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  • Nigeria – Sterling Bank porte son portefeuille de crédits agricoles à 322 milliards de nairas

    Nigeria – Sterling Bank porte son portefeuille de crédits agricoles à 322 milliards de nairas

    Au Nigeria, Sterling Bank poursuit l’expansion de ses activités de financement agricole. L’encours de ses crédits au secteur a atteint 322 milliards de nairas au 30 septembre, contre 247,6 milliards fin décembre 2025. Cette progression de 74,4 milliards de nairas porte la part de l’agriculture à près de 15 % du portefeuille total de prêts de l’établissement, alors qu’elle représentait moins de 1 % il y a quatorze ans.

    Cette évolution distingue Sterling Bank dans un système bancaire où le financement agricole reste limité. Dans sa présentation sectorielle, la Banque centrale du Nigeria (CBN) souligne que l’agriculture reçoit moins de 5 % des crédits bancaires, malgré son poids économique. Sterling Bank, qui a fait du secteur l’un des piliers de sa stratégie HEART, intervient désormais dans le financement des petits exploitants, le crédit adossé aux stocks agricoles, l’aviculture et les solutions destinées aux entrepreneures et aux jeunes entreprises agroalimentaires.

    La banque revendique près de 1 000 milliards de nairas de financements agricoles cumulés depuis le début de son engagement sectoriel, au bénéfice de plus d’un million de producteurs et d’entreprises. Elle indique également avoir accompagné la formation de 100 000 agriculteurs aux pratiques culturales améliorées et aux outils numériques.

    Pour développer ses interventions, Sterling Bank s’appuie notamment sur des partenariats avec des institutions de financement du développement. Un dispositif documenté par la Société financière internationale (SFI) prévoit une facilité de financement des stocks de 20 millions de dollars, ainsi qu’un mécanisme de partage des risques pouvant atteindre 5 millions de dollars sur un portefeuille de 10 millions de dollars de crédits. Ce dernier est destiné aux petits producteurs de maïs du nord du Nigeria, en collaboration avec l’entreprise agricole Babban Gona. Présenté dès 2024, ce montage illustre le recours aux garanties et au financement structuré pour accompagner les producteurs dont les revenus dépendent des cycles agricoles.

    L’établissement cherche parallèlement à renforcer les liens entre producteurs, transformateurs et investisseurs. Lors de l’Agriculture Summit Africa organisé en septembre 2026 à Abuja, près de 100 rencontres d’affaires ont été facilitées autour d’opportunités d’investissement évaluées par les organisateurs à plus de 380 millions de dollars. Ces perspectives concernent notamment la production, le stockage, la transformation et la logistique, sans correspondre à des financements intégralement conclus. Sterling Bank y a également présenté AgricHub, une plateforme numérique destinée à rapprocher les entreprises agricoles des financements, des informations sectorielles et des débouchés commerciaux.

  • Éthiopie : Dangote envisage de céder au moins 10 % de son projet d’engrais aux investisseurs locaux

    Éthiopie : Dangote envisage de céder au moins 10 % de son projet d’engrais aux investisseurs locaux

    Le groupe Dangote envisage d’ouvrir au moins 10 % du capital de son projet d’engrais de Gode aux investisseurs éthiopiens à travers l’Ethiopian Securities Exchange (ESX). L’annonce a été faite le 15 octobre 2026 à Addis-Abeba par l’industriel nigérian Aliko Dangote, à l’occasion d’une rencontre avec des investisseurs. L’opération serait engagée après la stabilisation de la production du futur complexe, dont le coût prévisionnel a été porté à plus de 4 milliards de dollars en mai dernier.

    Le projet industriel est développé conjointement avec Ethiopian Investment Holdings (EIH), la holding d’investissement du gouvernement éthiopien. Les deux partenaires ont signé en août 2025 un accord d’actionnaires prévoyant une répartition du capital de 60 % pour Dangote Group et 40 % pour EIH. Ce partenariat avait initialement été évalué à 2,5 milliards de dollars, avant une révision à la hausse liée à l’élargissement des infrastructures prévues.

