Auteur/autrice : agroMakers-api

  • Le Ghana lève 3,39 milliards de cedis pour financer ses achats de cacao

    Le Ghana lève 3,39 milliards de cedis pour financer ses achats de cacao

    Le Ghana commence à tester son nouveau modèle de financement domestique du cacao. Cocoa Capital PLC, véhicule financier entièrement détenu par le Ghana Cocoa Board, a mobilisé 3,39 milliards de cedis lors de la première émission de billets de trésorerie destinée à soutenir les achats de fèves de la campagne 2026-2027.

    L’opération portait initialement sur 4 milliards de cedis. Le montant finalement levé représente donc environ 85% de l’objectif. Les titres ont une maturité de 266 jours et offrent aux investisseurs un rendement de 11 pour cent.

    Cette première levée s’inscrit dans un programme beaucoup plus large de 16,3 milliards de cedis lancé par Cocoa Capital. Sur ce montant, 14 milliards doivent être mobilisés sous forme de billets de trésorerie pour répondre aux besoins de liquidité liés aux achats de cacao. Les 2,3 milliards restants doivent provenir d’obligations à moyen et long terme afin de restructurer une partie des anciennes dettes de COCOBOD.

    Le Ghana cherche ainsi à réduire sa dépendance à des mécanismes de financement extérieur qui ont longtemps soutenu les campagnes cacaoyères. Pendant plusieurs décennies, COCOBOD levait chaque année des prêts syndiqués auprès de banques internationales avant le début de la campagne. Ce modèle s’est progressivement fragilisé, tandis que les difficultés de financement ont contribué à des retards de paiement et à des tensions de trésorerie chez les acheteurs.

    Le nouveau dispositif repose davantage sur le marché financier ghanéen. Les remboursements doivent être sécurisés par les recettes issues de contrats de vente à terme de cacao transférées à Cocoa Capital et versées sur des comptes dédiés.

    Cette architecture doit permettre de rapprocher les levées de fonds des besoins réels de la campagne et d’échelonner les émissions en fonction des conditions de marché. Après cette première tranche, deux autres opérations sont prévues afin d’atteindre progressivement les 14 milliards de cedis destinés aux achats.

    Le montant inférieur à l’objectif initial constitue néanmoins un premier indicateur à surveiller. La capacité des prochaines émissions à attirer suffisamment de capitaux dira dans quelle mesure le marché domestique peut prendre durablement le relais du financement international dans une filière centrale pour l’économie ghanéenne.

  • Le Bénin mobilise 9,8 milliards de FCFA pour renforcer ses filières agricoles

    Le Bénin mobilise 9,8 milliards de FCFA pour renforcer ses filières agricoles

    Le Bénin va consacrer près de 9,8 milliards de FCFA à plusieurs filières agricoles dans le cadre de nouveaux financements conclus avec l’Agence Française de Développement. L’effort porte principalement sur la pisciculture, mais prévoit également des investissements dans l’aviculture, la cuniculture et les productions végétales riches en protéines et en huiles.

    La plus importante enveloppe atteint 6,6 milliards de FCFA, soit environ 10 millions d’euros. Elle sera mobilisée pour développer la pisciculture dans dix communes de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga. Banikoara, Gogounou, Kandi, Kérou, Kouandé, Péhunco, Bassila, Copargo, Djougou et Ouaké figurent parmi les territoires concernés.

    L’intervention doit couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production d’alevins jusqu’à la commercialisation du poisson. Le gouvernement veut notamment augmenter la production nationale tout en améliorant la qualité des produits disponibles sur le marché.

    La pisciculture constitue un enjeu important dans un pays où la demande en produits halieutiques reste élevée. Le développement du secteur se heurte encore à plusieurs contraintes, notamment l’accès à des alevins performants, le coût de l’alimentation et les capacités limitées de certaines exploitations. Ces difficultés réduisent la rentabilité d’une partie des fermes piscicoles et freinent l’expansion de la production locale.

