Auteur/autrice : agroMakers-api

  • Zimbabwe : Amalgamated Brands lance une introduction en Bourse de 20 millions de dollars

    Zimbabwe : Amalgamated Brands lance une introduction en Bourse de 20 millions de dollars

    Le groupe agroalimentaire zimbabwéen Amalgamated Brands entend mobiliser 20 millions de dollars à travers une introduction sur le Victoria Falls Stock Exchange (VFEX). Ouverte le 14 octobre 2026, l’opération doit notamment permettre de financer la modernisation de ses installations industrielles et de renforcer ses capacités de transformation alimentaire.

    Propriétaire de plusieurs marques de produits alimentaires, dont Cairns Foods, le groupe propose une offre combinant 5 millions de dollars d’actions nouvelles et 15 millions de dollars de titres cédés par son actionnaire existant, Takura Capital. Seule la première composante apportera directement de nouveaux capitaux à l’entreprise, le reste correspondant à une cession de participations.

    Sur les 5 millions de dollars attendus de l’émission d’actions nouvelles, environ 4,48 millions seront consacrés aux investissements industriels. Le programme prévoit notamment l’installation d’une ligne de production de biscuits, le développement d’une unité de transformation de haricots et l’intégration d’équipements solaires pour réduire les coûts énergétiques.

    Ces investissements doivent accompagner la diversification des activités du groupe et l’augmentation de ses capacités de production. Ils interviennent dans un environnement où les industriels agroalimentaires zimbabwéens restent confrontés à des coûts élevés d’exploitation, notamment pour l’énergie, les équipements et les matières premières.

    L’introduction sur le VFEX offre également à Amalgamated Brands une nouvelle possibilité de mobilisation de capitaux auprès d’investisseurs. Basée à Victoria Falls, cette place boursière permet la cotation et les transactions en devises étrangères, un mécanisme particulièrement recherché par les entreprises souhaitant financer leur développement dans un contexte de volatilité monétaire.

  • Afrique : le programme FARM+ s’étend à cinq nouveaux pays africains

    Afrique : le programme FARM+ s’étend à cinq nouveaux pays africains

    Cinq nouveaux pays africains vont rejoindre le programme international FARM, consacré à la réduction des pesticides dangereux et à la promotion de pratiques agricoles plus durables. Le Bénin, l’Égypte, la Gambie, le Ghana et le Nigeria figurent parmi les huit pays retenus pour la deuxième phase de cette initiative, annoncée le 15 octobre 2026 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

    Baptisée FARM+, cette nouvelle phase doit démarrer en 2027. Elle vise à accélérer l’adoption de solutions de remplacement aux pesticides les plus dangereux, tout en réduisant les pollutions agricoles et leurs conséquences sur les sols, les ressources en eau et la santé des populations.

    Le programme prévoit notamment de soutenir le développement des biopesticides, la gestion intégrée des ravageurs et l’adoption de techniques de production limitant le recours aux substances chimiques à risque. Il entend également faciliter l’accès des agriculteurs à des solutions adaptées aux conditions locales, en associant les pouvoirs publics, les entreprises et les acteurs de la recherche.

    Cette extension s’inscrit dans la continuité de la première phase de FARM, lancée en 2024. Les deux programmes représentent ensemble plus d’un milliard de dollars de financements et de cofinancements à l’échelle mondiale. Cette enveloppe couvre l’ensemble des pays participants et ne correspond donc pas à une allocation exclusivement destinée aux cinq nouveaux bénéficiaires africains.

    Au-delà des pratiques agricoles, FARM+ doit contribuer à renforcer les dispositifs nationaux de gestion des pesticides et à développer les marchés des alternatives moins dangereuses. L’accompagnement des producteurs et la disponibilité de solutions économiquement accessibles constitueront des enjeux importants pour leur adoption à grande échelle.

    Pour les cinq pays africains concernés, le démarrage du programme en 2027 ouvrira une nouvelle phase de coopération autour de la réduction des risques chimiques dans l’agriculture, avec des interventions appelées à être adaptées aux priorités et aux filières de chaque pays.