    Implanté à Gode, dans la région Somali, au sud-est de l’Éthiopie, le complexe doit disposer d’une capacité annuelle de production de trois millions de tonnes d’urée. Cette capacité placerait l’installation parmi les plus importantes unités de production d’engrais azotés au monde. L’urée, largement utilisée dans la fertilisation des cultures, constitue l’un des principaux produits du marché international des engrais.

    Le projet repose sur l’exploitation du gaz naturel des gisements éthiopiens de Calub et Hilala, qui doit être acheminé jusqu’à l’usine par un gazoduc dédié. Selon les informations officielles, l’investissement élargi comprend notamment un gazoduc d’environ 110 kilomètres, une centrale électrique d’au-moins 120 mégawatts, une installation de fabrication d’emballages en polypropylène ainsi qu’une unité de mélange d’engrais NPK d’une capacité prévue de deux millions de tonnes. La construction du complexe a été officiellement lancée en octobre 2025.

    L’investissement intervient dans un pays où l’agriculture reste fortement dépendante des engrais importés. L’Éthiopie doit mobiliser d’importantes ressources en devises pour assurer l’approvisionnement de ses producteurs, tandis que les fluctuations des prix internationaux et les coûts logistiques pèsent sur les conditions d’accès aux intrants. La production locale d’urée pourrait contribuer à couvrir les besoins nationaux et alimenter les marchés voisins, notamment en Afrique de l’Est.

    L’ouverture envisagée du capital intervient également dans le cadre de l’expansion du groupe Dangote sur le marché africain des engrais. L’industriel ambitionne de porter ses capacités annuelles de production de trois à douze millions de tonnes, en combinant le développement de nouvelles lignes au Nigeria et le projet éthiopien.

    La future opération boursière pourrait renforcer la participation d’investisseurs éthiopiens à cette activité industrielle. L’ESX, qui a démarré ses activités en janvier 2025, poursuit le développement de son marché d’actions et l’élargissement du nombre d’entreprises cotées. L’introduction éventuelle du projet de Gode interviendrait après celle d’autres entreprises nationales, dont Ethio Telecom.

  • Togo – Chine : Un accord phytosanitaire ouvre de nouvelles perspectives pour le soja

    Togo – Chine : Un accord phytosanitaire ouvre de nouvelles perspectives pour le soja

    Le Togo et la Chine ont signé un protocole phytosanitaire destiné à faciliter les exportations de soja togolais vers le marché chinois. Conclu le 15 octobre 2026 à Pékin, à l’occasion de la visite officielle du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, cet accord intervient dans un contexte de forte progression de la production nationale et de diversification des débouchés commerciaux de la filière.

    Le protocole établit les exigences de quarantaine végétale auxquelles devront répondre les graines de soja togolaises avant leur expédition. Il doit permettre aux autorités des deux pays d’encadrer les échanges, notamment à travers les procédures de contrôle et de certification phytosanitaire. Son adoption accompagne le renforcement des relations commerciales entre Lomé et Pékin, la Chine ayant également mis en avant les mécanismes de facilitation des échanges agricoles et son régime tarifaire préférentiel à l’égard des pays africains.

    L’accord ne constitue pas une première entrée du soja togolais sur le marché chinois. Selon les données commerciales de la Banque mondiale reprises par les autorités togolaises, le Togo avait déjà exporté environ 293 tonnes de soja vers la Chine en 2023. Le nouveau dispositif doit permettre de développer ces échanges dans un cadre sanitaire formalisé.

    Cette perspective intervient alors que le soja s’est imposé parmi les filières agricoles les plus dynamiques du pays. La production nationale est passée de moins de 25 000 tonnes en 2015 à plus de 260 000 tonnes en 2025, selon les chiffres du Conseil interprofessionnel de la filière soja du Togo (CIFS-Togo). Pour la campagne 2026-2027, les professionnels visent 300 000 tonnes, avec une attention particulière portée au soja biologique, qui occupe une place importante dans les exportations vers l’Union européenne.