    Un financement complémentaire d’environ 3,3 milliards de FCFA, correspondant à 5 millions d’euros, accompagnera les investissements productifs dans quatre autres filières. Seize communes du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou doivent bénéficier de cette seconde enveloppe.

    Cette diversification permettra d’agir simultanément sur plusieurs productions alimentaires. L’aviculture et la cuniculture peuvent contribuer à renforcer l’offre locale en protéines animales, tandis que les filières protéagineuses et oléagineuses présentent un intérêt à la fois pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale et la transformation agroalimentaire.

    Les conventions ont été conclues à Paris le 5 octobre dans le cadre de la visite du président Romuald Wadagni en France. Leur mise en œuvre sera désormais déterminante pour transformer les financements mobilisés en capacités de production supplémentaires dans les communes ciblées.

  • La Côte d’Ivoire mise sur l’IA pour mieux suivre ses terres

    La Côte d’Ivoire mise sur l’IA pour mieux suivre ses terres

    La Côte d’Ivoire veut renforcer sa capacité à observer l’évolution de ses terres et de ses écosystèmes grâce aux données satellitaires et à l’intelligence artificielle. Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique a signé un accord-cadre de 24 mois avec l’entreprise technologique ivoirienne TerraKora AI pour développer de nouveaux outils nationaux de mesure et de suivi environnemental.

    Le dispositif doit combiner observation de la Terre, analyse géospatiale, intelligence artificielle et données collectées sur le terrain. L’objectif est de produire des informations plus régulières sur l’occupation des sols, l’évolution du couvert végétal et les changements observés dans les espaces naturels et agricoles.

    L’accord prévoit également le développement d’outils numériques de mesure, rapportage et vérification. Cette approche doit notamment améliorer l’estimation des stocks de carbone et permettre de mesurer plus précisément les effets des programmes de restauration des terres ou de séquestration du carbone.

    L’intérêt pour le secteur agricole est important. Une meilleure connaissance des parcelles et de leur environnement peut renforcer progressivement la traçabilité des chaînes de valeur et documenter les pratiques agroforestières. Le cacao est particulièrement concerné, mais les mêmes outils peuvent intéresser à terme d’autres grandes filières ivoiriennes comme le café, l’anacarde ou l’hévéa.

    Le calendrier européen renforce cette dimension. À compter du 30 décembre 2026, les grands et moyens opérateurs concernés par le règlement européen contre la déforestation devront notamment être en mesure de démontrer que les produits mis sur le marché européen répondent aux exigences de non-déforestation. Pour le cacao ivoirien, la qualité des données géographiques et environnementales devient donc un enjeu commercial autant qu’environnemental.

    Le partenariat doit aussi contribuer à construire une infrastructure nationale de données environnementales et à renforcer les capacités locales en matière de technologies géospatiales. La Côte d’Ivoire cherche parallèlement à développer un marché carbone reposant sur des données suffisamment robustes pour mesurer et vérifier les réductions d’émissions.

    L’accord reste toutefois un cadre de coopération. Son impact dépendra désormais du déploiement effectif des outils, de leur intégration aux systèmes publics existants et de leur capacité à produire des données utilisables par les acteurs des filières agricoles.

  • L’Angola accélère le financement de son usine d’engrais de Soyo

    L’Angola accélère le financement de son usine d’engrais de Soyo

    L’Angola franchit une nouvelle étape dans le développement de son futur complexe d’engrais de Soyo. Afreximbank prévoit de finaliser d’ici la fin octobre un financement d’environ 1,3 milliard de dollars destiné au projet Amufert, dont la construction est déjà engagée dans la province du Zaïre.

    Le calendrier a été annoncé le 3 octobre par le président d’Afreximbank, George Elombi, après une rencontre avec le président angolais João Lourenço en marge du Forum Afrique-El Alamein en Égypte. La banque panafricaine accompagne le projet depuis 2024 et intervient comme arrangeur principal de son financement.

    Amufert doit transformer le gaz naturel angolais en ammoniac et en urée. Le complexe est conçu pour produire 2 300 tonnes d’ammoniac et 4 000 tonnes d’urée par jour, soit environ 1,3 million de tonnes d’urée par an à pleine capacité. L’investissement global est désormais estimé à environ 2,6 milliards de dollars.