  • Nigeria : 85 millions d’euros pour développer les filières cacao et lait

    Nigeria : 85 millions d’euros pour développer les filières cacao et lait

    Les filières cacao et lait nigérianes bénéficieront d’un nouveau dispositif de financement de 85 millions d’euros, soit près de 56 milliards FCFA, porté par la Banque européenne d’investissement (BEI) et First City Monument Bank (FCMB). Annoncé le 14 octobre 2026, ce partenariat vise à faciliter l’accès au crédit des entreprises agroalimentaires et à soutenir le développement de leurs capacités de production et de transformation.

    Au moins 70 % de cette enveloppe seront consacrés aux activités liées au cacao et aux produits laitiers. Les financements cibleront notamment les entreprises de transformation, les coopératives agricoles et les opérateurs engagés dans la structuration des chaînes d’approvisionnement. Une attention particulière sera accordée aux investissements permettant d’améliorer la qualité des produits, la traçabilité et l’accès aux marchés.

    Dans la filière cacao, le dispositif doit accompagner les coopératives et les entreprises souhaitant moderniser leurs équipements, renforcer leurs capacités de transformation et répondre aux exigences des acheteurs internationaux. Le Nigeria figure parmi les principaux producteurs africains de cacao, mais une part importante de sa production continue d’être exportée sous forme de fèves, limitant la valeur ajoutée captée localement.

    Le volet laitier constitue une autre priorité. Les ressources mobilisées doivent soutenir les investissements dans la collecte, la conservation et la transformation du lait, alors que le pays reste fortement dépendant des importations de produits laitiers. Cette opération marque également la première intervention de BEI Monde dans la filière laitière en dehors de l’Union européenne.

    Au-delà du financement, la BEI prévoit un accompagnement technique destiné à renforcer les pratiques environnementales et sociales des entreprises bénéficiaires. Il portera notamment sur la gestion des risques, la durabilité des chaînes d’approvisionnement et l’amélioration des standards de production.

    Ce partenariat s’inscrit dans les initiatives européennes de financement du secteur privé africain, notamment dans le cadre de Global Gateway. Pour FCMB, il doit permettre d’élargir l’offre de crédits à destination des entreprises agricoles, dont les besoins en capitaux restent importants pour financer les équipements, les infrastructures et les opérations de transformation.

    Les premiers résultats dépendront désormais de la mobilisation effective des ressources et de leur distribution aux entreprises et coopératives éligibles.

  • Côte d’Ivoire : un nouveau décret encadre les périodes de repos biologique dans la pêche

    Côte d’Ivoire : un nouveau décret encadre les périodes de repos biologique dans la pêche

    La Côte d’Ivoire renforce les règles de protection de ses ressources halieutiques. Un décret adopté en Conseil des ministres le 14 octobre 2026 encadre désormais les périodes de repos biologique dans les eaux maritimes, lagunaires et lacustres. Durant ces fermetures temporaires, les activités de pêche sont interdites afin de favoriser la reproduction des espèces et la reconstitution des stocks.

    Pris en application de la loi du 26 juillet 2016 relative à la pêche et à l’aquaculture, le texte concerne les navires industriels, les embarcations artisanales et les pêcheurs individuels. Il établit un cadre réglementaire pour organiser les suspensions d’activité dans les zones et aux périodes définies par les autorités compétentes.

    Le repos biologique est déjà pratiqué en Côte d’Ivoire, notamment dans la pêche maritime. Le nouveau décret vient toutefois renforcer son encadrement juridique et étendre son application aux différents milieux aquatiques concernés. Il intervient dans un contexte de pression sur les ressources halieutiques, liée notamment à l’intensité des captures et à la dégradation de certains habitats.

    Ces fermetures temporaires doivent permettre aux populations de poissons de se renouveler, tout en contribuant à préserver les capacités de production du secteur. Leur efficacité reposera sur le respect des périodes d’interdiction, la surveillance des zones de pêche et l’adaptation des mesures aux cycles biologiques des espèces.

    Pour les pêcheurs et les opérateurs de commercialisation, le dispositif implique néanmoins des interruptions d’activité susceptibles d’affecter temporairement les revenus et l’approvisionnement des marchés. La définition des calendriers et l’information des professionnels seront donc essentielles pour faciliter son application.

