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  • Maurice : Un plan triennal de 2,19 millions de dollars par an pour les filières sucrière et théière

    Maurice : Un plan triennal de 2,19 millions de dollars par an pour les filières sucrière et théière

    Maurice mise sur ses petits planteurs pour relancer une filière sucrière en difficulté. Lors de la présentation du budget 2026-2027 au Parlement, le 19 juin, le Premier ministre Navin Ramgoolam a annoncé un investissement annuel de 100 millions de roupies, soit environ 2,19 millions de dollars. Cette enveloppe sera mobilisée pendant trois ans pour réhabiliter 500 hectares de terres appartenant à de petits et moyens producteurs de canne à sucre.

    Le gouvernement veut porter la production nationale à 250 000 tonnes de sucre d’ici 2030. Cette ambition intervient après plusieurs années de recul des surfaces cultivées et de pression sur les revenus agricoles, dans une île où le sucre a longtemps constitué un pilier de l’économie.

    La filière théière bénéficie elle aussi d’un soutien renforcé dans ce budget. Une subvention couvrira 50 % des coûts de replantation pour les petits producteurs, dans la limite de 25 000 roupies par arpent. Le gouvernement estime que ce dispositif pourrait accroître la production de thé de 50 % d’ici 2029. Il espère ainsi redonner un nouvel élan à une culture qui a progressivement perdu du terrain au profit d’autres usages agricoles. Ces mesures s’accompagnent de l’annonce d’un Forest Bill. Le texte doit promouvoir l’agroforesterie et renforcer la résilience des forêts face aux aléas climatiques. Un centre de ressources sera également créé pour les chercheurs et les agriculteurs. Il devra appuyer la production d’aliments sains pour le marché local et contribuer à la sécurité alimentaire du pays.

    Ces annonces n’ont toutefois pas convaincu tous les acteurs du secteur. Certains syndicalistes estiment en effet que le gouvernement gagnerait davantage à créer des entreprises spécialisées dans la transformation et la conservation des produits mauriciens, plutôt qu’à se concentrer uniquement sur la réhabilitation des surfaces cultivées. Ce débat révèle une tension plus large pour les économies insulaires, qui doivent préserver des filières d’exportation historiques, comme le sucre et le thé, tout en renforçant leur souveraineté alimentaire face aux chocs climatiques et aux fluctuations des marchés mondiaux.

  • Égypte : Les investissements chinois accélèrent l’essor d’un hub africain du pneumatique

    Égypte : Les investissements chinois accélèrent l’essor d’un hub africain du pneumatique

    L’Égypte confirme son ambition de devenir la plateforme africaine de référence pour l’industrie du pneumatique. Cette stratégie est portée par une vague d’investissements chinois sans précédent. Le 18 juin 2026, les travaux d’une nouvelle usine ont été officiellement lancés dans le pays par la filiale locale du groupe chinois Chaoyang Longmarch Tyre pour un investissement de 190 millions de dollars.

    Cette annonce intervient à peine deux semaines après celle de China National Tire & Rubber, qui prévoit d’investir 550 millions de dollars pour augmenter ses capacités locales de 1,5 million de pneus par an. Quelques mois plus tôt, en août 2025, l’entreprise Sailun avait promis 1 milliard de dollars pour construire une usine capable de produire 10 millions de pneus chaque année. Depuis 2024, les capitaux chinois injectés dans le secteur égyptien dépassent deux milliards de dollars. Ce rythme place Le Caire en position de force dans la course au statut de hub industriel continental.

    Les autorités égyptiennes s’appuient sur plusieurs atouts pour consolider cette dynamique. Le pays bénéficie d’une position géographique stratégique, au débouché du canal de Suez, dispose de zones industrielles dédiées, notamment la zone économique du canal, et propose des incitations fiscales et administratives aux investisseurs étrangers.

    L’Égypte n’est toutefois pas seule à viser ce statut. Le Maroc a récemment lancé, avec le groupe chinois Shandong Yongsheng Rubber, un complexe industriel de 6,7 milliards de dirhams dans la zone d’accélération industrielle de Betoya. Sa capacité atteindrait 18 millions de pneus par an, ce qui en ferait le plus grand projet du genre en Afrique.