    La commercialisation repose sur une organisation associant producteurs, transformateurs et exportateurs. Pour la campagne 2025-2026, ces acteurs avaient fixé, sous la supervision du gouvernement, un prix plancher bord champ de 220 FCFA le kilogramme, contre 250 FCFA lors de la campagne précédente. L’objectif de commercialisation avait alors été établi à 200 000 tonnes.

    Le développement des débouchés internationaux s’accompagne toutefois d’une politique visant à retenir davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Depuis janvier 2026, les exportations de graines de soja sont soumises à une taxe destinée à encourager leur transformation locale. Les autorités souhaitent notamment soutenir les activités de trituration et de production d’huile et de tourteaux, utilisés dans l’industrie agroalimentaire et l’alimentation animale.

    Cette orientation se traduit par le développement d’unités industrielles sur la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), où des investissements ont été réalisés dans la transformation des matières premières agricoles. Le soja figure parmi les filières prioritaires de cette zone industrielle, qui entend renforcer les capacités nationales de production d’huile, de farine et d’autres produits dérivés.

    Pour les opérateurs togolais, le marché chinois représente ainsi un débouché supplémentaire, parallèlement aux exportations de soja biologique vers l’Europe et au développement de la transformation locale. Le protocole conclu à Pékin permet d’encadrer les conditions sanitaires des futures expéditions, tandis que les volumes commercialisés dépendront des contrats conclus avec les acheteurs et du respect des exigences applicables.

  • Sénégal : Suspension des importations de sucre prévue dès novembre 2026

    Sénégal : Suspension des importations de sucre prévue dès novembre 2026

    Le Sénégal prévoit de suspendre à nouveau ses importations de sucre à partir de novembre 2026, pour une durée de huit à neuf mois. Annoncée le 17 octobre par le ministère de l’Industrie et du Commerce, cette décision vise à favoriser l’écoulement de la production de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), dans un marché où la consommation nationale demeure supérieure aux capacités de production locales.

    La période de suspension sera ajustée en fonction de la disponibilité du sucre produit au Sénégal et des besoins du marché. Le ministère prévoit notamment de mettre fin à la délivrance des Déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA) pour le sucre dès la reprise effective des activités industrielles de la CSS. Les autorités entendent ainsi réserver une plus grande part du marché intérieur à l’entreprise, tout en maintenant un dispositif de surveillance de l’approvisionnement et des prix.

    La mesure intervient trois mois après la réouverture des importations, autorisée le 15 juillet 2026 pour prévenir les tensions d’approvisionnement, notamment à l’approche des grandes fêtes religieuses. À cette date, le gouvernement avait justifié sa décision par la diminution des stocks de la CSS et la nécessité de compléter l’offre nationale. Aucune nouvelle autorisation d’importation n’avait été accordée depuis le 15 décembre 2025, selon le communiqué ministériel de juillet.

    Le marché sénégalais du sucre présente en effet un déséquilibre structurel entre production et consommation. Les besoins nationaux sont évalués par le ministère à environ 25 000 tonnes par mois, soit près de 300 000 tonnes par an. La CSS, installée à Richard-Toll, dans le nord du pays, a produit 140 653 tonnes de sucre durant la campagne 2025-2026, selon le bilan présenté en juin. Cette quantité dépasse de quelque 1 200 tonnes son objectif initial, mais représente moins de la moitié de la consommation annuelle estimée.

    L’entreprise poursuit parallèlement ses investissements industriels pour augmenter ses capacités. Une nouvelle chaudière d’une capacité de 180 tonnes de vapeur par heure doit accompagner la prochaine campagne, tandis qu’une nouvelle ligne de diffusion vise à porter le traitement journalier de canne à sucre de 8 000 à 9 000 tonnes actuellement à plus de 12 000 tonnes. Ces équipements s’inscrivent dans la stratégie d’augmentation de la production nationale engagée par la CSS.