  • Aquaculture : l’UE revoit les conditions d’accès à son marché pour trois pays africains

    Aquaculture : l’UE revoit les conditions d’accès à son marché pour trois pays africains

    L’Union européenne revoit les conditions d’importation de plusieurs produits aquacoles africains. Un règlement adopté le 14 octobre 2026 par la Commission européenne élargit les autorisations accordées à l’Égypte, tout en supprimant certaines autorisations dont bénéficiaient le Mozambique et la Tanzanie. Les nouvelles dispositions entreront en vigueur le 4 novembre prochain.

    Pour l’Égypte, le règlement ouvre davantage le marché européen aux poissons d’élevage, à leurs produits dérivés et aux crustacés. Cette décision fait suite à l’évaluation favorable du dispositif national de surveillance des résidus de substances pharmacologiquement actives, des pesticides et des contaminants. Elle concrétise une avancée annoncée plusieurs mois auparavant par les autorités égyptiennes.

    L’élargissement des autorisations pourrait favoriser les exportations de la filière aquacole égyptienne, sous réserve du respect des autres exigences sanitaires européennes, notamment celles relatives aux établissements de production et de transformation agréés.

    Le Mozambique connaît une évolution inverse. La Commission européenne lui retire son autorisation d’exportation de produits aquacoles, estimant insuffisantes les garanties fournies concernant le contrôle des résidus et contaminants.

    En Tanzanie, la suppression de l’autorisation concerne uniquement les crustacés d’élevage. Elle intervient après que les autorités nationales ont indiqué ne plus produire cette catégorie de produits. Contrairement au Mozambique, la modification ne découle donc pas d’une insuffisance identifiée du système de contrôle sanitaire.

    Par ailleurs, les nouvelles dispositions ne remettent pas automatiquement en cause les exportations de produits issus de la pêche sauvage, soumises à des règles distinctes.

    Pour les filières aquacoles africaines, ces décisions rappellent le poids des exigences sanitaires dans les échanges internationaux. L’accès au marché européen dépend notamment de la capacité des pays exportateurs à maintenir des dispositifs de surveillance conformes aux normes communautaires. Les investissements dans les laboratoires, la traçabilité et les systèmes de contrôle deviennent ainsi essentiels pour préserver les débouchés commerciaux et accompagner le développement de l’aquaculture.

  • Côte d’Ivoire – 94,49 millions FCFA pour soutenir les productrices de karité

    Côte d’Ivoire – 94,49 millions FCFA pour soutenir les productrices de karité

    Les productrices ivoiriennes de karité vont bénéficier d’un appui matériel et financier de 94,49 millions FCFA, annoncé le 13 octobre 2026 par la Première Dame Dominique Ouattara, à l’ouverture du premier Salon national du karité à Abidjan. Cette contribution comprend 74,49 millions FCFA d’équipements destinés à améliorer la transformation artisanale et semi-industrielle, ainsi qu’une enveloppe de 20 millions FCFA pour soutenir les activités génératrices de revenus.

    Les équipements comprennent notamment des dépelliculeuses, des concasseurs, des torréfacteurs améliorés, des presses, des moulins et des barattes. Quatre unités de transformation de l’amande en beurre de karité sont destinées à six groupements féminins, auxquels s’ajoutent 14 tricycles pour faciliter le transport des produits. Les bénéficiaires se trouvent principalement dans les régions de la Bagoué, du Tchologo et du Bounkani, au nord du pays.

    Cette initiative concerne une filière dont plus de 152 000 personnes tirent leurs moyens de subsistance, en majorité des femmes. La Côte d’Ivoire a produit environ 60 000 tonnes d’amandes de karité en 2025. Pour la campagne 2025-2026, le circuit formel de commercialisation a enregistré 51 697 tonnes d’amandes, tandis que les exportations de beurre de karité ont atteint 14 078 tonnes à destination de 13 pays. Les autorités recensent également 21 unités de transformation et 32 exportateurs dans la filière.