    L’Afrique du Sud et l’Algérie affichent également des ambitions importantes. La compétition pour devenir la première plateforme africaine du pneumatique reste donc largement ouverte. Pour Le Caire comme pour ses rivaux, le défi ne se limite pas à attirer des capitaux. Il faudra construire un écosystème industriel complet, capable de soutenir durablement la production locale et de s’intégrer aux chaînes de valeur régionales.

  • Côte d’Ivoire : La première usine africaine de biochar à base de coques de cajou inaugurée à Attinguié

    Côte d’Ivoire : La première usine africaine de biochar à base de coques de cajou inaugurée à Attinguié

    La Côte d’Ivoire vient de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie d’industrialisation verte. Le 18 juin dernier, une usine de transformation de coques de cajou en biochar a été inaugurée à Attinguié, dans la zone industrielle du PK 31.

    Portée par le groupe singapourien Valency International, à travers sa filiale Revata Carbon, cette unité commerciale est la première du genre en Afrique. Elle démontre comment un sous-produit agricole, longtemps considéré comme un déchet encombrant, peut devenir une ressource à forte valeur ajoutée. D’une capacité d’environ 20 000 tonnes par an, l’usine devrait permettre de produire près de 6 000 tonnes de biochar, un matériau carboné qui améliore la fertilité des sols, renforce leur capacité de rétention d’eau et contribue au stockage du carbone. La technologie de Revata Carbon permet aussi de fabriquer des engrais, des huiles destinées au bitume et des compléments énergétiques. Elle ouvre ainsi la voie à une nouvelle branche de la chimie de spécialité en Côte d’Ivoire.

    Cette diversification prolonge une dynamique engagée par Valency en juin 2024, avec une première usine d’épluchage et d’emballage de noix de cajou. Une seconde unité, dédiée à la transformation de la noix elle-même, a suivi en janvier 2025. L’usine d’Attinguié constitue donc la troisième composante d’un dispositif industriel intégré que le groupe singapourien construit progressivement en Côte d’Ivoire.

    Premier producteur mondial de noix brutes de cajou, le pays cherche depuis plusieurs années à accroître la transformation locale afin de conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire, plutôt que d’exporter l’essentiel de la récolte à l’état brut. En valorisant les résidus du décorticage, la nouvelle usine améliore la rentabilité globale de la filière. Elle crée aussi de nouvelles sources de revenus pour les producteurs et les transformateurs, tout en répondant aux exigences croissantes de durabilité dans les chaînes de valeur agricoles africaines.

  • Gabon : Olam face à l’escalade du conflit homme-éléphant dans ses palmeraies

    Gabon : Olam face à l’escalade du conflit homme-éléphant dans ses palmeraies

    Le conflit entre l’agro-industrie et la faune sauvage s’intensifie au Gabon, où les éléphants ne se limitent plus aux champs des petits paysans. La société agro-industrielle Olam Gabon, spécialisée dans la production d’huile de palme, a récemment fait état de la destruction de milliers d’hectares de palmeraies dans plusieurs localités du pays, une situation qui pousse l’entreprise à envisager la fermeture de certains sites, dont celui de Makouké.

    À Makouké, petite ville agricole proche de Lambaréné, dans le centre du pays, les éléphants ont déraciné et dévoré 5 000 hectares de palmiers à huile, contraignant Olam à réduire considérablement ses activités locales et plongeant la commune dans une précarité économique marquée. Le député de la localité, Rolf Mavitsi Nziengui, appelle à une concertation avec l’entreprise pour trouver des solutions concrètes face à une situation qu’il juge alarmante pour l’emploi local.

    Dans la province de la Ngounié, au sud du pays, les dégâts sont tout aussi importants, avec environ 10 000 hectares de palmeraies détruits. Olam y a déployé des barrières électriques pour protéger ses plantations, une stratégie que l’entreprise étend progressivement à l’ensemble de ses sites gabonais, dans le cadre d’un programme d’infrastructures évalué à plusieurs milliards de francs CFA.