    Au moment de l’annonce du 17 octobre, les stocks de l’entreprise étaient évalués à environ 30 000 tonnes. Le gouvernement rappelle également l’obligation de maintenir un stock de sécurité correspondant à un mois de consommation nationale. La CSS a elle-même obtenu des autorisations d’importation pour compléter ses disponibilités, illustrant le recours aux approvisionnements extérieurs dans la régulation du marché.

    La question des prix demeure également importante. Le ministère reconnaît que le sucre importé est actuellement moins cher que le sucre produit localement, un différentiel qui complique la transition entre les deux sources d’approvisionnement. Les autorités assurent vouloir soutenir l’industrie nationale tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs.

    La nouvelle suspension doit entrer en vigueur avec la reprise des activités de production de la CSS en novembre. Le calendrier annoncé devrait ainsi couvrir l’essentiel de la prochaine campagne sucrière, avant une éventuelle réouverture des importations en fonction des stocks et des besoins de consommation.

  • Afrique subsaharienne : le FMI alerte sur l’impact économique d’un épisode El Niño

    Afrique subsaharienne : le FMI alerte sur l’impact économique d’un épisode El Niño

    Un épisode El Niño intense pourrait coûter 0,5 point de croissance à l’Afrique subsaharienne et provoquer une hausse supplémentaire de 2,6 points de l’inflation en 2027. Ces estimations figurent dans les nouvelles Perspectives économiques régionales du Fonds monétaire international (FMI), publiées le 15 octobre 2026. Elles mettent en évidence la vulnérabilité des économies africaines aux perturbations climatiques, particulièrement dans les pays où l’agriculture occupe une place importante.

    Le phénomène El Niño, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial, modifie les régimes de précipitations à l’échelle mondiale. En Afrique australe, ses épisodes les plus intenses sont généralement associés à des déficits pluviométriques susceptibles de réduire les rendements agricoles, notamment ceux du maïs.

    Le Malawi, le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe figurent parmi les pays particulièrement exposés. Une baisse des récoltes dans ces économies pourrait entraîner une contraction des disponibilités alimentaires, une augmentation des besoins d’importation et une pression supplémentaire sur les prix des denrées de base.

    Le risque climatique s’ajoute à celui du renchérissement des intrants. Selon les perspectives du FMI, les prix internationaux des engrais pourraient augmenter de 26 % en 2026 par rapport à 2025. Cette évolution accroît les coûts de production des exploitations agricoles et peut conduire les producteurs disposant de ressources limitées à réduire les quantités d’engrais utilisées.

    L’accumulation de ces pressions intervient alors que plusieurs économies africaines connaissent une reprise de leur croissance. Le FMI prévoit une progression de l’activité de 4,5 % en Afrique subsaharienne en 2026, mais souligne la fragilité de cette dynamique face aux chocs climatiques, aux tensions sur les prix et aux contraintes budgétaires.

    Une dégradation des récoltes pourrait également accentuer les besoins de dépenses publiques consacrées aux importations alimentaires, aux subventions et à l’assistance aux ménages vulnérables. Pour les pays disposant de marges budgétaires limitées, la combinaison d’une production agricole affaiblie et de prix alimentaires élevés représenterait une difficulté supplémentaire.

    Les estimations du FMI décrivent un scénario de risque et non des pertes déjà enregistrées. Elles soulignent néanmoins l’importance des investissements dans l’irrigation, les systèmes d’alerte climatique, la gestion des stocks alimentaires et les mécanismes de protection des producteurs face aux aléas météorologiques.

  • Côte d’Ivoire : 3,5 milliards FCFA mobilisés pour relancer les exportations de mangues

    Côte d’Ivoire : 3,5 milliards FCFA mobilisés pour relancer les exportations de mangues

    La Côte d’Ivoire engage une opération de reconquête du marché européen de la mangue. Suspendues depuis le 1er août 2026, les exportations vers l’Union européenne pourraient reprendre lors de la campagne 2027, à condition de satisfaire aux exigences phytosanitaires européennes. Pour y parvenir, le gouvernement a annoncé, le 15 octobre, un programme de 3,5 milliards FCFA destiné à lutter contre la mouche des fruits et à renforcer le contrôle de la filière.

