Le Togo et la Chine ont signé un protocole phytosanitaire destiné à faciliter les exportations de soja togolais vers le marché chinois. Conclu le 15 octobre 2026 à Pékin, à l’occasion de la visite officielle du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, cet accord intervient dans un contexte de forte progression de la production nationale et de diversification des débouchés commerciaux de la filière.
Le protocole établit les exigences de quarantaine végétale auxquelles devront répondre les graines de soja togolaises avant leur expédition. Il doit permettre aux autorités des deux pays d’encadrer les échanges, notamment à travers les procédures de contrôle et de certification phytosanitaire. Son adoption accompagne le renforcement des relations commerciales entre Lomé et Pékin, la Chine ayant également mis en avant les mécanismes de facilitation des échanges agricoles et son régime tarifaire préférentiel à l’égard des pays africains.
L’accord ne constitue pas une première entrée du soja togolais sur le marché chinois. Selon les données commerciales de la Banque mondiale reprises par les autorités togolaises, le Togo avait déjà exporté environ 293 tonnes de soja vers la Chine en 2023. Le nouveau dispositif doit permettre de développer ces échanges dans un cadre sanitaire formalisé.
Cette perspective intervient alors que le soja s’est imposé parmi les filières agricoles les plus dynamiques du pays. La production nationale est passée de moins de 25 000 tonnes en 2015 à plus de 260 000 tonnes en 2025, selon les chiffres du Conseil interprofessionnel de la filière soja du Togo (CIFS-Togo). Pour la campagne 2026-2027, les professionnels visent 300 000 tonnes, avec une attention particulière portée au soja biologique, qui occupe une place importante dans les exportations vers l’Union européenne.
La commercialisation repose sur une organisation associant producteurs, transformateurs et exportateurs. Pour la campagne 2025-2026, ces acteurs avaient fixé, sous la supervision du gouvernement, un prix plancher bord champ de 220 FCFA le kilogramme, contre 250 FCFA lors de la campagne précédente. L’objectif de commercialisation avait alors été établi à 200 000 tonnes.
Le développement des débouchés internationaux s’accompagne toutefois d’une politique visant à retenir davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Depuis janvier 2026, les exportations de graines de soja sont soumises à une taxe destinée à encourager leur transformation locale. Les autorités souhaitent notamment soutenir les activités de trituration et de production d’huile et de tourteaux, utilisés dans l’industrie agroalimentaire et l’alimentation animale.
Cette orientation se traduit par le développement d’unités industrielles sur la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), où des investissements ont été réalisés dans la transformation des matières premières agricoles. Le soja figure parmi les filières prioritaires de cette zone industrielle, qui entend renforcer les capacités nationales de production d’huile, de farine et d’autres produits dérivés.
Pour les opérateurs togolais, le marché chinois représente ainsi un débouché supplémentaire, parallèlement aux exportations de soja biologique vers l’Europe et au développement de la transformation locale. Le protocole conclu à Pékin permet d’encadrer les conditions sanitaires des futures expéditions, tandis que les volumes commercialisés dépendront des contrats conclus avec les acheteurs et du respect des exigences applicables.

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