    Le projet a déjà quitté la phase préparatoire. À fin juillet, environ 477 millions de dollars avaient été décaissés. Les travaux de préparation du terrain, les fondations et plusieurs infrastructures de support ont été réalisés, tandis que les premiers équipements industriels ont commencé à arriver sur le site. La fabrication des équipements critiques destinés aux unités de production est également avancée.

    Pour l’Angola, l’enjeu dépasse la construction d’une nouvelle unité industrielle. Le pays importe encore plus de 300 000 tonnes d’urée par an pour répondre à ses besoins. Avec une capacité largement supérieure à cette demande, l’usine pourrait couvrir le marché intérieur et dégager un excédent destiné aux exportations régionales.

    Le projet doit aussi renforcer la valorisation locale du gaz naturel et réduire les sorties de devises liées aux importations d’engrais. Son implantation à Soyo offre un accès au gaz, à l’énergie et aux infrastructures portuaires. Un convoyeur d’environ huit kilomètres doit notamment relier le complexe au port pour faciliter l’expédition de la production.

    La finalisation du financement constitue désormais l’une des étapes décisives pour sécuriser la poursuite du chantier.

  • L’Inde enquête sur 381 000 tonnes de soja attribuées au Niger

    L’Inde enquête sur 381 000 tonnes de soja attribuées au Niger

    Un flux commercial inhabituel entre l’Afrique de l’Ouest et l’Inde suscite désormais l’attention des douanes indiennes. Les autorités enquêtent sur près de 381 000 tonnes de soja enregistrées comme provenant du Niger au cours des sept premiers mois de 2026, alors que le pays dispose d’une capacité de production extrêmement faible pour cette culture.

    Les chiffres donnent la mesure de l’anomalie. L’Inde a importé 909 606 tonnes de soja entre janvier et juillet 2026, contre seulement 1 996 tonnes sur la même période un an plus tôt.

    Sur ce total, 380 868 tonnes ont été déclarées comme originaires du Niger, qui est ainsi devenu sur le papier le premier fournisseur du marché indien.

    Cette progression est d’autant plus surprenante que les volumes de soja produits au Niger sont sans commune mesure avec les quantités expédiées. Les estimations utilisées dans la filière situent la production nationale à moins de 100 tonnes par an.

    À l’inverse, le Nigeria voisin dispose d’une industrie du soja beaucoup plus développée et figure parmi les principaux producteurs africains.

    Les douanes indiennes cherchent désormais à déterminer si une partie des cargaisons n’aurait pas été produite au Nigeria avant d’être déclarée comme nigérienne. L’enjeu est principalement douanier.

    Le Niger bénéficie d’un accès préférentiel au marché indien en raison de son statut de pays parmi les moins avancés. Les importations répondant aux critères d’origine peuvent ainsi entrer sans droits de douane.

    Si les cargaisons concernées sont finalement considérées comme provenant d’un pays non éligible à ce régime, les importateurs pourraient devoir acquitter un droit pouvant atteindre 45 pour cent. Les autorités demandent donc des documents supplémentaires permettant de retracer l’origine des graines et leur parcours jusqu’aux ports d’expédition.

    L’enquête produit déjà des effets sur le commerce. Plusieurs acheteurs indiens ont suspendu leurs achats de soja déclaré comme provenant du Niger, tandis que les cargaisons déjà en transit pourraient faire l’objet de contrôles supplémentaires.

    L’affaire dépasse cependant la seule question tarifaire. Elle met en évidence l’importance croissante de la traçabilité et de la certification d’origine pour les exportateurs agricoles ouest-africains.

    Pour le Nigeria, dont la production de soja est appelée à progresser et qui cherche à développer ses débouchés extérieurs, la capacité à garantir l’origine des marchandises pourrait devenir un élément déterminant pour accéder durablement aux grands marchés internationaux.

