculture et la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

    Pour Abidjan, l’enjeu est stratégique. Le poisson est l’une des principales sources de protéines animales consommées dans le pays. Toutefois, l’offre locale reste très insuffisante par rapport aux besoins. Selon les données reprises par la FAO, la Côte d’Ivoire a produit 92 000 tonnes de poissons en 2023, pour une consommation estimée à 534 000 tonnes. Cette dépendance aux importations pèse sur la balance commerciale et expose le pays aux fluctuations des prix internationaux.

    Le choix de l’Égypte n’est pas anodin. Le pays a fortement développé son aquaculture au cours des dernières décennies, notamment autour du tilapia, espèce également très présente dans les habitudes de consommation ivoiriennes. L’expérience égyptienne pourrait être utile à la Côte d’Ivoire sur plusieurs maillons, à savoir la sélection génétique, la conduite des élevages, la qualité sanitaire et l’alimentation des poissons.

    Cette coopération arrive dans un contexte où la Côte d’Ivoire a déjà placé l’aquaculture au cœur de sa stratégie de souveraineté alimentaire. Le Programme stratégique de transformation de l’aquaculture en Côte d’Ivoire vise à porter la production aquacole à 500 000 tonnes par an à l’horizon 2030, tandis qu’une feuille de route spécifique prévoit également d’atteindre 68 000 tonnes de tilapia d’ici 2031.

    La dynamique a été renforcée en mars 2026 avec le lancement du ProDeCAP, le Projet de développement des chaînes de valeur compétitives de l’aquaculture et de la pêche durable. Doté d’un budget de 19 milliards FCFA sur cinq ans, avec l’appui de la Banque africaine de développement, le programme ambitionne de toucher près de 700 000 bénéficiaires directs et indirects.

  • Caoutchouc : l’Afrique de l’Ouest veut garder plus de valeur dans la filière

    Caoutchouc : l’Afrique de l’Ouest veut garder plus de valeur dans la filière

    En Afrique de l’Ouest, la filière caoutchouc entre dans une nouvelle phase. Après des années d’exportation de matière première brute, plusieurs pays producteurs cherchent désormais à retenir une plus grande part de la valeur sur leur territoire. Le mouvement s’accélère avec les décisions récentes du Liberia et du Ghana d’interdire l’exportation de caoutchouc naturel non transformé.

    Au Liberia, la mesure est entrée en vigueur le 1er juillet 2026. Elle interdit, pour une durée indéterminée, l’exportation de caoutchouc brut sous différentes formes, notamment le latex naturel, le coagulum, les fonds de tasse et les résidus de caoutchouc. L’objectif affiché par les autorités est d’orienter davantage de volumes vers les unités locales, créer des emplois industriels, accroître les recettes fiscales et renforcer les revenus en devises. Le gouvernement libérien estime que l’exportation de caoutchouc non transformé a longtemps privé le pays d’opportunités importantes dans l’aval industriel.

    Quelques semaines plus tôt, le Ghana avait pris une décision similaire en imposant une interdiction de dix ans sur les exportations de caoutchouc brut. Là encore, l’enjeu est de sécuriser l’approvisionnement des transformateurs locaux et de soutenir la montée en puissance d’une industrie nationale. Pour les autorités comme pour les industriels, il ne s’agit plus seulement de produire, mais de transformer, normaliser, exporter des produits à plus forte valeur ajoutée et mieux intégrer la filière dans la stratégie d’industrialisation.

    La Côte d’Ivoire, premier producteur africain de caoutchouc naturel, s’inscrit déjà dans cette logique depuis plusieurs années. Le pays a renforcé les restrictions sur les exportations de matière brute afin de favoriser l’approvisionnement des usines locales. Cette orientation a permis d’accroître la part du caoutchouc techniquement spécifié, issu d’une première transformation industrielle, dans les exportations ivoiriennes.

    Ce virage protectionniste traduit une évolution plus large des politiques agricoles et industrielles africaines. Les États ne veulent plus seulement être des fournisseurs de matières premières. Ils cherchent à capter davantage de valeur, à créer des emplois locaux, à attirer des investissements industriels et à limiter leur dépendance aux chaînes mondiales de négoce.

    Cette stratégie comporte cependant aussi des défis. Les interdictions d’exportation ne suffisent pas si les capacités de transformation restent limitées, si les producteurs sont mal rémunérés ou si les usines ne disposent pas d’un environnement compétitif. Pour réussir, les pays devront investir massivement dans les infrastructures, la qualité, la logistique, le financement des producteurs et la transparence des prix

  • Côte d’Ivoire : la FAO et Eni explorent un partenariat pour soutenir les communautés côtières

    Côte d’Ivoire : la FAO et Eni explorent un partenariat pour soutenir les communautés côtières

    En Côte d’Ivoire, la FAO et le groupe italien Eni explorent les bases d’un partenariat au bénéfice des communautés côtières. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la politique de responsabilité sociétale des entreprises du groupe énergétique, détenteur de la concession du projet Baleine, qui souhaite financer des projets de développement dans les zones impactées par ses activités.

    Une délégation d’Eni, conduite par Alessandra Testoni, experte RSE du groupe, a récemment rencontré Joseph Nyemah, Représentant de la FAO en Côte d’Ivoire. Cette séance de travail avait pour objectif d’identifier les domaines dans lesquels les deux institutions pourraient collaborer, en s’appuyant sur l’expertise technique de la FAO dans la formulation et la mise en œuvre de projets inclusifs, durables et résilients.

    Les échanges ont principalement porté sur les besoins des populations vivant dans les zones côtières, avec une attention particulière à la pêche. Ce secteur constitue un levier important pour de nombreuses communautés littorales, aussi bien en matière d’emplois que de sécurité alimentaire et de revenus. Un appui structuré pourrait ainsi contribuer à améliorer les conditions de travail des pêcheurs, renforcer les capacités des acteurs locaux, soutenir la transformation artisanale des produits halieutiques ou encore favoriser une meilleure organisation des chaînes de valeur.

    Les discussions ont également permis d’évoquer des projets pouvant s’inscrire dans le cadre de l’Initiative villes vertes portée par la FAO. Cette approche vise à accompagner les territoires dans la construction de systèmes urbains et périurbains plus durables, à travers des actions liées à l’agriculture urbaine, à la gestion des ressources naturelles, à la résilience climatique, à la biodiversité et à l’amélioration du cadre de vie.

    Pour Eni, l’enjeu est de faire de sa politique RSE un levier concret de développement local dans les territoires concernés par ses activités. Pour la FAO, ce partenariat représenterait une opportunité de mobiliser son savoir-faire au service de communautés exposées à plusieurs défis : fragilité des revenus, pression sur les ressources, vulnérabilité climatique et besoin de diversification économique.

    À ce stade, la collaboration reste en phase exploratoire. Mais elle ouvre la voie à un partenariat stratégique autour d’un objectif commun : améliorer durablement les conditions de vie des populations côtières ivoiriennes, en privilégiant des projets utiles, structurés et adaptés aux réalités du terrain.