    Présentées par le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, les mesures prévoient le traitement phytosanitaire de 20 000 hectares de vergers répartis dans neuf régions productrices. Plus de trois millions de pièges seront déployés avant la prochaine floraison afin de réduire la présence du ravageur, responsable des interceptions de cargaisons ivoiriennes sur le marché européen.

    Les autorités ont également engagé une réorganisation du dispositif d’exportation. Pour la campagne 2027, 15 exportateurs et neuf stations de conditionnement ont été écartés, tandis que 33 exportateurs et 34 stations ont été retenus. Les expéditions par voie aérienne sont suspendues et les exigences de traçabilité et de contrôle des marchandises sont renforcées.

    Une Cellule nationale de suivi et de sécurisation des exportations de mangues a par ailleurs été mise en place. La filière intègre désormais le dispositif de régulation du Conseil Coton-Anacarde-Karité. Le gouvernement prévoit également de soumettre à la Commission européenne une approche phytosanitaire révisée, accompagnée d’un audit indépendant.

    L’enjeu économique est considérable pour les bassins de production, notamment dans le nord du pays. La Côte d’Ivoire produit environ 180 000 tonnes de mangues par an, dont 35 000 tonnes sont destinées au marché européen. Celui-ci représente plus de 80 % des exportations nationales et génère plus de 7 milliards FCFA de revenus annuels pour les producteurs.

    La filière fait vivre près de 100 000 personnes, entre la production, le conditionnement, le transport et l’exportation. La suspension des expéditions vers l’Union européenne prive ainsi les opérateurs de leur principal débouché international et fragilise l’activité des stations de conditionnement.

    Le programme phytosanitaire et les nouvelles règles d’agrément doivent permettre de rétablir la conformité des expéditions ivoiriennes. La reprise effective des exportations en 2027 dépendra néanmoins de l’évaluation du dispositif par les autorités européennes.

  • Afrique de l’Ouest : la congestion du port d’Abidjan pénalise les exportations de coton

    Afrique de l’Ouest : la congestion du port d’Abidjan pénalise les exportations de coton

    Des milliers de tonnes de coton ouest-africain attendent toujours d’être expédiées depuis le port d’Abidjan, alors que la campagne cotonnière 2026-2027 s’ouvre dans la région. Depuis plusieurs mois, l’engorgement des installations portuaires ralentit les exportations et retarde les paiements aux opérateurs, fragilisant une filière déjà confrontée à une forte concurrence internationale.

    Selon une enquête diffusée par RFI, les délais d’expédition peuvent désormais atteindre trois mois, contre environ trois semaines en temps normal. Les difficultés se sont accentuées à partir de la fin du mois de mai, avec des navires immobilisés, des escales reportées, une disponibilité insuffisante des conteneurs et des problèmes d’accès aux terminaux pour les camions.

    Pour Ivoire Coton, les conséquences sont immédiates. L’entreprise fait état d’environ 3 000 tonnes de coton encore bloquées à Abidjan. Johanna Adotevi, directrice commerciale d’Ivoire Coton et de Faso Coton, explique que les retards d’embarquement empêchent l’encaissement des recettes correspondantes, avec des répercussions sur la trésorerie des entreprises.

    Les perturbations dépassent les frontières ivoiriennes, le port d’Abidjan constituant un débouché maritime pour le coton produit au Mali et au Burkina Faso. Les retards affectent ainsi les sociétés cotonnières, les égreneurs, les négociants et, indirectement, les producteurs dont les paiements dépendent de la bonne commercialisation de la fibre.

    Cette situation intervient dans un contexte commercial particulièrement concurrentiel. Le Brésil, devenu un fournisseur majeur des industries textiles asiatiques, exerce une pression croissante sur les parts de marché africaines. Au Bangladesh, l’un des principaux marchés d’importation de coton, la part de la zone franc africaine est passée de 40 % à 28 % au cours de la dernière campagne, selon les données évoquées lors des rencontres de l’Association française cotonnière, début octobre à Lille.