  • Le Nigeria étend son programme de transformation de l’élevage à dix nouveaux États

    Le Nigeria étend son programme de transformation de l’élevage à dix nouveaux États

    Le Nigeria élargit la couverture de l’un de ses principaux programmes consacrés à la modernisation de l’élevage. Dix nouveaux États viennent d’intégrer le Livestock Productivity and Resilience Support Project, un dispositif de 500 millions de dollars soutenu par la Banque mondiale pour améliorer la productivité du secteur et renforcer les chaînes de valeur animales.

    L’extension a été officialisée à Yola, dans l’État d’Adamawa, à l’occasion d’une mission consacrée à la mise en œuvre du programme. Les nouveaux participants rejoignent plusieurs États déjà engagés dans le dispositif, dont les interventions doivent se poursuivre jusqu’en 2028.

    Le progemme L-PRES cherche à agir sur les principales contraintes qui freinent encore le développement de l’élevage nigérian. Il soutient notamment l’amélioration des systèmes de production, le développement des débouchés commerciaux et la résilience des exploitations face aux chocs climatiques. Il doit également contribuer à réduire les tensions liées à l’accès aux terres et à l’eau dans les zones régulièrement confrontées aux conflits entre agriculteurs et éleveurs.

    Au total, plus de 1,4 million de personnes et environ 45 millions d’animaux pourraient bénéficier directement ou indirectement des interventions prévues. Une part importante des financements est consacrée au renforcement des chaînes de valeur, avec des investissements dans les infrastructures, les services aux producteurs, la santé animale et les conditions de commercialisation.

    L’élargissement du programme intervient dans un contexte de réorganisation plus large de la politique nigériane de l’élevage. Le pays a publié cette année son Livestock Master Plan 2026-2040 et accélère parallèlement ses projets de ranching, de réhabilitation des pâturages et de modernisation des modes de production.

    Les autorités cherchent notamment à réduire la dépendance à l’élevage extensif tout en améliorant la productivité et la qualité des produits destinés au marché intérieur. Le développement d’une filière davantage structurée doit également permettre au Nigeria de mieux exploiter le potentiel économique de la viande, du lait et des autres produits animaux.

    L’intégration de dix nouveaux États donne ainsi une nouvelle dimension territoriale à L-PRES. Le défi sera désormais de transformer cet élargissement en investissements effectivement déployés sur le terrain et en gains mesurables pour les producteurs et les entreprises de la filière.

  • Afrique du Sud : La récolte de blé tombe à son plus bas niveau depuis huit ans

    Afrique du Sud : La récolte de blé tombe à son plus bas niveau depuis huit ans

    L’Afrique du Sud devrait accroître ses achats de blé sur le marché international au cours de la campagne 2026-2027, après une nouvelle dégradation de ses perspectives de récolte. Les dernières estimations disponibles tablent sur une production nationale de 1,81 million de tonnes, soit un repli d’environ 5 pour cent sur un an.

    Ce niveau marquerait le plus faible volume enregistré depuis huit ans et confirme les fragilités persistantes d’une filière déjà sous pression.

    La baisse attendue s’explique d’abord par un recul des superficies emblavées. Les surfaces consacrées au blé sont désormais estimées à 487 500 hectares, contre 517 300 hectares un an plus tôt. À cette contraction s’ajoute une situation climatique moins favorable dans certaines zones clés, en particulier dans le Cap-Occidental, où des conditions sèches ont pesé sur le potentiel de rendement au cours des derniers mois.

    Le Cap-Occidental reste de loin le principal bassin de production du pays. Il devrait fournir près de la moitié de la récolte nationale avec 874 500 tonnes attendues. Le Free State apporte un soutien partiel à la campagne en cours avec une production estimée à 300 800 tonnes, en hausse par rapport à l’an dernier, mais cette amélioration ne suffit pas à compenser les pertes observées ailleurs. Le Northern Cape devrait pour sa part produire 288 000 tonnes.