    Le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, actuellement en visite de terrain, plaide pour une réflexion élargie associant scientifiques et experts, afin de concilier la protection des cultures agro-industrielles avec le respect des réglementations nationales et internationales encadrant la préservation de l’éléphant, une espèce protégée. Selon le ministre, c’est justement cette protection qui aurait favorisé une surpopulation de pachydermes dans certaines régions, un phénomène qui touche désormais l’ensemble des planteurs, grandes entreprises comme exploitations familiales.

    Cette situation illustre une tension croissante à l’échelle de l’Afrique centrale, où la cohabitation entre conservation de la biodiversité et développement des filières agro-industrielles devient un enjeu stratégique. Pour des pays comme le Gabon, dont l’économie agricole reste largement tributaire de l’huile de palme et du caoutchouc, la recherche d’un équilibre entre productivité, emploi rural et préservation de la faune s’annonce comme un défi de gouvernance majeur pour les années à venir.

  • Aide alimentaire américaine : Washington rouvre les vannes, mais sous conditions

    Aide alimentaire américaine : Washington rouvre les vannes, mais sous conditions

    L’aide alimentaire d’urgence financée par les États-Unis entre dans une nouvelle ère, marquée par un resserrement des conditions d’octroi. Après le démantèlement de l’USAID en 2025, le programme historique Food for Peace, créé en 1954, a été transféré au Département américain de l’Agriculture (USDA), une agence qui ne dispose pas de l’expertise habituellement requise pour la réponse aux crises humanitaires. Un nouvel accord conclu avec le Programme alimentaire mondial (PAM) illustre ce tournant doctrinal.

    Ce texte impose que les denrées distribuées dans sept pays jugés prioritaires par Washington soient désormais cultivées, transformées ou conditionnées aux États-Unis. Cette clause de préférence nationale rompt avec la pratique du PAM, qui privilégiait depuis une quinzaine d’années les achats locaux ou régionaux pour soutenir les producteurs proches des zones de crise et réduire les délais d’acheminement. Or, le PAM tire environ 40 % de son budget des contributions américaines, ce qui limite sa marge de négociation face à ce nouveau cadre.

    Plusieurs pays africains confrontés à une insécurité alimentaire sévère figurent parmi les zones concernées, du Sahel à la Corne de l’Afrique, en passant par la République démocratique du Congo et le Soudan. La contrainte logistique n’est pas anodine : des denrées achetées en Tanzanie, en Ouganda ou au Sénégal pouvaient atteindre les zones de crise en quelques jours, contre plusieurs semaines pour un acheminement transatlantique depuis le golfe du Mexique.

    Plus préoccupant encore, une analyse du Council on Foreign Relations relève que le programme Food for Peace, dans sa configuration actuelle, oriente une partie des denrées américaines vers des pays jugés hors urgence, en contournant des zones pourtant proches de la famine comme la Somalie, le Soudan du Sud et le Soudan. Sur les 1,2 milliard de dollars que représente le programme, une partie significative des fonds de l’exercice 2026 reste encore à engager.

    Pour les gouvernements africains, l’équation se révèle délicate. Accepter une aide désormais conditionnée revient à composer avec une dépendance accrue aux circuits américains, alors que plusieurs unions régionales, à l’image de la CEDEAO, travaillent depuis une décennie à renforcer la souveraineté alimentaire du continent. La refuser exposerait en revanche les populations les plus vulnérables à des ruptures d’approvisionnement immédiates, dans des régions où l’aide internationale reste, pour l’instant, difficilement substituable.

  • Sénégal : une nouvelle usine textile turque pour valoriser le coton local

    Sénégal : une nouvelle usine textile turque pour valoriser le coton local

    Le Sénégal mise sur l’industrialisation textile pour transformer localement sa production cotonnière. Le président Bassirou Diomaye Faye a inauguré, samedi 20 juin, une usine de confection de vêtements pour hommes et femmes dans la zone industrielle de Diamniadio, près de Dakar. Portée par le groupe d’investissement turc AVCI Global Industrie, l’unité représente un investissement estimé à 6 milliards de francs CFA, soit environ 10,45 millions de dollars.