    Ces performances s’inscrivent dans un cadre réglementaire récemment renforcé. Depuis août 2026, le prix minimum bord-champ de l’amande est fixé à 250 FCFA/kg, contre 275 FCFA/kg en magasin intérieur et 305 FCFA/kg à l’entrée des usines. Les achats sont réservés aux unités de transformation agréées, et les exportations terrestres d’amandes sont interdites afin de privilégier leur valorisation sur le territoire national.

  • Côte d’Ivoire – Une ristourne de 10 FCFA/kg instaurée pour les coopératives d’hévéa

    Côte d’Ivoire – Une ristourne de 10 FCFA/kg instaurée pour les coopératives d’hévéa

    Les coopératives de producteurs d’hévéa en Côte d’Ivoire bénéficient désormais d’une ristourne de 10 FCFA par kilogramme de caoutchouc livré aux usines. La mesure, entrée en vigueur le 13 octobre 2026, s’accompagne d’un mécanisme de compensation des frais de transport pouvant atteindre 30 FCFA/kg. Ces nouvelles dispositions ont été instituées par le Conseil Hévéa-Palmier à huile-Coco (CHPC), à la suite d’une réunion d’évaluation des pratiques commerciales tenue le 8 octobre à Abidjan.

    La ristourne concerne exclusivement les coopératives agricoles de production inscrites sur la liste communiquée par le régulateur au début de chaque campagne. Elle s’applique aux volumes livrés directement aux ponts-bascules des usines de transformation. Les livraisons effectuées aux ponts avancés, utilisés comme points de collecte intermédiaires, ne donnent pas droit à cet avantage.

    Le CHPC introduit parallèlement un différentiel de transport destiné à prendre en charge une partie des frais supportés par les fournisseurs entre les ponts privés agréés ou homologués et les usines. Trois plafonds ont été fixés selon la distance parcourue : 10 FCFA/kg pour moins de 100 kilomètres, 20 FCFA/kg entre 100 et 200 kilomètres et 30 FCFA/kg au-delà de 200 kilomètres. Les montants effectivement versés seront négociés entre les usiniers et leurs fournisseurs.

    Le régulateur a également étendu à l’ensemble des circuits de livraison le bénéfice du bonus commercial prévu par sa décision du 29 avril 2026, issue d’un accord interprofessionnel conclu en février. Cette harmonisation concerne les ponts-bascules des usines, les ponts avancés et les installations privées agréées ou homologuées.

    Ces ajustements interviennent dans un contexte de hausse des prix du caoutchouc naturel. Pour octobre 2026, le prix d’achat de référence publié par l’APROMAC s’établit à 526 FCFA/kg, contre 349 FCFA/kg en octobre 2025, soit une progression d’environ 51 %. En juin dernier, les autorités avaient également annoncé la suppression d’une décote de 2 FCFA/kg et le relèvement de 63 % à 66 % de la part des producteurs dans le prix de référence net.

    Le respect des nouvelles règles sera contrôlé par le CHPC. Les opérateurs contrevenants s’exposent notamment à une suspension immédiate de leurs activités pour une durée minimale d’un mois, en plus des sanctions financières prévues par la réglementation.

  • Ghana – Le gouvernement veut mobiliser 100 000 hectares pour développer la filière palmier à huile

    Ghana – Le gouvernement veut mobiliser 100 000 hectares pour développer la filière palmier à huile

    Au Ghana, le gouvernement cherche à accélérer le développement de la filière palmier à huile en mobilisant 100 000 hectares de nouvelles plantations. Le président John Dramani Mahama a réaffirmé cette ambition le 13 octobre 2026, lors d’une rencontre avec les autorités traditionnelles de la région Western North. Il les a notamment encouragées à investir directement dans les plantations plutôt qu’à se limiter à la mise à disposition de terres.

    Cette orientation s’inscrit dans la politique nationale de développement intégré du palmier à huile pour la période 2026-2032. Présenté dans le budget 2026, le programme vise à réduire les importations d’huile de palme, à renforcer l’approvisionnement des industries locales et à créer jusqu’à 250 000 emplois directs et indirects dans l’ensemble de la chaîne de valeur.