    Dans ce contexte, les besoins d’importation pourraient atteindre environ 2 millions de tonnes sur la nouvelle campagne commerciale, qui a débuté en octobre. L’an dernier, le pays avait déjà dû recourir massivement au marché extérieur pour compléter son approvisionnement. Cette dépendance n’est pas nouvelle, mais elle devrait encore se renforcer si les prochaines révisions de récolte ne montrent pas d’amélioration significative.

    Le contraste avec les autres cultures d’hiver est d’ailleurs frappant. Les perspectives globales de la campagne hivernale sud-africaine apparaissent plutôt positives grâce à la bonne tenue du canola, de l’orge et de l’avoine. Le canola, notamment, s’oriente vers un nouveau record. Mais cette dynamique ne change pas la réalité du blé, qui reste une culture stratégique pour la sécurité d’approvisionnement du pays.

    Pour les acteurs de la filière, il faudra sécuriser les volumes nécessaires à l’importation tout en surveillant l’évolution des prix internationaux, dans un environnement où les tensions logistiques et géopolitiques peuvent rapidement se répercuter sur le coût du blé et de ses dérivés.

  • Le Nigeria mise sur la spécialisation régionale pour développer son agriculture

    Le Nigeria mise sur la spécialisation régionale pour développer son agriculture

    Le Nigeria veut revoir l’organisation de sa politique agricole en encourageant davantage les États à concentrer leurs efforts sur les productions pour lesquelles ils disposent des meilleurs atouts. Cette orientation doit permettre de mieux coordonner les investissements, les infrastructures et les interventions publiques dans un pays où les politiques agricoles restent encore largement fragmentées.

    Cette approche s’inscrit dans la nouvelle stratégie nationale du système agroalimentaire préparée pour les dix prochaines années. Le gouvernement fédéral souhaite notamment mieux articuler ses priorités avec celles des États et inscrire son action dans les engagements pris dans le cadre de la Déclaration de Kampala, qui fixe les grandes orientations agricoles africaines pour la période 2026-2035.

    L’un des principaux changements envisagés repose sur une spécialisation plus affirmée des territoires. Plutôt que de chercher à développer simultanément les mêmes cultures dans l’ensemble du pays, chaque zone serait davantage accompagnée en fonction de ses ressources naturelles, de ses capacités de production, de ses infrastructures et de ses débouchés.

    Cette organisation doit également faciliter le développement des chaînes de valeur. L’objectif n’est plus seulement d’accroître les volumes produits, mais aussi de renforcer la transformation locale, améliorer la commercialisation et attirer davantage d’investissements privés autour des filières considérées comme prioritaires.

    Le Nigeria a parallèlement renforcé plusieurs programmes destinés à soutenir cette transformation. Le pays vise notamment un approvisionnement de 1,1 million de tonnes d’engrais en 2026.

    Les achats réalisés dans le cadre de la Presidential Fertiliser Initiative auraient déjà permis de réduire sensiblement les coûts d’acquisition des intrants, tandis que plusieurs centaines de milliers de tonnes ont été sécurisées depuis le début de l’année.

    La mécanisation constitue un autre axe important. Une nouvelle politique adoptée en août prévoit le développement de services mécanisés accessibles aux producteurs et l’augmentation progressive des capacités locales d’assemblage de tracteurs. Le gouvernement ambitionne notamment une production comprise entre 2 000 et 4 000 tracteurs par an.

    La réussite de cette nouvelle orientation dépendra toutefois de la capacité des autorités fédérales et locales à coordonner ces différentes initiatives. Pour Abuja, l’enjeu est désormais de transformer une succession de programmes agricoles en un dispositif plus cohérent, construit autour des réalités et des avantages productifs de chaque territoire.

  • Le Ghana numérise le suivi du travail des enfants

    Le Ghana numérise le suivi du travail des enfants

    Le Ghana déploie une nouvelle version de son système de suivi du travail des enfants, avec un outil numérique commun aux institutions et à leurs partenaires. Le Ghana Child Labour Monitoring System (GCLMS) doit relier l’identification des situations, leur enregistrement et l’orientation des enfants vers les services de protection. L’agriculture figure parmi les secteurs prioritaires, avec l’exploitation minière artisanale et le travail domestique.