    D’après les informations relayées par la Radiotélévision sénégalaise, l’usine dispose d’une capacité de production d’environ 1 200 pièces par jour et devrait générer près de 200 emplois directs. Sa mise en service fait suite à un accord tripartite signé en février 2025 entre le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (APROSI) et AVCI Global Industrie, dont l’objectif est de développer des unités dédiées à la transformation du coton brut sénégalais en produits à plus forte valeur ajoutée.

    Cet investissement répond à un enjeu structurel pour la filière cotonnière nationale. La quasi-totalité de la fibre produite est aujourd’hui exportée à l’état brut, faute d’unités de transformation suffisantes. Dans son dernier rapport sur le coton en Afrique de l’Ouest, publié en avril, le Département américain de l’Agriculture (USDA) prévoit une production sénégalaise de 55 000 balles, soit près de 12 500 tonnes, pour la campagne 2026/2027, dont seulement 3,6 % seraient transformées localement.

    L’usine de Diamniadio s’inscrit également dans la volonté de Dakar de réduire sa dépendance aux importations de textiles finis. Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le Sénégal a importé pour près de 19,45 milliards de francs CFA de vêtements et accessoires en 2024, soit environ 34 millions de dollars. À l’inverse, les exportations sénégalaises dans ce secteur n’ont généré que 1,62 milliard de francs CFA sur la même période.

    Au-delà du marché intérieur, l’usine pourrait aussi desservir les pays voisins d’Afrique de l’Ouest, où la demande en vêtements reste soutenue. Dans la dynamique du programme national de transformation « Sénégal 2050 », l’industrialisation du textile apparaît comme un levier de diversification économique pour l’ensemble de la sous-région ouest-africaine, où plusieurs pays producteurs de coton cherchent eux aussi à structurer une chaîne de valeur locale plutôt que de continuer à exporter la fibre brute.

  • Burkina Faso – ITFC : un milliard de dollars pour le commerce et le secteur privé

    Burkina Faso – ITFC : un milliard de dollars pour le commerce et le secteur privé

    Le Burkina Faso renforce son partenariat financier avec le monde arabe et islamique. Le pays et la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) ont signé, vendredi 19 juin, un accord-cadre d’un milliard de dollars, en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque islamique de développement (BID). Cette signature porte désormais à 3,4 milliards de dollars le portefeuille global de l’institution en faveur de Ouagadougou, une enveloppe principalement orientée vers l’agriculture et l’énergie.

    Concrètement, ce nouveau financement doit soutenir le commerce extérieur burkinabè à travers l’importation de produits énergétiques, d’intrants agricoles, de denrées alimentaires essentielles et de produits pharmaceutiques. Il vise également à dynamiser les exportations agricoles du pays, avec un accent particulier mis sur le coton et l’anacarde, deux filières stratégiques pour l’économie nationale. Le secteur privé n’est pas en reste, puisque l’accord prévoit des lignes de crédit dédiées aux banques locales afin de faciliter l’accès au financement pour les entreprises, notamment les PME.

    Selon le ministère de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, cette signature illustre la qualité des relations de coopération entre Ouagadougou et le Groupe BID, tout en traduisant la volonté commune de stimuler les échanges commerciaux et les flux d’investissement avec les pays arabes et africains. L’accord s’inscrit dans la mise en œuvre du programme national RELANCE 2026-2030, cadre de référence des politiques économiques et sociales du pays.

    Ce partenariat fait suite à un précédent accord de 900 millions d’euros signé avec l’ITFC en mai 2023, dont environ 94 % des fonds ont déjà été engagés. Il intervient dans un contexte commercial plutôt favorable pour le Burkina Faso, qui a enregistré au quatrième trimestre 2025 un excédent commercial de 928,4 milliards FCFA, porté notamment par l’or, l’huile de karité, la noix de cajou et la mangue, même si le sésame et le coton à l’export ont reculé sur la période.