    Les difficultés logistiques risquent d’accentuer ce recul. Des négociants signalent déjà des annulations de contrats par des acheteurs indiens, tandis que les délais de livraison prolongés pourraient conduire certains clients à privilégier des fournisseurs capables d’expédier plus rapidement leurs marchandises.

    Au-delà des coûts supplémentaires de stockage et de transport, c’est donc la fiabilité commerciale du coton ouest-africain qui est en jeu. La normalisation des opérations portuaires sera particulièrement importante dans les prochains mois, alors que les opérateurs doivent écouler les stocks de la campagne précédente tout en préparant l’exportation de la nouvelle récolte.

  • Côte d’Ivoire : SAPH atteint 91 % de son objectif annuel de bénéfice dès septembre

    Côte d’Ivoire : SAPH atteint 91 % de son objectif annuel de bénéfice dès septembre

    La Société africaine de plantations d’hévéas (SAPH) aborde le dernier trimestre 2026 avec des résultats supérieurs à sa trajectoire prévisionnelle. À fin septembre, le premier producteur ivoirien de caoutchouc naturel affiche un bénéfice net de 9,7 milliards FCFA, représentant déjà 91 % de son objectif annuel de 10,67 milliards FCFA. Une performance portée par le net redressement de son activité au troisième trimestre.

    Entre juillet et septembre, SAPH a dégagé un bénéfice net de 7,5 milliards FCFA, en progression de 49 % par rapport à la même période de 2025. Son chiffre d’affaires trimestriel a augmenté de 14,5 %, pour atteindre 94,3 milliards FCFA. Cette accélération contraste avec les difficultés rencontrées au premier semestre.

    Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires cumulé s’établit à 232,5 milliards FCFA, en recul de 8 % sur un an. Le bénéfice net reste également inférieur de 58 % à celui enregistré à fin septembre 2025. Cette contraction s’explique notamment par la baisse de 9,5 % des volumes commercialisés, les tensions sur l’approvisionnement en matière première et les perturbations logistiques au port de San-Pédro.

    Le redressement du troisième trimestre intervient dans un environnement international plus favorable. Le cours moyen du caoutchouc TSR20 sur le marché de Singapour a atteint 2,13 dollars le kilogramme sur les neuf premiers mois de 2026, soit une progression proche de 20 % par rapport à la même période de 2025. L’appréciation des cours a contribué à soutenir les résultats, malgré les effets défavorables de l’évolution du taux de change.

    Sur le marché ivoirien, l’approvisionnement des usines demeure néanmoins un enjeu majeur. Le développement des capacités nationales de transformation intensifie la concurrence entre industriels pour l’achat de caoutchouc naturel auprès des producteurs. SAPH poursuit parallèlement ses investissements, notamment l’extension de son unité industrielle de Soubré.

    Au regard des résultats enregistrés à fin septembre, l’entreprise anticipe désormais un dépassement sensible de son objectif de bénéfice pour l’exercice 2026. Le dernier trimestre devra confirmer la dynamique de reprise observée depuis juillet, dans un contexte où les prix internationaux et la disponibilité de la matière première continueront de peser sur les performances industrielles.

  • Marietta Gonroudobou, la scientifique béninoise qui met la technologie au service de l’agriculture

    Marietta Gonroudobou, la scientifique béninoise qui met la technologie au service de l’agriculture

    Du Japon au Bénin, Marietta Gonroudobou a construit un parcours à la croisée de la recherche scientifique et de l’entrepreneuriat agricole.

    Titulaire d’un doctorat en sciences agronomiques obtenu en 2022 à l’Université d’Iwate, au Japon, elle s’est notamment intéressée aux systèmes de production végétale et à l’amélioration de la qualité des cultures. Ses recherches doctorales ont porté sur le rôle du bore dans l’apparition de microfissures sur les tomates, un phénomène qui affecte leur conservation et leur qualité commerciale.

    C’est pendant la pandémie de Covid-19 qu’elle lance Agro Hikari, initialement comme une communauté de partage de connaissances agricoles. Son ambition est de rapprocher les chercheurs, les professionnels du secteur et les producteurs africains.

    De retour au Bénin, elle développe cette initiative en une entreprise spécialisée dans l’agriculture de précision. Agro Hikari propose aujourd’hui des services de cartographie des parcelles, de suivi des cultures, d’analyse des sols et de pulvérisation ciblée par drone. Ces technologies visent à améliorer les décisions agricoles, optimiser l’utilisation des intrants et renforcer la productivité des exploitations.

    Son travail lui vaut plusieurs reconnaissances en 2026. En juin, elle intègre la sélection des 40 Top Agri-food Pioneers de la World Food Prize Foundation. Le 30 septembre, elle remporte à Cotonou le Prix panafricain Pierre Castel 2026, assorti d’une dotation totale de 35 000 euros et d’un programme d’accompagnement entrepreneurial.

    À travers Agro Hikari, Marietta Gonroudobou poursuit une ambition concrète : rendre les avancées scientifiques et technologiques accessibles aux agriculteurs africains.

  • Côte d’Ivoire : 60 millions de dollars mobilisés pour transformer les résidus de cajou

    Côte d’Ivoire : 60 millions de dollars mobilisés pour transformer les résidus de cajou

    Les coques de noix de cajou pourraient devenir une nouvelle source de valeur industrielle en Côte d’Ivoire. Le groupe Valency International a mobilisé 60 millions de dollars, soit environ 34 milliards FCFA, à travers une émission obligataire verte destinée à financer la transformation des résidus de l’anacarde en biocarburants, produits chimiques biosourcés et énergie renouvelable. L’opération a été annoncée le 15 octobre 2026 par Climate Bonds Initiative.

    Le financement bénéficie d’une garantie de 60 millions de dollars accordée par Green Guarantee Company. Structurée par HSBC et souscrite intégralement par l’investisseur britannique Legal & General, l’obligation doit être cotée à la Bourse de Vienne. Elle a obtenu la première certification délivrée selon les nouveaux critères de Climate Bonds Initiative applicables à la bioénergie.

    Les fonds contribueront au développement du Cashew Waste Value Park, un complexe industriel conçu pour valoriser les coques et autres sous-produits issus de la transformation des noix de cajou. À terme, les installations devraient traiter environ 90 000 tonnes de résidus par an et produire plusieurs catégories de produits à valeur ajoutée.

    Le projet prévoit notamment la fabrication d’huiles industrielles, de cardanol utilisé dans l’industrie chimique, de granulés combustibles, de biochar et de biofertilisants. Une unité de valorisation énergétique devrait également permettre de produire jusqu’à 5 mégawatts d’électricité renouvelable à partir du gaz issu du traitement des résidus.

    Cette opération s’inscrit dans un programme d’investissement plus large de 150 millions de dollars porté par Valency International pour développer un écosystème industriel intégré autour de l’anacarde en Côte d’Ivoire. Le groupe dispose déjà d’une usine de transformation de noix de cajou d’une capacité annuelle d’environ 45 000 tonnes, développée grâce à un investissement de 40 millions de dollars.

    La valorisation des coques représente un débouché complémentaire pour une filière historiquement tournée vers la commercialisation des noix brutes et, plus récemment, vers leur transformation locale. Elle permet d’envisager de nouvelles activités industrielles à partir de matières résiduelles, tout en réduisant les déchets générés par les unités de décorticage.

    Sur le plan environnemental, le programme pourrait éviter environ 880 000 tonnes d’émissions de CO₂ équivalent sur vingt ans, selon les estimations présentées par les partenaires financiers. Ces réductions attendues reposent notamment sur la limitation du brûlage des déchets et la substitution d’énergies fossiles par des combustibles renouvelables.

    L’investissement intervient alors que la Côte d’Ivoire poursuit son objectif de transformer localement 50 % de sa production de noix de cajou à l’horizon 2030. Le développement d’activités autour des sous-produits pourrait élargir la valeur ajoutée industrielle de la filière, au-delà de la seule commercialisation des amandes.