    Le Ghana dispose d’une importante industrie de transformation des huiles végétales, mais sa production nationale reste insuffisante pour répondre à la demande. L’initiative présidentielle Red Gold estimait en 2025 le déficit d’approvisionnement en huile de palme à environ 150 000 tonnes par an. Cette situation oblige les transformateurs à recourir aux importations, alors que certaines unités industrielles disposent de capacités de traitement sous-utilisées.

    Pour soutenir l’expansion des plantations, le gouvernement prévoit la création d’un mécanisme de financement de 500 millions de dollars, associant notamment des institutions de financement du développement. Le dispositif envisagé proposerait des prêts de long terme, avec une période de grâce de cinq ans et une couverture pouvant atteindre 70 % du coût des projets. Il doit également favoriser l’intégration des petits producteurs grâce à des partenariats avec les exploitations industrielles.

    La question foncière occupe une place centrale dans cette stratégie. En septembre 2026, le ministère des Finances a lancé une procédure de recrutement pour accompagner la constitution d’une réserve initiale de 100 000 hectares de terres adaptées, juridiquement sécurisées et susceptibles d’accueillir des investissements. Les travaux prévus comprennent la cartographie des terrains, l’évaluation environnementale et les consultations avec les propriétaires et les communautés locales.

    Le développement de l’hévéaculture figure également parmi les priorités évoquées par le président Mahama pour la région Western North. Cette diversification des plantations industrielles s’inscrit dans une stratégie plus large de création d’emplois agricoles, présentée notamment comme une alternative économique à l’exploitation minière illégale.

    Au-delà des nouvelles superficies, les autorités ghanéennes entendent améliorer les rendements des plantations existantes, développer les pépinières de plants sélectionnés et renforcer les capacités de raffinage. La Tree Crops Development Authority et l’Oil Palm Research Institute doivent notamment intervenir dans la structuration de la filière et l’amélioration du matériel végétal.

  • Afrique australe : les prix du maïs repartent à la hausse malgré des récoltes abondantes

    Afrique australe : les prix du maïs repartent à la hausse malgré des récoltes abondantes

    Les prix du maïs ont poursuivi leur progression en septembre 2026 sur plusieurs marchés d’Afrique australe, malgré l’amélioration des disponibilités céréalières après les récoltes de l’année. D’après les données de suivi des prix alimentaires de la FAO, cette tendance concerne notamment l’Afrique du Sud, la Zambie et le Malawi, trois pays dont les marchés sont étroitement liés par les échanges régionaux de céréales.

    En Afrique du Sud, les prix de gros du maïs blanc et du maïs jaune ont augmenté pour le troisième mois consécutif. Ce mouvement succède à plusieurs mois de baisse, favorisés par une récolte nationale record en 2026. Les volumes disponibles restent importants, mais les cours ont commencé à intégrer les tensions observées sur les marchés internationaux et les perspectives de production pour la prochaine campagne.

    Le maïs blanc occupe une place centrale dans l’alimentation des ménages sud-africains, tandis que le maïs jaune est principalement destiné à l’alimentation animale. L’évolution de leurs prix concerne donc à la fois les industries de transformation céréalière, les fabricants d’aliments pour animaux et les filières d’élevage.

    La remontée des cours intervient alors que les perspectives météorologiques pour la campagne 2026-2027 suscitent des inquiétudes. Le développement d’un épisode El Niño pourrait entraîner des précipitations inférieures à la normale dans certaines zones de production d’Afrique australe. Les opérateurs anticipent notamment les conséquences possibles d’une réduction des récoltes et d’une augmentation des besoins d’importation des pays voisins.

    L’Afrique du Sud joue un rôle important dans l’approvisionnement régional en maïs. Ses exportations alimentent notamment les marchés du Zimbabwe, du Botswana, de la Namibie et du Mozambique. Les cours sud-africains constituent ainsi une référence pour les négociants et les importateurs de plusieurs pays de la sous-région.

    En Zambie, le prix moyen national du maïs a enregistré en septembre sa première hausse mensuelle depuis février 2026. Cette évolution intervient après une longue période de repli des cours, liée au redressement de la production nationale. En août, les prix avaient atteint leur plus bas niveau depuis janvier 2023 et se situaient 57 % en dessous du sommet enregistré en février 2025.

    La Zambie bénéficie également d’une amélioration de ses disponibilités céréalières, après une récolte 2026 supérieure à la moyenne. Le pays avait été fortement affecté par la sécheresse de 2024, qui avait réduit la production et contribué à une forte hausse des prix alimentaires. Le redressement de l’offre a depuis permis de détendre le marché intérieur et de reconstituer les possibilités d’approvisionnement régional.

    Au Malawi, les prix de détail du maïs ont augmenté pour le troisième mois consécutif en septembre. La hausse reste toutefois contenue par l’amélioration de la récolte nationale et les importations réalisées au cours de l’année. Le pays demeure sensible à l’évolution des prix zambiens, qui influencent le coût d’une partie de ses approvisionnements.

    Les variations de change jouent également un rôle dans ces échanges. L’affaiblissement du kwacha malawite face à la monnaie zambienne renchérit les achats de céréales en provenance de Zambie, même lorsque les disponibilités physiques sont importantes.

    Malgré ces augmentations mensuelles, les prix du maïs restent généralement inférieurs à leurs niveaux de l’année précédente dans les principaux pays producteurs de la sous-région. Les récoltes abondantes de 2026 continuent de limiter la progression des cours, tandis que les anticipations climatiques pour 2027 commencent à peser sur les décisions des opérateurs commerciaux.

  • Banque mondiale–FIDA : un nouvel accord pour renforcer le financement agricole

    Banque mondiale–FIDA : un nouvel accord pour renforcer le financement agricole

    La Banque mondiale et le Fonds international de développement agricole (FIDA) ont signé, le 13 octobre 2026, un nouvel accord-cadre de cofinancement destiné à renforcer leurs investissements conjoints dans les économies rurales et les systèmes agroalimentaires. Conclu pour une durée initiale de cinq ans, cet accord intervient alors que les financements mobilisés conjointement par les deux institutions ont plus que doublé en quatre ans.

    Le volume de cofinancement est passé de 646 millions de dollars en 2021 à 1,56 milliard de dollars en 2025, soit une progression de 141 %. Cette évolution traduit le renforcement de leur coopération dans le financement des infrastructures rurales, des chaînes de valeur agricoles et des programmes destinés aux petits exploitants.

    Le nouvel accord vise notamment à harmoniser les procédures de passation des marchés, de gestion financière et de décaissement des projets. Ces dispositions concernent directement les opérations financées par les deux institutions, qui doivent actuellement répondre à des exigences administratives et opérationnelles parfois différentes.

    La Banque mondiale et le FIDA disposent de modèles d’intervention complémentaires. La première finance des programmes de développement de grande envergure, notamment dans les infrastructures, les politiques publiques et l’amélioration des systèmes alimentaires. Le FIDA concentre davantage ses interventions sur les populations rurales, les exploitations familiales, les organisations de producteurs et l’accès aux financements agricoles.

    Cette coopération prend une importance particulière en Afrique subsaharienne, où les besoins d’investissement concernent simultanément l’irrigation, les infrastructures de stockage, la mécanisation, les services agricoles et la transformation locale. Les financements concessionnels et les dons des partenaires au développement y occupent une place importante, notamment pour les investissements dont la rentabilité financière immédiate reste limitée.

    Le renforcement des cofinancements s’inscrit également dans l’évolution de la stratégie agricole de la Banque mondiale. À travers son initiative AgriConnect, l’institution cherche à développer les investissements dans les systèmes agroalimentaires en associant davantage les capitaux publics, les institutions de développement et le secteur privé.

    Le FIDA intervient pour sa part dans de nombreux programmes africains portant sur l’accès aux marchés, l’organisation des filières, les infrastructures productives et la résilience des exploitations. La coordination avec la Banque mondiale permet notamment d’associer des interventions ciblées sur les producteurs à des investissements de plus grande ampleur dans les infrastructures et les services.

    L’accord signé le 13 octobre ne prévoit pas de nouvelle enveloppe financière globale. Il établit plutôt un cadre opérationnel commun pour les futurs projets cofinancés, tandis que les montants de 646 millions et 1,56 milliard de dollars correspondent aux volumes de coopération enregistrés respectivement en 2021 et 2025.