    Une première formation s’est déroulée du 15 au 18 septembre à Bibiani, dans la région Western North. Elle a réuni des agents régionaux et locaux des zones couvertes par ACCEL Africa, un projet de l’Organisation internationale du travail (OIT). L’unité chargée du travail des enfants au ministère chargé du Travail et de l’Emploi a participé à cette préparation.

    Les exercices ont porté sur la création des dossiers, la mise à jour des informations et le suivi des interventions. Les agents ont également travaillé sur la production de rapports. Le système rassemble ainsi les informations nécessaires au traitement d’un cas, depuis son repérage jusqu’aux démarches engagées auprès de l’enfant et de sa famille.

    Son interconnexion avec les autres outils de protection de l’enfance doit faciliter le passage d’un service à un autre. Les institutions pourront partager les informations utiles à l’orientation et retrouver les actions déjà entreprises. Le développement de cette version a bénéficié d’un financement de l’OIT, à travers ACCEL Africa, et d’autres partenaires.

    Cette évolution s’inscrit dans plusieurs initiatives engagées au Ghana autour du suivi numérique. En mars, le gouvernement, le Japon et l’UNICEF avaient lancé un partenariat de 2,3 millions de dollars sur douze mois, comprenant lui aussi un appui à l’amélioration du GCLMS. Ce programme vise notamment des communautés agricoles, minières et de pêche dans cinq régions.

    Il prévoit de toucher directement 9 000 enfants et 4 100 personnes chargées de leur prise en charge. Il soutient également l’extension de zones communautaires de lutte contre le travail des enfants, où le retrait des activités concernées s’accompagne d’un retour à l’école. Le suivi des dossiers doit ainsi relier les signalements aux services sociaux et aux interventions éducatives.

  • L’horticulture zimbabwéenne reçoit des acheteurs britanniques

    L’horticulture zimbabwéenne reçoit des acheteurs britanniques

    Quatre entreprises britanniques de négoce et d’importation de produits frais prospectent les exploitations horticoles du Zimbabwe du 26 septembre au 2 octobre. Petits pois, myrtilles, agrumes et avocats figurent parmi les productions présentées au cours de cette mission, organisée pour développer les approvisionnements à destination du Royaume-Uni.

    Les visites couvrent le Mashonaland oriental, occidental et central, ainsi que les Midlands. Elles permettent aux acheteurs d’examiner les conditions de production et d’échanger directement avec les exploitants sur les volumes, la qualité et les périodes de livraison. L’offre comprend également des haricots fins, des pois mange-tout et des piments.

    La mission est organisée dans le cadre de Making Trade Happen, un projet financé par le gouvernement britannique et mis en œuvre par le Centre du commerce international. Elle prolonge une première opération commerciale tenue plus tôt dans l’année. Les rencontres portent cette fois sur les capacités d’approvisionnement observées dans les fermes et sur la préparation des entreprises aux exigences de l’exportation.

    Les produits zimbabwéens éligibles bénéficient d’un accès au marché britannique sans droits de douane ni quotas dans le cadre de l’accord de partenariat économique applicable. Cet avantage commercial accompagne la recherche de nouveaux clients pour une horticulture dont certaines productions progressent rapidement à l’étranger.

    Les myrtilles illustrent cette évolution. De janvier à juillet 2026, leurs exportations ont rapporté 8,01 millions de dollars, contre 3,78 millions un an auparavant. Le pays a également commencé à en expédier vers la Chine en juillet, après l’accord conclu sur les conditions phytosanitaires. Le Horticultural Development Council prévoyait alors 12 000 tonnes d’exportations de myrtilles pour 2026, contre 9 500 tonnes en 2025. La prospection se poursuivra en Europe après le départ des acheteurs britanniques.

    Des entreprises accompagnées par Making Trade Happen participeront au salon Fruit Attraction à Madrid du 6 au 8 octobre. Certaines prendront ainsi part à deux séquences commerciales successives, d’abord dans leurs exploitations, puis auprès des importateurs réunis sur le salon espagnol.