    L’accès au financement reste toutefois un défi pour les PME, qui représentent près de 85 % du tissu économique national. La crise sécuritaire pèse sur la confiance des banques et complique l’octroi de crédits dans les zones les plus touchées, une situation qui a conduit la BCEAO à assouplir sa politique monétaire dès mars 2026. Dans ce contexte régional marqué par des tensions sécuritaires persistantes au Sahel, ce type de partenariat financier structurant pourrait constituer un levier important pour soutenir la résilience économique des pays de l’espace UEMOA.

  • En Afrique du Sud, un premier trimestre 2026 record pour le commerce agricole

    En Afrique du Sud, un premier trimestre 2026 record pour le commerce agricole

    En Afrique du Sud, le secteur agricole a le vent en poupe. Entre janvier et mars, l’excédent de la balance commerciale agricole a atteint 1,55 milliard de dollars, en hausse de 16,1% sur un an et un nouveau record, selon un rapport du syndicat agricole AgriSA publié le 8 juin. Ce résultat exceptionnel s’explique surtout par la baisse des dépenses d’importation plutôt que par une forte accélération des ventes à l’étranger, les exportations restant quasi stables à 3,30 milliards de dollars tandis que les importations ont reculé de 10,6% sous l’effet de la baisse des prix de l’huile de palme, du riz, du poisson congelé et du café.

    L’horticulture a continué de porter l’ensemble du commerce agricole sud-africain, représentant 55% des exportations du pays sur la période, sa plus forte contribution sur un premier trimestre. Portées par les raisins, les fruits à pépins, les fruits à noyau et le vin, les ventes horticoles ont généré 1,82 milliard de dollars. Selon AgriSA, le surplus net de ce sous-secteur, estimé à 1,66 milliard de dollars, dépasse désormais l’excédent agricole national total, ce qui illustre son rôle déterminant dans le maintien d’un solde commercial positif pour l’agriculture du pays.

    La situation a été plus contrastée pour d’autres filières. Les produits animaux ont vu leurs ventes chuter de 12,9% à 322 millions de dollars en raison de fermetures de marchés liées à la fièvre aphteuse, tandis que la valeur des ventes de maïs a reculé de 22,4% à 194 millions de dollars malgré une hausse de 17,8% des volumes exportés, conséquence directe de la baisse des prix mondiaux. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont restés les deux principaux marchés du pays, absorbant ensemble 978 millions de dollars de produits agricoles, suivis du Zimbabwe, de la Namibie, du Mozambique et du Botswana.

    Ces résultats prolongent une dynamique déjà solide. En 2025, les exportations agricoles sud-africaines avaient atteint 15 milliards de dollars, marquant la septième année consécutive de progression. Le début de 2026 pourrait laisser entrevoir une nouvelle année favorable, à condition que le risque sanitaire lié à la fièvre aphteuse se stabilise, ce qui permettrait de relancer les exportations de bétail vers des marchés à forte valeur comme le Moyen-Orient et l’Asie, tandis que la performance horticole et une meilleure valorisation du maïs pourraient continuer de soutenir l’ensemble de la filière.

     

  • Nigeria : une task force pour réduire les rejets de produits agricoles à l’exportation

    Nigeria : une task force pour réduire les rejets de produits agricoles à l’exportation

    Face à la persistance des rejets de ses produits agricoles sur les marchés internationaux, le Nigeria tente une nouvelle réponse institutionnelle. Le gouvernement a inauguré le 15 juin à Abuja un groupe de travail technique réunissant administrations publiques, agences de régulation, instituts de recherche, universités, secteur privé et associations de producteurs, avec pour mission de proposer dans un délai de deux mois des solutions pour réduire les rejets liés au non-respect des limites de résidus et des normes sanitaires internationales.

    Le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Aliyu Sabi Abdullahi, a justifié cette initiative par des préoccupations croissantes concernant les résidus de pesticides, les contaminants et la sécurité alimentaire, qui exigent selon lui une réponse coordonnée et multisectorielle. Le secteur agricole contribue à hauteur de 25% au PIB nigérian et emploie environ 34% de la population, mais son potentiel à l’export reste freiné par ces difficultés de conformité.

