Éthiopie : Dangote envisage de céder au moins 10 % de son projet d’engrais aux investisseurs locaux

Le groupe Dangote envisage d’ouvrir au moins 10 % du capital de son projet d’engrais de Gode aux investisseurs éthiopiens à travers l’Ethiopian Securities Exchange (ESX). L’annonce a été faite le 15 octobre 2026 à Addis-Abeba par l’industriel nigérian Aliko Dangote, à l’occasion d’une rencontre avec des investisseurs. L’opération serait engagée après la stabilisation de la production du futur complexe, dont le coût prévisionnel a été porté à plus de 4 milliards de dollars en mai dernier.

Le projet industriel est développé conjointement avec Ethiopian Investment Holdings (EIH), la holding d’investissement du gouvernement éthiopien. Les deux partenaires ont signé en août 2025 un accord d’actionnaires prévoyant une répartition du capital de 60 % pour Dangote Group et 40 % pour EIH. Ce partenariat avait initialement été évalué à 2,5 milliards de dollars, avant une révision à la hausse liée à l’élargissement des infrastructures prévues.

Implanté à Gode, dans la région Somali, au sud-est de l’Éthiopie, le complexe doit disposer d’une capacité annuelle de production de trois millions de tonnes d’urée. Cette capacité placerait l’installation parmi les plus importantes unités de production d’engrais azotés au monde. L’urée, largement utilisée dans la fertilisation des cultures, constitue l’un des principaux produits du marché international des engrais.

Le projet repose sur l’exploitation du gaz naturel des gisements éthiopiens de Calub et Hilala, qui doit être acheminé jusqu’à l’usine par un gazoduc dédié. Selon les informations officielles, l’investissement élargi comprend notamment un gazoduc d’environ 110 kilomètres, une centrale électrique d’au-moins 120 mégawatts, une installation de fabrication d’emballages en polypropylène ainsi qu’une unité de mélange d’engrais NPK d’une capacité prévue de deux millions de tonnes. La construction du complexe a été officiellement lancée en octobre 2025.

L’investissement intervient dans un pays où l’agriculture reste fortement dépendante des engrais importés. L’Éthiopie doit mobiliser d’importantes ressources en devises pour assurer l’approvisionnement de ses producteurs, tandis que les fluctuations des prix internationaux et les coûts logistiques pèsent sur les conditions d’accès aux intrants. La production locale d’urée pourrait contribuer à couvrir les besoins nationaux et alimenter les marchés voisins, notamment en Afrique de l’Est.

L’ouverture envisagée du capital intervient également dans le cadre de l’expansion du groupe Dangote sur le marché africain des engrais. L’industriel ambitionne de porter ses capacités annuelles de production de trois à douze millions de tonnes, en combinant le développement de nouvelles lignes au Nigeria et le projet éthiopien.

La future opération boursière pourrait renforcer la participation d’investisseurs éthiopiens à cette activité industrielle. L’ESX, qui a démarré ses activités en janvier 2025, poursuit le développement de son marché d’actions et l’élargissement du nombre d’entreprises cotées. L’introduction éventuelle du projet de Gode interviendrait après celle d’autres entreprises nationales, dont Ethio Telecom.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *