Afrique subsaharienne : le FMI alerte sur l’impact économique d’un épisode El Niño

Un épisode El Niño intense pourrait coûter 0,5 point de croissance à l’Afrique subsaharienne et provoquer une hausse supplémentaire de 2,6 points de l’inflation en 2027. Ces estimations figurent dans les nouvelles Perspectives économiques régionales du Fonds monétaire international (FMI), publiées le 15 octobre 2026. Elles mettent en évidence la vulnérabilité des économies africaines aux perturbations climatiques, particulièrement dans les pays où l’agriculture occupe une place importante.

Le phénomène El Niño, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial, modifie les régimes de précipitations à l’échelle mondiale. En Afrique australe, ses épisodes les plus intenses sont généralement associés à des déficits pluviométriques susceptibles de réduire les rendements agricoles, notamment ceux du maïs.

Le Malawi, le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe figurent parmi les pays particulièrement exposés. Une baisse des récoltes dans ces économies pourrait entraîner une contraction des disponibilités alimentaires, une augmentation des besoins d’importation et une pression supplémentaire sur les prix des denrées de base.

Le risque climatique s’ajoute à celui du renchérissement des intrants. Selon les perspectives du FMI, les prix internationaux des engrais pourraient augmenter de 26 % en 2026 par rapport à 2025. Cette évolution accroît les coûts de production des exploitations agricoles et peut conduire les producteurs disposant de ressources limitées à réduire les quantités d’engrais utilisées.

L’accumulation de ces pressions intervient alors que plusieurs économies africaines connaissent une reprise de leur croissance. Le FMI prévoit une progression de l’activité de 4,5 % en Afrique subsaharienne en 2026, mais souligne la fragilité de cette dynamique face aux chocs climatiques, aux tensions sur les prix et aux contraintes budgétaires.

Une dégradation des récoltes pourrait également accentuer les besoins de dépenses publiques consacrées aux importations alimentaires, aux subventions et à l’assistance aux ménages vulnérables. Pour les pays disposant de marges budgétaires limitées, la combinaison d’une production agricole affaiblie et de prix alimentaires élevés représenterait une difficulté supplémentaire.

Les estimations du FMI décrivent un scénario de risque et non des pertes déjà enregistrées. Elles soulignent néanmoins l’importance des investissements dans l’irrigation, les systèmes d’alerte climatique, la gestion des stocks alimentaires et les mécanismes de protection des producteurs face aux aléas météorologiques.

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