    Le problème n’est pas nouveau. Une étude de l’Université d’Ibadan publiée en 2025 a recensé 322 notifications de rejet visant des cultures nigérianes entre 2012 et juin 2022 sur les principaux marchés européens, parmi lesquels le Royaume-Uni, la Pologne, la Belgique, l’Allemagne, la Grèce et les Pays-Bas. Les causes identifiées incluent la présence de salmonelles, de pesticides non autorisés comme le dichlorvos, ainsi que des aflatoxines, sans compter l’absence de certificats phytosanitaires en règle. Le sésame, la fleur d’hibiscus, l’arachide, les haricots, les graines de melon et le citron vert figurent parmi les produits les plus touchés. Selon l’Alliance pour l’action contre les pesticides au Nigeria, les seules pertes liées aux rejets d’exportations de haricots vers l’Union européenne sont estimées à près de 363 millions de dollars par an.

    Plusieurs mesures avaient déjà été engagées par le passé pour endiguer ce problème, dont un plan de contrôle pour les haricots secs lancé en 2018, de nouvelles directives d’exportation publiées en 2019, et un programme de l’OMC de 1,2 million de dollars en 2024 ciblant le sésame et le niébé. La persistance des rejets malgré ces dispositifs souligne la difficulté à assurer une conformité continue sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Reste à voir si cette nouvelle task force parviendra à instaurer une dynamique plus cohérente, capable de restaurer durablement la crédibilité des exportations agricoles nigérianes sur les marchés internationaux

  • Le Kenya érige l’assurance agricole en catégorie indépendante face aux risques climatiques

    Le Kenya érige l’assurance agricole en catégorie indépendante face aux risques climatiques

    Le gouvernement kényan a engagé une réforme de sa législation sur les assurances pour reconnaître l’assurance agricole comme une catégorie d’activité distincte. L’annonce a été faite par le secrétaire de cabinet au Trésor, John Mbadi, lors de la présentation devant le Parlement du projet de budget pour l’exercice 2026-2027, qui prévoit des dépenses record de 4 800 milliards de shillings kényans.

    Selon le ministre, le gouvernement a engagé des amendements à l’Insurance Act afin d’établir l’assurance agricole comme une catégorie autonome d’activité, ce qui doit renforcer le cadre réglementaire de gestion des risques agricoles et soutenir la sécurité alimentaire, l’inclusion financière et le développement agricole durable. Jusqu’à présent, les produits d’assurance agricole étaient logés dans la branche générale des assurances, aux côtés des couvertures automobile, immobilière ou santé, alors même que les risques propres à l’agriculture obéissent à une logique différente.

    Cette réforme intervient alors que la pénétration de l’assurance reste inférieure à 3% du PIB au Kenya, l’assurance agricole ne représentant qu’une fraction marginale des risques couverts, malgré le poids de l’agriculture dans l’économie nationale. Le secteur contribue directement à près d’un cinquième du PIB et fait vivre des millions de ménages, notamment à travers la petite exploitation familiale. Les épisodes climatiques se sont multipliés ces dernières années, entre cycles de sécheresse récurrents qui ont détruit cultures et bétail dans les zones arides et semi-arides, et inondations qui ont touché des exploitations dans les régions à fortes précipitations.

    Le pays avait déjà expérimenté des dispositifs d’assurance subventionnée pour les cultures et le bétail, ciblant les petits exploitants à travers des partenariats associant l’État, les assureurs et des agences de développement. La création d’une catégorie indépendante doit permettre d’aller plus loin en adaptant la régulation prudentielle, la tarification et les produits aux spécificités du risque agricole, plutôt que de les calquer sur les standards de l’assurance générale.

    Cette évolution réglementaire s’inscrit dans une tendance plus large sur le continent, où plusieurs marchés cherchent à structurer des cadres dédiés à l’assurance agricole pour mieux protéger les agriculteurs contre les chocs climatiques et attirer des capitaux privés vers un segment encore largement sous-pénétré